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LE TOURISME FRANÇAIS S’EST APPROPRIE INTERNET

17 mars 2016

Les Français ont diminué sensiblement leur budget vacance en 2015, mais ils utilisent de plus en plus Internet pour partir plus souvent et à des coûts réduits, en favorisant les offres packagées.

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Le site de voyage Opodo (groupe Odigeo), représenté par Quentin Bacholle, son Directeur Général France et la Société d’Etudes Raffour Interactif spécialisée dans le tourisme et le transport, présentaient les résultats d’une étude sur les habitudes de vacance des Français. Ce Barometre Opodo est partie d’une étude annuelle, menée par Guy Raffour depuis 14 ans, selon les règles de l’art, grâce à un entretien à domicile de près d’une heure, sur un échantillon statistiquement représentatif de 1030 Français de plus de 15 ans. Elle ne concerne que les activités de voyage et de séjour payant ou non payant pour les loisirs exclusivement, c’est-à-dire les vacances…

Léger tassement des départs et des budgets vacances

Il ressort de l’enquête, effectuée en février dernier, que les foyers Français en 2015 ont sensiblement réduit leur budget vacances, celui-ci passant de 2014 à 1714 € par an (voyage et séjour compris) soit une baisse de 13%, et près de 700000 personnes de moins qu’en 2014 sont parties en vacances. En effet, sur une population statistiquement valide de 53,5 millions d’habitants (en augmentation de 0.3 m sur 2014),  c’est 32.2 millions, soit 60.1%, qui sont partis pour un séjour court ou long soit une baisse de 1.7% par rapport à l’année précédente. A noter que depuis plusieurs années, le taux de départ en vacances des Français oscille entre 59 et 61%.

Analysés un peu plus en détail, ces chiffres représentent une réalité plutôt positive, montrant le dynamisme du secteur du tourisme en France, et en Europe. « Le secteur aux Etats Unis s’est consolidé explique Quentin Bacholle. Par exemple, la réservation de vols est effectuée sur seulement 3 plateformes différentes, alors qu’en Europe où le marché est moins consolidé, il y en a quelques dizaines…qui servent quelques centaines d’acteurs dont nous faisons partie…  (Voir pour ceux qui le connaissent, une certaine analogie avec le marché des télécom… !). Ceci permet une offre plus concurrentielle, plus diversifiée et plus flexible, et c’est ce que recherche l’utilisateur…». Il précise que pour Opodo, le panier moyen pour un vol est passé de 532€ à 516€, probablement à cause de la baisse des tarifs d’avion et de la lente montée des compagnies low cost et des transports alternatifs.

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Un marché dynamique malgré la crise et la situation géopolitique

L’enquête analyse séparément les séjours de courte durée (1 à 3 jours) et les séjours de moyenne ou longue durée (4 jours ou plus). Il semble que malgré les problèmes de budgets, les Français partent plus, mais ils sont plus sélectifs de façon à combiner un vol et un séjour qui leur apportera « une expérience optimale de vacances ». « On constate une hausse assez significative des séjours de courte durée », explique Guy Raffour. Interrogés sur les risques d’attentats, il semble que les français aient intégré ce facteur puisque 62% d’entre eux répondent que cela n’aura pas d’influence sur leurs perspectives en 2016 alors que 27% indiquent qu’ils en tiendront compte dans leur choix. Chez Opodo, on constatait une baisse assez importante après le 13 novembre dernier, mais très rapidement, la tendance s’est estompée le mois suivant. Globalement, les destinations de vacances ont pourtant changé de façon notoire entre 2014 et 2015 puisque si l’Espagne et la Grèce restent les destinations privilégiées des Français avec la République Dominicaine, la Tunisie et la Turquie ont disparu de la liste entre 2014 et 2015 au profit de la Thaïlande et du Maroc. Les Etats Unis ont aussi perdu leur caractère attractif à cause de la hausse du dollar et des coûts de séjours sur place.

Parmi  les Français qui sont partis, on note plusieurs tendances, principalement liées aux conditions économiques connues en 2015. Partir est un besoin vital pour eux et ils s’appuient sur un budget vacances pour faire leurs choix en faisant varier les paramètres. L’enquête met en évidence une assez forte progression de 2% des séjours courts (19.8 millions de personnes en 2015 contre 18.6 millions en 2014). Les séjours longs gagnent aussi 2% avec 36% de ceux qui sont partis en 2015.  Ce chiffre est confirmé par Opodo qui constate en parallèle une baisse des séjours longs de plus de 2 semaines. Quentin Bacholle mentionne le phénomène « city break » qui pousse les français à partir plus souvent pour un long week end (séjours court) dans une ville européenne.

Il est certain que l’utilisation d’Internet permet aux français qui cherchent à partir en vacance d’optimiser plus facilement leur voyage en fonction du budget fixé au départ, leur permettant de trouver les meilleures prestations au meilleurs prix et surtout leur permettant de simuler en ligne leur voyage grâce aux informations sur les offres diversifiées qu’ils trouvent sur Internet. Pour une agence de voyage en ligne comme Opodo dont l’activité principale et le vol, la principale préoccupation du management est d’être en mesure d’apporter de l’information (y compris collaborative), de faire des propositions sous forme de package qui intègre des offres variées et diversifiées sur les séjours et d’autres services répondant aux préoccupations de leur client.

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La France est toujours en retard sur Internet. Le m-tourisme décolle

Globalement, l’enquête montre que 46% des réservations globales sur le voyage vacances (tous types de prestations confondues et quelque soit le support utilisé) en France utilisent Internet, en dessous du taux moyen européen qui est de 52%. Guy Raffour constate que 15% des français qui partent en vacances n’utilisent pas Internet et il indique que le rattrapage se fait lentement, alors que le e-tourisme croit fortement, montrant une évolution sensible du mode de préparation et de consommation des vacances.  Quentin Blacholle mentionne quant à lui que le m-tourisme (information et réservation sur le mobile) est en forte croissance. « Si on regarde chez Opodo la part de réservations sur smartphone ou tablette, dit-il, nous avons atteint le seuil de 25%, alors que nous étions à 15% en 2014 et 8% l’année précédente. Nous pensons atteindre rapidement 40% alors que la moyenne de l’utilisation du mobile pour le secteur du voyage en ligne est à 18%. ».

L’enquête montre en effet que Internet sert non seulement à accumuler des informations sur les destinations et les voyages et séjours de vacances long ou court mais aussi de plus en plus à effectuer et suivre la ou les réservations liées aux séjours de loisir. Tous les chiffres présentés sont en hausse assez nette. Des 32 millions de Français qui sont partis en 2015, 77% (24.7 millions de personnes, plus 6 points sur 2014) ont utilisé Internet à un moment ou un autre soit pour préparer soit pour réserver un ou plusieurs séjours de tourisme de loisir en 2015. Les agences en lignes doivent alors être en mesure de proposer des promotions géo-localisées, des prestations expérimentales et des contenus collaboratifs au bon moment pour déclencher l’intérêt sous forme de réservation et ensuite de convertir en achat.

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Sur l’ensemble de la population des français qui sont partis pour leurs vacances, 39% (un gain de 7 points sur l’année précédente) ont utilisé un smartphone ou une tablette pour effectuer leurs recherches et réserver leur voyage, ce qui confirme l’importance de l’accès en temps réel aux disponibilités ainsi que l’aspect hautement concurrentiel de ce marché mentionné par le DG de Opodo. Le téléphone cellulaire est aussi utilisé tout au long du voyage pour les tickets d’embarquement, pour recevoir des alertes ou faire des achats de services complémentaires durant le séjour comme location de voiture ou réservations diverses. Toujours de l’ensemble de la population des Français qui sont partis, 49% (soit 15.8 millions de personnes) ont réservé et payé intégralement tout ou partie de leurs séjours en ligne, un gain de 4 points par rapport à 2014 (1 millions de personnes).

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Jonathan Benassaya, « l’internaute est devenu un A.D.D »

14 avril 2011

Le co-fondateur de Deezer faisait hier une présentation lors d’une rencontre organisée par l’Association France Amérique Jeunes. Connaissant Jonathan puisqu’il intervient comme Mentor dans le Founder Institute www.founderinstitute.com dont je dirige les destinées à Paris, j’ai fait le déplacement vers le superbe Hôtel Le Marois qui héberge l’association France Amérique rue Franklin Roosevelt à Paris. Une soixantaine de personnes étaient là, essentiellement des jeunes, bien que quelques « ancêtres » dont je fais partie  avaient abandonnés leur feuilleton du mercredi soir à la Télé pour se rafraichir un peu les idées.

Jonathan y a parlé essentiellement de la création d’entreprise, de son expérience de créateur, et il fait une analyse de l’évolution d’internet tout à fait pertinente et judicieuse,  qu’un bon nombre de chefs d’entreprises et plus particulièrement des responsables internet dans les grandes entreprises pourront utiliser avec beaucoup d’intérêt…
« En 1995, Internet était l’internet des pages, l’internet des annuaires…. il est ensuite devenu l’Internet des moteurs de recherche, où l’on a mis de l’intelligence… de 2000 à 2005, il est devenu l’internet social où les gens peuvent interagir entre eux… Aujourd’hui, Internet entre dans une nouvelle ère parce qu’il est devenu mon Internet, c’est Internet qui s’adapte à moi, c’est mon Internet…     Le web est devenu une porteuse…. »

« L’internaut est aujourd’hui atteind de A.D.D, ce qui signifie en anglais « attention deficit disorder… », il a du mal à faire  une seule tâche à la fois….  c’est donc tout un programme qui n’échappera pas à ceux qui réfléchissent sur l’avenir d’internet…

J’ai enregistré la présentation de Jonathan et plutôt que d’en faire un transcript long et fastidieux à lire, je le mets tel quel, sans coupure, sur cette page pour l’écouter.

Elle dure plus d’une heure avec les questions réponses…

Ecouter le podcast (après quelques secondes de téléchargement)

Reseau THD mutualisé: impliquer tous les acteurs de l’Internet

18 mars 2011

Gabrielle Gauthey, lors du MWC 2011 de Barcelone mentionnait bien le problème latent d’Internet. Les opérateurs investissent avec de plus en plus de réticence dans les réseaux sachant que leurs marges ne sont plus ce qu’elles furent lorsqu’ils facturaient la voix à la minute. Les opérateurs de contenus (dits Over The Top) facilitent la création de contenus qui circulent librement sur les réseaux fixes ou mobiles qu’ils saturent allègrement, mais ils n’investissent pas dans ces réseaux alors qu’ils dégagent des revenus et des marges redoutables.

D’un côté donc,  les opérateurs téléphoniques sont fortement endettés même si ils dégagent encore de substantiels bénéfices, de l’autre, les over the top qui dégagent aussi de larges bénéfices et disposent en plus de réserves de cash considérables. Google dors sur 30 milliards de cash, Apple à 60 milliards, Microsoft  40 milliards,  Amazon  8 milliards, Facebook, Groupon, Foursquare sont aussi des machines à cash qui jouent un rôle non négligeable sur les réseaux fixes et mobiles. Ce sont, avec des milliers d’autres entreprises, les principaux acteurs d’Internet, mais leurs investissements dans les réseaux sont quasi inexistants.  Le résultat de la situation est que plus personne ne veut investir dans les réseaux, et que les infrastructures fixes et mobiles de circulation de l’information sont en train de devenir le goulot d’étranglement du futur. Développez les services, les infrastructures viendrons disent les politiques… !  La preuve que non…

La mutualisation des réseaux…

Ne faudrait-il pas prendre le problème dans un autre sens avant que de mauvais plans ne commencent à germer dans la tête des opérateurs (on sait très bien qu’ils en sont capables). Ainsi, telle qu’elle a été amenée, l’idée récente de mettre en place un réseau mutualisé et ouvert entre tous les opérateurs après une éventuelle séparation des infrastructures de France Télécom semble la bonne solution. Mais dans l’état actuel des choses, il est clair que les opérateurs en assureraient le contrôle mutuellement… sous l’œil bienveillant des gouvernements ou des régulateurs. Déjà, des conversations entre opérateurs semblent avoir lieu…

On ne peut pas faire confiance aux opérateurs qui depuis longtemps s’entendent entre eux (ils se sont fait prendre plusieurs fois) et qui fondamentalement n’aiment pas le net parce qu’ils ne peuvent pas le contrôler. On imagine tout de suite que la neutralité du Net, déjà bien menacée, prendrait rapidement une nouvelle tournure (du moins en Europe) compte tenu de l’énorme pouvoir de lobbying dont ils disposent dans chaque pays et au sein de la commission européenne et aussi des nombreux chantages qu’ils peuvent exercer. Le net serait rapidement muselé et le racket soigneusement organisé à travers une ouverture à la mode opérateur. La créativité du Net serait complètement annihilée.

…Une bonne idée qui pourrait devenir une catastrophe

Ainsi, susciter une séparation structurelle entre le réseau et l’accès comme on l’a fait avec la SNCF, avec un réseau géré et manipulé par les seuls opérateurs téléphoniques risque de crée un nouvel oligopole d’état… qui sera coûteux, incontrôlable et néfaste. Mais Internet serait enfin sous contrôle, certainement pas pour le meilleur.  C’est pourquoi, dans le cas de la création d’un réseau « Fibre France » dont on parle depuis quelques temps, il serait important d’ouvrir celui-ci aux opérateurs over the top, aux opérateurs de contenus, aux acteurs d’internet… en leur donnant la capacité d’y investir, puisqu’ils ont des business modèles qui leur permettent de le faire, avec un droit important au chapitre pour contrebalancer le poids des opérateurs et imposer leurs vues, plus proche de celles des usagers.

Les opérateurs téléphoniques pourraient ainsi faire du contenu et les opérateurs de contenus pourraient faire évoluer les réseaux à la mesure de leurs ambitions et de leurs initiatives en matière d’usages. Plutôt que de consolider en réduisant le nombre des intervenants sur le marché, la consolidation pourrait intervenir en élargissant la concurrence autour d’un réseau réellement ouvert à tous, véritablement mutualisé et géré comme tel.  Une solution bureaucratique (pour ne pas dire corporatiste) à la française laisserait la porte ouverte à pas mal de dérives bien connues chez nous et ne préserverait pas une bonne évolution du Net, les innovations issues de la base seraient encore plus muselées…

Pas de taxation aux effets douteux

Plutôt que de tenter de taxer les over the top pour ensuite financer des réseaux des opérateurs selon des mécanismes compliqués et douteux qui de toute façon retombent sur l’utilisateur, laissons les vrais acteurs d’Internet s’impliquer directement dans ce réseau mutualisé dont on parle et laissons les bâtir un véritable modèle de gouvernance mutuelle. Les collectivités locales auront aussi leur mot a dire, pleinement et entièrement  impliquées dans le processus de construction et de gestion du réseau, et non pas assis sur un petit strapontin inconfortable, toujours prêt à se replier sous elles, comme c’est la cas aujourd’hui. Mais une première exigence serait une cartographie exacte des réseaux existants et de leur état… On en est encore bien loin…

On se fait une toile sur Facebook ?

9 mars 2011

Décidément, Facebook mène sa stratégie d’infrastructure à toute vitesse en offrant toujours plus d’accès à des nouveaux services. Aujourd’hui, le géant virtuel de Palo Alto vient d’ajouter la possibilité de streamer des films. Pour 3 dollars, vous avez 48 heures pour regarder ce film sur votre ordinateur… Un seul film au catalogue, « Dark Knight » de Warner Bros pour l’instant, mais rapidement la bibliothèque de film visibles va s’étoffer.

Le cinema chez soi tous les jours du mois pour le prix d’une place dans une salle

L’idée n’est pas nouvelle et la seul innovation réside dans le fait que cette possibilité arrive chez Facebook et risque de se propager rapidement dans d’autres parties du monde. Aux Etats Unis, Netflix connait un énorme succès en permettant à quiconque de regarder la TV (qui est payante aux US) et de regarder en streaming n’importe quel film d’une imposante bibliothèque accessible en libre service pour 7,99$ par mois. L’utilisateur peut utiliser sa télévision avec une Wii, une PSP ou une Xbox, aussi bien que le browser de son PC connecté sur ADSL.

Chez les enfants ou les jeunes adultes américains, la grande mode est d’utiliser l’iPad pour regarder des films à la maison sur Netflix, ou encore la télévision,  en restant connecté par WiFi tout en se baladant comme ils veulent dans la maison, le jardin, aller au bord de la piscine ou même aux toilettes… Pour 2 dollars de plus par mois, Netflix offre d’envoyer des DVD, un par un, en nombre illimité sur un mois, choisis dans une plus large sélection de films…

Aujourd’hui, ces possibilités ne sont pas accessibles en France, mis a part quelques sites chers et mal fichus, parce que les ayants droit, les chaines de TV, les opérateurs internet, les salles de cinéma (la distribution) et les Hadopistes intégristes s’y opposent mais ils s’étonnent ensuite de la piraterie….  La pression mise par l’arrivé du streaming vidéo sur Facebook bousculera-t-elle ces stupides attitudes ?

La Neutralité du Net masque une nécessaire remise en question du modèle d’investissement des opérateurs

23 février 2011

Au Mobile World Congress de Barcelone (MWC 2011) la profusion de nouveaux appareils, smartphones, tablettes etc.. n’a fait qu’exposer la partie émergée de l’iceberg, celle immédiatement visible par le grand public. Bien naturellement, elle offre des innovations lui facilitant la vie, lui permettant de se divertir, de mieux travailler, de communiquer et de se déplacer plus facilement… grâce a des appareils plus petits, plus lisible, mieux connectés, plus intelligents et plus faciles à utiliser à tout instant. Cependant, le débat de fond était ailleurs que de savoir s Nokia se rapprochant de Microsoft allait présenter une troisième voie crédible et durable entre la domination d’Apple et la rapide montée en puissance d’Android. Ce dernier est visiblement le grand challenger sur le marché des systèmes d’exploitation pour les smartphones et tablettes.

Les infrastructures, partie immergée de l’iceberg de la téléphonie mobile

Du côté des réseaux, opérateurs et constructeurs vantaient les mérites de la technologie LTE, certains laissant croire que ce nouveau type de réseau de données mobiles fonctionne déjà régulièrement. D’abord, il ne s’agit que d’un réseau de données sur lequel le transport de la voix n’est pas encore résolu (entendez standardisé).

Ce sera bien sur de la voix sur IP. Il faudra donc attendre encore deux ou trois ans avant de voir les premiers vrais déploiements commerciaux du LTE complet, voix et données. Aujourd’hui, il n’existe aucun terminal LTE. La technologie n’est pas encore complètement au point pour être commercialisée de façon industrielle et les opérateurs restent très réticents à investir massivement dessus.

Parmi les conférences de MWC 2011, l’une à plus particulièrement retenu mon attention sur la saturation des réseaux mobiles et leur nécessaire migration vers des réseaux plus puissant : c’est celle de  Gabrielle Gauthey qui s’exprimait juste avant le keynote d’Eric Schmidt. Elle fut pendant 6 ans membre influent du collège de l’ARCEP et est aujourd’hui Senior Vice Présidente chargée des relations institutionnelles internationale de Alcatel Lucent. Elle parlait au nom d’Alcatel Lucent qui est un constructeur d’équipements LTE.

Une explosion des données mobiles qui n’avait pas été prévue

« Nous ne sommes encore qu’à l’aube de l’explosion des données sur les réseaux mobiles » dit-elle rappelant et commentant quelques chiffres connus des opérateurs, mais pas forcément admis par tous. « Le premier challenge est bien sur l’énorme explosion du mobile. Première rupture dont la magnitude et la rapidité n’a jamais été aussi importante, et que collectivement, nous n’avions absolument pas analysée ni prévue. En 1999 seulement une personne sur 6 avait un téléphone cellulaire, aujourd’hui 7 sur 10 en ont un et seulement 10 à 15 % de ces téléphone peuvent accéder à Internet. En 2015, 70% de ces téléphones mobiles auront accès à Internet. »

« Le trafic des données sera multiplié par 30 (voir 40 selon certains analystes) dans les 5 ans à venir. Là où aujourd’hui on a besoin en moyenne de 16 Megabits par seconde pour répondre à une concentration d’environ 400 smartphones au kilomètre carré dans une grande ville, il faudra dans 5 ans être capable d’offrir 2 Gigabits par seconde pour répondre à la demande de 13000 smartphones au kilomètre carré, si l’on admet qu’en temps normal à un instant donné, un appareil sur 5 présents est connecté au réseau…». On peut supposer que cette estimation est déjà bien en dessous de la réalité si les applications liées à la géolocalisation continuent de se développer sur les smartphones.

Un énorme besoin d’investissements

Ces constatations signifient que d’importants investissements seront nécessaires, plus particulièrement en Europe qui, selon Gabrielle Gauthey est aujourd’hui sensiblement à la traine dans le renouvellement de ses infrastructures mobiles. « La commission européenne, dit-elle, estime qu’en Europe nous aurons un besoin d’investissement de 300 milliards d’Euros dans les infrastructures numériques pour les 10 prochaines années dont une centaine de milliards pour les seuls réseaux mobiles.»

Mais les opérateurs téléphoniques, retranchés dans leur arrogance et leurs habitudes monopolistiques locales et séculaires campent donc sur des positions archaïques, très repliés sur eux-mêmes dans un univers de communication numérique dont ils ne comprennent pas bien la dynamique et les nouveaux mécanismes, pratiquant une innovation factice basée sur le discours et d’énormes moyens marketing mis en œuvre pour justifier ces politiques. Réticents d’investir dans de nouvelles infrastructures qui « profitent » à d’autres selon eux, ils cherchent à contrôler et à brider les données qui circulent sur leurs réseaux.

Stéphane Richard PDG d’Orange affirmait voici quelques mois « Il faudrait taxer Google et ces grands opérateurs de contenu pour permettre la mise à jour des réseaux des opérateurs et leur permettre de résister à cet afflux de données… ». Il achetait cependant (certains n’hésitent pas à dire: enterrait) récemment Deezer et DailyMotion, après les avoir longuement combattu.

L’innovation crée le trafic, mais elle ne vient pas des opérateurs téléphoniques

Pour Gabrielle Gauthey, le paysage et les usages des télécommunications ont radicalement et profondément changé en quelques années. L’écosystème dans son ensemble a subit une profonde et rapide mutation qui devrait « conduire les opérateurs à complètement revoir leurs modèles d’investissement ». L’un des aspects les plus discuté lors du MWC 2011 est l’impact des opérateurs dits « over the top », c’est à dire des grands opérateurs de contenu comme Google (YouTube) Facebook, Flicker, Twitter, Groupon et de certains fabricants de téléphone dont Apple et RIM. « C’est leur créativité et leurs innovations qui suscitent la grande majorité du trafic de données sur les réseaux des opérateurs mobiles » ajoute Gabrielle Gauthey.

Ces « over the top » s’infiltrent donc dans l’écosystème des opérateurs par les usages, mais ces derniers ne peuvent pas les contrôler pour autant car « le vieux business modèle de la vente de voix à la minute et à la distance, mis en oeuvre il y a un plus d’un siècle par Graham Bell, est devenu complètement obsolète. Il y a eu découplage entre le trafic et les revenus… Les opérateurs ont vu leurs marges baisser ce qui ne leur permet plus de financer les infrastructures réseaux à travers des business modèles tels qu’ils continuent de les pratiquer. » Il est donc temps que les opérateurs se penchent sur un renouvellement profond de leurs modèles, sous peine de continuer de perdre contrôle du marché au détriment des « over the top » qui dégagent d’importants cash flow et suscitent la demande.

Ce qui se cache derrière le débat sur la Neutralité du Net

« Le vrai challenge des opérateurs explique Gabrielle Gauthey, se cache derrière le débat sur la Neutralité du Net depuis quelques années. La neutralité du Net est apparue aux Etats Unis à la suite du procès intenté à Comcast et s’est ensuite étendue à l’Europe et au reste du monde au fur et à mesure que les données mobiles entrainaient une rapide saturation des réseaux. » Le monde du contenu, représenté par les opérateurs « over the top » et le monde des opérateurs téléphoniques se sont rejoints sur Internet, vecteur de distribution universel.

« Mais, précise Gabrielle Gauthey, ils ont des business modèles très différents et touchent des marchés différents, les « over the top sont globaux alors que les opérateurs de services sont généralement locaux. Pourtant, leurs futurs sont liés et tous ces acteurs sont devenus hautement interdépendants et interconnectés. Il faut une vision partagée pour assurer la mise en place  de la société numérique. Dans le monde IP (Internet Protocol), c’est le même réseau qui transporte la voix, les données et la vidéo. Mais ce monde s’est développé autour des données, sans le modèle standard d’interconnexion qui dans le monde de la voix  a permis de fournir une qualité de service égale de bout en bout sur les réseaux. Il n’existe pas de standard identique d’interconnexion des données qui permette de garantir une qualité de service sur les réseaux de données. »

« En même temps, poursuit-elle, l’exigence des utilisateurs en termes d’accès aux réseaux, de qualité de service, de bande passante, de sécurité et de fiabilité doit être valorisée, y compris par les opérateurs « over the top ». Tout le monde sait, plus particulièrement dans le monde mobile, que les applications vont faire face à des problèmes de performances sur les réseaux, mais rien n’en assure le contrôle et la régulation aujourd’hui. « Mais la Net Neutrality ne doit pas nous détourner du point le plus important et le plus urgent qui est celui d’accroitre la capacité des réseaux aussi vite que possible. »

Investir et partager pour accroitre la capacité des réseaux

Trois facteurs clés jouent sur la performance des réseaux. Ce sont le nombre de points hauts (le nombre d’antennes), le spectre de fréquence disponible et l’efficacité des technologies de transmission. « Le premier facteur précise Gabrielle Gauthey, conduira certainement à la densification des pico et femto cellules et à l’amélioration des connexions de backhaul. En effet, la fibre est l’avenir du sans fil. Mais le challenge est important à ce niveau là parce qu’il devient de plus en plus difficile de densifier le nombre d’antenne, particulièrement en milieu urbain. Il y a déjà là une première incitation pour les opérateurs à partager les points hauts, et même le backhaul dans certains cas. »

« Le spectre est le point le plus délicat, affirme-t-elle. Il faudra encore plus de fréquence pour satisfaire ces 13000 smartphones au km² dans 5 ans. Mais le spectre est limité, il n’y en aura pas assez pour tous. C’est une autre incitation pour les opérateurs à partager. Le partage du spectre de fréquence devient obligatoire dans la mesure ou la technologie LTE nécessite des canaux de 20Mhz pour fournir une bande passante capable de répondre à la demande croissante de données. »

« Nous pensons que conjointement à l’utilisation du LTE, les opérateurs doivent considérer le partage des fréquences et des réseaux comme la seule voie pour en améliorer la puissance et la capacité, plutôt que de s’engager dans la création de 3 ou 4 réseaux parallèles. Ils doivent maintenant considerer de nouveaux modèles d’investissement, aussi bien dans les zones urbaines que dans les zones rurales où la demande de bande passante est aussi très forte. » En d’autre termes, la concurrence par les réseaux, prônée par la commission européenne ne semble pas être la panacée qu’on attendait.

Fiers d’être des opérateurs de tuyaux

« Les opérateurs conclue-t-ell, doivent être fiers d’être des opérateurs de tuyaux, de tuyaux intelligents. La différenciation doit être cependant réalisée sous certaines conditions. Elle ne doit pas etre discriminante pour les utilisateurs, ni pour les concurrents et doit s’appuyer sur des accords entre les opérateurs et une grande transparence. Celle-ci doit permettre à tous, utilisateurs et opérateurs, de disposer d’informations quantifiées et claires autour du trafic sur le réseau, des pratiques de gestion des flux de contenu, de la capacité, de la bande passante réelle etc.., de façon à ce qu’il puissent prendre une décision d’achat appropriée, qui ne lie pas l’utilisateur à un opérateur… » Ces pratiques commencent à apparaitre dans les pays en voie de développement qui se séparent progressivement des vieux modèles d’opérateurs imposés par des siècles de pratiques coloniales. Enfin, Gabrielle Gauthey indique que les régulateurs dans le monde peuvent être les garants de ces dispositions, en s’attachant à répondre aux caractéristiques locales et en garantissant la transparence.

e-Learning 2.0…? Quelle voie entre l’artisanat et l’industrie ?

21 novembre 2010

La conférence e-Learning, organisée par Infopromotions, s’est tenue pendant 2 jours à Paris la semaine dernière. Très ciblée, intense par la qualité des intervenants et des participants et enrichissante par l’étendue des thèmes abordés, elle réunissait une centaine de personnes, tous professionnels de la formation et pour bon nombre d’entre eux pionniers du e-Learning.

Souvent confondu avec la formation à distance, auquel bien sûr il participe, le e-Learning est un secteur qui regorge d’opportunités, même si aujourd’hui il représente un volume d’affaire relativement modeste en France. Le e-Learning est beaucoup plus développé dans les pays anglo-saxons. En Angleterre par exemple, le chiffre d’affaire du e-Learning est déjà 3 fois supérieur à celui de la France…. Ne parlons pas des Etats Unis qui pourtant ne bénéficient pas d’un système règlementaire aussi incitatif qu’en France. En effet, le 1% patronal est estimé en France représenter plus de 8 milliards d’Euros par an et lors d’un article précédent, Michel Diaz, l’animateur de la conférence, nous indiquait que le e-Learning, avec moins de 150 millions d’Euros de Chiffre d’affaire en 2010 ne représente qu’un peu moins de 2% de ce montant…

Directeur associé de Féfaur, une société d’analyse et de conseil dédiée au e-Learning, Michel Diaz est un pionnier de l’utilisation de l’ordinateur dans la formation professionnelle. Il nous explique les grandes tendances du marché et met en évidence quelques  grands éléments de la dynamique de son évolution.

Un marché émergent adressé par une offre plutôt artisanale

L’analyse réalisée par Féfaur montre que le marché Français du e-Learning est encore petit, assez peu structuré et présente les caractéristiques d’un marché émergeant dans la mesure où une assez forte demande se fait sentir et que l’offre est assez récente puisque seulement 37% des sociétés qui opèrent sur ce marché ont été crées avant 1999. « Le marché attire beaucoup de nouveaux acteurs, d’où une situation parfois compliquée pour les acteurs historiques » indique Michel Diaz. La Cegos qui était invitée à parler dans la conférence aux côtés de son client la RATP était gentiment malmenée par l’un des participants comme un dinosaure du présentiel.

La grande majorité des sociétés présentes sur ce marché du e-Learning sont des petites sociétés non côtées de moins de 50 personnes, plutôt familiales, dirigées par leur principal actionnaire, dont le chiffre d’affaire moyen est de 3 à 4 millions d’euros environ. Elles agissent principalement sur le marché des grandes entreprises et souvent localement alors que la plus forte demande, spécialement en e-Learning, émane des PME. Elles sont centrées principalement en l’Ile de France, quelques unes en Rhône Alpes et en Bretagne.

Des ambitions mais peu d’investisseurs…

Les investisseurs ne s’intéressent guère à ce secteur encore très artisanal, essentiellement Franco-Français dont le principal rayon d’action reste la francophonie proche. Deux grands groupes, la Cegos et Demos essaient tant bien que mal de capter la croissance de la demande (+ 30 à 40% par an dans les prochaines années), mais comme la grande majorité des acteurs, se concentrent sur le secteur des grandes entreprises, le marché traditionnel, et restent assez mal armés pour adresser la demande des PME (inférieur à 5000 salariés) « qui tire véritablement le marché» explique Michel Diaz.

« Le rêve des entreprises de e-Learning est d’adresser le marché de l’entreprise et les millions d’utilisateurs individuels. Mais les Français ne sont pas encore habitués à investir dans leur formation. C’est un marché en France qui est soutenu par les entreprises. » Nous reviendrons sur le rôle du 1% patronal et sur le semi échec du DIF, assez peu utilisé. Le fait que la R&D dans les entreprises de e-Learning reste assez faible renforce le caractère artisanal de l’offre, d’autant que très souvent, la R&D est faite par les clients du e-Learning qui développent une grande partie des contenus originaux eux-mêmes, comme le soulignaient Victor N’Guyen de Novartis et son collègue Jean-Pierre Praud de Sanofi Aventis au cours de leurs présentations.

Une segmentation très large

Pour Michel Diaz et pour les participants de cette conférence, le e-Learning regroupe 6 grandes activités : Les contenus sur mesure occupent 44% de l’activité des sociétés du secteur ; les contenus sur étagère pour 26% ; les plate-formes LMS (learning management systems) et les services associés pour 21% ; les outils auteurs et services associés pour 4% ; les classes virtuelles pour 2% et les serious games pour 3%. Les serious games ont connu une forte activité médiatiques au cours des derniers mois, mais Michel Diaz n’y voit guère de débouché, compte tenu du petit nombre de sociétés sur ce segment et les prix assez élevés qu’elles pratiquent.  Il note que la part des contenus sur mesure baisse rapidement, perdant 10% en quelques années, au profit des contenus sur étagères qui intéressent plus particulièrement les PME, ce phénomène étant accentué par la crise qui pousse les entreprises à gérer leurs coûts de façon plus serrée.

Enfin, il  note que les sociétés qui opèrent sur le e-Learning sont assez peu spécialisées avec près de 80% d’entre elles couvrant au moins 2 activités ou plus. « Certains opérateurs ont choisi d’être à la fois fournisseurs de contenus et de technologies… précise Michel Diaz. D’autres pensent qu’un split devrait intervenir dans les prochaines années, chacun se spécialisant dans son cœur de métier… » . A noter que France Télécom,  l’opérateur historique examine ce secteur avec intérêt.

Des LMS usines a gaz…

Les présentations qui ont eu lieu au cours de ces 2 journées ont mis en évidence quelques points significatifs du fonctionnement du marché en France. Victor N’Guyen de Novartis a présenté une remarquable mise en œuvre de e-Learning dans la filiale Française pour la formation à distance et à la demande de quelques 800 visiteurs médicaux, dans l’univers très règlementé des formations médicales.  Il constatait pourtant un manque d’intérêt des autres directions et la faible implication de son service informatique qui voit arriver d’un mauvais oeil de nouvelles perturbations possibles sur ses serveurs. Il a mis en œuvre une plateforme LMS qui répond assez bien à ses besoins, mais est différente de celle choisie par le groupe au niveau mondial, qui fonctionne comme un super CMS (Content Management System) mais répond très pauvrement aux besoins de suivis et de statistiques. Ce sujet du choix de la plateforme de management du e-learning semble crucial et sera évoqué tout au long des deux jours.

Le e-learning rencontre des obstacles au sein même des entreprises

Chez Sanofi Aventis, Jean Pierre Praud pratique le e-Learning depuis près de 10 ans. Il  a mis en place une grille détaillée de réalisation de contenus et a défini les grandes fonctions nécessaires d’une « bonne » plateforme LMS. « La problématique du choix d’une plateforme est complexe, dit-il, et on tombe facilement sur des usines à gaz qui sont aussi peu faciles à mettre en œuvre que les ERP dans une entreprises…» Ca devient un projet informatique à part entière, avec toutes ses dérives possibles, souvent au détriment des objectifs fixés.

A la RATP, Nathalie Le-Jeune expliquait ainsi très clairement les contraintes de la mise en œuvre du e-Learning dans cette institution de 50000 salariés.  Portée par une très petite équipe avec très peu de moyens, elle a du lutter contre différentes forces internes habituées au présentiel faisant obstacle au e-Learning. « Le rôle du e-Learning dit elle, est encore considéré comme du folklore et n’est pas relayé par les managers de proximités qui ne le promeuvent pas. » Partie sur une plate-forme LMS Open Source par manque de moyen, elle constate des lacunes mais réussit à mettre 4 modules de e-Learning en exploitation dont les évaluations à l’usage sont positives. La RATP met  alors en place un projet de mise en place d’une plateforme LMS au niveau de l’entreprise, mais ce projet global échappe un peu au service formation qui n’a pas les compétences techniques pour effectuer les choix informatiques qui risquent de devenir prédominants dans une choix intégré de ce type.

e-Learning sur le point de vente

La mise en œuvre du e-Learning chez Truffaut, dans ses 55 centres de jardinerie intégrée met en évidence le problème du terminal servant à la formation pour les 2600 salariés répartis sur toute la France. Truffaut forme de nombreux travailleurs à plein temps mais son activité fortement saisonnière le conduit à former aussi des saisonniers durant leur activité de vente. Les salariés n’ont pas de poste de travail attitré. Christelle Demay responsable formation et Matthias Rapp, chef de projet formation à la DSI de Truffaut ont travaillé en étroite collaboration sur le projet. Après une première tentative non aboutie en 2002 dans le cadre du déploiement du logiciel ERP de SAP dans la société, le point critique montre que la disponibilité des PC est le facteur le plus important pour l’utilisation du e-Learning.

La DSI et le service formation décident donc de créer des postes de travail dédiés et fermés appelés Formabox,  dont 2 sont mises à disposition par centre. L’opération est un succès avec plus de 700 connexions anonymes en 3 mois sur 35 modules de formation dont 11 ont été crées à l’extérieur. Le journal de l’entreprise est aussi diffusé à côté d’informations diverses aux salariés qui mixent e-Learning le présentiel. Le coût prohibitif des Formabox ( €1000 pièce pour un simple PC fermé) laisse penser que des solution beaucoup moins chères devraient être trouvées avec une approche plus industrielle et l’hébergement interne de la plateforme LMS.

Des modèles de facturation archaïques

Jean Pierre Praud rappelait aussi le manque d’intégrateurs spécialisés dans le secteur de la formation, capable de mettre en place des plateformes LMS, soit à partir d’un logiciel unique ou encore par assemblage de modules et composants développés au sein de l’entreprise ou à l’extérieur. D’autre part, les modèles de facturation de ces plateformes LMS restent archaïque même s’ils se qualifient de SaaS, (software as a service) terme à la mode aujourd’hui.En effet, la plupart des LMS sont facturés à la licence au nombre de « sièges » (à l’utilisateur) avec une facture supplémentaire d’hébergement.  La tentation est aussi forte pour ces LMS de devenir fournisseurs de contenus de formation qui sont vendus à des tarifs souvent assez élevés.

La culture du Web semble s’être arrêtée aux portes du e-Learning. En effet, peu de ces systèmes LMS sont accessibles par un simple browser. Ils demandent en général de télécharger un logiciel dont l’utilisation rebute plus d’un. Y aura-t-il un e-learning 2.0 pour booster ce secteur?  A noter que Fefaur a réalisé une étude détaillée des LMS disponibles sur le marché aujourd’hui.

L’ARCEP s’échauffe sur la neutralité du Net

25 mars 2010

Le 13 avril prochain,  l’ARCEP tiendra un grand colloque d’une journée sur la Neutralité du Net… Vaste sujet où chacun y met un peu ce qu’il veut selon ses convictions et ses intérêts…  Depuis quelques jours, le site de l’ARCEP frémis d’une nouvelle et agréable activité médiatique dans le cadre de la préparation de ce colloque qui se jouera à guichets fermés et salle comble.

L’ARCEP n’avait pas suscité autant d’intérêt dans le microcosme des télécommunications depuis un bon moment et on ne peut que saluer cette initiative qui, j’espère, permettra d’apporter quelques détails et éclairages au cadre dans lequel l’économie numérique va évoluer, juste après le vote de la Loppsi 2. En effet, cette loi, dans un saisissant amalgame, inclue l’économie numérique parmi les grands dangers et les grandes plaies naturelles qui attendent le consommateur dans les années Internet à venir.  Espérons que le régulateur, plus indépendant, apportera les précisions nécessaires et pratiques qui manquent sur le terrain pour éviter que l’Internet ne devienne le champ clos de quelques sociétés cherchant à préserver ou accroitre des positions dominantes séculaires, ou un nouveau moyen pour quelques gouvernements de manipuler  l’opinion publique.

L’ARCEP en effet depuis quelques jours s’est donc mise à publier une série d’interviews que je vous conseille de regarder ou même de télécharger sur votre iPhone (et oui, l’iPhone est entré par la grande porte à l’ARCEP), pour peu que le réseau de votre opérateur ne soit pas trop encombré.

Jean-Ludovic Silicani : « les réseaux sont un bien collectif stratégique »

Responsabilité oblige, c’est Jean Ludovic Silicani, le Président de l’ARCEP et grand organisateur de la manifestation qui ouvre le feu des interviews. Il indique que les régulateurs de chaque pays européen devront préciser les conditions de la mise en œuvre de la Net Neutralité selon les directives qui ont été tracés par la Commission européenne. « Transparence et non discrimination sur les réseaux » sont les grands principes de la démarche… Il s’agit de donner accès à tous, de la même manière, aux réseaux et à tous les contenus.  Ce sont donc des règles claires et connues de tous qui le permettront.

A noter que l’enjeu est international puisque la FCC aux Etats-Unis  a commencé à se poser des questions sur la Net Neutralité depuis plusieurs années.  Pour lui, les enjeux des débats sur ce thème de la neutralité du Net sont fondamentaux puisque le bon fonctionnement futur de notre économie en dépendra. « Il s’agit de mettre en place des décisions  pour structurer notre économie et notre vie sociale dans les prochaines années.  On a besoin d’un modèle économique et c’est l’un des enjeux de la net neutralité. » Le cadre doit aider à définir les conditions d’investissement, d’accès et les modes de fonctionnement des réseaux. « S’ il n’y a pas de réponse à un tel besoin, les réseaux risque de dysfonctionner, de se saturer, d’exclure certains acteurs et certains contenus ».

Il précise aussi quelques éléments d’un calendrier qui devrait aboutir au mois de juin avec un rapport au parlement. En conclusion, le président de l’ARCEP insiste sur la démarche à suivre : «  Il faut adopter une approche moderne et pragmatique conduisant à une définition commune et claire des règles du jeu. Il ne faut pas adopter l’attitude qui consiste à nier les problèmes. Ca serait une attitude du 19ème siècle conduisant à favoriser les plus puissant, ça serait la loi de la jungle. »

Pour voir la vidéo, cliquez sur le lien:  http://www.arcep.fr/index.php?id=10385

L’ARCEP a interrogé quelques acteurs du secteurs des telecommunications sur ce qu’ils pensent de la neutralité du Net, sur leur perceptions des enjeux et sur ce qu’iles attendant du gouvernement.

Voir aussi les vidéo suivantes :

– Giuseppe de Martino (président de l’ASIC) : http://www.arcep.fr/index.php?id=10384

– Alain Bazot (président de l’UFC-Que Choisir) : http://www.arcep.fr/index.php?id=10387

– Winston Maxwell (avocat associé, Hogan & Harston) :  http://www.arcep.fr/index.php?id=10388

– Benjamin Bayard (président de french data Network) : http://www.arcep.fr/index.php?id=10391

-Voir enfin la vidéo de Olivier Esper de Google : http://www.arcep.fr/index.php?id=10393

A noter que le grand vilain Google, accusé de tous les maux par un grand nombre d’opérateurs, de fournisseurs de contenus, d’éditeurs de livres,  de distributeurs en tous genres, est un ardent promoteur de la Neutralité du Net.

Pour ceux qui comprennent l’Anglais et qui ont un peu de temps devant eux, vous pouvez regarder une très longue video sur une manifestation organisée à Washington dans le courant du mois de janvier de cette année, à l’initiative de Google sur le thème d’ACTA (Anti Counterfeiting Trade Agreement), dont le but est de s’opposer à la contrefaçon dans le monde… Certains disent que c’est l’Hadopi au niveau mondial… Quel lien avec la Neutralité du Net ? Regardez et écoutez…

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