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L’INTERNET DES OBJETS ATTIRE PLUS DE DEVELOPPEURS

15 juillet 2016

6,2 millions de développeurs dans le monde travaillent pour  l’Internet des objets

La société Evans Data Consulting (EDC) basée à Santa Cruz en Californie a été crée en 1998 par Janel Garvin avec l’objectif d’analyser et de fournir des informations et données sur le monde des développeurs et d’identifier les grandes tendances et habitudes de cette population qui était jusque là assez mal cernée.  Au cours des années, elle a mis en place une méthodologie cohérente et structurée pour établir la taille et la composition de la population des développeurs dans le monde entier. Basée sur différentes sources, elle a établi une base de données par pays qui sert de trame pour comprendre et analyser  la composition et le fonctionnement des populations de développeurs en s’appuyant sur des modèles économétriques  qui permettent d’établir des prévisions d’évolution.

Dans son étude du 1er semestre 2016 sur l’évolution de la population globale des développeurs, parue à la fin du mois de juin, elle trace un tableau complet des pratiques de développement dans le monde, les plateformes et les outils utilisés, ainsi que les pays les plus dynamiques.  Les développeurs ont en effet été à la base du succès de Microsoft et d’Apple et de bien d’autres sociétés ensuite, depuis le début des années 80. Les grandes tendances qui les traversent sont significatives de mouvements de fond dans le développement même de l’industrie. Le récent succès de l’App Store avec 2,2 millions d’applications hébergées en est une bonne illustration.

L’un des résultats émergeant de cette étude est une accélération importante, depuis l’année passée, du nombre de développeurs travaillant sur des dispositifs, des produits ou des services de l’Internet des objets. En effet, 6,2 millions de développeurs dans le monde travaillent aujourd’hui sur des projets IoT, un chiffre en augmentation de 34% depuis l’année passée.  De plus, un accroissement de 14% du nombre de développeurs d’applications mobiles depuis l’année dernière, place les smartphones  comme la plateforme connectée la plus utilisée dans les projets IoT.  Michael Rasalan, Directeur de recherche chez EDC précise « Nous constatons comment, en moins d’un an, l’Internet des Objets à attiré un très grand nombre de développeurs. Cette transition vers l’IoT, qui n’est pas sans limites, est très rapide parce que les développeurs sont capable de s’appuyer sur leurs connaissances et expertises dans des technologies complémentaires comme le Cloud et les Mobiles, pour créer de nouvelles solutions. Nous voyons aussi des développeurs initialement partis sur ces concepts centrés sur les wearables s’orienter vers des applications capable de gérer des tâches plus complexes que l’on trouve dans l’environnement industriel. »

En d’autres termes, il semblerait que l’accroissement du nombre de développeurs IoT montre une véritable transition en cours vers l’IoT dans le monde de l’entreprise.

developpeurs dans le monde 2016

 

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EURE ET LOIR NUMERIQUE: UN DEPARTEMENT RURAL SE FIBRE

2 juin 2016

Le département d’Eure et Loir accélère la mise en œuvre se son RIP (Réseau d’Initiative Publique), les premières fibres à la maison sont installées pour 6600 logements dans la région d’Epernon.

Lemare Eur&linkEn mai 2004, la promulgation de l’article L-1425-1 du code des télécommunications, donnait aux collectivités locales, sous réserve que certaines conditions soient réunies, la compétence de concevoir, déployer et gérer des réseaux de communication électronique, et de déléguer cette activité à un syndicat mixte ouvert (SMO). Près de 15 ans après, après  3 ou 4 « plans fibre gouvernementaux », et des  péripéties, juridiques, administratives,  politiques, financières et techniques savamment orchestrées et/ou utilisées par les opérateurs téléphoniques et les lourdeurs administrative dans des litiges peu suivis par la presse et le grand public,  près de 80 RIP (voir la liste)  ont été mis en place en France offrant une couverture fibre à plus de 7400 communes,  dont les 2/3 n’avaient pas accès à une offre. Certains RIP en sont déjà à leur version 2.0.  Le mouvement de déploiement d’infrastructure de fibre s’accélère dans des zones  déshéritées (entendez délaissées par les « grands » opérateurs nationaux). Ainsi sur les 2.1 millions de prises fibres installées (mais pas forcément activées) en France dans les zones de population moins dense, près de 700000 étaient  le fait des RIP à la fin 2015 (voir bilan des RIP).

Les opérateurs nationaux boudent les RIP…

Il faut ainsi préciser que la mise en place de la fibre à la maison ne signifie pas forcément usage pour l’utilisateur. Encore faut-il qu’un (ou plusieurs) opérateur vienne y commercialiser une offre d’abonnement raisonnable  et que l’utilisateur y souscrive. Ainsi, à Paris qui est une zone très dense et sur-fibrée, la mise en œuvre réelle de la fibre optique est parfois très lente parce que les opérateurs ne viennent que très lentement dans les immeubles, sachant que la charge de la connexion dans l’immeuble leur incombe. Ils choisissent donc avec soin leurs immeuble prioritaires…!  Les « grands » opérateurs nationaux ont tendance à « bouder les RIP » et se font prier pour s’y raccorder et proposer leurs offres aux foyers « équipés ».  Cette attitude a permis à une dizaine d’opérateurs comme Altitude Infrastructure,  Axione, Covage,  SFR Collectivité et à des opérateurs locaux de se déployer sur les RIP… Orange est sur 4 ou 5 RIP dont l’Auvergne et la Corse.

Objectifs ambitieux malgré la complexité et les lourdeurs

Un bref retour en arrière sur L’initiative du département Eure et Loir montre que la mise en place d’un RIP prend du temps (et beaucoup d’énergie) puisque le syndicat Eure et Loir Numérique a été crée en 2012, réunissant 343 des 391 communes du département sur la base d’un  SDTAN 28 (Schéma Directeur Territorial d’Aménagement Numérique) publié en janvier 2012. Les 48 villes restantes (Chartres, Dreux, etc…) étant considérées comme zones denses (zones dites AMII ou Appel à Manifestation d’Intention d’Investissement)  et réservées aux  opérateurs privés qui ont manifesté des engagements… souvent très flous…! Dans le SDTAN, on peut  lire : «La couverture exhaustive du Département représenterait un investissement total de l’ordre de 311 M€ pour un linéaire de réseau de l’ordre de 10 000km. Il convient de noter l’effort technique et financier requis par la desserte en fibre optique de l’habitat en zone rurale : alors que moins de 2 000 km de réseaux doivent être déployés pour couvrir la moitié des foyers les plus urbains du Département, de l’ordre de 6 000 km de réseaux devraient être déployés pour couvrir les 20% de foyers Euréliens les plus ruraux. »  Une convention de DSP (délégation de service publique) en affermage est signée pour 15 ans en Mai 2014 avec SFR Collectivités, devenu depuis filiale de Numéricable. SFR Collectivités assurera l’exploitation et la commercialisation du réseau construit par le SMO qui en reste propriétaire. Le réseau sera construit par Axione/Bouygues.

L’objectif fixé reste ambitieux puisque d’ici 2020, 130000 foyers, soit 73% des foyers du département, seront connectés à la fibre, dont 90000 seront issus de l’offre d’initiative publique Eure&link qui aura construit près de 3000 km de fibre. En des termes plus politiques, l’objectif est de faire en sorte qu’en 2020, 96% des abonnés du territoire (entreprises, particuliers et collectivités) bénéficient à un débit supérieur à 10Mbits/s (en théorie) quelque soit le moyen utilisé.

En mars 2015 après d’âpres négociations avec France Télécom,  sont installées les premières armoires permettant la montée en débit dans certaines zones pour 14000 foyers  (basée sur des armoires relais dites NRA ZO (ou MeD) permettant aux collectivités d’installer de l’ADSL sur de la boucle locale cuivre appartenant à France Télécom). En mai 2016, avec un certain retard sur ce qui était prévu (26000 foyers fibrés en 2015, chiffre revu à la baisse à 10000), les 6600 premiers points d’accès fibres chez l’habitant sont installés dans la zone plutôt défavorisée dite du Val Drouette avec un objectif d’atteindre 22000 prises fibre à la fin 2016 puis un rythme d’environ 20000 prises nouvelles par an d’ici 2020. (voir le suivi du plan THD)

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Une enveloppe financière entièrement financée sur fonds publics…

Le projet Eure&Link prévoit une enveloppe financière de 135 millions d’Euros pour atteindre les objectifs  fixés. De ce budget, près de 90 millions seront consacrés à la fibre pour connecter 90000 habitations et installer un point de mutualisation dans 240 zones; €20 millions seront consacrés à la montée en débit ADSL de 15600 lignes liés à 114 points de raccordements mutualisés (NRA- ZO); €3.5 millions consacrés au raccordement optique de 16 NRA-ZO de France Télécom ; €5.9 millions seront consacrés a connecter les entreprises à la fibre ;  €½ million sera consacré à l’amélioration de la Boucle Locale Radio (3.5% des foyers), avec la modernisation de 60 stations de bases existantes et installation de 5 nouveaux points hauts dans  3 EPCI (Communautés de communes ou d’agglomérations); enfin €9millions seront consacrés  à l’amélioration du réseau de collecte départementale, la mise en place de relais pour Internet par Satellite (0.4% des foyers), des fibre aériennes en liaison avec ErDF. L’ensemble de cette enveloppe sera financée à 30% par le Conseil Départemental, à 20% par les EPCI, 27.5% par l’Etat et 22.5% par la région et l’Union Européenne lorsque le plan Très Haut Débit Français sera reconnu par la commission Européenne…!!  A noter aussi, alors que certains RIP (comme l’Alsace) font appel a des fonds privés, les investisseurs privés ne se sont pas présentés sur Eure&Link.

 

 

 

LE TOURISME FRANÇAIS S’EST APPROPRIE INTERNET

17 mars 2016

Les Français ont diminué sensiblement leur budget vacance en 2015, mais ils utilisent de plus en plus Internet pour partir plus souvent et à des coûts réduits, en favorisant les offres packagées.

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Le site de voyage Opodo (groupe Odigeo), représenté par Quentin Bacholle, son Directeur Général France et la Société d’Etudes Raffour Interactif spécialisée dans le tourisme et le transport, présentaient les résultats d’une étude sur les habitudes de vacance des Français. Ce Barometre Opodo est partie d’une étude annuelle, menée par Guy Raffour depuis 14 ans, selon les règles de l’art, grâce à un entretien à domicile de près d’une heure, sur un échantillon statistiquement représentatif de 1030 Français de plus de 15 ans. Elle ne concerne que les activités de voyage et de séjour payant ou non payant pour les loisirs exclusivement, c’est-à-dire les vacances…

Léger tassement des départs et des budgets vacances

Il ressort de l’enquête, effectuée en février dernier, que les foyers Français en 2015 ont sensiblement réduit leur budget vacances, celui-ci passant de 2014 à 1714 € par an (voyage et séjour compris) soit une baisse de 13%, et près de 700000 personnes de moins qu’en 2014 sont parties en vacances. En effet, sur une population statistiquement valide de 53,5 millions d’habitants (en augmentation de 0.3 m sur 2014),  c’est 32.2 millions, soit 60.1%, qui sont partis pour un séjour court ou long soit une baisse de 1.7% par rapport à l’année précédente. A noter que depuis plusieurs années, le taux de départ en vacances des Français oscille entre 59 et 61%.

Analysés un peu plus en détail, ces chiffres représentent une réalité plutôt positive, montrant le dynamisme du secteur du tourisme en France, et en Europe. « Le secteur aux Etats Unis s’est consolidé explique Quentin Bacholle. Par exemple, la réservation de vols est effectuée sur seulement 3 plateformes différentes, alors qu’en Europe où le marché est moins consolidé, il y en a quelques dizaines…qui servent quelques centaines d’acteurs dont nous faisons partie…  (Voir pour ceux qui le connaissent, une certaine analogie avec le marché des télécom… !). Ceci permet une offre plus concurrentielle, plus diversifiée et plus flexible, et c’est ce que recherche l’utilisateur…». Il précise que pour Opodo, le panier moyen pour un vol est passé de 532€ à 516€, probablement à cause de la baisse des tarifs d’avion et de la lente montée des compagnies low cost et des transports alternatifs.

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Un marché dynamique malgré la crise et la situation géopolitique

L’enquête analyse séparément les séjours de courte durée (1 à 3 jours) et les séjours de moyenne ou longue durée (4 jours ou plus). Il semble que malgré les problèmes de budgets, les Français partent plus, mais ils sont plus sélectifs de façon à combiner un vol et un séjour qui leur apportera « une expérience optimale de vacances ». « On constate une hausse assez significative des séjours de courte durée », explique Guy Raffour. Interrogés sur les risques d’attentats, il semble que les français aient intégré ce facteur puisque 62% d’entre eux répondent que cela n’aura pas d’influence sur leurs perspectives en 2016 alors que 27% indiquent qu’ils en tiendront compte dans leur choix. Chez Opodo, on constatait une baisse assez importante après le 13 novembre dernier, mais très rapidement, la tendance s’est estompée le mois suivant. Globalement, les destinations de vacances ont pourtant changé de façon notoire entre 2014 et 2015 puisque si l’Espagne et la Grèce restent les destinations privilégiées des Français avec la République Dominicaine, la Tunisie et la Turquie ont disparu de la liste entre 2014 et 2015 au profit de la Thaïlande et du Maroc. Les Etats Unis ont aussi perdu leur caractère attractif à cause de la hausse du dollar et des coûts de séjours sur place.

Parmi  les Français qui sont partis, on note plusieurs tendances, principalement liées aux conditions économiques connues en 2015. Partir est un besoin vital pour eux et ils s’appuient sur un budget vacances pour faire leurs choix en faisant varier les paramètres. L’enquête met en évidence une assez forte progression de 2% des séjours courts (19.8 millions de personnes en 2015 contre 18.6 millions en 2014). Les séjours longs gagnent aussi 2% avec 36% de ceux qui sont partis en 2015.  Ce chiffre est confirmé par Opodo qui constate en parallèle une baisse des séjours longs de plus de 2 semaines. Quentin Bacholle mentionne le phénomène « city break » qui pousse les français à partir plus souvent pour un long week end (séjours court) dans une ville européenne.

Il est certain que l’utilisation d’Internet permet aux français qui cherchent à partir en vacance d’optimiser plus facilement leur voyage en fonction du budget fixé au départ, leur permettant de trouver les meilleures prestations au meilleurs prix et surtout leur permettant de simuler en ligne leur voyage grâce aux informations sur les offres diversifiées qu’ils trouvent sur Internet. Pour une agence de voyage en ligne comme Opodo dont l’activité principale et le vol, la principale préoccupation du management est d’être en mesure d’apporter de l’information (y compris collaborative), de faire des propositions sous forme de package qui intègre des offres variées et diversifiées sur les séjours et d’autres services répondant aux préoccupations de leur client.

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La France est toujours en retard sur Internet. Le m-tourisme décolle

Globalement, l’enquête montre que 46% des réservations globales sur le voyage vacances (tous types de prestations confondues et quelque soit le support utilisé) en France utilisent Internet, en dessous du taux moyen européen qui est de 52%. Guy Raffour constate que 15% des français qui partent en vacances n’utilisent pas Internet et il indique que le rattrapage se fait lentement, alors que le e-tourisme croit fortement, montrant une évolution sensible du mode de préparation et de consommation des vacances.  Quentin Blacholle mentionne quant à lui que le m-tourisme (information et réservation sur le mobile) est en forte croissance. « Si on regarde chez Opodo la part de réservations sur smartphone ou tablette, dit-il, nous avons atteint le seuil de 25%, alors que nous étions à 15% en 2014 et 8% l’année précédente. Nous pensons atteindre rapidement 40% alors que la moyenne de l’utilisation du mobile pour le secteur du voyage en ligne est à 18%. ».

L’enquête montre en effet que Internet sert non seulement à accumuler des informations sur les destinations et les voyages et séjours de vacances long ou court mais aussi de plus en plus à effectuer et suivre la ou les réservations liées aux séjours de loisir. Tous les chiffres présentés sont en hausse assez nette. Des 32 millions de Français qui sont partis en 2015, 77% (24.7 millions de personnes, plus 6 points sur 2014) ont utilisé Internet à un moment ou un autre soit pour préparer soit pour réserver un ou plusieurs séjours de tourisme de loisir en 2015. Les agences en lignes doivent alors être en mesure de proposer des promotions géo-localisées, des prestations expérimentales et des contenus collaboratifs au bon moment pour déclencher l’intérêt sous forme de réservation et ensuite de convertir en achat.

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Sur l’ensemble de la population des français qui sont partis pour leurs vacances, 39% (un gain de 7 points sur l’année précédente) ont utilisé un smartphone ou une tablette pour effectuer leurs recherches et réserver leur voyage, ce qui confirme l’importance de l’accès en temps réel aux disponibilités ainsi que l’aspect hautement concurrentiel de ce marché mentionné par le DG de Opodo. Le téléphone cellulaire est aussi utilisé tout au long du voyage pour les tickets d’embarquement, pour recevoir des alertes ou faire des achats de services complémentaires durant le séjour comme location de voiture ou réservations diverses. Toujours de l’ensemble de la population des Français qui sont partis, 49% (soit 15.8 millions de personnes) ont réservé et payé intégralement tout ou partie de leurs séjours en ligne, un gain de 4 points par rapport à 2014 (1 millions de personnes).

CES 2016, LA FRENCH TECH BIEN PRESENTE A LAS VEGAS

18 décembre 2015

Près de 200 entreprises françaises feront le voyage à Las Vegas pour participer au grand zoo mondial du tout numérique

IMGP0829Le prochain CES de Las Vegas qui se déroulera du 6 au 9 janvier prochain se promet une nouvelle fois de faire date dans l’évolution de l’industrie numérique mondiale, alors que la manifestation approche le demi-siècle d’existence.

40 entreprises Françaises récompensées par le CES

Un premier décompte des participants Français au prochain CES 2016 donne environ 200 entreprises, ce qui est plutôt encourageant et montre que l’industrie Française ne reste pas dans son petit pré carré. Une rapide comparaison  avec les 60 exposants Anglais et les 50 exposants Allemands, peut permettre aisément de déduire que la France du numérique se porte plutôt pas mal et que les Etats Unis représentent toujours un véritable point d’attraction pour les Français qui semblent bien surfer la nouvelle vague des produits connectés. Ainsi, après avoir connecté les gens à internet, après leur avoir donné un téléphone, progressivement devenu intelligent, une nouvelle phase industrielle propose de connecter tous les objets de la vie quotidienne et de les rendre en quelque sorte intelligents aux aussi. L’idée n’est pas nouvelle, mais l’ampleur du mouvement et les secteurs concernés ouvrent de nouvelles voies aux ingénieurs de tous poils. Jusqu’où ce mouvement ira-t-il ? Quel sera l’impact de cette nouvelle industrie sur une économie qui semble montrer des signes d’essoufflement ? Certains pensent que le CES répondra à ces questions. Mais, après avoir assisté a une vingtaine de CES, mon expérience me fait dire que la présence d’une multitude de technologies, de solutions, de services est certes l’indication d’une intense activité créative, mais seule la réalité des usages est ce qui valide les révolutions.

Drones et santé, deux secteurs très actifs

Un autre point très encourageant se trouve dans les 40 sociétés Françaises récompensées par un Award attribué par un jury du CES composé de 60 experts dans les 30 catégories différentes représentées cette année. Pour les responsables de ces entreprises, c’est l’assurance d’une certaine visibilité auprès de la presse avide de nouveautés. Ils auront en effet la possibilité de présenter leur produit ou leur innovation au CES Unveiled à Las Vegas sorte d’avant premières réservées aux journalistes, analystes et aux industriels.

Parmi les sociétés récompensées cette année pour leurs produits innovants se trouvent bien sur Parrot et Withings, deux pionniers, le premier dans les drones, l’autre dans la santé connectée. Aujourd’hui, une bonne vingtaine de sociétés présenteront des drones aux CES et l’utilisation de ces engins devient tellement fréquente que de nouvelles régulations et règlementations sont mises en place. Aux Etats Unis, les utilisateurs de Drones devront être déclarés et identifiés et l’utilisation des drônes est encadrée par des règles déjà bien définies. Les conditions de sécurité et d’assurance des drônes sont maintenant définies comme celles des pilotes d’avions.

Dans le secteur la santé, Withings ainsi que plusieurs centaines de sociétés qui présenteront au CES,  continuent d’innover sur cette tendance forte qui pousse inexorablement la santé au-delà de l’administration des soins vers une certaine recherche du bien être où le patient, malade ou pas, est un acteur actif de sa santé. Cette prise de conscience devrait rapidement pousser les autorités de régulation et de contrôle de la médecine à faire évoluer les pratiques et les relations entre médecins, institutions médicales et patients. L’arrivée sur le devant de la scène Française de la startup Honestica dirigée par Franck le Ouay, co-fondateur et ancien CTO de Critéo, soutenue et conseillée par l’ancien ministre et médecin Philippe Douste Blazy devrait relancer cette transformation embourbée en France depuis une dizaine d’année avec le DMP…

LA FIRIP SE BRANCHE SUR LES OBJETS CONNECTES

7 décembre 2015

Les réseaux d’initiative publique ont-ils un rôle à jouer dans l’Internet des Objets

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Réunis à Angers pour ses 3 ans d’existence dans la très symbolique et toute nouvelle Cité des Objets Connectés, la Fédération des Industriels des Réseaux d’Initiative Publique (FIRIP) lançait le débat sur l’enjeu que peut représenter l’Internet des objets pour des réseaux publics fixes à très haut débit. Etienne Dugas, le Président avait réunis quelques uns des éléments clés de cette Fédération qui regroupe maintenant 160 membres et représente les intérêts des industriels. Au-delà de l’habituel aéropage d’élus et responsables locaux vantant plutôt bien les mérites et l’appétence technologique de leur seul territoire, quelques invités de marque étaient présents pour discuter des réseaux face à l’Internet des objets. On notera cependant qu’aucun grand opérateur national n’était présent, alors que les RIP, financés par des fonds publics, représentent en général un complément de leurs réseaux existants. Mais certains opérateurs, dont l’ancien opérateur historique, les voient comme des concurrents… !

La fibre est indispensable…et là pour s’étendre et durer

Quel idée de parler de haut débit dans l’Internet des Objets ?  Chacun sait que celui-ci récolte un petit nombre de données pour chaque objet, celles-ci s’acheminent régulièrement dans des serveurs où elles sont stockées puis ensuite traitées, parfois en temps réel. Patrick Chaize, nouveau Président de l’Avicca et Sénateur de l’Ain est très clair : « La fibre est nécessaire parce qu’il y aura des milliards d’objets connectés et il faut des réseaux d’infrastructure capables de supporter la collecte du trafic généré par tous ces objets vers les points de centralisation des données. Les usages ne sont pas encore là certes, poursuit-il, mais il y a 15 ans, on nous regardait avec étonnement lorsqu’on parlait de très haut débit, les usages sont arrivés plus vite qu’on ne le pensait. » Il n’hésite plus à parler ouvertement de boucle locale fibre…et d’abandon rapide du cuivre ! France Télécom doit se retourner dans sa tombe… Il est sur ce point en phase parfaite avec la FIRP.

Antoine Darodes, Directeur de la nouvelle Agence du Numérique mentionnait sa confiance dans l’issue positive des démêlées avec l’Europe du Plan Hollande pour le Très Haut Débit à propos de la subvention de 3 milliards d’euros aux opérateurs pour les zones de moyenne densité en dehors des grandes villes, toujours à la traîne. L’Agence du Numérique qui siège à Bercy, regroupe la French Tech, le nouveau plan Très Haut Débit et l’ancienne Direction des Usages Internet. « L’Agence du Numérique n’est pas un organisme qui fait, dit-il, mais qui anime de façon décentralisée les acteurs publics et privés pour faire avancer le plan très haut débit… ! » Pour lui, le haut débit, tout comme l’internet des objets sont avant tout une affaire de « participation citoyenne » qui permettra à tous les citoyens de participer à l’économie numérique. Mais il indique que les détails seront précisés dans un plan qui sera finalisé et dévoilé au début 2016… ! La quarantaine de personnes de l’Agence va passer un hiver bien occupé à concevoir et préparer cette animation…

Retours sur Investissements « Républicains » pour la Caisse des Dépots

Plus concrète était l’approche de Laurent Depommier Coton de la Caisse des Dépots qui a investi dans une trentaine de RIP depuis l’avènement de l’article 1425 du code des P&T en 2004 et dont l’action dans les réseaux THD s’est étendue des réseaux de collecte aux réseaux de desserte (fibre jusqu’à l’utilisateur).Il a aussi financé une bonne partie des schémas directeurs numériques qui ont conduits a des DSP. « Nous n’avons pas encore financé de réseau urbain ou régional spécifique pour les objets connectés, mais nous y réfléchissons parce qu’ils ont un rôle à jouer dans les territoires intelligents, plus particulièrement en matière de circulation et de sécurit ou de santé publique. Mais l’approche économique est très différente, car les retours sur investissements pour ce genre de réseaux sont plutôt « républicains » c’est-à-dire à estimer en termes de bénéfices globaux  pour les territoires concernés plutôt que financiers au sens classique. »  Il précisait que la Caisse des Dépôt a déjà inv esti dans des sociétés d’auto-partage, des tiers lieux ou encore qui ont un lien étroit avec l’intelligence du territoire qui facilitent l’optimisation des déplacements. Pour lui, les RIP ont bien évidemment un rôle important à jouer dans l’internet des objets dans la mesure où ils représentent une ressource d’infrastructure mutualisée pour la collecte de données qui améliorent la vie sur le territoire.

FIRIP logo

Opérateurs alternatifs : Business modèles, et implication des utilisateurs…

Très logiquement, Lionel Anselmo de Altitude Infrastructure, fournisseur d’un bon nombre de DSP des RIP, préparait le terrain pour son collègue Cyrille le Floch, opérateur du réseau à bas débit Qovisio en posant la question de la cohabitation qui doit s’établir autour des usages.  « Est-ce que ce sont les usages qui justifient les infrastructures ou l’inverse ? » rappelant ce récurent problème de la poule et de l’œuf qui a largement servi d’argument pour freiner le développement du très haut débit en France. Il affirmait enfin que « les collectivités sont encore en mode apprentissage… » oubliant que l’économie numérique est un mode apprentissage permanent…

Cyrille le Floch passait outre le dilemme en citant le « Dash Button » de Amazon, émanation sous forme d’objet connecté de son « OneClick Button ».  Le Dash Button se colle sur le frigidaire et permet, à partir de son smartphone, de créer et gérer une liste de course de produits de différentes marques que l’on veut avoir dans son frigidaire. Le Dash Button détecte automatiquement les produits qui manquent et vous alerte, il suffit d’appuyer dessus une fois pour déclencher l’achat… sur Amazon bien sûr… Il est facile de comprendre le business modèle de cet objet connecté pour Amazon, mais pour l’opérateur qui achemine l’information, l’équation économique parait un peu faible, à moins de passer un accord (de sous-traitance) avec Amazon…

On découvre ainsi l’épine dorsale qui est aussi l’épine dans le pied du business modèle de l’Internet des Objets. « Il n’est pas possible de demander un abonnement pour un objet connecté, explique Cyrille le Floch, sauf si comme nous l’espérons, il y aura à terme une centaine ou plus d’objets connectés dans une maison. On pourra envisager de faire du ‘pay as you grow’… » Mais il faudra alors probablement trouver un agrégateur pour concentrer toutes les données et les envoyer aux sociétés concernées, aux marques et aux grands distributeurs. Ce modèle est honnit par les opérateurs téléphoniques qui cherchent à augmenter leur ARPU en offrant des services en complément des abonnements, souvent en vain… et voient leur bande passante rémunérer d’autres fournisseurs, à leurs frais. Cyrille le Floch précise que les opérateurs sont arrivés en retard sur les réseaux pour l’Internet des Objets. « Ils sont allés naturellement vers Lora parce que Sigfox et nous ne voulions pas vendre notre technologie aux opérateurs. »  Quant aux relations entre les réseaux fibre et les réseaux bas débit, il faudra attendre encore quelques années que se construise des infrastructures de concentration et de répartition des informations générées par des milliards d’objets connectés.

Google invente le « velo conferencing mobile »

14 août 2011

Mieux qu’un long discours, il s’agit de 2 photos qui parlent d’elles mêmes.  C’est la « Google Conf Bike », la « bicyclette conférence » pour les conférences mobiles, garée en attente de clients sur le parking du Googleplex à Mountain View. Elle est parfaitement adaptée à des petites conférences de 6 personnes au maximum réunies en cercle qui pédalent + un modérateur qui dirige l’ensemble grâce à un unique volant. Elle ne peut fonctionner que sur route goudronnées. Chaque conférencier est confortablement assis sur sa selle, il pédale et peut conférencer avec les autres membres du groupe qui eux aussi pédalent. Un astucieux système de cardans permet de regrouper tous les efforts pour tracter l’ensemble dans une seule direction. Une tablette peut être installée au centre pour le partage éventuel de documents. Un seul conducteur tient le volant (mais il doit aussi pédaler) pour mener l’équipe et le véhicule à ses objectifs. La conférence risque de perdre un peu de son  efficacité et de sa puissance si il y a moins de pédaleurs… Le véhicule semble en effet assez lourd.

Quand la Silicon Valley sort de la crise, l’Europe traine encore la patte

19 avril 2011

A Paris depuis quelques mois, je garde un œil sur la Silicon Valley, dans la presse locale et à travers des discussions régulières avec des « amis locaux » et des partenaires. « Comment va la Silicon Valley ? » est une question que l’on me pose assez souvent… avec une lueur d’espoir sachant que quand la Silicon Valley va… la technologie va… !  Difficile cependant de répondre avec précision…

Pourtant certains indices d’un redémarrage semblent apparaitre depuis le printemps, mais rien ne vaut une visite sur place… Il me faudra attendre encore un peu pour constater de visu. Je suis donc allé dans la presse locale, le Merc et quelques autres, pour m’imbiber de l’état d’esprit du moment.

Le capital risque ne sera plus ce qu’il était

Adeo Ressi, CEO du Founder Institute www.founderinstitute.com et créateur du site The Funded.com est catégorique, «  le capital risque, disons plutôt l’investissement dans les sociétés de technologie,  sortira complètement transfiguré de la crise ». En effet, beaucoup de fonds existants avant la crise n’ont pas pu lever de nouveaux fonds et l’ensemble de la profession a été littéralement écrémée. En 2008, Sequoia Capital sortait une présentation fameuse appelée « RIP Good Times », « Les belles années sont mortes » préfigurant le Tsunami qui allait s’abattre sur la profession et  les start’up.

Selon la National Venture Capital Association, le nombre de VC est passé de 1000 en 2007 à 400 à la fin 2010.  Non seulement, le ralentissement économique a freiné, voir arrêté un grand nombre de start’up, mais les sorties de sociétés financées par des VC se sont faites très rares sur un marché boursier dépressif, 18 sociétés en 2 ans contre presque 200 au début des années 2000.

Des nouveaux chemins pour investir dans les start’up.

En 2010, le nombre d’IPO a commencé à grimper mais reste encore faible à moins de 50 par an. Avec les probables entrée en bourse de Linked’in, Twitter etc…, et le marché secondaire permettant à Facebook ou à Zinga de lever de l’argent sans entrer en bourse, le marché de l’investissement semble conduire les start’up dans de nouvelles directions. Est-aussi apparue une nouvelle catégorie d’investisseurs appelés « super angels », des entrepreneurs comme Peter Thiel de Pay Pal, Dave McClure, Jeff Clavier,  Ron Conway , Mike Maples qui investissent eux-mêmes leur argent pour des montants assez bas dans des start’up qu’ils suivent activement et qui revendent leurs parts sur le marché secondaire à des fonds établis ou des VC lorsque la société décolle, en attendant une éventuelle entrée en bourse. La Silicon Valley bruisse déjà, semble-t-il, de ces nouvelles start’up qui vont une nouvelle fois révolutionner Internet. Les investisseurs, même si ce ne sont plus tout à fait les mêmes, sont là.

Plus long à réagir en Europe

Et l’Europe là dedans.. ? Une récente interview dans Business Insider de Jean David Chamborédon, responsable du fonds Français ISAI mis en place par Pierre Kosciusko Morizet donne le ton. « Comme je l’ai dit, je pense que les perspectives sur le long terme sont bonnes, mais elles sont mauvaises sur le court terme. Les investissements des VC en 2010 ont été élevés, mais la raison est que beaucoup d’entre eux ont levé des fonds en 2006-2007 et ne sont plus à même d’investir en 2010-2011, et parce qu’ils n’ont pas investi en 2009 à cause de la récession, ils ont tiré leurs dernières cartouches en 2010… Mais déjà 2011 s’annonce mal au premier trimestre et 2012 va être brutal » Donc, les start’up Européennes qui commencent à décoller mais ont encore besoin d’investissements pour aller plus loin ont du souci à se faire. Pas très bon pour la reprise…

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