Orange App Shop, le nouveau “Minitel du Mobile” de France Télécom ?

Posted 9 décembre 2009 by Alain Baritault
Categories: France Télécom Orange, Mobilité, Sans Fil, Services localisés, Terminaux mobiles, applications municipales

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Deux ans après Apple avec son App Store, Nokia avec OVI, et un certain nombre d’App Store pour Android, l’opérateur historique Français renforce sa présence en aval de la chaine de valeur de la téléphonie mobile sur Internet en lançant sa propre boutique d’applications appelée Orange App Shop.

Mais il contribue aussi à créer une peu plus de confusion chez les utilisateurs dans un marché de la téléphonie mobile très fragmenté. En effet, le marché en amont est parcouru par une intense lutte entre les fabricants de téléphone, les opérateurs, les fournisseurs de contenu et les fournisseurs de services pour capter et garder l’utilisateur final le plus longtemps possible, en lui faisant dépenser le plus d’argent possible grâce à des moyens très marketing, sans qu’il ne s’en rende vraiment compte. Repart-on vers un monde de “jardins protégés” cher aux opérateurs de cable aux Etats Unis?

Une boutique en ligne prévue depuis longtemps

L’annonce de France Télécom annoncée ce mercredi à Paris était attendue et inscrite depuis le début de cette année sur le calendrier. Le service est aujourd’hui accessible sur 2 sites, le Portal Wap Mobile de France Télécom et le portail de Orange UK . Il sera rendu disponible progressivement dans d’autres pays d’Europe, en Espagne, en Belgique, en Pologne, en Roumanie, en Suisse etc… Chaque site portera des applications et des contenus plus particulièrement adaptés et localisés au pays auquel il s’adresse. Yves Tyrode, responsable du Technocentre de France Télécom qui a testé le premier millier d’applications offertes à côté de jeux et quelques 3000 ringtones précise que dans un premier temps, elles ne pourront être utilisées que par seulement environ 1 million d’utilisateurs d’un téléphone mobile Orange, soit 2% de la clientèle mobile de l’opérateur.

En effet, seule une palette limitée de téléphones revendus par l’opérateur peut recevoir ces applications, ce sont deux portables de Nokia (Nokia 6303 et Nokia 6700) et 6 terminaux de Sony-Ericsson (Sony Ericsson C510, Sony Ericsson C905, Sony Ericsson W595, Sony Ericsson W910i, Sony Ericsson W995 et Sony Ericsson Yari). Les clients équipés de ces appareils recevront automatiquement l’accès à Orange App Shop sur leur terminal d’ici la fin de l’année. Plus tard en 2010, Orange ajoutera les appareils de Samsung, LG, HTC, Motorola et RIM Blackberry.

Assurera-t-elle l’interopérabilité des applications?

Orange s’adresse aux réseaux des développeurs via son site Orange Partners pour les inciter a développer des applications qui soient compatibles avec 5 plateformes de développement les plus utilisées sur le marché, Microsoft Windows Mobile, Java, Blackberry, Symbian et Android. A noter que le fait de développer une application pour une plateforme ne la rend pas forcément capable de fonctionner sur tous les téléphones qui utilisent cette plateforme, et à plus forte raison sur des téléphones qui utilisent des plateformes différentes.

C’est là qu’interviendra le rôle de l’App Shop d’Orange qui doit s’assurer que les applications fonctionnent réellement et correctement sur tous les téléphones. Il risque cependant d’y avoir quelques méprises et cafouillages au début. Cependant, en principe, un utilisateur ne pourra pas télécharger des applications ou des contenus qui ne fonctionnent pas sur son appareil. Orange précise aussi qu’un utilisateur pourra garder et réutiliser sur un autre téléphone les applications qu’il avait acheté pour un précédent appareil. Pourra-t-il aussi changer d’opérateur et garder ses applications? Voici un certain nombre de conditions qui restent pour l’instant dans le flou.

Un remake du Minitel ?

L’intérêt de l’App Shop pour l’opérateur est la mise en place d’un système d’achat simple « one click » , et surtout de facturation automatique sur le compte de l’abonné, sans avoir à sortir une carte de crédit, de tous les contenus, applications ou services achetés par téléphone cellulaire sur cette App Shop. Orange a par ailleurs indiqué qu’il comptait utiliser cette App Shop pour offrir d’autres services Orange dont Orange TV (qui utilise le réseau Orange 3G et non pas  le réseau DVB-H dont on ne sait pas s’il sortira un jour), Orange Games et Orange Map (dont je parlais dans mon précédent article) ou encore des services proposés par des tierces parties… Tous ces services seront facturés selon le même principe, automatiquement, sans avoir à sortir la carte de crédit. Pour l’utilisateur, il risque de se passer avec le mobile ce qui s’est passé avec le Minitel il y a 20 ans, c’est-à-dire une montée astronomique et imprévue des factures…

Une fragmentation insupportable et coûteuse

Aujourd’hui dans le monde, la controverse entre les opérateurs et les fabricants de téléphones est de savoir lequel des deux est le mieux équipé et le mieux à même de developper et fournir des services, des applications et des contenus à l’utilisateur. Orange saura-t-il être un distributeur d’applications efficace et intéressant pour les développeurs qui se verront retenir la moitié des revenus que génère leurs applications? Apple ne prend que 40%…

Le fait de disposer d’un réseau d’infrastructure fixe et mobile 10 fois plus grand que n’importe lequel de ses concurrents, dont la base a été financée en grande partie par des fonds publics lorsque France Télécom était organisme public,  lui donne aussi un très gros avantage concurrentiel sur les autres opérateurs et sur les opérateurs de services qui doivent forcément passer par un réseau pour distribuer leurs applications.

Le succès de l’iPhone et de l’Apple App Store résulte du fait que l’iPhone est une plateforme de développement unique et homogène pour l’appareil, qui apporte une interface utilisateur stable et inégalée, très attractive pour l’utilisateur. Apple a su en profiter pour s’imposer comme un nouveau fabricant de téléphone et comme un égal des opérateurs qui jusque là monopolisaient jalousement l’accès à l’utilisateur final. Google s’appreterait-il à faire la même chose avec un Google Phone dont tout la presse parle? Mais Google a encore un peu de chemin a faire du côté de l’interface utilisateur…

Verrouiller l’utilisateur

Pour les autres téléphones, chaque application doit être adaptée à un moment ou un autre à chaque appareil d’une marque, même si cette marque utilise la même plateforme de développement. En effet, les opérateurs veulent y ajouter leur propre interface et souvent cherchent à verrouiller l’utilisateur par des formats ou des données spécifiques, ou par des système de contrôle sur le réseau,  pour l’empêcher d’aller chez le concurrent en l’obligeant à racheter un autre téléphone et à racheter ses applications.

Michel Guillemot, Président de Gameloft développeur de jeu Français l’a parfaitement compris en mettant l’essentiel de ses ressources de développement sur l’iPhone. Il est ainsi devenu le premier développeur mondial de jeu sur l’iPhone. Très récemment, Gameloft  indiquait ne pas s’intéresser à la plateforme Android, dont l’orientation laisse penser que l’interopérabilité entre les téléphones Android sera traitée de la même manière que sur les autres plateformes de développement. L’iPhone a encore de beaux jours devant lui…

Google et Apple conduiront-ils la Navigation vers des Latitudes inconnues?

Posted 3 décembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Mobilité, Navigation, Services localisés, Terminaux mobiles, Usages et services

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Au cours de ces dernières semaines, Google a jeté plusieurs pavés dans la marre déjà bien occupée de la géo-localisation, de la navigation et des systèmes d’information sur le trafic routier en créant un nouveau service gratuit appelé Google Maps Navigation pour son téléphone Android rapidement suivi de Google Latitude. De son côté, Apple, dont l’iPhone s’appuyait fortement sur Google Maps, a acquit en juillet dernier une société de cartographie numérique appelée PlaceBase et récemment publiait une petite annonce d’emploi pour un ingénieur où il était mentionné… « Nous voulons mener  les Cartes vers une nouvelle étape, repenser la manière dont les gens utilisent les Cartes et changer la manière dont les gens trouvent ce qu’ils cherchent. Nous voulons faire ça « sans couture » et d’une façon agréable et hautement interactive. On vient juste de commencer…” Les ambitions de l’un et de l’autre ont jeté le trouble dans un secteur assez prospère mais en constant renouvellement et à la recherche de lui-même. En effet, la navigation a commencé il y a une bonne dizaine d’année, résidente sur des appareils dédiés, dans les véhicules, ensuite connectés au téléphone puis relayés par le téléphone qui s’est équipé de puce GPS. La connectivité permet une navigation mise à jour en temps réel et la recherche de points d’intérêt.  La donne a donc été sensiblement modifiée lorsque les opérateurs téléphoniques sont entrés dans le jeu. Le secteur de la navigation et de la géo localisation deviendra-t-il l’arrière cours de l’affrontement de Google et Apple pour la conquête du terminal mobile ?

Conférence LBS (Location Based Systems) à San José en Silicon Valley

Cette semaine à San Jose au cœur de la Silicon Valley en Californie, une conférence organisée par www.TheWherebusiness.com réunissait quelques uns des grands acteurs du secteur de la navigation et de la géo-localisation, pour faire le point sur l’état du secteur et les grandes tendances de l’évolution compte tenu de ces nouveaux entrants, qui non contents de bousculer tout le monde avec des business modèles qui décoiffent, se préparent à s’affronter sur le terrain de la mobilité. On a l’impression d’assister à une sorte de revanche de la Silicon Valley qui s’était fait ravir le PC par Microsoft il y a 25 ans. On peut en effet raisonnablement comparer l’impact des smartphones aujourd’hui à ce que fut l’impact des PC dans le monde industriel et dans la société dans les années 80. Même si les conditions et les modalités sont différentes, les enjeux qu’ils soulèvent sont du même ordre, dans le hardware, dans le software auxquels il faut ajouter les services et les contenus qui n’existaient pas à l’époque sous les formes qu’on connait. Les sommes en jeu sont aussi beaucoup plus importantes, ce qui peut laisser rêveur quand  on sait que Bill Gates fait partie des  plus riches du monde…

Les Français bien représentés

Les organisateurs de la conférence avaient bien fait les choses en alternant analyses des grandes tendances du secteur et de la demande avec des discussions très animées sur les évolutions en cours. Première remarque, les Français étaient assez bien représentés puisque j’en ai compté une dizaine parmi la petite centaine de participants à la conférence. J’ai eu l’occasion de longuement discuter avec plusieurs d’entre eux dont Jacques Garcin,  Directeur Télématique et Automobile à la « Direction Marketing Mobiles de l’Anticipation et de la Convergence » chez Orange… tout un programme dont il parle avec beaucoup de pragmatisme. J’ai aussi rencontré Jean Cherbonnier CEO de Navx qui m’a montré sa nouvelle application Snapigo, à venir  bientôt sur l’App Store d’Apple pour l’iPhone.  Snapigo vous permet de retrouver facilement les restaurants ou les cafés que vous avez aimez. Simple, efficace, il fallait y penser. A venir aussi sur d’autres terminaux.

Un état des lieux

Egil Juliussen, Principal Analyste chez iSuppli, appuyé sur des chiffres et des estimations, présentait les différents aspects du secteur et analysait les grandes tendances des évolutions en cours.  Il faut considérer les évolutions de deux manière de traiter la navigation.  D’une part elle est réalisée  « in board », sur des appareils dédiés spécifiquement à la navigation GPS appelés PND (Personal Navigation Devices) qui contiennent une carte complète qu’il faut éventuellement mettre à jour de temps en temps, mais ils ne sont pas connectés. Il existe aussi des systèmes intégrés et vendus avec  le véhicule appelés ADAS (Advanced Driver Assistance System), qui réalisent une navigation « on board » mais qui aussi pratiquent une navigation « off board » apportant diverses aides supplémentaires au conducteur. Le système On Star de Général Motors aux Etats Unis est un ADAS. D’autre part La navigation « off board » suppose une connexion  qui permet d’apporter des informations en temps réel (cartes, points d’intérêt, services divers) à une navigation partiellement réalisée “on board”.

Navigation « on board » ou « off board »

Les téléphone cellulaires et les smartphones sont les principaux supports de navigation « off board ». La connectivité permet d’ajouter des éléments de cartes ou des points d’intérêt en temps réelsedlon l’endroit ou d’affiner la navigation en réalisant un positionnement à partir d’une triangularisation sur les cellules téléphoniques ou encore d’éffectuer une recherche sur Internet via le réseau cellulaire. Le secteur des services de navigation s’organise maintenant autour du critère de connexion, qui peut fonctionner dans les deux puisque l’appareil peut renvoyer des informations qui seront utilisées par les systèmes d’information sur le trafic.  Le tableau -1- ci-dessous montre la part croissante et majoritaire prise par les appareils connectés dans les 5 ans à venir. Le tableau -2- suivant confirme que les ventes de smartphones ayant une capacité de navigation par GPS vont augmenter considérablement. Mais rien ne précise cependant le taux d’utilisation de ces GPS, sachant que beaucoup de téléphones cellulaires disposent d’un GPS mais que beaucoup de gens n’utilisent pas cette fonction parce qu’elle est trop compliquée ou que l’écran est trop petit.

Tableau 1 - Les plateformes de navigation

Tableau 2 - Ventes de Smartphone avec GPS

La navigation « in vehicule »

Pour Egil Juliussen, la principale évolution dans le segment  « In-Vehicule » est l’arrivé cette année de PND à bas prix (en dessous de 100 dollars) dans la mesure où ces systèmes sont compris et utilisés par un plus grand nombre de gens. Les constructeurs de PND comme Garmin et Tom Tom  ont aussi commencé à intégrer leurs appareils à bas prix en « première monte » dans les véhicules de moyenne gamme, contribuant au maintient de la croissance globale de ce marché. En terme de pourcentage de voitures équipées d’un système de navigation, Il continue de croitre aux Etats-Unis au Japon et en Chine mais il plafonne et montre même une légère tendance à la baisse en Europe. (Voir le tableau -3- ci-dessous).

Tableau 3 - Pourcentage des vehicules équipés

Beaucoup d’améliorations sont encore nécessaires pour faciliter la navigation « in vehicule » à partir des systèmes PND ou intégrés. Il cite la reconnaissance de la parole pour les instructions données à l’appareil, la mise à jour des cartes, des points d’intérêt, la recherche des points d’intérêt et la recherche des adresses et des noms de rue, le positionnement des lignes de circulation dans certains cas, des sorties d’autoroutes ou de voies express, etc…  Il précise que la reconnaissance des instructions vocales données à l’appareil par le conducteur est un segment qui devrait croitre aux Etats-Unis et en Europe dans les années à venir. La société Nuance présentait à l’occasion une étude liée à l’impact de la reconnaissance vocale sur  l’amélioration de l’attention du conducteur et de la sécurité.  Il montre, dans le tableau -4- (ci-dessous) comment la “carte routière” a évolué et est devenue la colonne vertébrale numérique des différents systèmes de navigation disponibles permettant d’améliorer la sécurité, de repérer certains points d’intérêt, de connaitre le temps estimé d’arrivé (ETA), de connaitre l’état du trafic etc…

Tableau 4 - Evolution de la carte routière numérique

Les PND face aux smartphones, l’impact du Tbt

La deuxième partie de l’intervention de Egil Juliussen portait sur la fotte compétition qui se déroule aujourd’hui entre les PND et les smartphones pour prendre la part croissante du marché des appareils mobiles de navigation. L’iPhone, qui utilisait Google Map,  a ouvert la voie en offrant, dans sa première version, un système de navigation gratuit, assez simpliste dans un premier temps puisqu’il ne possédait pas de capacités Tbt (Turn By Turn avec synthèse vocale). Pour la nouvelle version 3.0 du système d’exploitation de l’iPhone 3GS, Tom Tom (qui a racheté la société de cartes TéléAtlas)  a crée une application Tbt pour iPhone qui se vend une centaine de dollars selon le pays, sur l’App Store.  Il était ensuite suivi par Sygic, Navigon, Magellan et d’autres fournisseurs de systèmes PND dont les prix varient de 40 à 100 dollars. Plusieurs système de navigation « off board »  permettent de naviguer avec un téléphone moyennant un abonnement jusqu’à 10 dollars par mois. Ils sont mis en œuvre par les opérateurs  comme AT&T Navigator (pour 10 dollars par mois), Orange Map en France (pour 7 euros par mois), qui, à Paris permet de tout savoir sur les Velibs, etc…  Nokia (qui possède la société de cartes Navteq) a développé sa propre carte téléchargeable sur OVI. Elle peut être utilisée gratuitement avec les téléphones équipés d’une puce GPS, ou en Tbt à la demande pour €2 la journée ou au mois pour €7 ou €60 par an. (Les prix de Nokia sont moins cher de 15 à 20% aux Etats-Unis)… !

Google Maps Navigation

Google, en lançant Google Maps Navigation, un vrai système Tbt gratuit pour les téléphones Android 2.0, est venu couper l’herbe sous le pied de tout le monde. Toute la profession est donc prise en porte à faux  par  Google. Il donne gratuitement tous les services proposés par ailleurs souvent fort cher aux utilisateurs parce que son business modèle est la publicité liée au nombre de ses utilisateurs. Google expliquait dans la réunion qu’il envisage de porter son système sur tous les téléphones… sans autre précision… ! Il bouscule aussi les systèmes de suivi du trafic parce qu’il offre gratuitement ce services sur Google Maps, à partir des données recueillies automatiquement auprès les utilisateurs de Google Maps et il continue d’améliorer ses cartes, en ouvrant ses API pour développer des cartes de points d’intérêt afin dedévelopper la publicité locale. Les tableaux -5- et -6- présentés ci-dessous montrent que les usages et le marché sont tirés par les smartphones qui disposent d’un système de navigation Tbt (Turn by turn) gratuit, absorbant progressivement les PND à bas prix et le Tbt payant proposés par les opérateurs ou les vendeurs de PND. Le marché des systèmes de navigation gratuits va donc progressivement s’élargir et seuls les services spécifiques à forte valeur ajoutée pourront subsister. Jacques Garcin de Orange reconnaissait que les opérateurs et beaucoup de constructeurs de PND allaient devoir réviser leurs business modèles dans les mois qui viennent, chercher à développer de nouveaux services à plus forte valeur ajoutée et trouver de nouveaux bouquets de services.

Tableau 5- PDN vs Smartphone en 2009

Tableau 6- PDN vs smarphones en 2012

Tableau 6- PND vs smartphones en 2012

Bertrand Diard, un Français qui réussi dans l’Open Source en Silicon Valley

Posted 30 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Etats Unis, applications municipales, open source

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J’ai rencontré Bertrand Diard, CEO et co-fondateur de Talend il y a environ 2 ans à Santa Clara. Il assistait à l’une des dernière MySQL Conference et m’indiquait alors qu’il venait de s’installer dans la Vallée. Pendant 2 ans, mon chemin a souvent croisé les responsables de Talend, dans des conférences Open Source aussi bien en France qu’au Etats-Unis. J’ai donc revu Bertrand et nous avons longuement discuté de son activité et de la manière dont il s’est installé aux Etats-Unis pour assurer le développement de la société. Cette interview se déroule en deux séquences.

1-L’intégration de données, pourquoi l’Open Source

La première séquence nous permet de rapidement connaitre la société et de se rendre compte que l’Open Source est une activité qui prospère assez bien en ces temps de crise. Pourtant, lever des fonds pour créer une société dans l’Open Source n’est pas une mince affaire en France. Se plaçant du point de vue d’une collectivité locale, Bertrand Diard nous explique ce que ses outils permettent de faire pour rendre toutes les données plus utilisables, interopérables et fiables, comment il permet d’en améliorer la qualité et de les échanger avec d’autres organismes, en interne à l’extérieur.

2-Pourquoi, comment s’implanter et réussir aux Etats Unis

Au cours de la deuxième partie de cet entretien, Bertrand Diard donne son point de vue sur la problématique des sociétés Françaises de logiciel face aux Etats-Unis. Basé sur son expérience, il explique comment, grâce à l’Open Source qui répond à un besoin dans le secteur industriel américain, il a réussi à gagner des clients prestigieux et comment il compte s’étendre aux Etats Unis. Il explique aussi pourquoi il est venu dans la Silicon Valley, à la demande de ses investisseurs Français.

Un téléphone Google pour 2010…qui utiliserait WiMax.

Posted 27 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Mobilité, Terminaux mobiles, VoIP, WiMax

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Les rumeurs dans la Silicon Vallée vont bon train sur les intentions de Google dans la téléphonie mobile et dans les réseaux, après le lancement plutôt réussi du téléphone Droid par Motorola et Verizon, qui fonctionne sur la base du système d’exploitation Android. Certes, les ventes n’ont pas atteint les records mis en place par l’iPhone et aujourd’hui, rien ne laisse penser que le Droid offre une approche qui révolutionnera le monde de la téléphonie mobile comme l’a fait l’iPhone.

Mais pour ceux qui sont assez âgés, souvenez-vous des débuts du Macintosh. Apple, avec un produit largement supérieur à DOS (sa souris face au prompt) a finalement réussi à se laisser supplanter par le PC de Bill Gates, non pas par supériorité technologique, mais par une meilleure mise en œuvre (‘execution’ disent les américains) d’une politique plus pragmatique et plus persuasive. J’avais écris en 1986 dans un magazine appelé « Décision Informatique » que Bill Gates voulait dominer le monde… Il l’a fait. Bernard Vergnes, le patron fondateur de Microsoft France m’avait gentiment mais fermement fait savoir que j’écrivais n’importe quoi. C’est peut-être pour cette raison que j’ai eu le privilège de passer ¾ d’heures en tête à tête avec Bill Gates lors de mon arrivée aux Etats-Unis alors que Microsoft entamait sa fulgurante ascension.

Android contre l’iPhone

Certes, l’histoire ne se répète pas, Google n’est pas Microsoft et l’impact de l’iPhone est beaucoup plus important que l’impact immédiat du Macintosh à l’époque ou seulement quelques millions de personnes (considérées comme de gentils farfelus ou des geeks) utilisaient un ordinateur.

Aujourd’hui, les utilisateurs d’un téléphone mobile sont plus de 2 milliards et l’iPhone est devenu le modèle, la référence du smartphone, c’est-à-dire le téléphone intelligent qui permet d’accéder à Internet, dans un monde de connectivité universelle. Google est le roi incontestable de la publicité sur Internet, ce qui représente une énorme somme de dollars, une puissance de feu fantastique. Mais le moteur de sa puissance ne semble pas fonctionner sur une mécanique aussi bien huilée et irrésistible que celle de Microsoft avec Windows. Peut-être sommes nous aussi à l’aube d’une puissance qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui…

Android et les petits gâteaux

Android est là pour durer. La prochaine version s’appellerait Flan, dans la ligne droite des noms de code précédents liés à la pâtisserie, dans l’ordre alphabétique. Les précédentes version d’Android  s’appelaient « Petit gâteau (Cupcake), Donut, Eclair. On trouve ici une stratégie de teasing qui maintient les affcionados et les développeurs d’application en halène, jusqu’à la sortie de la version finale, dont tout la rumeur pense qu’il s’appellera Google Phone. Et là revient la rumeur d’un smartphone évolué, une sorte d’hybride entre un Netbook et une tablette. Mais Apple nous a déjà habitué à ce genre de rumeur direz vous… !

Une autre rumeur est que Google mettrait directement ce téléphone dans la grande distribution, sans passer par les opérateurs. Encore un qui cherche à se passer de ces partenaires encombrants, qui ne comprennent rien au marché de l’internet et des services…L’approche de Google est plus conforme à sa vision de la neutralité du Net , tout comme l’approche d’Apple avec l’iPhone était conforme à l’approche élitiste de son patron, un succès jusque là.

Un téléphone WiMax

Une partie de la rumeur est que le Google Phone supporterait le WiMax… Voila qui semble intéressant alors que tout le monde pense et dit que le WiMax est moribond, mort, à mettre à la poubelle, etc… ce qui est loin d’être vrai. L’hypothèse est la suivante : En mettant son téléphone dans la grande distribution, Google risque de proposer un appareil plus cher que les appareils sponsorisés par les opérateurs, qui auront aussi plus de mal à conserver leurs abonnés qu’avec les habituels contrats de longue durée associés aux téléphones traditionnels, dont l’iPhone. D’un autre côté, cet appareil sera entièrement VoIP… ce qui ne plaira guère aux opérateurs mobiles, mais la FCC semble vouloir inciter les opérateurs à ouvrir leurs réseaux mobiles à la Voix sur IP dans la cadre de sa nouvelle vision de la neutralité.

Mais qui est l’opérateur WiMax aux Etats-Unis… ? Clearwire, une joint venture de Sprint, largement supporté et financée par Google, par Intel et d’autres géants du monde Internet comme l’opérateur de cable Comcast, concurrent direct de AT&T et Verizon dans la téléphonie et la télévision. WiMax dans certain milieu est en effet considéré comme le LTE avant le LTE.

Un support pour Google Voice

Enfin, Google est en train de mettre en place Google Voice, un système de numéro de téléphone unique, basé sur le protocole SIP, qui grâce à Internet joue le rôle de la standardiste et des anciens centraux dans les entreprises. Il sait où vous trouver, si vous êtes à votre bureau, en voyage, à la maison et il est capable de vous transmettre des messages écris ou vocaux, là où vous êtes, sur votre smartphone, sur votre ordinateur ou votre téléphone fixe. Est-ce là la killer application qui donnera l’avantage final au Google Phone ? Les opérateurs téléphoniques ne verront pas ceci d’un œil serein dans la mesure où bien sûr, l’objectif de Google n’est pas de vendre de la communication téléphonique, mais de vendre encore plus de publicité sur Internet.

La montée en débit , le « Canada Dry » de la fibre ?

Posted 25 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Régulation, Territoire, Trés haut débit

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Décidément, la technologie est un outil bien utile pour essayer de berner le citoyen qui n’y prend pas garde et lui faire admettre (avaler) des décisions irréversibles qu’il n’a pas souhaité. L’Avicca  vient de publier un petit bulletin que je vous conseille de lire, concernant la « refondation » de France Telecom sur laquelle Didier Lombard s’est exprimé lors des journées de l’iDate. Ce bulletin a immédiatement soulevé une vague de réactions et une agitation certaine de ceux qui suivent les « avancées » (en fait un quasi sur place depuis 2 ans) du FTTH en France. France Télécom est-il en train de légaliser un remake des  « Départements Innovants » sous couvert de la refonte de la Taxe Professionnelle ?

Taxer les opérateurs

Le texte de l’Avicca tente avec quelques difficultés d’y voir clair dans les mécanismes complexes dont nos chers technocrates ont le secret, d’autant que la technologie est au cœur du débat et qu’il est très facile de brouiller les cartes en utilisant deux ou trois termes techniques qui détourent l’attention des vrais problèmes et oculte les enjeux sous-jacents. Il apparait donc que  l’opérateur historique (France Télécom)  et l’opérateur de câble (Numéricable) seraient taxés sur leurs lignes cuivre et câble existantes. Cette taxe viendrait en partie combler les baisses de revenus de la taxe professionnelle…

Accorder des abattements incitatifs

Mais pour les faire bouger et inciter les opérateurs à mettre en œuvre ce qu’on appelle « la montée en débit », sans qu’on sache vraiment ce que cela signifie en pratique… (voir l’appel à commentaires de l’ARCEP), ils bénéficieraient d’un abattement de 50% sur cette taxe à condition de faire « de la montée en débit » sur ces réseaux. Ceci aurait pour effet de priver les collectivités locales de ressources et d’inciter les opérateurs en question  à «bricoler » leurs réseaux pour faire du Canada Dry de la fibre… « C’est comme la fibre, ça fait comme la fibre (un petit triple play), mais ça n’est pas de la fibre. » Les solutions de montée en débit  mises en place (les NRA ZO ) sont technologiquement en bout de course et déjà quasiment obsolètes,… et il faudra attendre longtemps avant de les remplacer par de la fibre qui, elle, a 50 ans d’évolution technologique devant elle.  Bonjour le pari sur l’avenir et l’innovation dont Didier Lombard parle volontiers dans ses discours.

Des effets pervers a découvrir…

Michel Lebon, dans son langage imagé, nous donne ses impressions sur cette affaire dans son blog. Pierre Ygrié, de sa Lozère sur le point de tomber sous la coupe d’une opération NRA  ZO de France Télécom négociée avec  la région, envoie des messages un peu partout en disant qu’il a flairé quelque chose qui ne sent pas bon…le bon sens paysan…. En tous cas, l’affaire est importante puisque d’après Didier Lombard à l’iDate, le Président de la République  lui-même doit s’exprimer là-dessus au moment où la « refondation »  de France Télécom sera annoncée.

Clarté et transparence pour les infrastructures

Un peu de clarté et de transparence s’il vous plait. Il semble que nos technocrates financiers associés à quelques politiciens, sous l’influence d’un énorme lobby de France Télécom, se soient mis dans la tête de conduire la politique industrielle de la France par le petit bout le la lorgnette, derrière leurs bureaux douillets, à la va vite, en saupoudrant quelques milliards par ici, en taxant par là, en incitant tant bien que mal sans vraiment se préoccuper des conséquences. De toute façon, les Télécoms sont le seul secteur qui va encore bien, qu’il participe donc aux ambitions que ces gens ont pour la France… Mais France Télécom est une entreprise privée qui a des objectifs d’entreprise privée et non pas d’aménageur public. La mise en place de nouvelles infrastructures doit être un débat public, clair, d’autant plus important que les caisses de l’Etat son vides. Voila deux ans que tout le monde le réclame.