Archive for the ‘Convergence PC- Mobile’ category

NET RALENTISSEMENT DES VENTES DE SMARTPHONE EN 2016

9 juin 2016

Depuis 2010, le marché connait un ralentissement significatif et pour la première fois passe sous une croissance inférieure à 10% par an. Il se transforme en marché de renouvellement et risque d’aborder une période plus turbulente.

La société d’analyse de marché Gartner, dans une récente note,  indiquait que les ventes de smartphones dans le monde ont commencé de ralentir. En 2010, le marché mondial des smartphones aurait atteint son maximum de croissance avec une progression de 73% d’une année sur l’autre.  Depuis cette date, Gartner précise que la croissance annuelle n’a cessé de ralentir et pour la première fois cette année, la croissance annuelle passera en dessous de 10%, avec une progression 2016 prévue de 7% sur l’année passée.

En 2015, la progression avait été de 14.4%. D’ici 2020, le nombre total de smartphones sur la planète devrait approcher les 2 milliards d’unités.telephoneNokia 808

Les opérateurs cherchent à accélerer le renouvellement des smartphones

Dans cette note, Annette Zimmerman et Roberta Cozza, directrices de recherche à Gartner précisent quelques caractéristiques de ce marché qui a globalement atteint sa maturité avec un taux de pénétration de 90% pour l’ensemble des pays industriels suivant : Amérique du Nord, Europe de l’Ouest Japon, et les marchés matures de l’Asie Pacifique. Pour ces pays, le marché est en train de basculer vers un marché de renouvellement, avec des appareils dont la durée de vie va probablement rester similaire.  Cette tendance au renouvellement des appareils est accentuée par le comportement des opérateurs et des fabricants de smartphones qui depuis plusieurs années ont renforcé et ajusté leur politique de financement et de subventionnement des terminaux mobiles.  “Dans ce marché mature, les utilisateurs de smartphones  utilisent le même appareil pendant environ 2.5 années et ce chiffre ne devrait pas bouger beaucoup dans les années à venir » précise Roberta Cozza.  Cependant, dans les marchés émergeants où la vie d’un téléphone de base (non smartphone) est de 3 ans,  la durée de vie d’un smartphone passe à 2.2 ou 2.5 années sous la pression des opérateurs et des fabricants .  Elle indique par exemple que dans des pays du Sub Sahara, la migration des terminaux classiques vers le smartphone a commencé en 2015 et s’accélère sous la pression des opérateurs et des fabricants.

Les fabricants se portent sur les marchés émergeants

Pour Annette Zimmerman, l’Inde est devenu le marché le plus attractif pour les fabricants de téléphones mobiles.  Elle note que dans le monde, il s’est vendu 167 millions de smartphones en 2015, ce chiffre représentant 61% des ventes globales de téléphones mobiles (toutes catégories confondues) en Inde… Au fur et à mesure que les prix des smartphones baisseront, elle prévoit que 139 millions de smartphones se vendront en Inde en 2016, soit une augmentation de près de 30% sur l’année passée.  Le prix moyen d’achat d’un téléphone mobile en Inde est d’environ 70$ alors que plus de la moitié des smartphone vendus dans le monde ont un prix supérieur à 120$. L’effet prix sera donc déterminant en Inde.

Baisse des prix des smartphones

La Chine qui représente 95% des ventes de téléphones mobiles dans le monde (toutes catégories) a connu une croissance de 16% des ventes de smartphones en 2014 n’a pas connu de croissance en 2015. Le marché chinois, déjà saturé en téléphones mobiles, ne devrait pas connaitre de forte croissance des ventes dans les  années à venir, mais tout comme en Inde, la baisse des prix des smartphones devrait créer les condition d’une compétition plus vive au fur et à mesure qu’ils deviendront plus accessibles aux consommateurs.  Les difficultés d’accès au réseau Internet en Chine (controlé par le gouvernement) sont aussi un frein pour la migration vers les smartphones.  Annette Zimmerman conclue  que la concurrence entre les constructeurs va continuer de se renforcer sur des marchés comme la Chine et l’Inde pour la migration des anciens mobiles classiques vers des smartphones. Certains constructeurs devront alors se retirer du marché et d’autres constructeurs ou opérateurs apparaîtrons, mieux armés pour répondre aux nouvelles conditions concurrentielles. Des mouvements de consolidation risquent alors de se faire sentir lorsque les prix baisseront sur les marchés émergeants pour accélérer la migration.

 

On se fait une toile sur Facebook ?

9 mars 2011

Décidément, Facebook mène sa stratégie d’infrastructure à toute vitesse en offrant toujours plus d’accès à des nouveaux services. Aujourd’hui, le géant virtuel de Palo Alto vient d’ajouter la possibilité de streamer des films. Pour 3 dollars, vous avez 48 heures pour regarder ce film sur votre ordinateur… Un seul film au catalogue, « Dark Knight » de Warner Bros pour l’instant, mais rapidement la bibliothèque de film visibles va s’étoffer.

Le cinema chez soi tous les jours du mois pour le prix d’une place dans une salle

L’idée n’est pas nouvelle et la seul innovation réside dans le fait que cette possibilité arrive chez Facebook et risque de se propager rapidement dans d’autres parties du monde. Aux Etats Unis, Netflix connait un énorme succès en permettant à quiconque de regarder la TV (qui est payante aux US) et de regarder en streaming n’importe quel film d’une imposante bibliothèque accessible en libre service pour 7,99$ par mois. L’utilisateur peut utiliser sa télévision avec une Wii, une PSP ou une Xbox, aussi bien que le browser de son PC connecté sur ADSL.

Chez les enfants ou les jeunes adultes américains, la grande mode est d’utiliser l’iPad pour regarder des films à la maison sur Netflix, ou encore la télévision,  en restant connecté par WiFi tout en se baladant comme ils veulent dans la maison, le jardin, aller au bord de la piscine ou même aux toilettes… Pour 2 dollars de plus par mois, Netflix offre d’envoyer des DVD, un par un, en nombre illimité sur un mois, choisis dans une plus large sélection de films…

Aujourd’hui, ces possibilités ne sont pas accessibles en France, mis a part quelques sites chers et mal fichus, parce que les ayants droit, les chaines de TV, les opérateurs internet, les salles de cinéma (la distribution) et les Hadopistes intégristes s’y opposent mais ils s’étonnent ensuite de la piraterie….  La pression mise par l’arrivé du streaming vidéo sur Facebook bousculera-t-elle ces stupides attitudes ?

Le Mobile 2.0 à Paris, manifestation à ne pas rater

2 mars 2011

Une des soirées les plus sympas du Mobile World Congres 2011 s’est tenu dans un petit bar à tapas dont j’ai déjà oublié le nom, tenu par des Français et perdu dans un endroit pas possible près de l’Arc de Triomphe (normal). Elle était organisée par Christophe Romei, fondateur de Memodia, organisateur de la manifestation Le Mobile 2.0 qui se déroulera le mardi 8 et mercredi 9 mars au Cent Quatre dans le 19ème à Paris

J’avais été invité à la dernière minute par Laurent Tonnelier, CEO de Mobilehead, société très innovante dans le secteur des NFC et Tags optiques, que j’avais rencontré quelques années auparavant aux Etats Unis alors qu’il ramait sur son projet. Plusieurs personnalités du Mobile Français étaient là. Non pas forcément des grands pontes, mais des gens créatifs et innovants, des développeurs sur mobile et quelques CEO comme  Aude Perdriel Vaissière de Loodies ou Philippe de Wost qui vient de vendre Imsense Ldt, la société Anglaise qu’il dirigeait, à Apple, tout simplement.

Christophe Romei, comme montre la photo, a fait un petit speech improvisé perché sur une chaise pour convier tout le monde à le Mobile 2.0 . A côté d’un espace d’exposition, des conférences seront faites par un très beau panel d’une centaine d’intervenants, plutôt opérationnels et plus proches du terrain que des PDG ou des directeurs généraux. Ils viennent de quelques unes des sociétés les plus en vues dans la mobilité comme Yahoo! France, SFR Régie, Zinio, Nokia, Forrester Research, FullSIX, MRM, Backelite, Navteq, Bell & Ross, Lagardère Active, HTC, Deezer, Microsoft, Voyages SNCF, France 24, Pure Agency, Orange, Vente Privée, Laser, Médiamétrie, PayPal, eBay, Skype, Zong, …

Les conférences aborderont des thèmes tels que:

– les retours d’expériences de grands médias présents sur mobile

– les offres médias digitales d’aujourd’hui et de demain

– le marché émergeant des tablettes

– les chiffres de la mesure d’audience de l’internet mobile français

– l’innovation des business modèles dans la convergence des écrans

– les marchés européens et américains des services mobiles, bilans chiffrés et perspectives

Cette cinquième édition de cette manifestation sera un rendez-vous privilégié pour tous les acteurs du marché qui peuvent ainsi s’informer sur les dernières tendances du marché, trouver des réponses à leurs interrogations, analyser les actions majeures menées par les pionniers du secteur, découvrir les start-up du moment, écouter plus d’une centaine d’experts et bien sur échanger avec l’ensemble des participants, le tout dans une ambiance conviviale.

Le programme complet des conférences est disponible à l’adresse : www.lemobile20.fr/2011/programme,
mais aussi sur l’application iPhone “LeMobile” ou encore via le site mobile de l’évènement : m.lemobile20.fr.

La Neutralité du Net masque une nécessaire remise en question du modèle d’investissement des opérateurs

23 février 2011

Au Mobile World Congress de Barcelone (MWC 2011) la profusion de nouveaux appareils, smartphones, tablettes etc.. n’a fait qu’exposer la partie émergée de l’iceberg, celle immédiatement visible par le grand public. Bien naturellement, elle offre des innovations lui facilitant la vie, lui permettant de se divertir, de mieux travailler, de communiquer et de se déplacer plus facilement… grâce a des appareils plus petits, plus lisible, mieux connectés, plus intelligents et plus faciles à utiliser à tout instant. Cependant, le débat de fond était ailleurs que de savoir s Nokia se rapprochant de Microsoft allait présenter une troisième voie crédible et durable entre la domination d’Apple et la rapide montée en puissance d’Android. Ce dernier est visiblement le grand challenger sur le marché des systèmes d’exploitation pour les smartphones et tablettes.

Les infrastructures, partie immergée de l’iceberg de la téléphonie mobile

Du côté des réseaux, opérateurs et constructeurs vantaient les mérites de la technologie LTE, certains laissant croire que ce nouveau type de réseau de données mobiles fonctionne déjà régulièrement. D’abord, il ne s’agit que d’un réseau de données sur lequel le transport de la voix n’est pas encore résolu (entendez standardisé).

Ce sera bien sur de la voix sur IP. Il faudra donc attendre encore deux ou trois ans avant de voir les premiers vrais déploiements commerciaux du LTE complet, voix et données. Aujourd’hui, il n’existe aucun terminal LTE. La technologie n’est pas encore complètement au point pour être commercialisée de façon industrielle et les opérateurs restent très réticents à investir massivement dessus.

Parmi les conférences de MWC 2011, l’une à plus particulièrement retenu mon attention sur la saturation des réseaux mobiles et leur nécessaire migration vers des réseaux plus puissant : c’est celle de  Gabrielle Gauthey qui s’exprimait juste avant le keynote d’Eric Schmidt. Elle fut pendant 6 ans membre influent du collège de l’ARCEP et est aujourd’hui Senior Vice Présidente chargée des relations institutionnelles internationale de Alcatel Lucent. Elle parlait au nom d’Alcatel Lucent qui est un constructeur d’équipements LTE.

Une explosion des données mobiles qui n’avait pas été prévue

« Nous ne sommes encore qu’à l’aube de l’explosion des données sur les réseaux mobiles » dit-elle rappelant et commentant quelques chiffres connus des opérateurs, mais pas forcément admis par tous. « Le premier challenge est bien sur l’énorme explosion du mobile. Première rupture dont la magnitude et la rapidité n’a jamais été aussi importante, et que collectivement, nous n’avions absolument pas analysée ni prévue. En 1999 seulement une personne sur 6 avait un téléphone cellulaire, aujourd’hui 7 sur 10 en ont un et seulement 10 à 15 % de ces téléphone peuvent accéder à Internet. En 2015, 70% de ces téléphones mobiles auront accès à Internet. »

« Le trafic des données sera multiplié par 30 (voir 40 selon certains analystes) dans les 5 ans à venir. Là où aujourd’hui on a besoin en moyenne de 16 Megabits par seconde pour répondre à une concentration d’environ 400 smartphones au kilomètre carré dans une grande ville, il faudra dans 5 ans être capable d’offrir 2 Gigabits par seconde pour répondre à la demande de 13000 smartphones au kilomètre carré, si l’on admet qu’en temps normal à un instant donné, un appareil sur 5 présents est connecté au réseau…». On peut supposer que cette estimation est déjà bien en dessous de la réalité si les applications liées à la géolocalisation continuent de se développer sur les smartphones.

Un énorme besoin d’investissements

Ces constatations signifient que d’importants investissements seront nécessaires, plus particulièrement en Europe qui, selon Gabrielle Gauthey est aujourd’hui sensiblement à la traine dans le renouvellement de ses infrastructures mobiles. « La commission européenne, dit-elle, estime qu’en Europe nous aurons un besoin d’investissement de 300 milliards d’Euros dans les infrastructures numériques pour les 10 prochaines années dont une centaine de milliards pour les seuls réseaux mobiles.»

Mais les opérateurs téléphoniques, retranchés dans leur arrogance et leurs habitudes monopolistiques locales et séculaires campent donc sur des positions archaïques, très repliés sur eux-mêmes dans un univers de communication numérique dont ils ne comprennent pas bien la dynamique et les nouveaux mécanismes, pratiquant une innovation factice basée sur le discours et d’énormes moyens marketing mis en œuvre pour justifier ces politiques. Réticents d’investir dans de nouvelles infrastructures qui « profitent » à d’autres selon eux, ils cherchent à contrôler et à brider les données qui circulent sur leurs réseaux.

Stéphane Richard PDG d’Orange affirmait voici quelques mois « Il faudrait taxer Google et ces grands opérateurs de contenu pour permettre la mise à jour des réseaux des opérateurs et leur permettre de résister à cet afflux de données… ». Il achetait cependant (certains n’hésitent pas à dire: enterrait) récemment Deezer et DailyMotion, après les avoir longuement combattu.

L’innovation crée le trafic, mais elle ne vient pas des opérateurs téléphoniques

Pour Gabrielle Gauthey, le paysage et les usages des télécommunications ont radicalement et profondément changé en quelques années. L’écosystème dans son ensemble a subit une profonde et rapide mutation qui devrait « conduire les opérateurs à complètement revoir leurs modèles d’investissement ». L’un des aspects les plus discuté lors du MWC 2011 est l’impact des opérateurs dits « over the top », c’est à dire des grands opérateurs de contenu comme Google (YouTube) Facebook, Flicker, Twitter, Groupon et de certains fabricants de téléphone dont Apple et RIM. « C’est leur créativité et leurs innovations qui suscitent la grande majorité du trafic de données sur les réseaux des opérateurs mobiles » ajoute Gabrielle Gauthey.

Ces « over the top » s’infiltrent donc dans l’écosystème des opérateurs par les usages, mais ces derniers ne peuvent pas les contrôler pour autant car « le vieux business modèle de la vente de voix à la minute et à la distance, mis en oeuvre il y a un plus d’un siècle par Graham Bell, est devenu complètement obsolète. Il y a eu découplage entre le trafic et les revenus… Les opérateurs ont vu leurs marges baisser ce qui ne leur permet plus de financer les infrastructures réseaux à travers des business modèles tels qu’ils continuent de les pratiquer. » Il est donc temps que les opérateurs se penchent sur un renouvellement profond de leurs modèles, sous peine de continuer de perdre contrôle du marché au détriment des « over the top » qui dégagent d’importants cash flow et suscitent la demande.

Ce qui se cache derrière le débat sur la Neutralité du Net

« Le vrai challenge des opérateurs explique Gabrielle Gauthey, se cache derrière le débat sur la Neutralité du Net depuis quelques années. La neutralité du Net est apparue aux Etats Unis à la suite du procès intenté à Comcast et s’est ensuite étendue à l’Europe et au reste du monde au fur et à mesure que les données mobiles entrainaient une rapide saturation des réseaux. » Le monde du contenu, représenté par les opérateurs « over the top » et le monde des opérateurs téléphoniques se sont rejoints sur Internet, vecteur de distribution universel.

« Mais, précise Gabrielle Gauthey, ils ont des business modèles très différents et touchent des marchés différents, les « over the top sont globaux alors que les opérateurs de services sont généralement locaux. Pourtant, leurs futurs sont liés et tous ces acteurs sont devenus hautement interdépendants et interconnectés. Il faut une vision partagée pour assurer la mise en place  de la société numérique. Dans le monde IP (Internet Protocol), c’est le même réseau qui transporte la voix, les données et la vidéo. Mais ce monde s’est développé autour des données, sans le modèle standard d’interconnexion qui dans le monde de la voix  a permis de fournir une qualité de service égale de bout en bout sur les réseaux. Il n’existe pas de standard identique d’interconnexion des données qui permette de garantir une qualité de service sur les réseaux de données. »

« En même temps, poursuit-elle, l’exigence des utilisateurs en termes d’accès aux réseaux, de qualité de service, de bande passante, de sécurité et de fiabilité doit être valorisée, y compris par les opérateurs « over the top ». Tout le monde sait, plus particulièrement dans le monde mobile, que les applications vont faire face à des problèmes de performances sur les réseaux, mais rien n’en assure le contrôle et la régulation aujourd’hui. « Mais la Net Neutrality ne doit pas nous détourner du point le plus important et le plus urgent qui est celui d’accroitre la capacité des réseaux aussi vite que possible. »

Investir et partager pour accroitre la capacité des réseaux

Trois facteurs clés jouent sur la performance des réseaux. Ce sont le nombre de points hauts (le nombre d’antennes), le spectre de fréquence disponible et l’efficacité des technologies de transmission. « Le premier facteur précise Gabrielle Gauthey, conduira certainement à la densification des pico et femto cellules et à l’amélioration des connexions de backhaul. En effet, la fibre est l’avenir du sans fil. Mais le challenge est important à ce niveau là parce qu’il devient de plus en plus difficile de densifier le nombre d’antenne, particulièrement en milieu urbain. Il y a déjà là une première incitation pour les opérateurs à partager les points hauts, et même le backhaul dans certains cas. »

« Le spectre est le point le plus délicat, affirme-t-elle. Il faudra encore plus de fréquence pour satisfaire ces 13000 smartphones au km² dans 5 ans. Mais le spectre est limité, il n’y en aura pas assez pour tous. C’est une autre incitation pour les opérateurs à partager. Le partage du spectre de fréquence devient obligatoire dans la mesure ou la technologie LTE nécessite des canaux de 20Mhz pour fournir une bande passante capable de répondre à la demande croissante de données. »

« Nous pensons que conjointement à l’utilisation du LTE, les opérateurs doivent considérer le partage des fréquences et des réseaux comme la seule voie pour en améliorer la puissance et la capacité, plutôt que de s’engager dans la création de 3 ou 4 réseaux parallèles. Ils doivent maintenant considerer de nouveaux modèles d’investissement, aussi bien dans les zones urbaines que dans les zones rurales où la demande de bande passante est aussi très forte. » En d’autre termes, la concurrence par les réseaux, prônée par la commission européenne ne semble pas être la panacée qu’on attendait.

Fiers d’être des opérateurs de tuyaux

« Les opérateurs conclue-t-ell, doivent être fiers d’être des opérateurs de tuyaux, de tuyaux intelligents. La différenciation doit être cependant réalisée sous certaines conditions. Elle ne doit pas etre discriminante pour les utilisateurs, ni pour les concurrents et doit s’appuyer sur des accords entre les opérateurs et une grande transparence. Celle-ci doit permettre à tous, utilisateurs et opérateurs, de disposer d’informations quantifiées et claires autour du trafic sur le réseau, des pratiques de gestion des flux de contenu, de la capacité, de la bande passante réelle etc.., de façon à ce qu’il puissent prendre une décision d’achat appropriée, qui ne lie pas l’utilisateur à un opérateur… » Ces pratiques commencent à apparaitre dans les pays en voie de développement qui se séparent progressivement des vieux modèles d’opérateurs imposés par des siècles de pratiques coloniales. Enfin, Gabrielle Gauthey indique que les régulateurs dans le monde peuvent être les garants de ces dispositions, en s’attachant à répondre aux caractéristiques locales et en garantissant la transparence.

Les téléphones Android dépassent l’iPhone

15 août 2010


Selon une récente analyse du Gartner Group, au cours du trimestre dernier (T2 2010), c’est-à-dire avant que l’iPhone 4 ne soit réellement mis sur le marché, le nombre de téléphones Android vendus dans le monde a dépassé le nombre d’iPhone vendus par Apple. Aux Etats Unis, Android a même dépassé le nombre de Blackberry vendus.

Alors qu’il y a un an à l’issue du trimestre équivalent (T2 2009) les téléphones Android n’occupaient que 1,7% du marché des ventes de smartphones, ils comptent aujourd’hui pour 17,2% du marché mondiale des smartphones, ce qui représente une remontée très significative. Esme Vos, Rédactrice en chef du site américain Muniwireless.com qui observe de près au services sans fil fait remarquer que l’iPhone 4 n’intervient pratiquement pas dans le décompte dans la mesure ou il a réellement commencé à se vendre au début du 3ème trimestre 2010. «  J’attends avec impatience les données du 3ème et du 4ème trimestre dit-elle, qui comprendront les ventes de l’iPhone 4 ».

Le marché mondial des smartphones (61 millions d’appareils vendus en T2 2010) représente cependant à peine 20% du marché mondial des téléphones, tous appareils et modèles confondus (325 millions d’appareils vendus en T2 2010). Mais cette part des smartphones à tendance à rapidement augmenter puisqu’il y a un an au même deuxième trimestre, il s’était vendu 41 millions de smartphones pour un marché total de 286 millions d’appareils, soit 14% environ. Les ventes de smartphones ont ainsi augmenté de plus de 50% d’une année sur l’autre.

A noter que Nokia qui est toujours le principal fabriquant de téléphone dans le monde, n’a toujours pas de smartphone capable de rivaliser sérieusement avec l’iPhone, l’Android ou même le Blackberry. Nokia vend actuellement des téléphones plus ou moins sophistiqués sous l’OS Symbian qui entrent dans la catégorie des smartphones, mais ses parts de marché semblent s’éroder, plus rapidement encore de celle du Blackberry de RIM qui lui aussi perd du terrain sous la pression conjuguée de l’iPhone et des téléphones Android. Nokia, lors du Mobile World Congress de Barcelone signait un accord avec Intel pour le développement conjoint d’un système d’exploitation à base de Linux appelé Meego qui servira de base à une série de smartphones, mais il ne verront pas le jours avant la fin de l’année. Symbian reste encore le système le plus utilisé mais il perd rapidement pied.  Microsoft est celui qui proportionnellement a la plus perdu dans cette émergence des smartphone, à cause du succès très limité de Windows Mobile 6.5 et de l’arrivée tardive de Windows Mobile 7, annoncée à Barcelone en février dernier, dont on attend toujours la mise sur le marché. Bada, la plateforme annoncée par Samsung semble avoir du mal à décoller au point que le fabricant coréen a décidé de vendre des téléphones sous Android avec un certain succès.

Un nouveau regain d’intérêt pour le WiFi

Toujours autour des téléphones Android, l’activité de ce début d’année semble avoir porté ses fruits puisque l’OS développé par Google a été adopté par Motorola (qui joue sa survie dans la téléphonie avec cet OS) par Ericsson et par HTC. Plusieurs opérateurs, dont Verizon aux Etats Unis, on aussi décider d’adopter ce système d’exploitation pour certains des téléphones vendu sous leur marque. L’opérateur américain répondait ainsi à Apple qui s’appuie sur un contrat exclusif avec AT&T pour son iPhone aux Etats Unis et dans certains autres pays. La notion d’exclusivité chez les opérateurs revendeur de l’iPhone n’est pas autorisée en Europe. L’exclusivité mise en place par Apple lui permet de réaliser des marges nettement supérieures à celle de ces concurrents. Cette constatation met en lumière la percée faite par Android ches les fabriquants de téléphones cellulaires et l’intérêt que lui ont manifesté les opérateurs.

Esme Vos met en évidence le rôle du WiFi chez les opérateurs et les utilisateurs de smartphones. En effet, alors qu’il était principalement utilisé par les possesseurs d’un ordinateur portable au cours de leurs déplacements, le WiFi est désormais fortement utilisé par les possesseurs de smartphones, et les opérateurs doivent en tenir compte. Cependant, elle précise que les opérateurs de WiFi dans les villes, les trains et un grand nombre de places publiques ne facilitent pas l’accès au WiFi par les utilisateurs de smartphones. « Vous attendez le train ou le métro, dit-elle, (à San Francisco doit-on préciser, car il n’y a pas de WiFi dans le métro parisien, ni les trains… merci la SNCF et la RATP) et le temps de remplir tous les éléments pour vous connecter au réseau WiFi avec votre smartphone, le train est déjà là… » Les opérateurs restent toujours retranchés dans leurs vieilles habitudes où le client doit se plier aux contraintes de l’opérateur. Pour les utilisateurs de smartphones qui utilisent fréquemment le WiFi, elle mentionne Devicescape qui facilite les connections WiFi à partir de n’importe quel appareil. Aux Etats Unis, encore plus qu’en France, les réseaux 3G sont de qualité médiocre et très irrégulière lorsqu’il s’agit de transfert de données sans fil.

Sombre bilan et nouveaux enjeux pour le Haut Débit aux Etats-Unis

26 juillet 2010

Julius Genachowski, Président de la FCC américaine

Avec son 6ème rapport sur le déploiement du haut débit aux Etats-Unis, la FCC lance un cri d’alarme, « le déploiement du haut débit n’est pas raisonnable et est en retard ».

AT&T, l’un des 2 grands opérateurs américains, vient  de publier des résultats exceptionnels pour son  deuxième trimestre avec un bénéfice en hausse de 26% à 4,02 milliards de dollars sur le trimestre précédent. Cependant ses revenus ont baissé et AT&T note que ces bénéfices sont dus en majeure partie à l’enregistrement des iPhone et plus particulièrement à l’arrivée de l’iPhone 4. Les  activités traditionnelles de AT&T continuent de stagner alors que Apple lui permet de réaliser des bénéfices captifs « faciles », mais aussi véritables cadeaux empoisonnés puisqu’ensuite, ces iPhones viendront solliciter le réseau déjà surchargé de l’opérateur incapable de le mettre à jour pour répondre à la demande.  En France, selon des sources officieuses, 60% des ventes de téléphones mobiles chez Orange seraient des iPhone, ce qui pose un problème stratégique majeur pour les opérateurs. Nous en reparlerons.

80 millions d’américains n’ont pas le haut débit

Cette annonce montre que malgré tout, y compris les opérateurs gérés de façon la plus traditionnelle (pour ne pas dire archaïque) arrivent tout de même à faire de substantiels bénéfices dans les télécommunications. Le jour même de cette annonce,  la FCC  (Federal Communication Commission, équivalent de l’ARCEP)  dévoilait son Sixième rapport sur le déploiement haut débit aux Etats-Unis et lançait un véritable cris d’alarme sur le retard que prennent les Etats-Unis en la matière.

Dès les première lignes du rapport, le ton est donné : « Alors qu’une substantielle majorité d’américains ont accès à des connexions haut débit,  aujourd’hui, près de 80 millions d’américains ne sont pas abonnés à un service de haut débit à la maison et approximativement 14 à 24 millions d’américains restent sans possibilité d’accéder à un service de haut débit. »

Le document note que la situation se dégrade comparée aux rapports précédents. En d’autres terme, près de 5% de la population américaine ne peut pas avoir accès à du haut débit et environ  30% des américains ne voient pas l’intérêt de souscrire un abonnement haut débit quel qu’en soit la raison.  Le document remarque que les zones non desservies ont tendance à être des zones où les revenus moyens sont les plus bas…

Remise à  jour des bases de mesure

Détail important,  La FCC note que pour tous les rapports préalables qu’elle a publié, la notion de haut débit était acquise à partir d’un débit de 200 kbps en download . Cette mesure très favorable ne correspond absolument pas à la notion communément admise du haut débit.  Conformément au plan national haut débit mis en place par le Président Obama depuis le début de l’année, la notion de haut débit intervient maintenant seulement à partir d’un débit de 1 megabit par seconde, ce qui semble déjà plus proche de la réalité du haut débit et de ses usages. La FCC a aussi revu la manière dont elle comptabilise la disponibilité du haut débit. En effet, était considéré comme accédant au haut débit toute zone postale (un zip code à 5 chiffres) sur laquelle au moins un accès haut débit était disponible… La méthode de comptabilisation est désormais plus fine que la zone d’un code postal. Mais les chiffres suscitent encore pas mal de controverses.

Le lobby des opérateurs se rebiffe…

Le rapport de la FCC précise une soixantaine de propositions de régulation pour améliorer la situation aux Etats-Unis. Il  soulève ainsi une levée de boucliers des apôtres la liberté incontrôlée des marchés, menés par les opérateurs qui profitent largement de situations de monopole sur des marchés récurrents. Selon le site ATR (American for Tax Reforms) qui milite contre la régulation aux Etats-Unis, « Officiellement, (selon leur propres chiffres….ndlr), les sommes investies par les opérateurs américains dans les infrastructures  de réseau se monteraient à  576 milliards de dollars au cours des 5 dernières années.. les fournisseurs d’accès Internet auraient mis tous les ans près de 30 milliards de dollars pour étendre et améliorer leurs réseaux… ».

L’ATR poursuit « Le dernier rapport sur le haut débit de la FCC est une rhétorique creuse, il a été réalisé uniquement pour dénigrer les fournisseurs de service internet  simplement pour justifier le schéma inutile et lourd qui consiste à réguler l’Internet. Il suit comme prévu la même stratégie exposée dans le rapport sur le sans fil au mois de mai qui a servi à justifier la régulation qui en a suivi. »  Le pouvoir de lobby des opérateurs apparait au grand jour à travers un rapport effectué par deux professeurs de  la New York Law School qui « démontrent » que la Neutralité du Net proposée par la FCC détruirait environ 700000 emplois  correspondant à un manque d’investissement des opérateurs provoquant un manque à gagner du PNB de 80 milliards par an… !  Leur raisonnement est bien sûr appuyé sur le postulat que le marché est vivement concurrentiel aux Etats-Unis… !

Revitaliser le marché du haut débit

La recommandation de ce rapport est ainsi formulée : «  Il faut agir immédiatement de façon à accélérer le déploiement des capacités de  « services avancés de télécommunication » en faisant tomber les barrières aux investissements dans les infrastructures et en promouvant la concurrence sur le marché des télécommunications. »L’évidence semble tellement claire que même le rapport d’une récente délégation de l’ARCEP aux Etats-Unis, après quelques entretiens avec les acteurs du secteur et l’administration américaine,  concluait à un manque évident de concurrence sur le marché américain.

La quasi vacance de régulation aux Etats Unis, pratiquée sous l’administration républicaine de Georges Bush, a en effet provoqué depuis le début des  années 2000, un vaste mouvement de consolidation chez les opérateurs de téléphonie fixe et mobile aux Etats-Unis qui résulte en un marché que se partagent 3 opérateurs.  La non mise en oeuvre des recommandations du dégroupage faites lors de la loi ‘Telecommunication Act » de 1996 a conduit à une carence d’initiative des opérateurs alternatifs  et des fournisseurs de services face à un duopole entre 2 opérateurs de télécommunications (AT&T et Verizon) et un opérateur de câble (Comcast) qui se partagent le territoire pour les communications fixes et mobiles et évitent bien de se concurrencer autrement que par communiqués de presse interposés.

Réguler pour faire renaitre la concurrence

Intimement intégré dans le Plan National pour le très Haut Débit préparé lui aussi par les soins de la FCC au début de cette année, le rapport met une nouvelle fois en évidence  les lacunes du marché et illustre les objectifs du Plan d’offrir au plus vite une connexion haut débit à tous les américains.  Deux objectifs majeurs de ce plan sont de puiser dans les fonds fédéraux pour subventionner les services téléphoniques dans les zones « blanches » ou rurales afin de faciliter la mise en place d’accès Internet à haut débit et de libérer plus de spectre de fréquences pour les services Internet sans fil dans ces zones où les opérateurs et cablo-opérateurs ne veulent pas investir.  Cependant, l’industrie à mis en place un intense lobbying, souvent très bien camoufflé, pour faire dérailler les propositions de Julius Genachowski, le Président de la FCC.

En effet, l’idée de Genachowski conduirait à définir les accès haut débit comme un “common Carrier », c’est-à-dire  un statut proche du ce qu’en France on appelle le « service universel ».  D’autre part, les projets qui entrent dans le plan national haut débit doivent respecter un certains nombre de principes de non discrimination d’accès aux infrastructures et de facilité d’interconnexion aux autres réseaux.

Un environnement nouveau, un nouveau challenge

Ce rapport qui pointe du doigt l’insuffisance d’investissements et le manque d’innovation chez les opérateurs arrive au moment où se font sentir quelques signes de reprise économique. Mais le paysage des télécommunications présente aujourd’hui des caractéristiques entièrement nouvelles comparées à la situation de ce marché en 2007, juste avant la crise. En effet, les opérateurs doivent faire face à une nouvelle forme de convergence fixe et mobile (dont ils ont bénéficié jusque là notamment grâce au sans fil) qui a vu une série  d’alliances des grands du secteur informatique ou Internet avec des fabricants de smartphones. L’objectif de ces alliances est de développer des nouvelles plateformes logicielles fixe et mobiles, capable de mettre en place des services qui ne profitent guère aux opérateurs, restés figés dans leurs attitudes statiques et fermées « d’opérateur historique ». La rigidité et les exigences des opérateurs face aux fabricants de combinés téléphoniques en est un des nombreux aspects. « Nous investissons dans les infrastructures et ce sont des gens comme Google qui en profitent… » se plaignait récemment Stéphane Richard, le PDG de France Télécom Orange.

Batailles de géants …Apple, Google, Microsoft et.. Intel face aux opérateurs

Citons Apple comme étant le premier qui a réussi a briser le cercle, mais qui lui aussi opère dans une approche intégrée verticalement et fermée. Certes, Apple se place du côté du consommateur lorsqu’il s’agit de la facilité d’utilisation, mais ses produits, sujets à de nombreuses restrictions, ne sont pas ouverts et restent trois fois plus chers que les autres. La FCC et la commission Européenne s’attachent cependant à faire tomber ces restrictions.

Google est un autre géant qui avec Android, se lance dans la conquète des utilisateurs fixes et mobiles à travers une stratégie dont le but est d’unifier Chrome pour le desktop et Android sur les mobiles. Bien qu’étroitement surveillé et tout autant haïs par les opérateurs que son concurrent Apple, Google semble avoir la faveur de l’administration Obama aux Etats-Unis. Microsoft, dont la stratégie en matière de mobile ne semble pas réellement porter ses fruits malgré des efforts séculaires, travaille sur une convergence fixe mobile autour de Windows 8 dont on commence à entendre parler dans la Silicon Valley. Il faudra attendre encore un peu (au moins un an, voir 18 mois) avant d’en savoir plus.

L’outsider de cette confrontation est Intel, qui développe  maintenant une stratégie de  plateforme (base matériel et logiciels) ouverte autour de Linux. Lors du dernier MWC de Barcelone, il s’alliait avec Nokia pour développer Meego, un OS pour les smartphones. Le monde de l’informatique classique  et d’Internet est en train d’opérer sa mutation vers la mobilité. Les opérateurs sauront-ils en tirer parti sans s’aliéner la base de leurs clients?

Intel met la fibre dans la maison pour interconnecter tous les appareils

5 avril 2010

Lors de son keynote du CES 2010 à Las Vegas, Paul Otellini, CEO de Intel, mentionnait rapidement une nouvelle technologie d’interconnexion entre tous les appareils électroniques grand public (ordinateurs, smartphones, périphériques) appelée Light Peak, développée dans les laboratoires d’Intel depuis 2007, dont les premières démonstrations ont été faites publiquement lors de l’Intel Developers Forum fin septembre 2009 à San Francisco. Aujourd’hui Intel entre donc sur le marché des AOC (Active Optical Cables) , c’est-à-dire les câbles d’interconnexion en fibre optique active pour les appareils électroniques, qui à terme sont amenés à remplacer les câbles d’interconnexion basés sur du cuivre. Cette technologie devrait être disponible dans les mois qui viennent sur les prochains PC et serait déjà adoptée par plusieurs constructeurs d’appareil électroniques grand public dont Sony et probablement Apple.

Développée à la demande d’Apple

Lors de ses premières présentations en septembre dernier, la petite histoire véhiculée par la presse américaine laissait entendre que c’est à la demande expresse d’Apple à la recherche d’une connectique unique, plus efficace et de plus petite taille pour ses appareils, qu’Intel aurait décidé de développer cette nouvelle technologie basée sur la fibre. On peut cependant rappeler qu’Intel a été un élément moteur dans le développement de l’USB au milieu des années 90 et qu’il travaille depuis des années sur les technologies de fibre optique.  Le Français Jean Marc Verdiell qui fut directeur de la stratégie optique d’Intel jusqu’en 2006  reste le seul Français à ce jour à avoir été promu Intel Fellow. Il a recemment déposé un brevet sur les interconnexions par fibre optique entre certains composants d’un ordinateur.

Pourtant, alors que le nouvel iPad d’Apple arrive sur le marché,  tout le monde déplore l’absence d’un connecteur USB sur l’appareil. On peut raisonnablement se poser la question de savoir si Apple n’attend pas la mise sur le marché de ces connecteurs Light Peak pour en équiper ce nouveau terminal complètement orienté Internet et Multimédia… Voir ci-dessous le document qui a circulé à l’automne dernier sur la manière dont Apple envisage l’utilisation de cette nouvelle connectique.  (J’ai rajouté l’iPad qui ne figurait pas sur le document original, mais qui s’y insère parfaitement bien à postériori…)

Ecoutons la présentation (en Anglais) de Paul Otellini sur la nécessité de développer une telle connectique capable de transporter des données sous des protocoles multiples et capables d’interconnecter directement les appareils de la maison entre eux et aux câbles optiques qui arriveront bientôt dans les appartements pour apporter l’Internet à très haut débit (FTTH). Il y a fort à penser que cette technologie bouleverse quelques notions dans ce qu’on appelle généralement « la maison connectée »…

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Les câbles électriques actuels à base de cuivre, communément utilisés pour toute la connectique du PC, atteignent aujourd’hui leurs limites en terme de vitesse de transmission et de longueur, à cause des interférences électro-magnétiques et d’autres effets physiques.  Ainsi, les spécifications d’un câble de cuivre capable de transmettre des données à la vitesse de 5 Giga bit par seconde imposent un diamètre de 6 à 8 mm et une longueur maximum de 3 mètres, soit une taille réduite de 2 mètres par rapport à la longueur maximum des câbles USB 2.0 existants. De plus, des câbles de cette taille demandent aussi des connecteurs plus larges qui ne s’intègrent pas facilement dans des appareils qui deviennent de plus en plus petit (les smartphones notamment).

Un concurrent de USB 3.0

La technologie Light Peak vient aujourd’hui en concurrence directe avec USB 3.0 qui offre théoriquement une capacité de transfert de 600 Megabits par seconde, (200 à 300 Mbps en réalité) sur du cable de cuivre mais qui, bien que capable d’offrir des vitesses jusqu’à 25 Giga bits par seconde, n’a pas précisé sa stratégie sur la fibre. Light Peak offrirait d’entrée une capacité d’échange de 10 Giga bits par seconde, pouvant aller rapidement jusqu’à 100 gigabits par seconde, avec  des câbles d’un diamètre de 2 à 3 mm, des connecteurs de bien plus petite taille capable de se loger facilement dans un smartphone, sans pour autant que la longueur de câble soit limité. On peut ainsi envisager de remplacer des câbles Ethernet d’accès à Internet par  des câbles Light Peak, qui pourront, selon Intel, assurer le transport des données à très grande vitesse sous différents protocoles.

Ecoutons la présentation (en anglais) de Light Peak faite par le responsable du laboratoire optique de Intel au moment du CES 2010.

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Enfin, selon la société d’études IGI (Information Gatekeepers Inc), le marché de l’AOC dispose aujourd’hui d’une véritable opportunité de développement.  Mais sa croissance s’est surtout appuyée jusqu’à maintenant sur une technologie appelée InfiniBand (IB), principalement employée dans les entreprises pour les solutions de HPC (High Performance Computing), alors que les connectiques basées sur le cuivre comme HDMI, USB ou Display Port (DP) voyaient leurs performances augmenter au détriment de la longueur et de la minceur des câbles et de la réduction de la taille des connecteurs.

L’opportunité que présente Light Peak semble donc très large sur tout le marché de l’électronique grand public compte tenu de la convergence fixe et mobile qui se développe et de l’arrivée du très haut débit dans les foyers grâce au FTTH. Le USB-IF (Implementers Forum) qui a pour mission de developper et de faire adopter USB précisait de façon laconique que USB 3.0 existe et fonctionne déjà alors que Light Peak est encore sous forme de spécifications et de prototype. A noter aussi que le Président de l’USB-IF est un employé d’Intel…