Le stand Apple à CES 2012

Publié 14 janvier 2012 par Alain Baritault
Catégories : applications municipales, Terminaux mobiles, Usages et services

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Apple était bien présent au CES 2012. Certes, pas officiellement, mais des milliers de journalistes sont passés devant lors de Digital Experience une conférence organisé en dehors du CES dans le MGM Hotel. Cette conférence qui existe depuis plus de 10 ans accueille dans une seule grande salle une centaine de sociétés qui viennent présenter leurs produits et leurs services. Une autre conférence de ce type existe organisée par Steve Leon, elle s’appelle Showstoppers. L’accès à ces manifestations est réservé exclusivement aux journalistes et aux analystes qui viennent assister au CES, on y mange et on y boit dans une ambiance assez sympas, ça dure 4-5 heures le soir, juste assez de temps pour en faire le tour lorsque l’exposition du CES n’est pas ouverte.

L’intérêt de ce type de conférence “parallèle” est qu’elle coûte beaucoup moins cher que le CES et permet à une petite société d’avoir une énorme visibilité grâce au nombre de journalistes qui s’y presse, sans avoir a mettre en place un stand couteux et déplacer une partie de son personnel pendant 5 jours. On y rencontre en effet les journalistes et les bloggeurs les plus connus, à la recherche de scoop, de sociétés innovantes et d’interviews. Les télévisions peuvent y filmer et les CEO des sociétes, qui ont rapidement compris l’intérêt, sont présents pour des interviews qu’ils accordent volontiers dans un certain brouhaha cependant. Ainsi, HP qui depuis 4 ans n’assiste plus au CES, participe très régulièrement à Showstoppers et à Digital Experience, et cette année montrait quelques nouveautés intéressantes dans le e-advertising développées par sa récente acquisition anglaise Autonomy. Aussi, c’est ainsi qu’Apple fait son CES.

FileMaker gestion de bases de données à l’ombre d’Apple

FileMaker est aujourd’hui la seule base de données qui fonctionne sur iPhone, IPad, Mac OS et Windows. Cette société qui s’est appelée Claris, est une filiale à 100% d’Apple. Qui plus est, elle est dirigée depuis des années par un Français, Dominique Goupil. Cette filiale plutôt discrète reste dans l’ombre d’Apple qui publie tous les ans quelques chiffres sur les activités de FileMaker. La société a développé deux produits: une base de donnée professionnelle appelée FileMaker Pro, et un produit dérivé pour iPhone, iPad qui s’appelle Bento. Ce dernier est un des rares logiciels de gestion de bases de données porté sur iPhone et iPad, une petite prouesse qui a nécessité la création d’un « file system » spécifique, puisque iOS ne comporte pas de système de gestion de fichiers.

Bento est aujourd’hui au top 10 des applications les plus vendues sur iTune dans sa catégorie et récemment, les responsables de FileMaker annonçaient avoir vendu 1 million de Bento. Avec Bento, il est possible de développer des applications verticales spécifiques sur iPhone et iPad ainsi que des applications professionnelles. FileMaker précise ainsi qu’avec Bento, il est possible de développer un ensemble d’applications qui permettent de faire fonctionner et de gérer une petite entreprise avec un iPhone ou un iPad.

FileMaker Pro, aujourd’hui à sa version 11, est un système complet de gestion de base de données qui existe sur le desktop et en version serveur, aussi bien sur Mac OS que sous Windows et sur le Web. Il est accompagné d’un grand nombre d’outils et de templates qui permettent de développer des applications sur le Web. En France, FileMaker est particulièrement utilisé dans les collectivités locales de taille moyenne parce que ses développements ne demandent pas d’équipes spécialistes de la programmation, mais simplement un bon background et une bonne compréhension du développement d’une application. Grâce à une extension appelée FileMaker Go, un utilisateur peut accéder à ses bases de données sous FileMaKer Pro à partir de son iPhone ou de son iPad, ce qui ouvre un champ assez larges d’usages professionnels ou non, à partir de l’iPhone.

Verra-t-on un jour une version de FileMaker Go pour les appareils (téléphones et tablettes) sous Android ?

CES 2012 : 5 Français dans le grand zoo numérique – Withings

Publié 11 janvier 2012 par Alain Baritault
Catégories : Cloud Computing, Internet des objets, Mobilité, Sante, Usages et services

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Ca se confirme, le CES 2012 sera un grand cru. Pourtant, alors que la mobilité, la télévision et les objets internet sont au cœur de la problématique du CES 2012, c’est en France que l’innovation de rupture arrive avec l’annonce de Free Mobile dont les tarifs d’abonnements sont aujourd’hui sans concurrence et dont le prix du téléphone sera facturé séparément de l’abonnement aux services. Les terminaux vendus par Free seront donc désimlockés, c’est-à-dire qu’ils seront indépendants de l’opérateur qui offre le service et la carte SIM fonctionnera sur des appareils préalablement désimlockés.

Free ne deviendra pas un vendeur de téléphones mobiles

Cela signifie que Free ne va pas, comme ses confrères, se transformer en vendeur de terminaux de toutes sortes, mais conservera son métier de fournisseur de services numériques et de transporteurs de données fixes ou mobiles. Si tous les opérateurs se mettaient à déverrouiller leurs terminaux, on devrait voir arriver très rapidement une nouvelle vague d’innovation dans les smartphones suivie très probablement d’une baisse des prix générale des smartphones, grâce à une plus grande transparence.

Les Américains ne sont pour l’instant guère conscients du nouvel impact de cette offre, alors qu’AT&T vient, au grand soulagement de bon nombre d’observateurs, de se voir refuser l’autorisation d’absorber T-Mobile pour cause de tentative de destruction du peu de concurrence qui restait. T-Mobile pourrait-il à lui seul réagir comme Free aux Etats Unis et donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Peu probable dans la mesure où sa maison mère, Deutsche Telekom, le très « opérateur historique » Allemand, qui cherche depuis longtemps à se débarrasser du bébé dont il ne sait que faire, ne veut pas entendre parler d’investissements supplémentaires. Free démontre pourtant en France qu’il ne s’agit pas obligatoirement de puissance d’investissement, mais plutôt d’une volonté et d’une approche différente qui font bouger les choses.

Withings, un français dans le healthcare mobile

Cedric Hutchings CEO de Withings

De retour au CES, je notais que la manifestation CES Unveiled, prise d’assaut par des centaines de journalistes venus du monde entier, a honoré 5 sociétés Françaises parmi la petite centaine de sociétés sélectionnées. Cedric Hutchings, CEO et cofondateur de Withings, son baigneur dans les bras, présentait son nouveau pèse bébé numérique, première mondiale pour ce qui est d’un pèse bébé connecté à Internet. Withings est une société crée à Paris en 2008, dont le premier produit était un pèse personne électronique connecté à Internet par WiFi. Grâce à une interface accessible à tous, il permet aussi à des tierces parties de développer des applications innovantes autour de cet objet connecté. « Nous ne sommes pas une start’up en train de développer des services de demain, explique Cedric Hutchings. Nous proposons un produit connecté, aussi facile à utiliser que son équivalent non électronique, mais qui offre beaucoup plus de possibilités parce que les données recueillies peuvent être automatiquement stockées sur un téléphone cellulaire ou un ordinateur, puis présentées et traitées comme le souhaite l’utilisateur. » C’est une réalisation concrète de ce qu’on appelle l’Internet des objets…

Une rapide internationalisation

La balance de Withings peut se connecter à Google Health ou Microsoft Health Vault, préfigurations américaines aujourd’hui très opérationnelles du Dossier Médical Personnalisé (DMP) qui n’arrive pas à voir le jour en France. Avec cette balance, puis un tensiomètre connecté à un téléphone cellulaire et un « smart baby monitor » véritable outils de vidéo surveillance de bébé 24×24 connecté à l’iPhone présentés tous les deux au CES 2011, Withings entrait avec succès sur les marchés Américains, Japonais et Chinois grâce son système de distribution sur Internet. A noter que le smart baby monitor dispose de technologies comme la vision nocturne et permet aussi de parler au bébé ou de lui diffuser de la musique à partir de son iPhone. Ce produit gagnait un Innovation Award au CES 2011.

Un Cloud « santé et bien être », ouvert et agnostique

Au CES 2012, Withings gagnait une nouvelle récompense pour son pèse bébé connecté et entrait dans le Cloud en annonçant une plateforme de stockage qui permet de stocker toutes les données de santé récupérées par ses appareils ou encore par d’autres appareils connectés comme Zeo Sleep Manager, une application qui contrôle le sommeil ou Runkeeper, une application de coaching en ligne d’exercices et d’entrainement sportif qui comporte 7 millions d’utilisateurs. Un utilisateur peut donc rapprocher ses données recueillies par le tensiomètre de Withings avec d’autres données recueillies par d’autres appareils ou applications.

L’intérêt de cette plateforme de Cloud est une interface ouverte qui permet aux utilisateurs d’ouvrir leurs données à des applications extérieures et même à d’autres appareils. Aujourd’hui, les accords passés par Withings permettent à près de 40 millions d’utilisateurs d’accéder à cette API. Cedric Hutchings indique son intention de développer de nouveaux appareils et de permettre aux utilisateurs de mieux appréhender en ligne tous les aspects de leur santé : « avec 4 appreils différents, nous avons acquis une bonne expérience et une bonne compréhension des données que les utilisateurs veulent obtenir en un même endroit. Nous avons ouvert cette plateforme en ligne de Santé et de Bien être totalement agnostique, parce que d’autres sociétés nous l’ont demandé pour leurs utilisateurs.”

CES: 5 sociétés française dans le grand zoo numérique – Parrot

Publié 9 janvier 2012 par Alain Baritault
Catégories : applications municipales, Navigation, Sans Fil, Usages et services

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CES Las Vegas

Et voila, arrivé dimanche  à Las Vegas, je viens assister au CES 2012, année qui pour plusieurs observateurs, pourrait bien être une année bien meilleure que prévue… Pas question de cacher les difficultés qui nous attendent, d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, mais ce côté-ci de la marre (j’entends le côté Américain), vois l’avenir de façon  un peu plus optimiste que de l’autre côté (j’entends le côté Européen), même si tous les deux font face à des échéances électorales et financières qui pourraient passablement contribuer à brouiller les cartes au dernier moment. Et là où les Etats Unis ont recommencer de créer des emplois, la France en perd encore.
Un CES qui pourrait être historique
Le CES, véritable défonce du consommateur numérique semble, à en croire ses organisateurs, d’ores et déjà un excellent cru. « Toute grande société de technologie qui se respecte dans le monde participe en force cette année affirme Gari Shapiro, CEO du CES. Si un grand nombre d’entre elles viennent comme exposant, d’autres envoient leurs responsables pour rencontrer du monde, parler dans des conférences, ou tenir leurs propres événements en marge du shows.” 2700 exposants devrait attirer prés de 150000 personnes, hissant cette année parmi les meilleurs CES jamais vus et ce CES 2012 à plusieurs titres pourrait marquer le « vrai » passage de l’économie américaine à l’économie numérique.

Un signe qui ne trompe pas est peut-être la prolifération du WiFi dans Las Vegas, qui pourtant n’a jamais été considéré comme une ville technologique, plus portée à récupérer les dollars de ses visiteurs dans les machines à sous, les shows, les restaurants, les boites de nuit et autres divertissements que dans des technologies qui jusque là étaient perçues comme un détournement stérile. Le smartphone a changé l’approche technologique de Las Vegas… A noter aussi, l’énorme influence d’Apple sur ce show auquel il n’a jamais participé. Les responsables du CES ont ainsi développé une application pour iPhone, MyCES, qui en soit même montre le chemin parcouru depuis les années ou le journaliste devait trimbaler des tonnes de documentation papiers proposés par les exposants les rapporter chez lui, les classer et en extraire la teneur. Aujourd’hui, MyCES met tous ceci dans la main, immédiatement et instantanément accessible, et beaucoup d’autres choses encore.

Inauguration pour 5 sociétés françaises

Les 2 premiers jours du CES sont en principe réservés à la presse, qui ne rate pas l’événement. Donc ce dimanche après, plus d’un millier de journalistes (ou assimilés) venus du monde entier, déjà à pied d’œuvre, caméras, appareils photos et smartphones à la main ont littéralement pris d’assaut la salle ou se déroulait la séance d’inauguration du CES, où une centaine d’entreprises présentaient leurs nouveaux produits dument sélectionnés par l’organisation du CES comme étant particulièrement innovants.

En cherchant bien, parce que leurs stands étaient assaillis comme tous les autres par des nuées internationales, avides de nouveautés, j’ai pu repérer 5 sociétés Françaises qui ont pu, pendant les 4 heures de cette manifestation faire leur plein de contacts et de présentations, distribuer et recevoir des cartes de visites qui seront soigneusement gardées et écouter les commentaires de chacun et espérer obtenir une large couverture de presse dans le monde entier.  Ces sociétés sont Parrot, QooQ, Withings, Sculpteo et Invoxia.

Parrot lance des applications pour les véhicules

Impossible d’aborder de près ou de loin le stand de Parrot cerné de caméras venu filmer son « drone » enrichi au fil des années, un succès qui ne faibli pas.
La société entrait cette année de plain pied sur le marché dit de la « Télématics », c’est-à-dire des véhicules connectés. (Je reparlerai de ce secteur en pleine évolution à travers une conférence qui s’est déroulé en marge du CES).
En 2011 Parrot avait annoncé une plateforme sous Android appelée Asteroid, destiné à offrir un noyau de connectivité sans fil aux véhicules. A CES 2012, il présentait 3 produits basés sur cette plateforme, Asteroid CK, Asteroid NaV et Asteroid 2DIN. Asteroid CK est un système Bluetooth doté d’un petit écran de 3,2 pouces et d’une manette de contrôle a distance qui s’accroche sur le volant de n’importe quelle voiture. L’appareil, relié à un smartphone, peut se connecter à Internet en mode dépendant (tethering) par Bluetooth ou par un accès WiFi. Il comporte un système de reconnaissance vocale, il peut jouer de la musique stocke sur un smartphone ou un autre appareil utilisant les SD Card) et sert aussi de système d’appel main libre.
Asteroid NAV  est un système de Navigation main libre basé sur un écran 5 pouces utilisant la même manette de commande sur le volant. Il va chercher le système de navigation sur Internet par connexion via un smartphone et offre différentes amélioration dans l’écoute de la musique, l’assistance à la conduite et la géolocalisation.
Enfin, Asteroid 2DIN est un appareil basé sur un écran 6,2 pouces qui sert de récepteur multimédia grâce a des entres sorties audio, video, RCA  et téléphonique en mode esclave (tethering) via bluetooth avec un smartphone. Il offre les mêmes caractéristiques que Asteroid NAV, mais comporte des amélioration audio comme une sortie subwoofer. Les prix ne sont pas encore annoncés et la disponibilité est prévue dans quelques mois, le temps de construire un réseaux de revendeurs installeurs aux Etats Unis. Le SDK Android permet à qui le veut de développer des applications pour ces appareils. Dès la deuxième moitié de 2012, les applications seront présentées sur un « Asteroid Market » mis en œuvre par Parrot.

Paris lance Autolib… Asprom

Publié 5 décembre 2011 par Alain Baritault
Catégories : applications municipales, energie, Mobilité, Territoire, Usages et services, voiture electrique

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Le Maire de Paris annonçait aujourd’hui la mise en service d’Autolib, le premier service municipal d’autopartage de voitures électriques à l’image du Velib.

Lors de la conférence Asprom qui s’est déroulée fin novembre, Patrick Le Coeur, ingenieur en Chef des services techniques de la ville de Paris était venu présenter en avant première ce que serait Autolib et expliquer les détails de cette infrastructure.

Voici la vidéo de sa présentation et des questions réponses. Nous y reviendrons.

Renault se penche sur son programme voiture électrique – Asprom

Publié 4 décembre 2011 par Alain Baritault
Catégories : energie, Mobilité, Usages et services, voiture electrique

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Organisé par Roland Dubois, président de l’ASPROM, un nouveau cycle de conférence a eu lieu fin  novembre sur le thème de la voiture électrique. Véritable source d’information à usage des responsables et décideurs, cette conférence de 2 jours permet d’une part de s’informer sur des technologies complexes qui impactent ou impacteront notre vie de tous les jours à plus ou moins brève échéance, et d’échanger librement des points de vue avec des professionnels qui ne se cachent pas systématiquement derrière des discours établis.

Au cours de la conférence en effet sont analysés les liens étroits entre les choix politiques, économiques et sociaux et les choix technologies pour comprendre les vrais enjeux que recouvrent ce qu’on appelle généralement « l’innovation » et « le progrès ».

D’énormes investissements en infrastructure  

Au cours de la première journée essentiellement consacrée à la voiture électrique, aux batteries et aux infrastructures à mettre en place en France pour faciliter l’émergence de ce nouveau type de véhicule, une dizaine d’intervenants de haut niveau sont venus brosser un tableau plus précis de ce qu’est la réalité de la voiture électrique aujourd’hui, ce qu’elle sera (et ce qu’elle ne sera peut-être pas) dans les années qui viennent.

Ces interventions ont permis de mettre en évidence des choix politiques effectués en France de façon plus ou moins explicite, en fonction des contraintes liées aux technologies et à leur industrialisation sur une grande échelle, en fonction des exigences économiques et sociales qu’il semblait important de respecter (pour ceux qui ont fait ces choix) et en fonction de l’impact estimé sur les usages. On pouvait comprendre, grâce à plusieurs présentations, que les choix faits en France étaient sensiblement différents de ceux effectués chez certains de nos voisins européens, dont l’Allemagne et l’Italie.

Des choix basés sur l’idée que le consommateur va s’adapter

En premier lieu, le déploiement de la voiture électrique en France nécessitera d’énormes investissements en matière d’infrastructures publiques et privées, certainement aussi importants que ceux que l’on mentionne autour de la fibre optique pour le Très Haut Débit. De la manière dont ces investissements seront menés et exécutés, dépendront le succès ou l’échec des choix effectués.

Aux vues des premières options choisies et des contraintes techniques incontournables pour encore très longtemps, la voiture électrique imposera de nouvelles contraintes d’usage assez fortes qui modifieront complètement et profondément les modes d’utilisation de la voiture telle qu’on la connait aujourd’hui.

De profonds changements dans la manière d’utiliser son automobile

Les responsables gouvernementaux et industriels ont en effet effectué des choix sur la supposition que les conducteurs de ces nouveaux véhicules vont assez facilement adapter et modifier des comportements acquis pendant un siècle de véhicule à moteur à essence, au delà des incitations d’usages ou des incitations financières diverses dont les modalités peuvent aussi constituer un moyen de régulation fort (pendant au moins un temps).

On retrouve ici une fois encore la bonne vieille attitude française dite « de haut en bas »,  menée par des technocrates tout puissant qui semble posséder « la vérité », et dont les choix, effectués dans les hautes sphères techno-politiques éclairées, se préoccupent plus de grandes stratégies politico-économiques que des utilisateurs. En effet, le mode de rechargement des batteries des véhicules tout électrique et le rayon d’action des voitures tout électrique (100km maximum) imposeront au consommateur Français de nouvelles formes d’utilisations radicalement différentes…

Est-il disposé à s’y adapter… ? Personne ne s’en est aujourd’hui sérieusement préoccupé et nous verrons que les véhicules hybrides ou à piles à combustible (hydrogène) ont certainement un avenir dans la mesure où ils permettent de s’affranchir de certains contraintes du véhicule tout électrique en respectant des objectifs de baisse de la pollution et d’alternative aux energies fossiles.

Sortir de la succession d’échecs dans le véhicule électrique

Thierry Koskas, Directeur du programme Véhicule Electrique chez Renault est venu présenter et expliquer la philosophie de l’industriel en la matière sur la base des choix effectués, au niveau national et au niveau de la société. Il a rendu compte des premiers pas du constructeur dans ce secteur et des perspectives futures, avec 4 nouveaux modèles de voiture électrique dont le premier est déjà sortis et qui dont l’apparition va s’échelonner d’ici la fin 2012.

Ce sont la Kangoo ZE, véhicule utilitaire déjà disponible qui dispose d’une autonomie de 170 km maximum, la Fluence ZE à échange de batterie qui sera commercialisé avant la fin de l’année, le véhicule urbain Twizzy ZE à rayon d’action limité, en vente à partir de mars 2012 au prix d’un scooter,  et enfin la future Zoe ZE dont le prix ne devrait pas dépasser 20000 euros en septembre 2012, doté de certaines innovations récentes, avec une batterie amovible ou fixe (un journal a même indiqué que le prix serait inférieur à 15000€)

Une stratégie risquée

Après avoir remarqué que le véhicule électrique a été une succession d’échecs dont Renault espère monter qu’il est possible de sortir, il  rappelait quelques chiffres : « L’engagement global pour Renault et Nissan est de 4 milliards pour l’ensemble des développements des véhicules, y compris les batteries qui sont plus une compétence de Nissan. L’objectif chiffré est d’avoir vendu 1.5 millions de voitures électriques en cumul d’ici 2016 en France et on reste sur cette prévision que d’ici 2020, une voiture sur 10 vendues dans le monde pourrait être électrique. »

La stratégie de Renault ne fait pas l’unanimité, mais il constate que même Volkswagen qui contestait la stratégie de Renault il y a 2 ans est passé au véhicule électrique récemment. Il renforçait son propos en mentionnant sur l’appel d’offre de voiture électrique (des Kangoo) de la Poste récemment remporté par Renault.

Les 3 piliers de la stratégie véhicule électrique de Renault

Thierry Koskas précise les 3 piliers de la stratégie du constructeur.

- Un véhicule écologique, comparaison faite de bout en bout par rapport à un véhicule thermique

- Un véhicule économique à l’achat  et ensuite à l’usage compte tenu du prix du loyer des batteries et de l’électricité pour la recharge. Il précisait en réponse à une question : « La facture du Client qui fait qui fait environ 1000 km par mois sera autour de 100 € si l’on compte un loyer de la batterie de 75 à 80 € par mois et 15 à 20 euros d’électricité par mois pour la recharge. Si le conducteur fait moins de 3 km par jour, un véhicule électrique n’a aucun intérêt, en revanche au delà de 12 à 15000 km par an, il apparait alors un vrai intérêt économique sur le véhicule thermique.. » Il précisait aussi qu’il y aura besoin des aides d’incitations pendant au moins 5 ans pour atteindre des économies d’échelle.

-Le véhicule électrique n’est pas compatible avec la totalité des usages, mais seulement avec certains d’entre eux par exemple, la deuxième voiture ou la voiture urbaine.

Renault développera la fabrication de batteries, d’origine Nissan, dans son usine de Flins à partir de 2014.

L’infrastructure nécessaire : la recharge….

« Renault, explique Thierry Koksas, a pris une approche assez différente de certains autres constructeurs en France ». Il favorise la mise en place d’une « wall box », une prise dédiée chez l’usager (dans les immeubles ou les parkings)  qui permet de charger plus vite que sur une prise domestique (dont l’utilisation sera fortement régulée).

Dans la rue, grâce à un système propriétaire développé par Renault, différent de la technologie utilisée par les autres véhicules qui s’appuient sur une technologie japonaise, Renault veut donner la possibilité de faire de la recharge standard ou accélérée sur la même prise (n’importe quel type de charge entre 3 et 43 KW, en monophasé ou triphasé en courant alternatif alors que les recharges rapides se font en général sur du courant continu). « Aujourd’hui il y a un certain nombre de bornes en Europe. Il y en aura 15000 à fin 2011 et il y a déjà 10000 bornes inscrites dans le système Tom Tom, mais il faut trouver le moyen de donner plus largement et plus simplement les indications aux clients pour en développer l’usage. »

Renault compte fortement inciter ses clients à faire installer une wall box chez eux ( le Wall box de Renault offre 3KW alors qu’une prise domestique offrira seulement 2KW). « Cela fait partie de notre politique commerciale » ajoute-t-il. Le prix de la Wall Box devra rester bas (500€ plutôt que 800, installation comprise).

…….. et l’échange des batteries dans des stations

Renault  a aussi développé un programme d’échange des batteries (qui seront louées) en s’appuyant sur la société israélienne Betterplace ( déjà installée au Danemark et en Australie). BetterPlace a été crée sur  l’idée de « faire le plein » d’électricité en remplaçant la batterie, louée, grâce à un système automatique opérant dans des stations dédiées. « Ca fonctionne bien sur un territoire réduit… » explique Thierry Koskas.

Les stations d’échanges de batteries  dont le coût de mise en œuvre est d’environ 1 million d’Euros la station, permettent de changer une batterie «  en 3 minutes » tout en restant dans la voiture… Ces stations remplaceraient les stations d’essence que l’on connait, permettant aux utilisateurs d’un véhicule électrique d’accroître son rayon d’action en changeant ses batteries “déchargées” et récupérant des batteries « pleines »…

On imagine les coûts d’investissements pour faire circuler largement sur tout le territoire des véhicules électriques dont le rayon d’action est de 100 km… On verra (dans une intervention de Christophe Lefebvre du CEA-LITEN) que les ruptures technologiques qui amélioreront la puissance, la taille et la durée de charge des batteries ne sont raisonnablement pas attendues avant au moins 20 ou 30 ans…  L’autoroute du Sud ne connaitra plus les embouteillages aux péages les jours de grands départs en vacances, mais ils seront dans les stations de remplacement des batteries… qui devront être disposées au moins tous les 30 ou 40 km et de façon plus dense en ville… Le coût de remplacement de la batterie sera-t-il compris dans la location? La pari fait par Renault sur la voiture electrique est donc ambitieux…

Ci-dessous la video intégrale de la présentation de Thierry Koskas où il aborde aussi les aspects de sécurité et les avantages compétitifs de Renault grâce à son approche. La fin de la video est consacrée aux questions réponses.


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