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NET RALENTISSEMENT DES VENTES DE SMARTPHONE EN 2016

9 juin 2016

Depuis 2010, le marché connait un ralentissement significatif et pour la première fois passe sous une croissance inférieure à 10% par an. Il se transforme en marché de renouvellement et risque d’aborder une période plus turbulente.

La société d’analyse de marché Gartner, dans une récente note,  indiquait que les ventes de smartphones dans le monde ont commencé de ralentir. En 2010, le marché mondial des smartphones aurait atteint son maximum de croissance avec une progression de 73% d’une année sur l’autre.  Depuis cette date, Gartner précise que la croissance annuelle n’a cessé de ralentir et pour la première fois cette année, la croissance annuelle passera en dessous de 10%, avec une progression 2016 prévue de 7% sur l’année passée.

En 2015, la progression avait été de 14.4%. D’ici 2020, le nombre total de smartphones sur la planète devrait approcher les 2 milliards d’unités.telephoneNokia 808

Les opérateurs cherchent à accélerer le renouvellement des smartphones

Dans cette note, Annette Zimmerman et Roberta Cozza, directrices de recherche à Gartner précisent quelques caractéristiques de ce marché qui a globalement atteint sa maturité avec un taux de pénétration de 90% pour l’ensemble des pays industriels suivant : Amérique du Nord, Europe de l’Ouest Japon, et les marchés matures de l’Asie Pacifique. Pour ces pays, le marché est en train de basculer vers un marché de renouvellement, avec des appareils dont la durée de vie va probablement rester similaire.  Cette tendance au renouvellement des appareils est accentuée par le comportement des opérateurs et des fabricants de smartphones qui depuis plusieurs années ont renforcé et ajusté leur politique de financement et de subventionnement des terminaux mobiles.  “Dans ce marché mature, les utilisateurs de smartphones  utilisent le même appareil pendant environ 2.5 années et ce chiffre ne devrait pas bouger beaucoup dans les années à venir » précise Roberta Cozza.  Cependant, dans les marchés émergeants où la vie d’un téléphone de base (non smartphone) est de 3 ans,  la durée de vie d’un smartphone passe à 2.2 ou 2.5 années sous la pression des opérateurs et des fabricants .  Elle indique par exemple que dans des pays du Sub Sahara, la migration des terminaux classiques vers le smartphone a commencé en 2015 et s’accélère sous la pression des opérateurs et des fabricants.

Les fabricants se portent sur les marchés émergeants

Pour Annette Zimmerman, l’Inde est devenu le marché le plus attractif pour les fabricants de téléphones mobiles.  Elle note que dans le monde, il s’est vendu 167 millions de smartphones en 2015, ce chiffre représentant 61% des ventes globales de téléphones mobiles (toutes catégories confondues) en Inde… Au fur et à mesure que les prix des smartphones baisseront, elle prévoit que 139 millions de smartphones se vendront en Inde en 2016, soit une augmentation de près de 30% sur l’année passée.  Le prix moyen d’achat d’un téléphone mobile en Inde est d’environ 70$ alors que plus de la moitié des smartphone vendus dans le monde ont un prix supérieur à 120$. L’effet prix sera donc déterminant en Inde.

Baisse des prix des smartphones

La Chine qui représente 95% des ventes de téléphones mobiles dans le monde (toutes catégories) a connu une croissance de 16% des ventes de smartphones en 2014 n’a pas connu de croissance en 2015. Le marché chinois, déjà saturé en téléphones mobiles, ne devrait pas connaitre de forte croissance des ventes dans les  années à venir, mais tout comme en Inde, la baisse des prix des smartphones devrait créer les condition d’une compétition plus vive au fur et à mesure qu’ils deviendront plus accessibles aux consommateurs.  Les difficultés d’accès au réseau Internet en Chine (controlé par le gouvernement) sont aussi un frein pour la migration vers les smartphones.  Annette Zimmerman conclue  que la concurrence entre les constructeurs va continuer de se renforcer sur des marchés comme la Chine et l’Inde pour la migration des anciens mobiles classiques vers des smartphones. Certains constructeurs devront alors se retirer du marché et d’autres constructeurs ou opérateurs apparaîtrons, mieux armés pour répondre aux nouvelles conditions concurrentielles. Des mouvements de consolidation risquent alors de se faire sentir lorsque les prix baisseront sur les marchés émergeants pour accélérer la migration.

 

LE TOURISME FRANÇAIS S’EST APPROPRIE INTERNET

17 mars 2016

Les Français ont diminué sensiblement leur budget vacance en 2015, mais ils utilisent de plus en plus Internet pour partir plus souvent et à des coûts réduits, en favorisant les offres packagées.

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Le site de voyage Opodo (groupe Odigeo), représenté par Quentin Bacholle, son Directeur Général France et la Société d’Etudes Raffour Interactif spécialisée dans le tourisme et le transport, présentaient les résultats d’une étude sur les habitudes de vacance des Français. Ce Barometre Opodo est partie d’une étude annuelle, menée par Guy Raffour depuis 14 ans, selon les règles de l’art, grâce à un entretien à domicile de près d’une heure, sur un échantillon statistiquement représentatif de 1030 Français de plus de 15 ans. Elle ne concerne que les activités de voyage et de séjour payant ou non payant pour les loisirs exclusivement, c’est-à-dire les vacances…

Léger tassement des départs et des budgets vacances

Il ressort de l’enquête, effectuée en février dernier, que les foyers Français en 2015 ont sensiblement réduit leur budget vacances, celui-ci passant de 2014 à 1714 € par an (voyage et séjour compris) soit une baisse de 13%, et près de 700000 personnes de moins qu’en 2014 sont parties en vacances. En effet, sur une population statistiquement valide de 53,5 millions d’habitants (en augmentation de 0.3 m sur 2014),  c’est 32.2 millions, soit 60.1%, qui sont partis pour un séjour court ou long soit une baisse de 1.7% par rapport à l’année précédente. A noter que depuis plusieurs années, le taux de départ en vacances des Français oscille entre 59 et 61%.

Analysés un peu plus en détail, ces chiffres représentent une réalité plutôt positive, montrant le dynamisme du secteur du tourisme en France, et en Europe. « Le secteur aux Etats Unis s’est consolidé explique Quentin Bacholle. Par exemple, la réservation de vols est effectuée sur seulement 3 plateformes différentes, alors qu’en Europe où le marché est moins consolidé, il y en a quelques dizaines…qui servent quelques centaines d’acteurs dont nous faisons partie…  (Voir pour ceux qui le connaissent, une certaine analogie avec le marché des télécom… !). Ceci permet une offre plus concurrentielle, plus diversifiée et plus flexible, et c’est ce que recherche l’utilisateur…». Il précise que pour Opodo, le panier moyen pour un vol est passé de 532€ à 516€, probablement à cause de la baisse des tarifs d’avion et de la lente montée des compagnies low cost et des transports alternatifs.

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Un marché dynamique malgré la crise et la situation géopolitique

L’enquête analyse séparément les séjours de courte durée (1 à 3 jours) et les séjours de moyenne ou longue durée (4 jours ou plus). Il semble que malgré les problèmes de budgets, les Français partent plus, mais ils sont plus sélectifs de façon à combiner un vol et un séjour qui leur apportera « une expérience optimale de vacances ». « On constate une hausse assez significative des séjours de courte durée », explique Guy Raffour. Interrogés sur les risques d’attentats, il semble que les français aient intégré ce facteur puisque 62% d’entre eux répondent que cela n’aura pas d’influence sur leurs perspectives en 2016 alors que 27% indiquent qu’ils en tiendront compte dans leur choix. Chez Opodo, on constatait une baisse assez importante après le 13 novembre dernier, mais très rapidement, la tendance s’est estompée le mois suivant. Globalement, les destinations de vacances ont pourtant changé de façon notoire entre 2014 et 2015 puisque si l’Espagne et la Grèce restent les destinations privilégiées des Français avec la République Dominicaine, la Tunisie et la Turquie ont disparu de la liste entre 2014 et 2015 au profit de la Thaïlande et du Maroc. Les Etats Unis ont aussi perdu leur caractère attractif à cause de la hausse du dollar et des coûts de séjours sur place.

Parmi  les Français qui sont partis, on note plusieurs tendances, principalement liées aux conditions économiques connues en 2015. Partir est un besoin vital pour eux et ils s’appuient sur un budget vacances pour faire leurs choix en faisant varier les paramètres. L’enquête met en évidence une assez forte progression de 2% des séjours courts (19.8 millions de personnes en 2015 contre 18.6 millions en 2014). Les séjours longs gagnent aussi 2% avec 36% de ceux qui sont partis en 2015.  Ce chiffre est confirmé par Opodo qui constate en parallèle une baisse des séjours longs de plus de 2 semaines. Quentin Bacholle mentionne le phénomène « city break » qui pousse les français à partir plus souvent pour un long week end (séjours court) dans une ville européenne.

Il est certain que l’utilisation d’Internet permet aux français qui cherchent à partir en vacance d’optimiser plus facilement leur voyage en fonction du budget fixé au départ, leur permettant de trouver les meilleures prestations au meilleurs prix et surtout leur permettant de simuler en ligne leur voyage grâce aux informations sur les offres diversifiées qu’ils trouvent sur Internet. Pour une agence de voyage en ligne comme Opodo dont l’activité principale et le vol, la principale préoccupation du management est d’être en mesure d’apporter de l’information (y compris collaborative), de faire des propositions sous forme de package qui intègre des offres variées et diversifiées sur les séjours et d’autres services répondant aux préoccupations de leur client.

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La France est toujours en retard sur Internet. Le m-tourisme décolle

Globalement, l’enquête montre que 46% des réservations globales sur le voyage vacances (tous types de prestations confondues et quelque soit le support utilisé) en France utilisent Internet, en dessous du taux moyen européen qui est de 52%. Guy Raffour constate que 15% des français qui partent en vacances n’utilisent pas Internet et il indique que le rattrapage se fait lentement, alors que le e-tourisme croit fortement, montrant une évolution sensible du mode de préparation et de consommation des vacances.  Quentin Blacholle mentionne quant à lui que le m-tourisme (information et réservation sur le mobile) est en forte croissance. « Si on regarde chez Opodo la part de réservations sur smartphone ou tablette, dit-il, nous avons atteint le seuil de 25%, alors que nous étions à 15% en 2014 et 8% l’année précédente. Nous pensons atteindre rapidement 40% alors que la moyenne de l’utilisation du mobile pour le secteur du voyage en ligne est à 18%. ».

L’enquête montre en effet que Internet sert non seulement à accumuler des informations sur les destinations et les voyages et séjours de vacances long ou court mais aussi de plus en plus à effectuer et suivre la ou les réservations liées aux séjours de loisir. Tous les chiffres présentés sont en hausse assez nette. Des 32 millions de Français qui sont partis en 2015, 77% (24.7 millions de personnes, plus 6 points sur 2014) ont utilisé Internet à un moment ou un autre soit pour préparer soit pour réserver un ou plusieurs séjours de tourisme de loisir en 2015. Les agences en lignes doivent alors être en mesure de proposer des promotions géo-localisées, des prestations expérimentales et des contenus collaboratifs au bon moment pour déclencher l’intérêt sous forme de réservation et ensuite de convertir en achat.

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Sur l’ensemble de la population des français qui sont partis pour leurs vacances, 39% (un gain de 7 points sur l’année précédente) ont utilisé un smartphone ou une tablette pour effectuer leurs recherches et réserver leur voyage, ce qui confirme l’importance de l’accès en temps réel aux disponibilités ainsi que l’aspect hautement concurrentiel de ce marché mentionné par le DG de Opodo. Le téléphone cellulaire est aussi utilisé tout au long du voyage pour les tickets d’embarquement, pour recevoir des alertes ou faire des achats de services complémentaires durant le séjour comme location de voiture ou réservations diverses. Toujours de l’ensemble de la population des Français qui sont partis, 49% (soit 15.8 millions de personnes) ont réservé et payé intégralement tout ou partie de leurs séjours en ligne, un gain de 4 points par rapport à 2014 (1 millions de personnes).

BLOCKCHAIN AT CES: TAKING CARE OF IoT TRANSACTIONS

10 février 2016

Beyond the platforms emerging with IoT….. uberizing the Uber

It was pretty difficult to find Blockchain startups at the CES or blockchain enables devices (the French startup Ledger was one of the few).

DSC01790.JPGTherefore on Friday January 9th at the Venetian hotel, a full day of conferences was dedicated to Digital Money, sponsored by Mastercard. 9 conferences addressed a lot of topics related to digital money, cashless payments, virtual currency, etc…

Currency is the next step for connected objects.

 Why currency is important in the electronic world, especially why should we speak of digital currency in a world of connected objects…? Because as they are now connected, the objects need to become transaction enabled. For instance, many connected objects are related to energy management. Some objects can share energy they produce, and should be able to get payment for that. In smart cities, some policy makers may be willing to automatically control and curb users’ behaviors (transportation, circulation, energy consumption, etc…). They utilize connected objects to reach their goals. These objects should be able to capture fees or deliver rewards depending on the users’ behavior…

distributed network

Fog computing after cloud computing

Another reason is that many network experts (Cisco, IBM…) agree that security on the cloud is not manageable the way the cloud is architectured today. A new trend called “Fog Computing” (which was discussed during a conference at CES) is emerging and is supported by Alliances like OIC or All Seen. They are relying on a network architecture and networks protocols which are completely decentralized and distributed like Bit Torrent and interoperable, where the security would be managed at the edge of the network, instead of centralized deep inside in the cloud.

This kind of networks is very close to the blockchain, which is the underlying technology of Bitcoins. There is no central platform (no one can become a monopoly then ruling the entire network and collecting some extra fees) and the transaction is made securely through a peer to peer connection with a repository (ledger) which is openly accessible. The network is managed as an open network with clear rules.

The security is provided by what is called a smart contract, based on 2 mecanisms:

-encryption with a distributed processing of the encryption.

-a public ledger of all the transactions (contracts). All transactions are public, but each transaction is associated to a solid crypto-signature. No tampering is possible.

The value of the transaction is no longer caught (with fees) and controlled by any platform because no unique entity can control the platform.

Some user cases

These cases were mentionned by Vidal Chriqui, an expert and consultant in Blockchain who was part of the Mission CES 2016 with Xavier Dalloz. He made a presentation during the CES 2016 debriefing at the Medef in Paris in January.

Samsung has been showing  washing machine controlled by a smartphone (smart washing machine) or able to be checked automatically from the smartphone (smartcheck) and order adequate replacement parts.

samsung smartcheck

A company called Slock.it  is able through blockchain to deliver a remote secure lock for houses, bikes, cars, etc… The secure lock can then be sent by mail form the owner of the apartment to a renter (airbnb).

A plug created by the Japanese startup Nayuta is connected to blockchain to enable businesses related to electricity and energy. The technology uses smart contracts and the blockchain technology to enable users of the power socket to use digital tokens to grant privileges to use the power socket. The owner can easily grant access to others to use his/her power socket during specific time frame. According to the company, the new power socket will be available for customers starting from early 2016. The company is also working on a product named “Nayuta board” that utilizes a blockchain form of public ledger for recording Copyright ownership.

Nayuta-2

A US startup called Filament has created a wireless network which goal is to create a repository of connected objects and facilitate the transactions between them through blockchain. This company is similar to Sigfox or LoRa, but utilizes blockchain to facilitate interoperability and transactions between objects.

Retour de Barcelone MWC 2012 – Fréquences rares et nouvelles architectures

4 mars 2012

Cette année, il a fait beau. Pas de parapluies ou d’imperméables, mais un beau ciel bleu et un temps assez doux. Est-ce un indicateur du temps qu’il fera au cours de cette année mobile ? Les multiples annonces effectuées durant cette manifestation semblent le présager… Mais  je ne suis pas vraiment très sûr que le beau temps soit au rendez vous sur le long terme…

Les fréquences hertziennes, « l’or noir » de l’économie du mobile

Les fréquences hertziennes sont à la base de tout l’écosystème du mobile qui s’était réuni à Barcelone à la fin de ce mois de février 2012 comme il le fait depuis maintenant 7 ans. Les fréquences hertziennes sont à l’économie de la téléphonie et de l’internet mobile ce que le pétrole est au vaste système économique construit autour de l’automobile.  Outre un mode de fonctionnement assez complexe, parfois assez mystérieux, voir magique (ou encore maléfique) pour le grand public,  la grandes particularité des fréquences est d’être une ressource rare. Pourtant, jusqu’à une époque assez récente, on ne se souciait guère ce cet aspect clé… un peu comme le pétrole qu’on a largement gaspillé pendant des années et dont aujourd’hui on voit les réserves s’épuiser.  Les fréquences hertziennes disponibles pour alimenter une demande croissante de services mobiles et transporter des quantités de données en croissance exponentielle sur des territoires toujours plus vastes sont extrêmement rares.

Améliorer l’information sur les fréquences

Pour cela, il faudrait mettre en place une véritable politique de gestion des fréquences, à la fois au niveau de chaque pays et au niveau international, permettant une meilleure information et une plus grande transparence. La récente tentative manquée du rachat de T-Mobile par AT&T aux Etats Unis, qui s’appuyait sur une argumentation plus ou moins crédible autour d’un soit disant manque de fréquences pour couvrir le territoire en 4G, a bien mis en évidence les besoins d’information et de clarté sur les choix et les équations économiques de certains opérateurs. Ainsi AT&T en mettant la main sur un vaste ensemble de fréquences, renforçait et verrouillait son monopole sur l’ensemble du territoire américain.

Lors du MWC 2012, le Dr Hamadoun Touré, Secrétaire Général  de l’ITU (International Télecommunication Union) rappelait le rôle éducatif de l’institution qu’il dirige. « L’attribution des fréquences est un processus complexe qui répond à des règles techniques précises, plus particulièrement parce qu’il faut prévenir les interférences, expliquait-il.  Mais elle répond aussi à de longs processus de négociations entre les acteurs qui participent à leur utilisation.» Pour lui, il est nécessaire de promouvoir une régulation fortement renouvelée qui ne soit plus basée sur la prédominance de la voix mais prenne en compte les nouvelles caractéristiques du monde des télécom ou les données prédominent sur les réseaux mobiles à haut débit. « Nous devons faciliter une meilleure régulation, ajoute-t-il, qui crée de la valeur et de la concurrence et permettre le passage de l’analogique au numérique, dans tous les pays. »

Partage et mutualisation des réseaux.

Dr Hamadoun Touré Sec Gal ITUUne information plus détaillée sur les processus d’allocation des fréquences et de partage des réseaux (fixes et mobiles) semble donc nécessaire. En effet la dernière conférence WRC-12 de Genève en janvier 2012 mettait en place les fondements d’une nouvelle régulation des fréquences après 4 semaines de négociations intensives ou les enjeux comme la mutualisation, l’usage efficace du spectre, le partage des infrastructures ont été longuement discutés. Certains aspects de partage et de mutualisation des réseaux mobiles renvoient directement à la récente polémique inepte autour de la couverture du réseau du nouvel opérateur Free Mobile en France. Des attitudes rétrogrades comme celle de Jean Bernard Levy patron de SFR qui accuse France Télécom d’avoir louée son réseau à Free montrent un évident besoin d’information et d’explication pour le grand public. Une plus grande transparence sur la manière dont sont allouées les fréquences (un bien public rare), sur la manière dont sont partagés (ou pas) les réseaux fixes et mobiles permettront aux utilisateurs de mieux différencier les offres et améliorera la concurrence sur le marché…

La qualité des réseaux mobiles laisse à désirer

L’arrivée de la téléphonie mobile 4G est maintenant une chose acquise, mais la question reste de savoir quand les déploiements commerciaux auront-ils lieu ? Les réseaux sont-ils prêts ? Y aura-t-il suffisamment de fréquences pour répondre aux besoins toujours croissant de transport des données pour chacun, en tous lieux et à toute heure ? Quels investissements ces réseaux nécessitent-ils?  Quelle mutualisation des réseaux faut-il promouvoir pour accroitre l’efficacité des infrastructures et en baisser les coûts ?  Aujourd’hui, quelques pilotes pré-4G, fortement relayés médiatiquement, ont lieu dans plusieurs pays dont la Suède et les Etats Unis, mais dans la réalité, les réseaux 4G ne sont pas encore là et la qualité des réseaux mobiles laisse à désirer. D’autre part, le problème de la voix sur le 4G n’est pas encore résolu et plusieurs solutions étaient présentées à MWC par Fraunhaufer, Qualcomm ou d’autres fabricants de composants.

Une nouvelle vague d’innovation dans les équipements

Au MWC de Barcelone un foisonnement de nouvelles technologies et d’architectures pour l’équipement de ces réseaux était présenté chez les grands équipementiers, et les moins grands. Ainsi parmi les grands, Alcatel-Lucent cherche à reprendre la main en matière d’innovation pour ne pas se laisser désintégrer par les équipementiers chinois très agressifs ou par le géant Coréen Samsung qui a clairement indiqué ses intentions dans ce secteur. Quelques start’up Françaises comme e-Blink se distinguent par des solutions originales.

L’arrivé du 4G, beaucoup plus puissant,  plus souple et plus flexible que le 2G et 3G, pose de nouveaux problèmes d’architecture de réseau qui nécessitent des approches nouvelles.  Il en résulte un regain d’innovation sur la manière de multiplier les cellules pour augmenter la couverture et répondre à la demande exponentielle d’un nombre croissants d’utilisateurs, tout ceci compte tenu du spectre disponible. D’autres développements innovants apparaissent aussi sur la manière de soulager le réseau cellulaire en basculant automatiquement vers les réseaux WiFi. Cependant l’approche femtocells où le particulier dispose d’un boitier à la maison qui relaie le signal 3G et assure le basculement vers le WiFi, semble avoir été abandonnée par les opérateurs qui voient dans ce boitier une menace sur la sécurité de leurs réseaux.

ORANGE FRANCE TELECOM : VERS LA FIN DES ILLIMITES

6 juin 2011

France Télécom semble beaucoup envier la situation de ses confrères opérateurs américains qui leur permet d’augmenter leurs tarifs comme ils veulent sans grand contrôle de la part de la FCC. Stéphane Richard, PDG de Orange France-Télécom a désormais ses entrées au Wall Steet Journal et il en profite largement pour exprimer et faire passer un certain nombre de messages qui entrent dans une vaste campagne de sensibilisation destinée à faire admettre au grand public la version « opérateurs » de la Neutralité du Net, élément clé de la nouvelle stratégie de l’opérateur historique. A la fin du mois de mai, la veille de son intervention au e-G8, Stéphane Richard accordait une nouvelle interview au Wall Street Journal (Allthingsdigital) publié par Dow Jones and Co lui-même détenu par News Corp dont le propriétaire est Rupert Murdock, lui aussi invité par Nicolas Sarkozy au e-G8,. Dans cette rubrique du Wall Street Journal, dédiée aux technologies numériques, il y parle un peu plus librement et donne un certains nombre de précisions techniques sur cette guerre de position qui oppose les vieux opérateurs de télécommunication (FT, AT&T, Verizon, Comcast, Deutsche Telekom, Vivendi, Vodaphone, etc… ) aux nouvelles sociétés du numériques (Facebook, Apple, Google, Amazon, Skype, Groupon, Linkedin, etc…) qui proposent leurs nouvelles infrastructures de services  au dessus (over the top) de la tuyauterie des réseaux fixes et mobiles.

Contrôler l’utilisateur et avoir la main sur son portefeuille

Dans un premier temps, l’auteur de l’interview fait remarquer que le réseaux de France Télécom est celui qui « supporte » le plus d’iPhone dans le monde, après celui d’AT&T. Dans les coulisses de France Télécom, il est reconnu que les responsables  groupe n’aiment pas l’iPhone, même si il apporte beaucoup de chiffre d’affaire, d’une part parce qu’il augmente de façon significative le trafic sur le réseau, d’autre part parce que France Télécom doit payer des redevances à Apple, enfin et surtout parce qu’Apple dispose d’un lien très fort avec ses utilisateurs et d’un fort pouvoir de contrôle par le biais des applications et du contenu téléchargé sur l’Appstore et iTunes. « Chacun devrait les remercier d’avoir mis un tel produit sur notre marché » rappelle pourtant Stéphane Richard, mais très ouvertement à l’intérieur de France Télécom, on joue Android contre l’iPhone parce que Android est un système plus ouvert qui permet à l’opérateur d’avoir entièrement la main sur l’utilisateur et, plus important encore, sur son portefeuille. Stéphane Richard ajoute : “Pour moi, le risque théorique est, plus que tout autre chose, que Google puisse utiliser les releases d’Android comme une arme dans leurs relations avec les fabricants de terminaux (smartphones) et indirectement contre les telcos. Cependant, ils n’ont pas réellement essayé de le faire. »

La neutralité du Net est un moyen d’y parvenir

Stéphane Richard aborde ensuite candidement  la neutralité du Net et précise: “ Tout le monde parle de la neutralité du Net, mais la neutralité du net n’est pas seulement un problème de gestion de tuyaux… Elle s’étend aussi à la gestion des boutiques d’applications… Si vous avez des gens comme Apple qui gèrent leurs boutiques d’applications et disent: celle-ci-est OK mais je ne veux pas voir cette application dans ma boutique, alors il y a un problème… » En effet, examinons comment les opérateurs ont pendant longtemps empêché la mise en œuvre de l’application de Skype sur les téléphones mobiles… en empêchant cette application de fonctionner sur leurs réseaux. La démarché est la même qui est reprochée par Stéphane Richard, avec des moyens différents et la dépendance à l’opérateur est alors plus profonde, particulièrement dans un marché comme celui des Etats Unis où les 2 opérateurs télécom  se partagent le marché dans un oligopole exemplaire avec un unique opérateur de câble (Comcast) et un régulateur impuissant. Les services innovants ne viennent en effet pas des opérateurs.

Faire payer la consommation des données

L’article rappelle ensuite plusieurs positions de Stéphane Richard exprimée à la fin de 2010 sur le sujet. «  Les opérateurs de services noient les réseaux sans aucune incitation, dit-il, il est nécessaire de mettre en place un système de paiement par les opérateurs de services en fonction de leur utilisation » Plus loin il ajoute… « Nous allons progressivement nous écarter de l’approche illimitée qui a été la marque de fabrique de notre industrie vers quelques choses de plus sophistiqué ». En d’autres termes, les opérateurs vont encore plus souvent se prendre les pieds dans le tapis avec des activités marketing encore plus sophistiquées et encore plus coûteuses pour mieux contrôler et augmenter la facture de l’utilisateur final.   En 2010,  Giuseppe de Martino, Directeur juridique de Dailymotion précisait : « Actuellement, environ 40% de nos dépenses sont déjà de toute façon dans le réseau- serveurs, peering, notre propre réseau de livraison de contenu et d’autres ressources.. Si les opérateurs téléphoniques veulent que nous partagions leurs dépenses, peut-être on devrait alors parler de partager leur revenus d’abonnement aussi… ». Dailymotion partage maintenant les revenus de France Télécom, tout simplement parce qu’il a été racheté par France Télécom en début de cette année…

Négociations avec Apple, Appstore et carte SIM

Revenant sur les relations avec Apple, Stéphane Richard précise que des négociations ont eu lieu sur différents points. . « Nous avons pu arriver à des solutions avec les gens d’Apple, mais si ils sont un peu durs… On est capable de trouver des solutions, nous ne sommes pas en guerre, mais c’est vrai que ça peut être dur.  Bien sûr, nous préférerions voir ces services enfouis dans le terminal comme nous le faisons avec Android (sur les terminaux Samsung ou HTC). Ca n’est pas possible avec Apple. Nous devons continuer d’apporter ces applications à nos clients à travers l’appstore, sachant clairement que nous avons accès à l’appstore. »  Et il menace…« En cas de problème, nous irons devant la justice…si par exemple Apple dit, je ne veux pas de cette application… » Apple a aussi travaillé depuis plusieurs années à réduire la taille des cartes SIM pour réduire encore la taille de l’ iPhones. Il aurait aussi envisagés un iPhone sans carte SIM, au sein d’un programme appelé e-SIM project ou encore une carte SIM modifiée qui lui permettrait de s’insérer facilement entre l’opérateur et l’abonné.  Stéphane Richard indique : «  Nous leur avons tous dit que c’était une mauvaise idée (de supprimer la carte SIM) parce que c’est une pièce cruciale de la sécurité et du processus d’authentification. » A noter que certains opérateurs américains comme Verizon ne l’utilisent pas et ne connaissent pas plus de problèmes de sécurités que d’autres…). Il poursuit : «  cela serait très difficile pour les opérateurs téléphonique de gérer leurs relations clients…Je pense qu’ils ont compris ce point. Nous avons eu un échange et un dialogue très constructifs avec eux. Nous allons travailler avec eux pour standardiser un nouveau format de carte SIM qui prenne en compte nos besoins de sécurité et d’authentification qui soit aussi compatible avec leurs souhaits en termes de taille. »  

Cri d’alarme au e-G8 : « Le réseau risque de s’écrouler »

Au cours de cette interview, il place une idée qu’il exposait le lendemain au cours de sa présentation au e-G8 en indiquant que le réseau pourrait s’écrouler à cause d’un trafic trop important. Il crie au loup… En effet, la stratégie des opérateurs en matière de capacité de réseau est très ouvertement de ne pas investir selon les besoins, mais en dessous, de façon à toujours maintenir une pression et une certaine rareté sur la bande passante, et ainsi en maintenir la valeur… « Nous sommes les gens qui tiennent les tuyaux » rappelle-t-il. Il voit un problème « parce que les gens qui créent le trafic ne sont pas réellement incités à gérer le trafic proprement et globalement » comprenez : le gérer de la manière dont le voient les opérateurs qui considèrent les tuyaux, et les fréquences comme leur propriété personnelle.  Cette vision passe encore aux Etats Unis, mais elle passe de plus en plus difficilement en Europe ou encore dans les pays en voie de développement pour qui le décollage dépend de ces infrastructures et rend l’utilisateur entièrment captif de celui qui détient l’infrastructure et impose des péages un peu partout.

Stratégie de restriction de la bande passante

Cette stratégie de restriction de la bande passante est donc aussi un bon moyen de faire pression sur les gouvernements qui cherchent à le réguler et de presser l’utilisateur pour maintenir l’ARPU, tout en criant à qui veut bien l’entendre que la concurrence est odieusement avantagée par des positions monopolistiques, savamment protégées à l’étranger.  Or le coût de la bande passante ne cesse en effet de baisser dans un mécanisme à peu près identique à celui de la loi de Moore dans les PC. Il est reconnu que le coût des réseaux de fibre optiques sont pour plus de 70% dans le génie civil (les tranchées qu’il faut creuser pour y mettre la fibre) et que le prix des matériels baisse alors que la capacité de bande passante d’une fibre continue d’augmenter de façon vertigineuse (32 terabits/seconde pour une seule fibre).  Mais plutôt que de répercuter cette baisse de coût à l’utilisateur comme l’a fait Intel pendant des années avec le coût des processeurs dans des PC toujours plus puissants et moins chers (à noter que les investissements de Intel en outils de productions et en R&D sont énormes…), les opérateurs préfèrent faire plus de marge pour payer leurs dettes, des dépenses somptuaires dans les contenus et imaginer de nouvelles stratégies marketing inutiles pour verrouiller leurs abonnés. La position monopolistique des opérateurs  se fait sur le dos de l’utilisateur alors que les positions monopolistiques d’un Microsoft ou d’un Intel avec le PC, d’un Facebook ou d’un Google profitent particulièrement à l’utilisateur final puisqu’elles lui apportent des services nouveaux et des possibilités nouvelles à des coûts nuls ou fortement décroissants.

La question qu’il aurait fallu poser au e-G8

Stéphane Richard conclue son interview au Wall Street Journal en disant, sans mentionner directement la bande des 4 (Google, Facebook, Apple et Amazon).  « Il y a un déséquilibre dans le système général, ce qui de notre point de vue est un problème majeur… Il est totalement impossible d’absorber une telle explosion du trafic sans premièrement, clairement investir massivement dans le spectre et les équipements et deuxièmement sans introduire de nouvelles approches de fixation des prix. »  Maurice Levy, le PDG de Publicis a « oublié » de poser la question à Mark Zuckerberg ou à Eric Schmidt de savoir ce qu’ils pensaient du cri d’alarme de Stéphane Richard. En effet, alors que les 4 (et d’autres encore) sont en train de créer de véritables infrastructures de services qui utilisent des tuyaux qui « appartiennent » aux opérateurs, ne sont-ils ils pas inquiets d’entendre Stéphane Richard dire que ces tuyaux risquent d’exploser parce qu’il n’investi pas suffisamment pour garder le contrôle des utilisateurs? A quelle stratégie de backup ont-ils pensé pour se passer des opérateurs le jour où cela arrivera? Il est certain qu’ils y reflechissent…

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Jonathan Benassaya, « l’internaute est devenu un A.D.D »

14 avril 2011

Le co-fondateur de Deezer faisait hier une présentation lors d’une rencontre organisée par l’Association France Amérique Jeunes. Connaissant Jonathan puisqu’il intervient comme Mentor dans le Founder Institute www.founderinstitute.com dont je dirige les destinées à Paris, j’ai fait le déplacement vers le superbe Hôtel Le Marois qui héberge l’association France Amérique rue Franklin Roosevelt à Paris. Une soixantaine de personnes étaient là, essentiellement des jeunes, bien que quelques « ancêtres » dont je fais partie  avaient abandonnés leur feuilleton du mercredi soir à la Télé pour se rafraichir un peu les idées.

Jonathan y a parlé essentiellement de la création d’entreprise, de son expérience de créateur, et il fait une analyse de l’évolution d’internet tout à fait pertinente et judicieuse,  qu’un bon nombre de chefs d’entreprises et plus particulièrement des responsables internet dans les grandes entreprises pourront utiliser avec beaucoup d’intérêt…
« En 1995, Internet était l’internet des pages, l’internet des annuaires…. il est ensuite devenu l’Internet des moteurs de recherche, où l’on a mis de l’intelligence… de 2000 à 2005, il est devenu l’internet social où les gens peuvent interagir entre eux… Aujourd’hui, Internet entre dans une nouvelle ère parce qu’il est devenu mon Internet, c’est Internet qui s’adapte à moi, c’est mon Internet…     Le web est devenu une porteuse…. »

« L’internaut est aujourd’hui atteind de A.D.D, ce qui signifie en anglais « attention deficit disorder… », il a du mal à faire  une seule tâche à la fois….  c’est donc tout un programme qui n’échappera pas à ceux qui réfléchissent sur l’avenir d’internet…

J’ai enregistré la présentation de Jonathan et plutôt que d’en faire un transcript long et fastidieux à lire, je le mets tel quel, sans coupure, sur cette page pour l’écouter.

Elle dure plus d’une heure avec les questions réponses…

Ecouter le podcast (après quelques secondes de téléchargement)

MWC 2010: De la théorie à la pratique du bordel ambiant…

21 février 2010

Le froid et la pluie inhabituels qui ont régné la semaine dernière sur Barcelone pendant le Mobile World Congress sont allés de pair avec l’atmosphère de douche écossaise qui s’est abattu sur le vaste écosystème de la mobilité tout au long de la manifestation.  Les opérateurs, les constructeurs et les développeurs d’applications ont déversé beaucoup de nouveautés, chaque nouvelle annonce allant en général à l’opposé des autres faites précédemment, à un public qui ne savait plus où donner de la tête, cherchant à se raccrocher à quelque grande tendance…

A travers toutes ces annonces, intéressantes pour un grand nombre d’entre elles pour peu qu’on les prenne isolément, ce sont surtout des questions qui surgissent si l’on cherche à trouver un fil conducteur. C’est pourquoi je me suis souvenu du livre de Roland Moreno, inventeur de la carte à puce, invention remarquable qui n’est toujours pas utilisée comme elle le devrait. Je vous conseille de lire les mises à jours du « la Théorie du Bordel Ambiant » sur le site de Roland Moreno, elles s’orientent vers la « Pratique du Bordel Ambiant », sachant qu’il est toujours utile et nécessaire le lier la pratique à la théorie… C’est vraiment d’actualité, et Roland Moreno est un inconditionnel d’Apple qui était absent du Mobile World Congess, mais tellement présent en même temps….

Une guerre des OS, un marché fragmenté…

C’est vers le secteur des OS mobiles et du développement des applications que se sont principalement centrées les annonces, avec différentes approches selon ceux qui les ont proposées. Bien sûr, Apple n’était pas présent à cette manifestation. Son approche totalement verticale et fermée a permis de proposer un produit homogène, très attrayant pour le consommateur même si il est cher, de créer un marché des applications qui s’est développé sur une audience devenue rapidement respectable.

Cependant, les opérateurs haïssent Apple parce qu’il leur rafle les opportunités d’offre de services en allant chercher lui-même le contenu qu’il contrôle et il contrôle aussi lui-même les applications sur l’appareil. De plus, progressivement, l’exclusivité dont disposaient certains opérateurs disparait sous la pression des régulateurs. D’autre part l’utilisation de l’iPhone à mis plus d’un réseau d’opérateur à genoux, ce qui n’était pas vraiment prévu… Avec Apple, les opérateurs ne sont plus totalement maîtres sur ce qu’ils estiment être leur pré carré…

Les opérateurs et les constructeurs de téléphone (dont principalement Motorola) ont donc accueilli très favorablement l’arrivée d’Android, une plateforme à priori libre, ouverte et gratuite dont la démarche est complètement à l’opposée d’Apple. Mais à l’inverse, elle provoque plus de fragmentation dans la mesure où chacun utilise ce noyau Open Source à sa manière et peut ajouter ce qu’il veut. La boutique d’applications mobiles de Google est aussi plutôt perméable.

Dans la foulée, Samsung, sur la base de sa base installée de deuxième constructeur mondial de téléphone annonce son propre OS appelé Bada, dont l’objectif est d’homogénéiser ses propres terminaux. Il est porté par son nouveau téléphone Wave et la future Samsung App store. Les développeurs d’applications vont-ils s’intéresser à Bada comme ils se sont jetés sur l’iPhone OS ? Apple a toujours été innovant dans le logiciel (OS et applications) depuis 30 ans…Samsung n’a guère d’expérience dans ce secteur, un critère qui compte beaucoup.

Motorola quant à lui a en grande partie misé son renouveau sur Android. Son interface appelée Blur a reçu un accueil plutôt favorable dans la mesure où il apporte un assez grand nombre de caractéristiques que l’on trouve sur l’iPhone, notamment en ce qui concerne les réseaux sociaux. Le futur de Motorola dans la téléphonie cellulaire semble s’éclaircir un peu depuis l’arrivée du nouveau co-CEO, Sanjay Jha, chargé de toute l’activité mobilité.

RIM, qui occupe la deuxième place sur le marché des smartphones avec son Blackberry, met de l’eau dans son vin et cherche à conserver son rôle mixte de fournisseur d’une plateforme de données et de fabricant de téléphone. Il offre désormais gratuitement son serveur aux PME, rendant ainsi gratuite la mise en œuvre des services du Blackberry dans les petites entreprises jusqu’à une cinquantaine de terminaux.

Microsoft crée la surprise

La dessus vient Microsoft qui prend tout le monde à contre pied avec Windows Mobile 7. Grâce à une interface entièrement redessinée et une définition très précise et rigoureuse de la plateforme matérielle sur laquelle cet OS fonctionnera, Microsoft joue la synergie entre les 3 écrans le PC, la TV (avec le Zune et la Xbox) et le mobile… Grace à Internet et les outils d’Azure, les trois sont interconnectés sur le Cloud. Après la récente annonce de Windows 7, l’accord entre Bing et Yahoo, Windows Mobile 7 et le Cloud, les utilisateurs disposeront des mêmes mécanismes de recherche, de synchronisation, de messagerie, d’accès aux réseaux sociaux et de gestion, des mêmes applications de productivité.

Bien tentant pour les entreprises si l’outil mobile n’est plus la charrue qu’était Windows Mobile 6.5. Avec une interface très attractive et plus simple pour le consommateur, des appareils plus puissants, Microsoft aimerait bien faire entrer son téléphone dans l’entreprise, face au Blackberry qui y joue un rôle majeur. A noter, Microsoft s’est allié avec Qualcomm pour définir le cœur de la plateforme mobile. Intel ne fait plus partie du jeu, il s’est allié avec Nokia…

Le torchon brule-t-il entre les 2 ex-alliés… ? Qualcomm est un ennemi intime d’Intel. Microsoft joue le jeu des fabricants et des opérateurs en leur permettant de se différencier et en leur permettant de véhiculer des contenus exclusifs. Il a passé des accords spéciaux (non divulgués) avec deux des principaux vecteurs du succès d’Apple, Orange et AT&T… Mais il faudra attendre la fin de l’année pour en savoir plus.

Nokia segmente son approche OS pour homogénéiser la plateforme… !!

Le numéro un des constructeurs de téléphone annonçait son alliance avec Intel, venu à la rescousse pour renforcer le haut de gamme de la marque. Son développement sur le marché américain reste toutjours un problème majeur pour la compagnie Finlandaise. La pateforme Meego est la réunion de Maemo et de Moblin, un OS linux Mobile développée par Intel. Nokia utilise des composants Open Source dans son OS pour en faire baisser le coût et pour faciliter la mise en place d’outils de développement cross plateforme.

Trois plateformes subsistent chez Nokia, La série 40 pour l’entrée de gamme, Symbian qui représente la majorité de la base installée et Meego. Cette dernière est destinée à supporter la nouvelle stratégie d’intégration de services autour de OVI. Nokia met en place une stratégie de développement de plateforme de services OVI Maps, OVI Mail, OVI Store, OVI Music, OVI Lifestyle, OVI Money comme autant d’infrastructures qui pourront être utilisées par les opérateurs pour se différencier et leur permettra de monétiser du contenu exclusif, local ou autre.

Pour Nokia, avoir rendu gratuit l’accès à la navigation autour de Navteq semble avoir été une décision stratégique clé dans la mesure où OVI Maps servira de base à un système de monétisation de la publicité localisée. « La navigation est au cœur de notre stratégie de services, dit Michael Halbherr, VP OVI expérience chez Nokia. OVI Map nous permet de disposer d’une plateforme indexée très puissante et riche en possibilités. Les opérateurs ne sont pas sur le marché de la navigation, en revanche, ils  profiteront de la plateforme. »

Quel rôle pour les opérateurs sur le marché ?

Tout d’abord, ce salon, à travers le keynote de Eric Schmidt, CEO de Google et surtout dans la session de questions réponses qui l’a suivi, à très clairement posé la question du rôle des opérateurs. Jusqu’où veulent-ils aller… Tout le monde de la mobilité le sait déjà : leur objectif est de maitriser la chaine de valeur du contenu à l’utilisateur final… Jusqu’où peut-on (ou doit-on) les laisser aller? Le débat est maintenant ouvert à l’issue d’un Keynote très visuel où au passage on apprenait que désormais, les téléphones sous Android pourront pleinement accéder aux sites développés en Adobe Flash (ce qui n’est toujours pas le cas sur les iPhones)…

Eric Schmidt a du essuyer une salve de questions plutôt agressives concernant le récent investissement de Google pour fibrer jusqu’à 500000 foyers aux Etats-Unis. En effet, pourquoi donc une société internet, dont la fortune repose sur la publicité sur le Web, se lance-t-elle dans la mise en place d’un réseau d’infrastructure, qui visiblement n’est pas son métier, alors qu’un opérateur (parmi tant d’autres) dont le cœur de métier est de poser et d’opérer des tuyaux, a mis plus 3 ans pour se décider à installer de la fibre dont tout le monde sait depuis des lustres que c’est l’infrastructure dont on a besoin… ?

Serait-ce un pur hasard que Google, dont l’activité repose sur la libre circulation d’un plus grand nombre de flux variés, fixes ou mobiles, sur Internet, craigne que ceux qui possèdent des infrastructures n’en restreignent l’utilisation et la portée pour préserver le principal mécanisme de leur monopole. Le principal grief des opérateurs (anciens monopoles d’état devenus monopoles privés) contre Google est en fait de voir celui-ci échapper à leur pouvoir, bien que son business soit entièrement et principalement basé sur les réseaux dont ils ont à assurer la plus grosse partie des investissements et du support. Non seulement ils n’ont guère de prise sur Google, mais en plus ce dernier rafle la quasi-totalité du marché de la publicité sur Internet, sur lequel ils aimeraient bien mettre la main. C’est un monopole contre un autre disent certains… Mais Google est-il véritablement un monopole qui verrouille le consommateur comme les opérateurs le font avec leur réseau d’accès… ?

Eric Schmidt semble avoir une idée assez claire sur la manières dont les opérateurs peuvent investir dans les réseaux et bénéficier d’un retour sur investissement à travers certains services d’infrastructure autre que le simple fait de posséder des tuyaux qui transportent des données. « Le marché est assez grand et il y a de la place pour tout le monde« , dit-il, affirmant que Android équipe plus de 60000 téléphones vendus chaque jours. Il répondait indirectement aux remarques de Vittorio Colao, CEO de Vodafone qui très clairement en appelait à ses collegues opérateurs du monde entier pour bâtir (verrouiller) un business modèle autour les services mobiles avant que Google ne le fasse.

Les réseaux tiendront-ils la charge ? Une certaine opacité de gestion… !

Il est évident que les opérateurs (plus particulièrement les opérateurs historiques)  jouent un jeu dangereux avec la manière dont ils gèrent la bande passante et la capacité de leurs réseaux en investissant juste ce qu’il faut pour offrir juste en dessous de la demande prévue, maintenant ainsi la pression sur les prix, les consommateurs, les offreurs de services, etc…. En effet, ils partent du principe qu’une « saine » gestion de la rareté de la bande passante (aussi bien dans le fixe que dans le mobile) est un point clé de leur pouvoir. Ils misent sur l’esprit de corps des opérateurs et les oligopoles de fait (bien que surveillé de prêt en Europe et un peu plus aux Etats-Unis) pour éviter de se voir déborder par un concurrent inattendu.

Seule la France, grâce à un régulateur obstiné, a réussi à desserrer un peu l’étau. Seulement, Apple leur a offert une carotte sur laquelle ils se sont jetés, sans voir le bâton qui allait leur tomber sur le nez. L’iPhone a tout simplement fait exploser les réseaux qui n’étaient pas prêts de supporter une telle demande de données. Aux Etats-Unis, le phénomène est apparu clairement à propos de la couverture et de nombreuses défaillances dans les zones urbaines autour du réseau AT&T qui a été assez bête de faire une campagne publicitaire, plutôt ridicule, provoquant même une vive réaction de son principal concurrent Verizon.

En France, tous les opérateurs sentent passer le vent du boulet, mais rien ne filtre sur les incidents, les utilisateurs Français étant plus intéressés par le moral interne de l’entreprise France Télécom que par leur difficultés d’accéder à Internet avec leur iPhone. Les réseaux cellulaires sont à bout de souffle pour ce qui concerne les données et les nouveaux smartphones qui ont été annoncés à MWC 2010 ne vont certainement pas arranger les choses.

La migration vers le LTE n’est pas encore engagée malgré quelques expérimentations, mais il semble que le premier usage du LTE sera centré sur « les données », alors même que les combinés LTE sont encore très loin d’être prêt. On verra donc des clés ou des boitiers LTE bien avant de voir des téléphones LTE… D’ores et déjà, on voi apparaitre des clés duales, compatible 2G, 3G et LTE. Samsung, Huawei et Alcatel sont les fournisseurs de ces clés.

Plusieurs sociétés vues à la conférence, proposent des solutions d’attente aux opérateurs, basées sur des solutions sans fil point à point dans les fréquences hautes (à base de WiMax pour certains) qui viennent soulager les réseaux des opérateurs dans les zones fortement sollicitées. La santé des réseaux cellulaires est une affaire publique, elle concerne la vie quotidienne de tous. Il serait souhaitable que les opérateurs communiquent plus et mieux sur les incidents qu’ils rencontrent et les remèdes qu’ils y apportent.

Pour le bien du consommateur ?

Eric Schmidt terminait son intervention sur cette note positive : « Le scénario le plus probable aujourd’hui est que le nombre de plateforme se multiplie, je ne sais pas combien de temps cela va durer avant que le marché ne se concentre sur un plus petit nombre de plateformes », mais il précisait :  « La compétition telle que nous la voyons maintenant avec beaucoup d’acteurs sur le marché bénéficie très très largement à l’utilisateur final. » Faut-il le croire sur parole ? Cette année apportera certainement des éclaircissements sur la question.