Archive for the ‘Terminaux mobiles’ category

NET RALENTISSEMENT DES VENTES DE SMARTPHONE EN 2016

9 juin 2016

Depuis 2010, le marché connait un ralentissement significatif et pour la première fois passe sous une croissance inférieure à 10% par an. Il se transforme en marché de renouvellement et risque d’aborder une période plus turbulente.

La société d’analyse de marché Gartner, dans une récente note,  indiquait que les ventes de smartphones dans le monde ont commencé de ralentir. En 2010, le marché mondial des smartphones aurait atteint son maximum de croissance avec une progression de 73% d’une année sur l’autre.  Depuis cette date, Gartner précise que la croissance annuelle n’a cessé de ralentir et pour la première fois cette année, la croissance annuelle passera en dessous de 10%, avec une progression 2016 prévue de 7% sur l’année passée.

En 2015, la progression avait été de 14.4%. D’ici 2020, le nombre total de smartphones sur la planète devrait approcher les 2 milliards d’unités.telephoneNokia 808

Les opérateurs cherchent à accélerer le renouvellement des smartphones

Dans cette note, Annette Zimmerman et Roberta Cozza, directrices de recherche à Gartner précisent quelques caractéristiques de ce marché qui a globalement atteint sa maturité avec un taux de pénétration de 90% pour l’ensemble des pays industriels suivant : Amérique du Nord, Europe de l’Ouest Japon, et les marchés matures de l’Asie Pacifique. Pour ces pays, le marché est en train de basculer vers un marché de renouvellement, avec des appareils dont la durée de vie va probablement rester similaire.  Cette tendance au renouvellement des appareils est accentuée par le comportement des opérateurs et des fabricants de smartphones qui depuis plusieurs années ont renforcé et ajusté leur politique de financement et de subventionnement des terminaux mobiles.  “Dans ce marché mature, les utilisateurs de smartphones  utilisent le même appareil pendant environ 2.5 années et ce chiffre ne devrait pas bouger beaucoup dans les années à venir » précise Roberta Cozza.  Cependant, dans les marchés émergeants où la vie d’un téléphone de base (non smartphone) est de 3 ans,  la durée de vie d’un smartphone passe à 2.2 ou 2.5 années sous la pression des opérateurs et des fabricants .  Elle indique par exemple que dans des pays du Sub Sahara, la migration des terminaux classiques vers le smartphone a commencé en 2015 et s’accélère sous la pression des opérateurs et des fabricants.

Les fabricants se portent sur les marchés émergeants

Pour Annette Zimmerman, l’Inde est devenu le marché le plus attractif pour les fabricants de téléphones mobiles.  Elle note que dans le monde, il s’est vendu 167 millions de smartphones en 2015, ce chiffre représentant 61% des ventes globales de téléphones mobiles (toutes catégories confondues) en Inde… Au fur et à mesure que les prix des smartphones baisseront, elle prévoit que 139 millions de smartphones se vendront en Inde en 2016, soit une augmentation de près de 30% sur l’année passée.  Le prix moyen d’achat d’un téléphone mobile en Inde est d’environ 70$ alors que plus de la moitié des smartphone vendus dans le monde ont un prix supérieur à 120$. L’effet prix sera donc déterminant en Inde.

Baisse des prix des smartphones

La Chine qui représente 95% des ventes de téléphones mobiles dans le monde (toutes catégories) a connu une croissance de 16% des ventes de smartphones en 2014 n’a pas connu de croissance en 2015. Le marché chinois, déjà saturé en téléphones mobiles, ne devrait pas connaitre de forte croissance des ventes dans les  années à venir, mais tout comme en Inde, la baisse des prix des smartphones devrait créer les condition d’une compétition plus vive au fur et à mesure qu’ils deviendront plus accessibles aux consommateurs.  Les difficultés d’accès au réseau Internet en Chine (controlé par le gouvernement) sont aussi un frein pour la migration vers les smartphones.  Annette Zimmerman conclue  que la concurrence entre les constructeurs va continuer de se renforcer sur des marchés comme la Chine et l’Inde pour la migration des anciens mobiles classiques vers des smartphones. Certains constructeurs devront alors se retirer du marché et d’autres constructeurs ou opérateurs apparaîtrons, mieux armés pour répondre aux nouvelles conditions concurrentielles. Des mouvements de consolidation risquent alors de se faire sentir lorsque les prix baisseront sur les marchés émergeants pour accélérer la migration.

 

LE TOURISME FRANÇAIS S’EST APPROPRIE INTERNET

17 mars 2016

Les Français ont diminué sensiblement leur budget vacance en 2015, mais ils utilisent de plus en plus Internet pour partir plus souvent et à des coûts réduits, en favorisant les offres packagées.

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Le site de voyage Opodo (groupe Odigeo), représenté par Quentin Bacholle, son Directeur Général France et la Société d’Etudes Raffour Interactif spécialisée dans le tourisme et le transport, présentaient les résultats d’une étude sur les habitudes de vacance des Français. Ce Barometre Opodo est partie d’une étude annuelle, menée par Guy Raffour depuis 14 ans, selon les règles de l’art, grâce à un entretien à domicile de près d’une heure, sur un échantillon statistiquement représentatif de 1030 Français de plus de 15 ans. Elle ne concerne que les activités de voyage et de séjour payant ou non payant pour les loisirs exclusivement, c’est-à-dire les vacances…

Léger tassement des départs et des budgets vacances

Il ressort de l’enquête, effectuée en février dernier, que les foyers Français en 2015 ont sensiblement réduit leur budget vacances, celui-ci passant de 2014 à 1714 € par an (voyage et séjour compris) soit une baisse de 13%, et près de 700000 personnes de moins qu’en 2014 sont parties en vacances. En effet, sur une population statistiquement valide de 53,5 millions d’habitants (en augmentation de 0.3 m sur 2014),  c’est 32.2 millions, soit 60.1%, qui sont partis pour un séjour court ou long soit une baisse de 1.7% par rapport à l’année précédente. A noter que depuis plusieurs années, le taux de départ en vacances des Français oscille entre 59 et 61%.

Analysés un peu plus en détail, ces chiffres représentent une réalité plutôt positive, montrant le dynamisme du secteur du tourisme en France, et en Europe. « Le secteur aux Etats Unis s’est consolidé explique Quentin Bacholle. Par exemple, la réservation de vols est effectuée sur seulement 3 plateformes différentes, alors qu’en Europe où le marché est moins consolidé, il y en a quelques dizaines…qui servent quelques centaines d’acteurs dont nous faisons partie…  (Voir pour ceux qui le connaissent, une certaine analogie avec le marché des télécom… !). Ceci permet une offre plus concurrentielle, plus diversifiée et plus flexible, et c’est ce que recherche l’utilisateur…». Il précise que pour Opodo, le panier moyen pour un vol est passé de 532€ à 516€, probablement à cause de la baisse des tarifs d’avion et de la lente montée des compagnies low cost et des transports alternatifs.

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Un marché dynamique malgré la crise et la situation géopolitique

L’enquête analyse séparément les séjours de courte durée (1 à 3 jours) et les séjours de moyenne ou longue durée (4 jours ou plus). Il semble que malgré les problèmes de budgets, les Français partent plus, mais ils sont plus sélectifs de façon à combiner un vol et un séjour qui leur apportera « une expérience optimale de vacances ». « On constate une hausse assez significative des séjours de courte durée », explique Guy Raffour. Interrogés sur les risques d’attentats, il semble que les français aient intégré ce facteur puisque 62% d’entre eux répondent que cela n’aura pas d’influence sur leurs perspectives en 2016 alors que 27% indiquent qu’ils en tiendront compte dans leur choix. Chez Opodo, on constatait une baisse assez importante après le 13 novembre dernier, mais très rapidement, la tendance s’est estompée le mois suivant. Globalement, les destinations de vacances ont pourtant changé de façon notoire entre 2014 et 2015 puisque si l’Espagne et la Grèce restent les destinations privilégiées des Français avec la République Dominicaine, la Tunisie et la Turquie ont disparu de la liste entre 2014 et 2015 au profit de la Thaïlande et du Maroc. Les Etats Unis ont aussi perdu leur caractère attractif à cause de la hausse du dollar et des coûts de séjours sur place.

Parmi  les Français qui sont partis, on note plusieurs tendances, principalement liées aux conditions économiques connues en 2015. Partir est un besoin vital pour eux et ils s’appuient sur un budget vacances pour faire leurs choix en faisant varier les paramètres. L’enquête met en évidence une assez forte progression de 2% des séjours courts (19.8 millions de personnes en 2015 contre 18.6 millions en 2014). Les séjours longs gagnent aussi 2% avec 36% de ceux qui sont partis en 2015.  Ce chiffre est confirmé par Opodo qui constate en parallèle une baisse des séjours longs de plus de 2 semaines. Quentin Bacholle mentionne le phénomène « city break » qui pousse les français à partir plus souvent pour un long week end (séjours court) dans une ville européenne.

Il est certain que l’utilisation d’Internet permet aux français qui cherchent à partir en vacance d’optimiser plus facilement leur voyage en fonction du budget fixé au départ, leur permettant de trouver les meilleures prestations au meilleurs prix et surtout leur permettant de simuler en ligne leur voyage grâce aux informations sur les offres diversifiées qu’ils trouvent sur Internet. Pour une agence de voyage en ligne comme Opodo dont l’activité principale et le vol, la principale préoccupation du management est d’être en mesure d’apporter de l’information (y compris collaborative), de faire des propositions sous forme de package qui intègre des offres variées et diversifiées sur les séjours et d’autres services répondant aux préoccupations de leur client.

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La France est toujours en retard sur Internet. Le m-tourisme décolle

Globalement, l’enquête montre que 46% des réservations globales sur le voyage vacances (tous types de prestations confondues et quelque soit le support utilisé) en France utilisent Internet, en dessous du taux moyen européen qui est de 52%. Guy Raffour constate que 15% des français qui partent en vacances n’utilisent pas Internet et il indique que le rattrapage se fait lentement, alors que le e-tourisme croit fortement, montrant une évolution sensible du mode de préparation et de consommation des vacances.  Quentin Blacholle mentionne quant à lui que le m-tourisme (information et réservation sur le mobile) est en forte croissance. « Si on regarde chez Opodo la part de réservations sur smartphone ou tablette, dit-il, nous avons atteint le seuil de 25%, alors que nous étions à 15% en 2014 et 8% l’année précédente. Nous pensons atteindre rapidement 40% alors que la moyenne de l’utilisation du mobile pour le secteur du voyage en ligne est à 18%. ».

L’enquête montre en effet que Internet sert non seulement à accumuler des informations sur les destinations et les voyages et séjours de vacances long ou court mais aussi de plus en plus à effectuer et suivre la ou les réservations liées aux séjours de loisir. Tous les chiffres présentés sont en hausse assez nette. Des 32 millions de Français qui sont partis en 2015, 77% (24.7 millions de personnes, plus 6 points sur 2014) ont utilisé Internet à un moment ou un autre soit pour préparer soit pour réserver un ou plusieurs séjours de tourisme de loisir en 2015. Les agences en lignes doivent alors être en mesure de proposer des promotions géo-localisées, des prestations expérimentales et des contenus collaboratifs au bon moment pour déclencher l’intérêt sous forme de réservation et ensuite de convertir en achat.

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Sur l’ensemble de la population des français qui sont partis pour leurs vacances, 39% (un gain de 7 points sur l’année précédente) ont utilisé un smartphone ou une tablette pour effectuer leurs recherches et réserver leur voyage, ce qui confirme l’importance de l’accès en temps réel aux disponibilités ainsi que l’aspect hautement concurrentiel de ce marché mentionné par le DG de Opodo. Le téléphone cellulaire est aussi utilisé tout au long du voyage pour les tickets d’embarquement, pour recevoir des alertes ou faire des achats de services complémentaires durant le séjour comme location de voiture ou réservations diverses. Toujours de l’ensemble de la population des Français qui sont partis, 49% (soit 15.8 millions de personnes) ont réservé et payé intégralement tout ou partie de leurs séjours en ligne, un gain de 4 points par rapport à 2014 (1 millions de personnes).

Nokia et Dolby se lancent dans la photo à MWC 2012

5 mars 2012

Lors de sa conférence de presse, Nokia a nettement monté la barre de plusieurs crans en matière de photo-téléphone en présentant son nouvel appareil 808 Pure View. Il s’agit en réalité d’un véritable appareil photo « point and shoot » capable de produire des photos de bonne qualité qui permet aussi de téléphoner et de surfer sur Internet. En effet, il apparait que la conception de cet appareil ait été faite autour des composants photos spécifiquement développés pour cet appareil (capteurs, lentilles, zoom, éléments de gestion des photos) auxquelles ont été ajoutées les caractéristiques classiques d’un smartphone. Une analyse faite sur papier, effectué par le site Test-Mobile  l’explique très clairement.

On regrettera simplement que cet appareil fonctionne sous Symbian, mais les responsables de Nokia ont indiqué qu’il allait rapidement le passer sous Windows Phone. L’effet obtenu est important pour Nokia qui recentre un peu l’attention autour de lui. L’innovation semble bien réelle et il est intéressant de suivre les évolutions de ce genre d’appareil. Est-ce que tous les fabricants de téléphone vont se lancer dans la course ? Comment va réagir Apple qui, on le verra plus loin, a déjà fortement amélioré les performances photographiques de l’iPhone ?

Dolby, du son à la photo HDR

Sur le stand de Dolby Labs à la MWC de Barcelone Nokia présentait sa gamme de terminaux Lumina qui tous utilisent le son amélioré Dolby. On pouvait aussi tranquillement examiner des détails du 808 Pure View, loin de la foule qui s’agglutinait sur le stand de Nokia. La nouveauté sur le stand Dolby n’était pas l’audio, mais l’image. En effet, Dolby Labs vient d’entamer un virage stratégique important puisqu’il se propose maintenant d’améliorer les photos prises par les smartphones grâce à la technologie HDR (High Dynamic Range) qu’il veut appliquer aux photos prises par les téléphones. Cette démarche cherche à répondre à un besoin croissant des utilisateurs de téléphones capables de prendre des photos d’obtenir des photos de meilleure qualité. La présence du Nokia 808 sur le stand le confirme. Dolby entre dans le sillage d’Apple qui avait déjà incorporé cette technologie dans IOS 4 il y a 2 ans et dans l’iPhone 4S plus récemment.

La technologie HDR existe depuis longtemps, mais l’approche adoptée par les ingénieurs de Dolby va au delà de ce que fait Apple dans la mesure où Dolby permet à l’utilisateur de choisir le degré d’exposition de sa photo grace à des techniques de conservation des informations recueillies lors du processus, alors qu’Apple offre une seule photo finale. Les responsables de Dolby qui présentaient cette technologie n’ont pas précisé leur stratégie, mais il y a fort à parier que plusieurs fabricants de téléphone vont se rapprocher de Dolby pour essayer d’implémenter cette technologie sur leurs appareils. Nokia est entré le premier dans la course lancée par Apple…

MWC 2012 à Barcelone : Smartphones et tablettes, chute des prix à l’horizon

5 mars 2012

Pourquoi beaucoup de mes amis ont-ils tendance à me considérer comme un vieux ringard parce que je n’ai pas mon smartphone (un iPhone pour beaucoup), connecté à Internet et que mon abonnement téléphonique est tout simplement une mobicarte, sans accès Internet, que je recharge tous les 6 mois ? … Je ne suis pas technophobe, ayant été l’un des plus fidèles supporters du Mac depuis que Steve Job lui-même nous l’avait présenté, en petit comité, en avant première au cours du mois d’octobre 1983, à l’occasion d’un voyage de presse à Cupertino. Mais un beau jour, j’en ai eu assez de me faire racketer par Apple et par les opérateurs téléphoniques… Je suis passé sur PC et j’ai pris une mobicarte, pas question d’acheter un iPhone ou un iPad, malgré les railleries…  On vit très bien sans tant qu’il y a du WiFi et ce dernier n’est pas près de disparaitre…

Comment vivre sans iPhone

Pourtant mon séjour au MWC 2012 à Barcelone la semaine dernière a changé un certain nombre de choses dans mes préférences… Non, non, je vous rassure,  je ne vais pas me précipiter sur le premier iPhone XYZ ou l’iPad 2.5  qui doivent sortir incessamment sous peu…

Tout d’abord, j’ai prix un abonnement €0 chez Free… J’ai en effet une Freebox depuis bientôt 10 ans…et je n’ai jamais eu de problème avec le « trublion » des opérateurs français… Allez donc voir en Silicon Valley et comparer avec un abonnement DSL chez AT&T dont le prix a pratiquement doublé en 5 ans et dont le « haut débit » reste à la vitesse de l’escargot… Donc j’ai pris cette offre Free Mobile à zéro € pour assurer le portage de mon N° de téléphone en me disant que c’était une première étape vers l’abonnement  mobile illimité (ou quasi) a €15 par mois. Annuellement cet abonnement représentera autant que ce que je payais en carte prépayée, mais j’aurai l’accès Internet illimité en plus.  Seul problème, auquel j’aurai du penser, il n’y a pas de roaming avec l’abonnement zéro €…  Je me suis donc retrouvé à Barcelone sans téléphone cellulaire… Je me suis un peu fait fiche de moi…

Une cacophonie de smartphones

Ensuite, ce que j’ai vu à Barcelone m’a fait réfléchir… Un flot de nouveaux smartphones, pas un fabriquant de téléphone n’était de reste. HTC, Samsung, Motorola, Panasonic, Toshiba, ZTE, Sony, Huawei, LG et toute une série de petits fabricants asiatiques qui présentent des appareils dont certains sont de très bonne qualité. Chacun y est allé de sa série de smartphones sous Android, tous plus perfectionnés et tous plus beaux les uns que les autres.  Mais ça commence à se gâter quand il s’agit de choisir le moteur de son smartphone : Snapdragon de Qualcomm, Atom de Intel (et oui, même Intel arrive dans les smartphones avec Orange, notre opérateur National… ), ARM, ou  IceCream Sandwitch, , Gingerbread, Android 4.0, Android 2.3.. Je vois bien Apple qui rigole en douce… !! et puis voici Nokia et Microsoft.

Et puis Nokia avec Microsoft

Dès le premier jour du MWC, Nokia a frappé fort pour montrer à tous qu’il entend bien rester dans la course avec son nouveau partenaire Microsoft. Deux challengers peuvent-ils faire un gagnant… ? Voici la question que tout le monde se pose…  Discours bilan sur l’année écoulée et annonce des nouveaux Asha 202-203 et 302,  renforcement des fonctionnalités de ces téléphones qui peuvent maintenant recevoir des mails (grâce à Microsoft Exchange), jouer et accéder à Internet.  Très clairement, cette gamme de téléphone issue de la série 40 cherche à atteindre les marchés de masse en leur offrant des services relookés et de nouvelles fonctionnalités plus professionnelles.  Ensuite, Nokia passe au marché Windows Phone avec le Lumia 610 et le Lumia 900. L’accueil de la gamme Lumia a été plutôt favorable jusqu’à présent… peu de bugs, des services variés, attractifs et professionnellement utiles, des appareils rapides et faciles d’utilisation…et des prix assez attractifs. Nokia et Microsoft ont très clairement l’intention de continuer développer une gamme de smartphones et de tablettes (ces dernières seront disponibles au 2ème trimestre) en direction des professionnels en s’appuyant sur une offre moins chère qu’Apple.

Des smartphones et des tablettes à moins de 200$

Dans l’avion du retour de Barcelone, je rencontre mon ami Frederic, ingénieur télécom de haut niveau, vivant aux Etats Unis depuis une bonne quinzaine d’années, ancien responsable du développement chez plusieurs opérateurs téléphoniques français et américains, expert en réseaux mobiles auprès de plusieurs pays du moyen Orient, d’Afrique, d’Asie et de Polynésie. Pendant la discussion, il sort un smartphone que je prends pour un Galaxy Notes de Samsumg. Même format, même caractéristiques externes. Il m’explique qu’il a une quinzaine de smartphones de ce type qu’il a acheté en Asie, chez des petits constructeurs, il les teste, les décortique, les évalue et leur ajoute des applications prises dans les appstores. Tous fonctionnent sous Android (les différentes versions)  et si certains sont franchement mauvais, d’autres, dont celui qu’il utilise aujourd’hui sont excellent et fonctionnent parfaitement dans tous les pays en offrant les mêmes fonctionnalités qu’un Galaxy Notes.

Mais le prix public de son appareil est inférieur a 200$, soit un peu moins de 150€… Il en est de même pour les tablettes Android de toutes tailles. Il n’a pas voulu me dévoiler les prix d’achat… !!  Mais il est clair que certains entrepreneurs vont saisir la balle au vol pour importer ces appareils en Europe et aux Etats Unis…Le marché des smartphones et des tablettes va-t-il donc enfin s’écarter des modèles « jardin protégés » mis en places par les opérateurs… Le consommateur doit rester vigilant, mais il y gagnera certainement une plus grande liberté de choix.

Le stand Apple à CES 2012

14 janvier 2012

Apple était bien présent au CES 2012. Certes, pas officiellement, mais des milliers de journalistes sont passés devant lors de Digital Experience une conférence organisé en dehors du CES dans le MGM Hotel. Cette conférence qui existe depuis plus de 10 ans accueille dans une seule grande salle une centaine de sociétés qui viennent présenter leurs produits et leurs services. Une autre conférence de ce type existe organisée par Steve Leon, elle s’appelle Showstoppers. L’accès à ces manifestations est réservé exclusivement aux journalistes et aux analystes qui viennent assister au CES, on y mange et on y boit dans une ambiance assez sympas, ça dure 4-5 heures le soir, juste assez de temps pour en faire le tour lorsque l’exposition du CES n’est pas ouverte.

L’intérêt de ce type de conférence « parallèle » est qu’elle coûte beaucoup moins cher que le CES et permet à une petite société d’avoir une énorme visibilité grâce au nombre de journalistes qui s’y presse, sans avoir a mettre en place un stand couteux et déplacer une partie de son personnel pendant 5 jours. On y rencontre en effet les journalistes et les bloggeurs les plus connus, à la recherche de scoop, de sociétés innovantes et d’interviews. Les télévisions peuvent y filmer et les CEO des sociétes, qui ont rapidement compris l’intérêt, sont présents pour des interviews qu’ils accordent volontiers dans un certain brouhaha cependant. Ainsi, HP qui depuis 4 ans n’assiste plus au CES, participe très régulièrement à Showstoppers et à Digital Experience, et cette année montrait quelques nouveautés intéressantes dans le e-advertising développées par sa récente acquisition anglaise Autonomy. Aussi, c’est ainsi qu’Apple fait son CES.

FileMaker gestion de bases de données à l’ombre d’Apple

FileMaker est aujourd’hui la seule base de données qui fonctionne sur iPhone, IPad, Mac OS et Windows. Cette société qui s’est appelée Claris, est une filiale à 100% d’Apple. Qui plus est, elle est dirigée depuis des années par un Français, Dominique Goupil. Cette filiale plutôt discrète reste dans l’ombre d’Apple qui publie tous les ans quelques chiffres sur les activités de FileMaker. La société a développé deux produits: une base de donnée professionnelle appelée FileMaker Pro, et un produit dérivé pour iPhone, iPad qui s’appelle Bento. Ce dernier est un des rares logiciels de gestion de bases de données porté sur iPhone et iPad, une petite prouesse qui a nécessité la création d’un « file system » spécifique, puisque iOS ne comporte pas de système de gestion de fichiers.

Bento est aujourd’hui au top 10 des applications les plus vendues sur iTune dans sa catégorie et récemment, les responsables de FileMaker annonçaient avoir vendu 1 million de Bento. Avec Bento, il est possible de développer des applications verticales spécifiques sur iPhone et iPad ainsi que des applications professionnelles. FileMaker précise ainsi qu’avec Bento, il est possible de développer un ensemble d’applications qui permettent de faire fonctionner et de gérer une petite entreprise avec un iPhone ou un iPad.

FileMaker Pro, aujourd’hui à sa version 11, est un système complet de gestion de base de données qui existe sur le desktop et en version serveur, aussi bien sur Mac OS que sous Windows et sur le Web. Il est accompagné d’un grand nombre d’outils et de templates qui permettent de développer des applications sur le Web. En France, FileMaker est particulièrement utilisé dans les collectivités locales de taille moyenne parce que ses développements ne demandent pas d’équipes spécialistes de la programmation, mais simplement un bon background et une bonne compréhension du développement d’une application. Grâce à une extension appelée FileMaker Go, un utilisateur peut accéder à ses bases de données sous FileMaKer Pro à partir de son iPhone ou de son iPad, ce qui ouvre un champ assez larges d’usages professionnels ou non, à partir de l’iPhone.

Verra-t-on un jour une version de FileMaker Go pour les appareils (téléphones et tablettes) sous Android ?

Apple pourra-t-il achever la révolution des télécoms entamée par Steve Jobs?

6 octobre 2011
Image representing Steve Jobs as depicted in C...

Image via CrunchBase

Cet article est la traduction d’un article publié par Paul Kapustka, journaliste et analyste américain sur  www.muniwireless.com  à la suite du décès de Steve Jobs.

C’est la réflexion la plus intelligente vue jusqu’à présent  sur le challenge d’Apple dans les prochaines années dans les télécoms.

Comme chacun dans le monde de la technologie, je suis attristé par la disparition de Steve Jobs, Chairman d’Apple. Ma question à Apple est de savoir si oui ou non il y a la force pensante, la volonté et les nerfs à Cupertino pour achever la révolution que Steve Jobs a conduit avec l’iPhone – à savoir  la destruction complète  de l’industrie du téléphone cellulaire telle qu’on la connait.

Alors que nous savons tous que la conception, la réalisation et le lancement de l’iPhone- et peut –être encore plus important ceux de l’Appstore – ont été un travail d’équipe à Apple, le changement complet et radical qu’ont apporté l’iPhone et la stratégie open applications d’Apple vient purement de Jobs, un bouleversement sismique du business et du style de vie dont les suites continuent de faire tomber les murailles. Pour témoin la récente capitulation de Sprint : sa décision de « parier la compagnie » sur un giga énorme engagement envers Apple, simplement pour avoir accès au merveilleux jouet de Steve Jobs (Sprint est désormais revendeur de l’iPhone).

Si vous pouvez vous souvenir assez loin, avant la création de l’iPhone, les opérateurs cellulaires étaient en total contrôle de l’expérience sur un téléphone, et votre impossibilité de vous souvenir de quelque chose d’innovant avant le BlackBerry devrait être un signe indiquant que les gens qui construisent les réseaux ne devraient pas nécessairement être dans le business de déterminer ce qui doit fonctionner sur ces réseaux. Si vous laissez de côté pour un moment l’allure de cet appareil spectaculaire, le plus grand bouleversement de rapport de forces  que Jobs et Apple ont apporté avec l’iPhone fut la démocratisation des applications mobiles. C’est l’idée que chacun peut essayer d’imaginer et développer quelque chose d’amusant ou d’utile et qu’il y aurait un endroit pour lui donner sa chance sans avoir à convaincre au préalable des aéropages de décideurs réunis dans quelque salle de conférence d’un opérateur télécom.

Ceci est la révolution qui doit se poursuivre et il est triste que Jobs soit parti avant de s’être engagé dans son prochain voyage logique, en achetant ou en construisant le nouveau réseau permettant aux appareils d’Apple de fonctionner dessus. Regarder les grand opérateurs cellulaires essayer de justifier leur existence dans le monde iPhone est un peu comme regarder les dinosaures dans leur errance lorsque les météorites tombaient sur la terre – ils sont encore assez gros pour manger la moitié des autres créatures et il est nécessaire de s’en écarter pour ne pas se faire écraser, mais leurs jours sont comptés.

L’idée que les opérateurs puissent dicter ce qu’il arrive sur leurs téléphones et leurs réseaux est déjà morte, merci à l’iPhone et ses semblables comme Android. Mais ce dont on a besoin est de quelqu’un (ou d’une société) avec le courage et les convictions de Jobs pour terminer le boulot et construire quelque chose de nouveau qui fournisse au monde un réseau aussi merveilleux et aussi puissant que l’appareil (l’iPhone) que nous avons déjà, avec des tarifications simples qui encouragent encore plus de communication et de collaboration, et ne cherchent pas au contraire à les restreindre. Aujourd’hui, les telcos utilisent leur cash pour chercher à se faire bien voir et obtenir les faveurs politiques pour les aider à virer lourdement l’innovation par n’importe quelle moyen et pour anéantir leurs concurrents (plutôt que de les battre avec de meilleurs produits et services). Leur grand modèle va  à reculons dans le temps vers des plans « data » qui forcent les utilisateurs à se préoccuper de la quantité de données téléchargées. C’est le vieux modèle, bien pourri. Ce dont nous avons besoin est d’une nouvelle motivation.

Je comprends que les réseaux coûtent cher à construire et à déployer, mais j’ai le sentiment que les gens qui bossent chez les  Verizon, AT&T (ou France Télécom ndlr..) du monde entier ne vont pas prendre le risque d’innover pour construire les réseaux dont nous avons besoin pour aller de l’avant. Ils vont continuer de faire les mêmes choses qu’ils sont habitués de faites et continuer de protéger leurs actuels revenus aussi longtemps qu’ils le peuvent. Ce sont les General Motors, les Chrysler qui continuent de construire des SUV alors que le monde manque de pétrole. L’iPhone est à l’industrie du cellulaire ce que la Prius est à l’automobile, un changement radical venu de la gauche du terrain qui en quelques petites années a généré une innovation massive et crée des milliers d’emplois. Ce qu’il faut est un autre pirate pour continuer de faire avancer le bateau de Steve Jobs et piller les milliards entassés dans les structures des vielles places de marché des opérateurs cellulaires. On a besoin d’un nouveau boss, pas le même que l’ancien mais celui qui aurait été parfait est maintenant parti. Pour notre salut, j’espère que la révolution qu’il a commencée ne va pas mourir avec lui…

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La police privée du métro de San Francisco coupe l’électricité des tours de téléphone cellulaire pour empêcher une manif

13 août 2011

Le BART (Bay Area Rapid Transit) est la compagnie qui contrôle une grande partie des transports en commun de San Francisco. Les responsables et certaines catégories d’employés de cette société sont connus depuis longtemps pour utiliser des pratiques plutôt expéditives (et souvent musclées) avec les passagers qui posent des questions ou éventuellement contestent un service pas toujours fiable, ni forcement pratique et peu aimable, associé à des tarifs plutôt excessifs.

Couper l’électricité des tours sans prévenir

Ce vendredi, les responsables du BART ont tout simplement coupé l’électricité des tours de téléphone cellulaire dans 4 stations du BART pendant 3 heures pour empêcher toute communication par téléphone cellulaire afin d’éviter qu’une manifestation Flash de passagers ne se déroule dans ces stations. Un communiqué de presse du service de communication de la compagnie précisait : « une manifestation civile pendant le temps de transport à une heure très chargée dans le centre de San Francisco pouvait conduire à une situation de surpopulation des plateforme et mettre les usagers, les employés du BART et les manifestants dans une situation d’insécurité.» Notant qu’il est illégal de manifester dans l’enceinte du Bart et dans les trains, le communiqué rappelle qu’il a mis à disposition des endroits spécifiques pour manifester. La manifestation était organisée pour protester contre la mort d’un passager de 45 ans homeless, Charles Blair Hill, tué de trois balles par 2 agents de la Police du BART, sous prétexte qu’il était ivre et brandissait un couteau.

Méthodes expéditives

Cette manifestation faisait suite à une autre manifestation de passagers au début du mois de juillet. Pour la même raison, quelques jours après l’incident qui coutait la vie à Charles Blair Hill, plus de 200 passagers du BART s’étaient retrouvés sur le quai de la station « Civic Center » pour manifester contre les pratiques de cette police privée plutôt expéditive, rappelant que depuis 1992, 5 personnes ont été tués par la police du BART sans vraies raisons. Le trafic du Bart avait du être interrompu pendant plusieurs heures avant que la police n’éjecte les manifestants.

Pour éviter que ceci ne se reproduise alors qu’ils avaient eu vent d’une manifestation flash à venir vendredi dernier dans la soirée, les responsables du BART ont décidé d’utiliser des méthodes non moins expéditives que leur police et de façon unilatérale de couper l’électricité des tours cellulaires situées dans les stations de Embarcadero, Montgomery, Powell et Civic Center empêchant toutes les communications cellulaires dans ces secteurs. Les opérateurs, AT&T, Sprint, Verizon et T-Mobiles n’ont été prévenus qu’après que le service ait été coupé. La phrase final du communiqué du BART était « nous avons eu un trafic resté sûr et non perturbé.. »

Comme Hosni Mubarak en Egypte

Plusieurs associations de consommateurs, des syndicats, la presse locale dont les très sérieux Christian Science Monitor et Electronic Frontier Fondation ont assez vivement réagit à cette action en interrogeant ses assises légales. « C’est une honteuse attaque contre la liberté d’expression, dit l’EFF. » demandant pourquoi les opérateurs n’ont pas été prévenus avant la coupure, qui a décidé de couper l’électricité, pourquoi et sur quelles informations, est-ce que ça allait se reproduire et dans quelles conditions ? Le BART répondait qu’il avait instituté les règles suivantes : « Personne ne doit organiser ou participer à des groupes ou des manifestations ou s’impliquer dans des activités expressives dans l’enceinte payante du BART, y compris les stations et les véhicules ou trains du BART. » L’EFF se pose alors la question « Que cela signifie-t-il… ? On ne peut pas parler ? » Le porte parole de BART ajoute dans un bel exemple de suffisance imbécile. : » le BART a fonctionné pendant 35 ans sans téléphone cellulaire et personne n’avait suggéré alors que son manque puisse être un handicap pour signaler ls urgences, et nous avons eu la même infranstructure depuis 35 ans. »

Encadrer la liberté d’expression?

Bay Area Rapid Transit (BART) logo

Image via Wikipedia

L’EFF conclue son article en mentionnant que les responsables du BART se trouvent dans le même état d’esprit que Hosni Mubarack, lorsqu’il avait décidé de bloquer les téléphones cellulaires égyptiens sur Tahrir Square afin d’empêcher une manifestation pacifique dirigée contre lui. Les récents incidents à Londres et l’attitude du premier Ministre Anglais souhaitant couper le téléphone cellulaire dans certains quartiers sensibles pour enrayer les émeutes de la semaine dernière mettent clairement en évidence de nouvelles possibilités pour les gouvernements ou des organismes privés  de mieux « encadrer » la liberté d’expression.

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