IBM IOD2009: Les RFID font entrer l’entreprise dans la gestion en temps réel

Posted 10 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Cloud Computing, Entreprise, Industrie, Internet des objets, Terminaux mobiles, Usages et services, applications municipales

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EPC-RFID-TAG.svgLors de la conférence IOD (Information on Demand) d’IBM qui s’est tenue à Las Vegas il y a 2 semaines, j’ai pu discuter avec Paul Chang, Directeur de la Stratégie et du Business Développement  plus spécifiquement chargé des RFID et du NFC (les technologies sans contact) au sein de l’IBM Software Group. Cette structure, au sein d’IBM World a une mission de prospection et de support auprès des entreprises ou des organisations qui souhaitent développer des projets d‘envergure en matière de RFID, de traçabilité ou de NFC. Il est relayé en Europe par Christophe De Mello, qui basé à Bruxelles, est Information on Demand Architect pour les développements techniques dans l’Europe du Sud.

Les RFID du MIT à GS1

Paul Chang rappelle qu’IBM a été impliqué dès leur début dans les RFID, en 1999, au sein du projet initial Auto-ID développé par l’Université du MIT, qui mettait ensuite en place EPC Global, un organisme chargé de gérer la norme et le système global d’identification par RFID. Ensuite, GS1 a été crée pour gérer un ensemble de 4 standards qui entrent dans ce qui est généralement appelé « la gestion de la chaine des approvisionnements ». Ce sont: les codes à barre bien connus (UPC) ; eCom, un standard EDI de messagerie électronique pour les échanges professionnels ; GDSN (Global Data Synchronisation Network) un registre standard pour les systèmes professionnels qui échangent de l’information et enfin l’EPCglobal qui normalise le contenu des RFID.

Le RFID implique une gestion en temps réel

« Le rôle d’IBM dans les RFID, poursuit Paul Chang, est d’élaborer l’ensemble du système de capture et de gestion de l’information et d’intégrer le nouveau processus dans le management de la chaine de production ou de distribution. En effet, la plupart des systèmes classiques de gestion fonctionnent en batch, c’est-à-dire que les données sont agrégées et traitées une seule fois dans la journée, puis analysées à travers des rapports quotidiens, hebdomadaires ou mensuels.

Avec les RFID, les données sont intégrées et traitées immédiatement en temps réel, avec un niveau de granularité beaucoup plus important puisque chaque objet est identifié. Ceci permet une action immédiate, au niveau de l’objet alors qu’auparavant on agissait avec retard avec beaucoup de difficultés pour connaître le détail. Ca change complètement les processus de gestion et donne à l’entreprise une réactivité beaucoup plus immédiate à des fluctuations de marché. Les coûts de gestion sont aussi réduit de façon très significative. » La gestion fine en temps réel est un des avantages importants des RFID, mais cela suppose une prise en charge et une adaptation de l’organisation de l’entreprise ou de l’institution qui l’a mise en place.

Traçabilité et amélioration de la gestion

Paul Chang précise qu’IBM a été impliqué en France dans un projet ou l’entreprise, un vendeur d’alcools et de spiritueux dans le monde entier, était confronté à un problème de contrefaçon de certains de ses produits sur les marchés asiatiques. Le système pilote a consisté à mettre un RFID sur chaque bouteille, et non plus sur une palette de cartons de bouteilles et de les suivre jusqu’au bout grâce a des lecteurs sans fil . L’itinéraire de chaque bouteille est connu avec précision et pour chaque produit livré, on sait si il est authentique ou si il a été falsifié et éventuellement où ont eu lieu les manipulations frauduleuses dans la chaine de distribution.

L’information récupérée peut être ainsi directement suivie d’une action spécifique. Pour l’entreprise en question, au delà du pilote réalisé, la tâche la plus difficile est maintenant d’intégrer le processus dans son système de gestion et de distribution quotidien et de permettre à ses forces de ventes et de distribution d’utiliser les informations en temps réel dont ils disposent et d’agir en conséquence. Il s’agit en fait de repenser complètement l’organisation de l’entreprise en fonction de cette nouvelle approche de l’information en temps réel. « La gestion en temps réel est une approche complètement différente du business » ajoute-t-il.

Des RFID pour suivre les implants chirurgicaux

Paul Chang mentionne aussi la société Française Implanet qui avait été invitée à IOD mais n’a pas pu venir. Cette start’up d’une cinquantaine de personnes, installée à Bordeaux vend des implants chirurgicaux standards aux hôpitaux et aux centres chirurgicaux spécialisés. Elle a mis en place un système de suivi automatique des implants. Un RFID  est apposé sur l’emballage de chaque implant, permettant aux organismes qui les achètent et les utilisent de les suivre et de les gérer individuellement avec une grande précision et de façon quasi automatisée, jusqu’à leur implantation. Il n’y a pas en France de système centralisé d’enregistrement et de suivi des implants, mais les Etats-Unis, dans la vague de rénovation de leur système médical, étudient la mise en place d’une banque central de gestion des données de tous les implants utilisés sur le territoire. « Implanet a là une belle opportunité précise Paul Chang. »

Forte croissance des quantités de données à gérer

« Aujourd’hui, ajoute Paul Chang, l’utilisation des RFID est recherché surtout pour des applications qui présentent un ROI immédiat comme la traçabilité ou l’amélioration de la chaine d’approvisionnements. »  En France par exemple, le secteur de l’industrie pharmaceutique commence à utiliser les RFID parce que le gouvernement oblige un suivi précis de chaque médicament mis sur le marché et/ou importé.

En Europe, les gouvernements qui taxent les alcools et les cigarettes ont lancé des appels d’offre pour mettre en place des suivis par RFID pour éviter les fraudes. Le marché des opérateurs est aujourd’hui l’un des plus prometteurs car les telcos commencent à proposer des services hébergés pour suivre les RFID en utilisant leurs réseaux fixes ou sans fil, IBM leur offre ses compétences en logiciel et en data center. « Chez IBM conclue-t-il, notre rôle est de gérer les données. Tous ces systèmes un fois en place, vont provoquer une multiplication exponentielle des données émises, il faut alors les récupérer et être en mesure de les traiter et de les analyser. »

WiMax , le très haut débit sans fil à portée de main

Posted 9 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Fréquences Hertziennes, Sans Fil, Trés haut débit, WiMax

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WiMax antennaLa société Américaine Clearwire est une start’up dans la téléphonie mobile à très haut débit, souvent appelée 4G. Crée par le pionnier de la téléphonie cellulaire Craig MacCaw, elle vient de recevoir $1.5 milliards de dollars supplémentaires de ses investisseurs initiaux pour continuer le déploiement de son réseau 4G WiMax sur le territoire américain…

Clearwire, un réservoir de fréquences

Née d’une joint venture entre  Sprint Nextel, Comcast, Time Warner Bright House Networks , Google et Intel qui ont déjà apporté 3.2 milliards de dollars à son capital, Clearwire dispose de la plus importante allocation de fréquence aux Etats-Unis avec environ 700 MHz de spectre, alors que ses concurrents AT&T et Verizon détiennent à peine  le dixième de ce qu’elle détient. Les observateurs considèrent que ce pactole est une vraie mine d’or, même si le spectre détenu se situe dans la bande des 2.5 GHz alors que Verizon dispose d’une partie de son spectre dans les fréquences 700MHz issues du dividende numérique mis aux enchères l’année dernière.

WiMax existe commercialement, LTE existe en communiqué de presse

La disponibilité des fréquences est un aspect non négligeable du marché de la 4G qui se met en place. La FCC américaine vient en effet de lancer un cri d’alerte précisant que le passage vers une nouvelle génération de réseaux IP sans fil à très haut débit (4G) permettant de faire converger les réseaux fixes et mobiles, allait certainement se heurter à une forme de pénurie des fréquences.

Aujourd’hui, grâce à cet important réservoir de fréquence et à la disponibilité commerciale du WiMax 802.16 e, Clearwire a commencé de couvrir le territoire américain en 4G avec du WiMax. Déjà près de 40 millions de personnes peuvent accéder au WiMax dans des villes comme Atlanta, Baltimore, Chicago, Las Vegas, Philadelphia, Honolulu et Maui, Portland, Dallas/Ft. Worth, San Antonio, Austin et bientôt Los Angeles. La société a déjà plus de ½ million d’abonnés. Les opérateurs téléphoniques classiques n’ont aujourd’hui pas commencé leurs déploiements commerciaux en LTE, une technologie très similaire à celle du WiMax qui, grâce à une gestion et une agrégation dynamique des fréquences, peut faciliter la migration des réseaux 3G existants vers ces nouveaux réseaux à très haut débit. Voir mes articles précédents sur le LTE1 et LTE2.

Un routard du WiMax

J’ai eu l’occasion de croiser Frederic Leroudier alors qu’il était chez Aperto, l’une des start’up de la Silicon Valley pionnier du WiMax fixe (802.16 d). Cette société n’a hélas pas su garder son avance technologique lorsque le WiMax est devenu mobile (802.16 e). Expert en technologies cellulaires et fin connaisseur de l’éco-système WiMax, Frederic Leroudier est capable  d’expliquer les aspects techniques les plus pointus des évolutions de WiMax et du LTE.

Il a aussi travaillé avec tous  les équipementiers du monde entier, et a mis à son actif le déploiement de plusieurs réseaux dans des pays en voie de développement, en Asie, au Moyen Orient et en Afrique. Pour lui, WiMax est une véritable opportunité pour les nouveaux opérateurs, car l’arrivé de la 4G, c’est-à-dire les réseaux mobiles tout IP, provoqueront un changement radical du métier d’opérateur tel qu’il est pratiqué depuis un siècle et demi. Il participe actuellement à la mise en place d’un réseaux WiMax en Polynesie.

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Le mobile, un marché en ébullition. Premières escarmouches entre Android et iPhone.

Posted 7 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Etats Unis, Europe, Industrie, Mobilité, Sans Fil, Terminaux mobiles, WiMax

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moto_droid_04Les fêtes de Noel cette année pourrait bien marquer la fin d’une époque dans le monde des smartphones qui digère lentement l’impact de l’iPhone arrivé il y a 2 ans. Même si l’iPhone ne représente aujourd’hui qu’un faible pourcentage du marché, selon Marie Meeker, star analyste cher Morgan Stanley, son impact a été considérable et profond. Pour elle, l’année 2009 est l’année de l’Internet mobile et cette tendance sera dominante pour 2010.

La mobilité au coeur de l’évolution en 2010

Elle voit 8 thèmes clés dans les préoccupations des consommateurs et des industriels dans les mois qui viennent:

1-      L’utilisation de l’internet mobile est et restera plus important que n’importe quoi.

2-      La part d’Apple du marché de la mobilité pourrait surprendre très vite.

3-      La nouvelle génération de plateforme (Réseau sociaux + Mobilité) pousse à des changements sans précédents dans les communications et le commerce.

4-      La mobilité au Japon et les Netbooks préfigurent la croissance des mobiles et la monétisation

5-      L’adoption de la téléphonie 3G varie selon les zones géographiques (elle ne mentionne pas la 4G…)

6-      Les opérateurs US et Européens voient la demande sur leurs réseaux augmenter mais les bases économiques de cette demande sont incertaines.

7-      Les régulateurs peuvent jouer un rôle positif ou négatif dans l’évolution de l’internet mobile

8-      Les changements de part de marché dans la mobilité vont créer ou détruire des valorisations de société…

Revenant sur la croissance et l’impact d’Apple dans la mobilité pour les prochaines années, elle ajoute : « Le long terme, la concurrence des marchés émergeants, le Web Mobile ouvert (avec le Google Android notamment), les limitations  imposées par les opérateurs posent un véritable Challenge. RIM (Blackberry) s’en sortira encore pour 1 ou 2 ans dans l’entreprise grâce à sa base installée. »

Des marchés grand public

En effet, depuis l’annonce d’un téléphone Android de Google par steve jobs iPhoneVerizon, la presse Américaine regorge d’articles de comparaisons entre le Droid et l’iPhone, comparaison d’interfaces utilisateur, de systèmes d’exploitation, de prix, etc… Peu essaient de prendre une vue un peu plus élevée pour tenter de comprendre les stratégies de marché, et compte tenu de la nature peu causante et peu ouverte de Google et Apple, la chose n’est pas des plus facile et se réduit souvent à observer ce qui se passe sur le plan des matériels.

C’est aussi la confirmation qu’on entre dans des marchés grands publics, des marchés de masse, où les tactiques et leurs points d’appui sont en général découverts à posteriori, sachant que celui qui tire le premier a un atout supplémentaire, à condition de bien exécuter.

Si l’on croit Marie Meeker, les grandes forces directrices du marché mobile sont l’accès  Internet, à un début suffisant bien sûr, les réseaux sociaux et le temps réel. Le téléphone est maintenant au centre de tous les usages et de toutes les convoitises qui vont bouleverser le marché et les positions de ceux qui réussiront à se placer ou se feront déplacer. Radio, baladeur, caméra vidéo, appareil photo, télévision, petit écran de cinéma, GPS, système de navigation, console de jeux, moyen de paiement, livre, portefeuille… le téléphone est devenu le « Coûteau Suisse Numérique » que tout individu, travailleur, ménagère, écolier, retraité se doit d’avoir.

Il est donc un enjeu fantastique que tout le monde industriel n’a pas manqué de le remarquer, opérateurs, fournisseurs de contenus, constructeurs, développeurs de logiciels, offreurs de services. Enfin la mobilité est à l’aube d’une évolution technologique fondamentale avec l’arrivée du LTE et du WiMax qui augmenteront fortement les débits et utiliseront des réseaux entièrement IP.  Nous sommes donc dans une véritable situation de rutpure qui concerne potentiellement plusieurs milliards d’appareils générateurs de revenus récurrents et de nouvelles applications…

Des affrontements sur tous les marchés

Un premier niveau d’affrontement s’est déroulé  (et continue de se dérouler) chez les opérateurs qui, appuyés sur leurs infrastructures pensaient pouvoir intégrer verticalement leur activités, du contenu jusqu’aux services. L’Europe a montré que le régulateur pouvait empêcher la constitution ou la reconstitution de monopôles et les Etats Unis, dans la bouche du Président de la FCC,  ont peut-être finalement compris que monopole et innovation n‘allaient pas vraiment de pair.

droidlogo-1-215x81Depuis l’arrivée d’Apple dans la téléphonie, la bataille s’est déplacée au niveau des terminaux, parce qu’ils sont devenus intelligents, capables de traiter des données et Apple avec l’iPhone a montré que l’interface utilisateur était un point crucial dans la création de nouveaux contenus, de nouveaux services et l’adoption par les utilisateurs. Google, dont l’utilisateur oublie facilement la position de monopole parce qu’il ne lui achète rien et peut utiliser tous ses services gratuitement, ne pouvait pas rester indifférent devant l’internet mobile.

La course aux fonctionnalités et aux services

Pour étendre son pouvoir sur la mobilité, Google a décidé de créer un modèle de terminal, Android, qui entre en collision avec l’iPhone. Là ou l’iPhone est « fermé », Android est ouvert (pour l’instant), parce que Google ne vend ni appareils, ni logiciels, et qu’il joue surtout sur les contenus et les services vendus par d’autres. Motorola, l’un des grands constructeurs de téléphones occidentaux encore en piste semble avoir misé toute sa survie sur Android.

Par exemple, Google a fait Google Maps qui est un outil fabuleux sur l’iPhone, puis Google Maps Mobile avec l’application My Location qui permet à Google de récupérer les données du téléphone et d’afficher l’état de la circulation en temps réel sur les axes principaux aux Etats Unis, en Europe et ailleurs. Il vient de sortir Google Maps Navigation pour Android, permettant à un téléphone Android de devenir un véritable système de navigation (concurrent de Tom Tom et Magellan) avec indication vocale des directions et d’autres applications permises par My Location, dont la possibilité de routage pour contourner les embouteillages.

Non seulement, ce nouveau logiciel (service) ne fonctionne pas  sur l’iPhone (d’autres le font cependant) mais quelques caractéristiques de My Location, dont la récupération des données du téléphone, ne fonctionnent pas sur l’iPhone. Des applications ultérieures utilisant My Location pourraient donc ne pas fonctionner sur l’iPhone… Est-ce que ça ne rappelle pas quelques trucs utilisés ily a quelques années du côté de Seattle ? La stratégie de Google dans la mobilité pourra-t-elle avoir des conséquences aussi prédatrices que son concurrent dans le PC et Apple pourra-t-il répéter les erreurs qui l’ont presque anéanti dans les années 90 ?

Apple garde ses atouts mais lâche du lest

Certes, Apple ne craint pas grand-chose d’Android pour l’instant. Son avance dans la maitrise de l’interface utilisateur n’est pas un coup du hasard ou de quelque développeur génial et imprévisible. Android est sensiblement moins cher que l’iPhone et en période de crise, l’écart peut jouer un rôle important. A la demande des régulateurs (en Europe) et sous la pression des autres opérateurs, Apple abandonne progressivement ses pratiques d’exclusivité. Il augmentera ainsi certainement le nombre d’appareils vendus, mais l’iPhone devra subir la concurrence plus directe d’autres appareils et les opérateurs qui se concurrencent entre eux et vont avoir tendance à faire baisser les prix de l’iPhone, dont la répercussion finira par se faire sentir sur les marges d’Apple.

Apple va devoir mieux réguler sa distribution, point faible depuis des années qui ne l’inquiète guère dans la mesure où son produit est très demandé. L’iPhone 3GS a été en rupture de stock quasi permanente chez Orange longtemps après son lancement. Il l’est aujourd’hui chez O2 en Angleterre et la multiplication des opérateurs distributeurs ne va pas faciliter les choses.  Pour répondre à Android, on entend parler d’un iPhone moins cher pour la prochaine période de Noel. On parle aussi d’un accord avec Verizon, l’autre opérateur cellulaire aux Etats-Unis, qui s’est fait le porte parole de l’Android.

L’iPhone possède un autre atout fondamental, son homogénéité pour les développeurs et l’extraordinaire créativité de l’AppStore qui vient d’atteindre les 100000 applications et qui modifie profondément l’économie du logiciel d’application et des services que convoitaient les opérateurs. Michel Guillemot, Président de Gameloft, le premier éditeur de jeux vidéo mobile sur iPhone le confirme. « Pour iPhone, je développe le jeu une seule fois, pour les autres plateformes, je dois le développer autant de fois qu’il y a de téléphones, même au sein d’une même marque. » Android ne semble pas parti sur une telle homogeneité.

La chine et le Wimax, des interrogations

apple-china-mobile-lPhoneLa Chine semble avoir été une pierre d’achoppement pour Apple. Après de longues et difficiles négociations, Apple a signé un accord de 3 ans avec Unicom, le 2èmeopérateur mobile chinois pour un lancement le 28 septembre derniers pour 335 villes couvertes d’ici la fin de l’année. L’opérateur qui a 114 millions d’abonné ne représente qu’une petite partie des presque 700 millions d’abonnés sans fil en Chine. Cependant en un mois, il n’aurait vendu que 5000 iPhone…La raison semble être liée au prix de l’iPhone dont la fonction WiFi a été supprimée, qui est plus élevé que le prix des iPhone importés illégalement, qui en plus ont la fonction WiFi… !

Enfin très récemment aux Etats-Unis, le très sérieux journal “The Street” précise qu’Apple, dans sa stratégie d’ouverture vis-à-vis des opérateurs américains, devrait se diriger vers Sprint-Clearwire, plutôt que d’essayer de signer à tout prix avec Verizon qui se fait prier. Un tel accord permettait à Apple de s’installer avant tout le monde dans la 4G, à travers le WiMax que Clearwire commence à installer aux Etats-Unis et qui se développe un peu partout dans le monde. Il y a maintenant un réseau Wi Max à Mountain View et à Palo Alto. Non encore ouvert officiellement, il intéresse beaucoup de monde compte tenu de la médiocrité du DSL local.  Mais l’un des gros investisseurs dans Clearwire est Google et WiMax n’est pas encore considéré comme une technologie d’avenir par Wall Street.

L’avenir de l’iPhone est donc encore très ouvert, mais les grandes manœuvres ont commencé pour le contrôle des plateformes de téléphonie. Nokia, Palm et Microsoft seront-ils de simples spectateurs/victimes? Difficile à croire.

Le Paquet Télécom approuvé, Hadopi sera plus difficile à appliquer

Posted 5 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Europe, Régulation

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Handcuffs oldAprès 2 années pleines d’intense lobbying et de vives discussions entre la Commission Européenne, les Députés du Parlement Européen et le Conseil des Ministres Européens, le Paquet Télécom devrait être approuvé sans amendements supplémentaire lors d’un vote du Parlement Européen qui aura lieu dans une session du 23 au 28 Novembre prochain.

La France a retardé le processus

L’une des grandes controverses de ce nouveau cadre de Règlementation Européenne des Télécom pour les 5 années à venir a été le fameux article 138 sur le contrôle et les mesures envisagées contre les téléchargements « illégaux », dont une première version contredisait et annihilait plus particulièrement les effets de la loi Hadopi en France. Celle-ci en effet remettait en cause la présomption d’innocence en vue d’industrialiser l’application des sanctions apportées contre les téléchargements considérés comme illégaux.

Les pressions conjointes exercées par l’industrie du contenu sur les représentants des 27 qui siègent au Conseil des Ministres et par les Ministres Français y siégeant, ont fait dérapé de plus de 6 mois l’adoption du Paquet Télécom dont l’objectif est de créer un marché unique Européen des Télécoms, ouvert, concurrentiel et innovant. A  plusieurs reprises en effet, l’industrie du contenu représentée par quelques sociétés qui détiennent un vrai monopole du contrôle de la distribution des contenus dans le monde a tenté d’imposer des vues plus restrictives sur les libertés publiques face à Internet, parce qu’Internet ne leur permet pas d’y exercer leur contrôle comme ils le souhaitent.

Après un vote du Parlement Européen du 24 septembre où les députés à une écrasante majorité ont imposé que chaque mesures prise contre des téléchargements « illégaux » soit prises après décision spécifique d’une autorité judiciaire, le Conseil des Ministre a signifié son désaccord sur ce point.  Pour répondre à la nécessité d’un consensus entre le conseil des Ministres et le Parlement, il a donc fallu réunir une commission de conciliation autour de ce seul article pour parvenir à un accord parfait entre le Parlement et le Conseil des Ministres. C’est aujourd’hui chose faite…

Bannir les lois « 3 strikes » de la palette juridique

Viviane Reding, commissaire européenne pour les télécoms et la société de l’information indiquait à ce sujet : « Le débat entre le parlement et le Conseil a aussi clairement montré qu’en Europe, nous devons trouver de nouveaux moyens plus modernes et plus efficaces de protéger la création artistique et la propriété intellectuelle. La promotion d’offres légales, y compris au delà des frontières, doit devenir une priorité pour les décideurs politiques.

Les lois « 3 strikes » qui permettent de couper l’accès Internet sans une procédure préalable juste et impartiale ou sans enquête judiciaire effective appropriée n’entreront pas dans la palette juridique Européenne. »  Le nouveau texte adopté, qui sera normalement legalisé au niveau Européen d’ici la fin du mois de novembre, précise que les sanctions prises contre les téléchargements illégaux doivent en particulier respecter le droit à la vie privé et la présomption d’innocence.

Concernant toute mesure prise par l’un ou l’autre des Etats membres de la Communauté Européenne (dans le cas de la lutte contre la pornographie des mineurs et contre les autres activités illégales), les citoyens européens devront bénéficier « d’une procédure préalable impartiale et juste, comportant notamment le droit d’être entendu et de bénéficier d’une procédure judiciaire réelle et appropriée. »

Les « caps » restent à la discrétion des régulateurs de chaque pays

Pour “La Quadrature du Net“, une association de défense des consommateurs qui a fortement milité autour de l’article 138, il s’agit d’une victoire en demi-mesure parce que le texte est en retrait par rapport texte précédent qui mentionnait « une décision judiciaire préalable » à la place d’une “procédure”. Il n’en reste pas moins que la Loi Hadopi, même si elle n’est pas remise en cause par le Paquet Télécom, pourra être fortement discutée et contestée dans son application.

Ces mesures seront mises en place au niveau de chaque pays membre, ce qui signifie aussi qu’elles pourront connaitre des variantes pays par pays. Il fait aussi remarquer que les mesures prises indépendamment par les opérateurs téléphoniques pour restreindre ou contrôler d’une manière ou d’une autre les accès à leurs réseaux ne tombent pas sous le coup de cet article.

Ce qu’aux Etats-Unis on appelle les « caps », c’est-à-dire la limitation plus ou moins arbitraire de la bande passante pour les utilisateurs jugés par l’opérateur comme de trop gros consommateur de bande passante reste ainsi du domaine des régulateurs de chaque pays. C’est ce qu’aux Etats-Unis on appelle la Neutralité du Net,  et que les opérateurs Français considèrent comme un mode interne et privé de gestion de leur réseau.

Enfin le paquet télécom comporte un ensemble de 12 mesures qui avaient été préalablement approuvée lors du vote du 24 septembre dernier. Je reviendrai sur certaines d’entre elles.

L’Avicca fait son TRIP 2009

Posted 4 novembre 2009 by Alain Baritault
Categories: Sans Fil, Television, Territoire, Trés haut débit, Usages et services, WiMax, applications municipales

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avicca1 milliard d’Euros est le morceau du “Grand Emprunt” que Michel Mercier, Ministre de l’Aménagement du Territoire suggère d’attribuer aux zones défavorisées ou faiblement peuplées dans le cadre d’un plan « Très Haut Débit » qui a du mal à sortir des cartons.

Cette somme de 1 milliard d’Euros devrait  permettre aux collectivités territoriales moins peuplées de financier une partie de leurs infrastructures de fibre pour acheminer l’Internet à très haut débit fixe ou mobile sur l’ensemble de leur territoire, sachant que les opérateurs ne sont pas très intéressés d’investir dans ces zones dites « non rentables ».

Faire démarrer le très haut débit

Michel Mercier sera donc l’invité d’honneur lors de la 5ème conférence annuelle de l’Avicca (Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel)  « Territoires et Réseaux d’Initiative Publique » qui se déroulera à l’Institut Pasteur les 16 et17 novembre prochain.

Le thème de cette conférence qui réunit en général 3 à 500 personnes élus et hauts responsables de l’aménagement numérique des territoires, est bien entendu le très haut débit (le FTTH) dont on parle beaucoup depuis maintenant plus de 2 ans.

Alors que le département des Hauts de Seine, département riche, a obtenu le feu vert de la Commission Européenne pour le co-financement de l’installation de 800.000 prises FTTH dans les foyers, la question est maintenant de savoir dans quelles conditions les zones moins riches, moins peuplées vont pouvoir activement faciliter le déploiement du très haut débit sur leur territoires, sachant que la priorité des opérateurs les oriente plutôt vers les territoires et les villes les plus peuplées. De quels outils techniques et de quelles informations sur les réseaux existants disposent les collectivités?

Montée en débit, pourquoi, comment?

Des solutions intermédiaires (pudiquement appelées: de montée en débit) s’offrent parfois à eux. Comment en tirer avantage pour faciliter le déploiement du FTTH, et ne pas se retrouver enlisé par des investissements coûteux de courte portée ? Comment l’action des collectivités en matière d’habitat social  peut être un catalyseur ? Comment la mise en place d’un schéma directeur de l’aménagement numérique pour chaque territoire est un moyen d’obtenir une aide de l’Etat mais aussi d’avoir une vision qui permet d’anticiper sur les services à déployer, sur les usages et de planifier une montée en débit efficace moins coûteuse pour la communauté ? Quels sont les montages juridiques les plus appropriés pour permettre aux collectivités de développer durablement  le très haut débit sur leur territoire en assurant l’ouverture des réseaux ? Ce sont les thèmes qui seront abordés et discutés au cours de ces 2 journées.

Enfin L’Avicca consacrera deux  sessions  sur le développement des télévisions locales et régionales et sur la couverture de la TNT… en attendant la Télévision sur la Fibre… !!