Archive for the ‘Uncategorized’ category

Des réseaux ouverts d’intérêt public aux Etats Unis…

12 avril 2011

Depuis bien avant la bulle Internet aux Etats Unis, les opérateurs de télécom et de câble ont largement et ouvertement combattu la mise en place de réseaux établis et gérés par les collectivités locales afin de pouvoir conserver leur monopole (duopole tout au plus) et appliquer des tarifs outranciers pour l’accès à des réseaux souvent désuets des qu’on s’écarte des communiqués de presse. Le magazine Muniwireless www.muniwireless.com a largement  contribué à montrer et expliquer la stratégie prédatrice des opérateurs américains, au détriment des consommateurs. Esme Vos, rédactrice en chef de ce magazine mentionne aujourd’hui un document publié par The Institute for Local Self-Reliance (tout un programme…)  regroupant l’ensemble des réseaux haut débit mis en place et gérés par des collectivités publiques aux Etats Unis Download the Report

Le rapport précise qu’il existe près de 130 réseaux publics qui ont été établis et fonctionnent un peu comme nos Réseaux Ouverts d’Initiative Publique (ROIP) en France. Ils ont été mis en place par 54 villes petites ou plus importantes qui possèdent leur propre réseau de fibre et 79 autres ont mis en place et possèdent leur propre réseau câblé municipal. Ainsi, plus de 3 millions de personnes ont accès à des réseaux de télécommunications dont l’objectif est de maximiser la valeur pour les communautés qui l’utilisent et non pas de maximiser les profits et le pouvoir des grands opérateurs et de leurs dirigeants. A noter que l’Est Américain est plus ouvert à cette pratique que l’Ouest… En Californie, le réseau de fibre municipal le plus connu est celui de Palo Alto…mais il est dans les limbes depuis plusieurs années…

 

La Sacem veut multiplier les mouchards sur les autoroutes de l’information

25 février 2011

La nouvelle est relevée par notre confrère Charles de Laubier dans sa lettre hebdomadaire Editions Multimédià N° 30 du 28 février prochain. En effet, lors des 2ème rencontres parlementaires qui ont eu lieu le 8 février dernier, Claude Gaillard, un membre du directoire de la Sacem a lourdement insisté sur le retard pris par la mise en place des « mouchards » sur le net pour filtrer les téléchargements illicites (officiellement les jeux d’argent illégaux, les sites pédo pornographiques et le streaming illicite…) exactement comme en Chine qui pourtant reste le pays ou la copie illicite de contenus est la plus forte. A croire que ce genre de mesure fort couteuse est parfaitement inefficace et reste très impopulaire. La Sacem, dont la gestion est souvent assez contestée dans les milieux de la création, continue donc de dépenser d’énormes ressources en lobbying pour devenir le Super Mouchard de l’Internet, laissant à l’Etat le soin de faire le flic sur les deniers publics, sur des réseaux dans lesquels les ayants droit n’investissent guère par ailleurs. A noter que l’ARCEP n’est pas favorable à la mise en place de ces mouchards.  La création musicale se meurt, mais ça n’est pas à cause d’Internet…  Voir www.editionmultimédia.com

La Neutralité du Net masque une nécessaire remise en question du modèle d’investissement des opérateurs

23 février 2011

Au Mobile World Congress de Barcelone (MWC 2011) la profusion de nouveaux appareils, smartphones, tablettes etc.. n’a fait qu’exposer la partie émergée de l’iceberg, celle immédiatement visible par le grand public. Bien naturellement, elle offre des innovations lui facilitant la vie, lui permettant de se divertir, de mieux travailler, de communiquer et de se déplacer plus facilement… grâce a des appareils plus petits, plus lisible, mieux connectés, plus intelligents et plus faciles à utiliser à tout instant. Cependant, le débat de fond était ailleurs que de savoir s Nokia se rapprochant de Microsoft allait présenter une troisième voie crédible et durable entre la domination d’Apple et la rapide montée en puissance d’Android. Ce dernier est visiblement le grand challenger sur le marché des systèmes d’exploitation pour les smartphones et tablettes.

Les infrastructures, partie immergée de l’iceberg de la téléphonie mobile

Du côté des réseaux, opérateurs et constructeurs vantaient les mérites de la technologie LTE, certains laissant croire que ce nouveau type de réseau de données mobiles fonctionne déjà régulièrement. D’abord, il ne s’agit que d’un réseau de données sur lequel le transport de la voix n’est pas encore résolu (entendez standardisé).

Ce sera bien sur de la voix sur IP. Il faudra donc attendre encore deux ou trois ans avant de voir les premiers vrais déploiements commerciaux du LTE complet, voix et données. Aujourd’hui, il n’existe aucun terminal LTE. La technologie n’est pas encore complètement au point pour être commercialisée de façon industrielle et les opérateurs restent très réticents à investir massivement dessus.

Parmi les conférences de MWC 2011, l’une à plus particulièrement retenu mon attention sur la saturation des réseaux mobiles et leur nécessaire migration vers des réseaux plus puissant : c’est celle de  Gabrielle Gauthey qui s’exprimait juste avant le keynote d’Eric Schmidt. Elle fut pendant 6 ans membre influent du collège de l’ARCEP et est aujourd’hui Senior Vice Présidente chargée des relations institutionnelles internationale de Alcatel Lucent. Elle parlait au nom d’Alcatel Lucent qui est un constructeur d’équipements LTE.

Une explosion des données mobiles qui n’avait pas été prévue

« Nous ne sommes encore qu’à l’aube de l’explosion des données sur les réseaux mobiles » dit-elle rappelant et commentant quelques chiffres connus des opérateurs, mais pas forcément admis par tous. « Le premier challenge est bien sur l’énorme explosion du mobile. Première rupture dont la magnitude et la rapidité n’a jamais été aussi importante, et que collectivement, nous n’avions absolument pas analysée ni prévue. En 1999 seulement une personne sur 6 avait un téléphone cellulaire, aujourd’hui 7 sur 10 en ont un et seulement 10 à 15 % de ces téléphone peuvent accéder à Internet. En 2015, 70% de ces téléphones mobiles auront accès à Internet. »

« Le trafic des données sera multiplié par 30 (voir 40 selon certains analystes) dans les 5 ans à venir. Là où aujourd’hui on a besoin en moyenne de 16 Megabits par seconde pour répondre à une concentration d’environ 400 smartphones au kilomètre carré dans une grande ville, il faudra dans 5 ans être capable d’offrir 2 Gigabits par seconde pour répondre à la demande de 13000 smartphones au kilomètre carré, si l’on admet qu’en temps normal à un instant donné, un appareil sur 5 présents est connecté au réseau…». On peut supposer que cette estimation est déjà bien en dessous de la réalité si les applications liées à la géolocalisation continuent de se développer sur les smartphones.

Un énorme besoin d’investissements

Ces constatations signifient que d’importants investissements seront nécessaires, plus particulièrement en Europe qui, selon Gabrielle Gauthey est aujourd’hui sensiblement à la traine dans le renouvellement de ses infrastructures mobiles. « La commission européenne, dit-elle, estime qu’en Europe nous aurons un besoin d’investissement de 300 milliards d’Euros dans les infrastructures numériques pour les 10 prochaines années dont une centaine de milliards pour les seuls réseaux mobiles.»

Mais les opérateurs téléphoniques, retranchés dans leur arrogance et leurs habitudes monopolistiques locales et séculaires campent donc sur des positions archaïques, très repliés sur eux-mêmes dans un univers de communication numérique dont ils ne comprennent pas bien la dynamique et les nouveaux mécanismes, pratiquant une innovation factice basée sur le discours et d’énormes moyens marketing mis en œuvre pour justifier ces politiques. Réticents d’investir dans de nouvelles infrastructures qui « profitent » à d’autres selon eux, ils cherchent à contrôler et à brider les données qui circulent sur leurs réseaux.

Stéphane Richard PDG d’Orange affirmait voici quelques mois « Il faudrait taxer Google et ces grands opérateurs de contenu pour permettre la mise à jour des réseaux des opérateurs et leur permettre de résister à cet afflux de données… ». Il achetait cependant (certains n’hésitent pas à dire: enterrait) récemment Deezer et DailyMotion, après les avoir longuement combattu.

L’innovation crée le trafic, mais elle ne vient pas des opérateurs téléphoniques

Pour Gabrielle Gauthey, le paysage et les usages des télécommunications ont radicalement et profondément changé en quelques années. L’écosystème dans son ensemble a subit une profonde et rapide mutation qui devrait « conduire les opérateurs à complètement revoir leurs modèles d’investissement ». L’un des aspects les plus discuté lors du MWC 2011 est l’impact des opérateurs dits « over the top », c’est à dire des grands opérateurs de contenu comme Google (YouTube) Facebook, Flicker, Twitter, Groupon et de certains fabricants de téléphone dont Apple et RIM. « C’est leur créativité et leurs innovations qui suscitent la grande majorité du trafic de données sur les réseaux des opérateurs mobiles » ajoute Gabrielle Gauthey.

Ces « over the top » s’infiltrent donc dans l’écosystème des opérateurs par les usages, mais ces derniers ne peuvent pas les contrôler pour autant car « le vieux business modèle de la vente de voix à la minute et à la distance, mis en oeuvre il y a un plus d’un siècle par Graham Bell, est devenu complètement obsolète. Il y a eu découplage entre le trafic et les revenus… Les opérateurs ont vu leurs marges baisser ce qui ne leur permet plus de financer les infrastructures réseaux à travers des business modèles tels qu’ils continuent de les pratiquer. » Il est donc temps que les opérateurs se penchent sur un renouvellement profond de leurs modèles, sous peine de continuer de perdre contrôle du marché au détriment des « over the top » qui dégagent d’importants cash flow et suscitent la demande.

Ce qui se cache derrière le débat sur la Neutralité du Net

« Le vrai challenge des opérateurs explique Gabrielle Gauthey, se cache derrière le débat sur la Neutralité du Net depuis quelques années. La neutralité du Net est apparue aux Etats Unis à la suite du procès intenté à Comcast et s’est ensuite étendue à l’Europe et au reste du monde au fur et à mesure que les données mobiles entrainaient une rapide saturation des réseaux. » Le monde du contenu, représenté par les opérateurs « over the top » et le monde des opérateurs téléphoniques se sont rejoints sur Internet, vecteur de distribution universel.

« Mais, précise Gabrielle Gauthey, ils ont des business modèles très différents et touchent des marchés différents, les « over the top sont globaux alors que les opérateurs de services sont généralement locaux. Pourtant, leurs futurs sont liés et tous ces acteurs sont devenus hautement interdépendants et interconnectés. Il faut une vision partagée pour assurer la mise en place  de la société numérique. Dans le monde IP (Internet Protocol), c’est le même réseau qui transporte la voix, les données et la vidéo. Mais ce monde s’est développé autour des données, sans le modèle standard d’interconnexion qui dans le monde de la voix  a permis de fournir une qualité de service égale de bout en bout sur les réseaux. Il n’existe pas de standard identique d’interconnexion des données qui permette de garantir une qualité de service sur les réseaux de données. »

« En même temps, poursuit-elle, l’exigence des utilisateurs en termes d’accès aux réseaux, de qualité de service, de bande passante, de sécurité et de fiabilité doit être valorisée, y compris par les opérateurs « over the top ». Tout le monde sait, plus particulièrement dans le monde mobile, que les applications vont faire face à des problèmes de performances sur les réseaux, mais rien n’en assure le contrôle et la régulation aujourd’hui. « Mais la Net Neutrality ne doit pas nous détourner du point le plus important et le plus urgent qui est celui d’accroitre la capacité des réseaux aussi vite que possible. »

Investir et partager pour accroitre la capacité des réseaux

Trois facteurs clés jouent sur la performance des réseaux. Ce sont le nombre de points hauts (le nombre d’antennes), le spectre de fréquence disponible et l’efficacité des technologies de transmission. « Le premier facteur précise Gabrielle Gauthey, conduira certainement à la densification des pico et femto cellules et à l’amélioration des connexions de backhaul. En effet, la fibre est l’avenir du sans fil. Mais le challenge est important à ce niveau là parce qu’il devient de plus en plus difficile de densifier le nombre d’antenne, particulièrement en milieu urbain. Il y a déjà là une première incitation pour les opérateurs à partager les points hauts, et même le backhaul dans certains cas. »

« Le spectre est le point le plus délicat, affirme-t-elle. Il faudra encore plus de fréquence pour satisfaire ces 13000 smartphones au km² dans 5 ans. Mais le spectre est limité, il n’y en aura pas assez pour tous. C’est une autre incitation pour les opérateurs à partager. Le partage du spectre de fréquence devient obligatoire dans la mesure ou la technologie LTE nécessite des canaux de 20Mhz pour fournir une bande passante capable de répondre à la demande croissante de données. »

« Nous pensons que conjointement à l’utilisation du LTE, les opérateurs doivent considérer le partage des fréquences et des réseaux comme la seule voie pour en améliorer la puissance et la capacité, plutôt que de s’engager dans la création de 3 ou 4 réseaux parallèles. Ils doivent maintenant considerer de nouveaux modèles d’investissement, aussi bien dans les zones urbaines que dans les zones rurales où la demande de bande passante est aussi très forte. » En d’autre termes, la concurrence par les réseaux, prônée par la commission européenne ne semble pas être la panacée qu’on attendait.

Fiers d’être des opérateurs de tuyaux

« Les opérateurs conclue-t-ell, doivent être fiers d’être des opérateurs de tuyaux, de tuyaux intelligents. La différenciation doit être cependant réalisée sous certaines conditions. Elle ne doit pas etre discriminante pour les utilisateurs, ni pour les concurrents et doit s’appuyer sur des accords entre les opérateurs et une grande transparence. Celle-ci doit permettre à tous, utilisateurs et opérateurs, de disposer d’informations quantifiées et claires autour du trafic sur le réseau, des pratiques de gestion des flux de contenu, de la capacité, de la bande passante réelle etc.., de façon à ce qu’il puissent prendre une décision d’achat appropriée, qui ne lie pas l’utilisateur à un opérateur… » Ces pratiques commencent à apparaitre dans les pays en voie de développement qui se séparent progressivement des vieux modèles d’opérateurs imposés par des siècles de pratiques coloniales. Enfin, Gabrielle Gauthey indique que les régulateurs dans le monde peuvent être les garants de ces dispositions, en s’attachant à répondre aux caractéristiques locales et en garantissant la transparence.

Start’up week end à Nantes

16 février 2011

Après deux long mois sans écriture, je reviens en ligne. Ce petit teaser pour dire que je participerai au Jury du start’up week end de Nantes ce dimanche…

D’ici là, j’ajouterai quelques nouvelles de ma visite au MWC de Barcelone..

Skype, bientôt la video-conférence sur les Téléphones Mobiles

22 juin 2010

Skype est maintenant disponible  sur certains smartphones de Sony Ericsson. Lancé au début des années 2000, Skype est un logiciel de Voix sur IP qui permet de faire des appels gratuits entre deux utilisateurs de Skype ou encore de faire des appels à des tarifs très réduits vers des postes fixes ou mobiles non équipés de ce logiciel. Ce logiciel propriétaire, téléchargé gratuitement, offre de nombreuses fonctionnalités comme la vidéo conférence, le chat et la possibilité de tenir des conférences calls audio à plusieurs. Il a été rapidement adopté chez les particuliers puis  dans les entreprises au point que Intel, voici déjà plusieurs années, précisait que l’utilisation de Skype dans la compagnie lui faisait économiser plusieurs millions de dollars en télécommunications.

Sur les mobiles, les opérateurs ont essayé de bloquer l’utilisation de Skype, mais il s’est rapidement développé sur l’iPhone d’Apple, sur le système de BlackBerry, il fonctionne aussi sous Windows Mobile et sous Android et il cherche à être disponible sur un plus grand nombre de terminaux mobiles.

Skype développe une stratégie sur les mobiles

Voici quelques mois au salon World Mobile Congress de Barcelone, Skype annonçait que son logiciel pourrait désormais fonctionner sur le système d’exploitation Symbian qui équipe 30 à 40% de la base installée de téléphones cellulaires dans le monde, dont une grande partie représente des téléphones Nokia.  Lors d’un évènement à Singapour, Josh Silverman, le CEO de Skype a annoncé que son logiciel peut maintenant être installé directement sur la gamme des nouveaux smartphones de Sony Ericsson Vivaz et Vivaz Pro fonctionnant sous Symbian et il sera disponible sur la boutique PlayNow d’ici la fin du mois de juin.

Il affirmait : « Quelle est la nouvelle frontière? Je suis convaincu que c’est l’ubiquité » Il poursuivait : « Les gens veulent communiquer n’importe où, à tout moment et de n’importe quelle manière. Chez Skype, nous voyons un monde où la communication coule comme une rivière. L’idée de base est que n’importe quel appareil doté d’une intelligence auquel on ajoute notre logiciel devient un outil de communication et vous pouvez ainsi communiquer comme vous voulez quand vous voulez. »

L’intérêt de Skype est que c’est totalement gratuit de Skype à Skype et dans le cas des communications payantes, le tarif est faible, forfaitaire, connu et ne dépend pas de la distance entre les 2 parties. Désormais installé sur les téléphones portables, l’utilisateur n’a plus besoin d’avoir recours à un ordinateur équipé de Skype pour communiquer. Silverman précisait que Skype est maintenant livré pré-installé sur tous les ordinateurs neufs vendus par 8 des 10 fabricants de PC dans le monde et il espère rapidement atteindre le même ratio chez les fabricants de téléphones mobiles.

Bientôt la vidéo-conférence sur mobiles

A noter que l’arrivée de l’iPhone 4 est une nouvelle opportunité pour Skype. L’appareil en effet sera doté d’une caméra pour faire de la vidéo conférence, certes utilisable seulement en connexion WiFi dans un premier temps. Le mois dernier, Skype précisait qu’il travaillait sur une nouvelle version de son logiciel qui permettra de faire des vidéo conférences pouvant réunir jusqu’à 5 personnes, alors qu’aujourd’hui le logiciel permet cette possibilité entre 2 personnes uniquement.

Skype s’aventure ainsi sur le terrain encore peu exploré de lavideo-conférence pour les mobiles, alors que des sociétés comme Cisco, HP, Polycom occupent le marché dans le domaine des installations fixes avec des systèmes dont les coûts peuvent atteindre quelques centaines  de milliers d’euros. Aujourd’hui, les réseaux des opérateurs mobiles ont beaucoup de mal à supporter la charge des accès Internet des utilisateurs de smartphone dont l’usage est souvent bridé par l’opérateur. L’arrivé de la vidéo-conférence sur les mobiles posera de nouveau la question de la Neutralité du Net et de la capacité des opérateurs de mettre à jour leurs réseaux pour répondre aux demandes des utilisateurs.

Colt pourra-t-il faire annuler la DSP THD92 par le Tribunal Adminstratif de Versailles ?

29 mai 2010

Le tribunal administratif est un organisme qui statue sur les litiges  entre l’Etat (la puissance publique) et le s particuliers ou les entreprises privées. Les jugements d’un tribunal administratif peuvent être portés en appel auprès du Conseil d’Etat dont les jugements sont alors définitifs.  Le Tribunal Administratif de Versailles qui a compétence pour le territoire des Hauts de Seine a donné sa position ce vendredi sur un conflit qui oppose principalement le Conseil Général des Hauts de Seine avec Colt sur la DSP THD 92. L’objectif de cette DSP initiée en 2005 par Nicolas Sarkozi, alors président du Conseil Général des Hauts de Seine, est de fibrer 800000 foyers dans le département. Elle représente le plus gros projet de mise en place d’un réseau de fibre à la maison (FTTH) en France et probablement en Europe.  Le rapporteur public a donc remis sa conclusion qui recommande l’annulation de la Delégation de Service Publique « THD 92 ».

Rechercher tous les prétextes

La requête, déposée par Colt au début de 2008, a pour but selon les termes de Emmanuel Tricaud, directeur des affaires réglementaires de Colt France , cité par L’Usine Nouvelle , de dénoncer la manière dont les règles de la concurrence par les infrastructures énoncées par la commission Européenne et l’ARCEP sont mise en œuvre en France : «Nous sommes d’accord avec les règles de la concurrence dans les infrastructures, indique-t-il, à condition de se battre contre des gens qui sont financés par les marchés. À partir du moment où vous rajoutez, au cours de la vie du réseau, un changement de règle du jeu autorisant une aide publique, vous arrivez à une situation de distorsion de concurrence. Surtout s’il s’agit d’une aide publique très mal équilibrée entre zones denses et zones moins denses. Un exemple : dans les trois premières années de cette délégation de service public, il n’est pas question de couvrir les zones non denses mais la moitié de la subvention doit malgré tout être versée ».

Instruction en cours

La procédure d’instruction d’une requête soumise aàun tribunal administratif consiste à demander à un rapporteur public d’émettre ses conclusions  sur le dossier après avoir entendu toutes les parties en présence et étudié leurs requêtes. Ces conclusions sont en fait une proposition de solution telle qu’elle parait le plus appropriée au rapporteur, mais ces conclusions pourront être adoptées ou non  par le juge dans sa décision finale.

Dans sa conclusion, indiquant que la solution qu’il choisit est l’annulation de la DSP, le rapporteur n’est pas allé au fond (ce que souhaitait implicitement Colt). Il s’est arrêté sur un élément du contrat, un point de forme important dans la DSP, à savoir qu’en cas d’annulation de la DSP, le Conseil Général des Haut de Seine aurait à verser une indemnité de 70 millions d’euros à Sequalum (un consortium constitué de l’opérateur Numéricable (80% du capital), du groupe du Groupe Eiffage  (15%) et de LD Collectivités / SFR (5%)) soit 11 millions de plus que la subvention accordée par le CG pour la réalisation de l’ensemble du projet. Le versement d’une indemnité de rupture de contrat plus importante que le montant des sommes impliquées dans le contrat lui-même semble plutôt inhabituelle.  A noter cependant que la DSP a été faite sur une estimation de coût total de 450 millions d’Euros environ dont une subvention du CG de 59 millions d’euros, pour assurer la couverture dans les zones peu denses, la différence étant supportée par Sequalum.

Tir groupé…

A noter que le rapporteur public instruisait en même temps plusieurs requêtes autour de cette DSP dont une requête de France Télécom et des requêtes portées par Patrice Leclerc élu communiste (Gennevilliers) au Conseil Général et d’autres parties privés.  A noter aussi que sur le fond qui concerne le respect des lois de la concurrence que conteste Colt, la Commission Européenne s’est prononcée en octobre 2009 pour valider l’attribution de la subvention de 59 millions d’Euros à Sequalum, pour assurer la péréquation entre les zones denses et les zones moins dense à l’intérieur du département.

Le juge du tribunal adminstratif de Versailles, dans sa décision finale qui interviendra dans un mois au plus tard, pourrait donc prendre en compte les conclusions  du rapporteur sans se ranger à sa solution d’annulation de la DSP en demandant  au CG de passer un avenant à la DSP pour modifier cette disposition particulière…

La concurrence par les infrastructures en question

Cette décision vient donc alimenter un débat qui semble agiter les sphères du très haut débit depuis pas mal de temps, à savoir l’impact et l’adaptation de la règle de la concurrence par les infrastructures au développement du très haut débit alors qu’elle avait plutôt bien fonctionné dans le cas du haut débit depuis 2004. Le sujet était largement évoqué voici quelques jours dans une conférence qui s’est tenue à Paris.

Choisir pour cible la DSP THD 92 est hautement emblématique dans la mesure où elle représente une vitrine du très haut débit en France, qu’elle a été validée par la Commission Européenne et qu’elle concerne le territoire du Président de la République. Depuis quelques années maintenant, la France a reconnu l’importance de la mise en place de réseaux d’infrastructures de fibre pour desservir les foyers (FTTH). Mais un certain nombre de contraintes et de règlementations émises par le régulateur semble avoir stoppé le processus en laissant l’initiative aux opérateurs dans les zones denses et en n’intervenant pas (faute de moyens) dans les zones moins denses.

Le THD n’intéresse plus personne

Il en résulte que le très haut débit en France dans les zones denses  devient le champ clos de batailles entre les opérateurs  (France Télécom, Bouygues, Numéricable, SFR, Free-Iliad, Colt et quelques autres) cherchant à contrôler les infrastructures et à empêcher la mise en place d’infrastructures mutualisées par les collectivités. Le paysage actuel pousse les opérateurs à sur-investir dans les zones denses comme le THD 92 plutôt que d’utiliser les infrastructures mutualisées et à laisser France Télécom occuper les territoires les moins denses (avec les dérives que l’on connait avec les monopôles locaux), quitte à s’insérer localement dans des niches suffisamment intéressantes que l’opérateur historique ne couvre pas pour créer leurs propres petits monopôles locaux ou sectoriels.

Le problème ne passionne ni les Français qui se disent assez satisfaits de leur haut débit (sauf dans les zones peu denses) et ne voient pas l’intérêt de plus de débit (sauf pour la télévision HD ou 3D….), ni le gouvernement qui a éparpillé les responsabilités pour le très haut débit a plusieurs ministères où chacun joue son propre terrain sans se coordonner avec les autres, ni les élus dans la mesure où en général  ils n’y comprennent rien et ne s’intéressent qu’à l’avenir à court terme de leur territoire, ni l’ARCEP qui semble penser que les décisions prises étaient nécessaires et sont aujourd’hui suffisantes.

Quelle image de la fibre chez les opérateurs?

17 mars 2010

Par Marc Duchesne

Comme chacun sait, du moins dans les milieux autorisés, comme disait Coluche, l’ARCEP a récemment publié les offres de référence des opérateurs commerciaux pour le raccordement des abonnés à la fibre optique.

Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, dit le vieux dicton. C’est pourquoi je me suis amusé à passer les offres de de référence de France Telecom, SFR, Free, et Numericable à la moulinette du Web 2 – grâce à Wordle, fantastique outil qui affiche sous forme graphique les occurrences des mots d’un texte.

Pour garantir la justesse du calcul par le moteur de Wordle, j’ai supprimé les bas de page pour conserver uniquement le nom de l’opérateur dans le corps du texte, j’ai remplacé « France Telecom » par « FranceTelecom » et « Free Infrastructure » par « FreeInfrastructure » pour être sûr que le comptage concerne le nom de l’opérateur (pour bien discriminer les mots éventuels « télécom » et « infrastructure »).

Voici les résultats, à regarder du point de vue de l’utilisateur – c’est à dire du ou des co/propriétaires de l’immeuble…

Offre de référence fibre de Orange-France Telecom:Wordle: FT2

Offre de référence fibre de SFR:
Wordle: SFR2

Offre de référence fibre de Numéricable:
Wordle: NC2

Offre de référence fibre de Free:
Wordle: Free