Syntec presente un livre blanc pour l’Hopital Numérique


L'ouverture du Salon HIT 2010

La Ministre de la santé Roselyne Bachelot Narquin a préféré s’abstenir plutôt que de visiter comme prévu le salon HIT 2010 (Health Information Technology)  organisé par le groupe anglais UBM en début de cette semaine à la Porte de Versailles.  En effet une bruyante délégation l’attendait et a accompagné le cortège, sans la Ministre, à travers les allées du salon en scandant des slogans et en brandissant des drapeaux.

Dossier Médical Personnel, télémédecine, e-santé, hôpital numérique sont en général, et partout dans le monde, des termes synonymes de progrès et d’innovation. Pourtant dans notre pays, encore aujourd’hui, ils suscitent les craintes et les réticences des acteurs et des utilisateurs à travers des amalgames classiques et généralement bien mal définis autour de la sécurité, de la déontologie, du respect de la vie privé, de la déshumanisation des soins, de l’augmentation des coûts et de la réduction des effectifs.  La mise en œuvre des technologies de l’information est effectivement une révolution qui bouleverse les mécanismes industriels économiques et sociaux,  les modes de vie et les habitudes à la maison et au travail. La santé n’y échappe pas.

Rechercher une approche qui permette le dialogue

Le salon HIT était ainsi un point de rencontre, plutôt bouillonnant,  entre le monde médical, l’administration, les patients et les technologies de l’information. « autant de mondes, ainsi que l’indiquait Jean Mounet, Président du Syntec, qui ont beaucoup de mal à communiquer entre eux  au sein de l’Hôpital. »  Pour la première fois, cette année, Le Syntec avait réuni quelques grands constructeurs, intégrateurs et éditeurs de logiciels informatiques, membres du Syntec  Santé, regroupés sur un stand unique, présentant des activités multiples et variées dans le secteur de la Santé. On y retrouvait côte à côte les sociétés suivantes :  Aastra France, Accenture, Altran, Bull, Ineum, Microsoft, Oracle, Orion Health, Santeos, Spie Communications, Voluntis et Nextira One.

A cette occasion, le Syntec Santé présentait un livre blanc  intitulé : « L’hôpital Numérique à l’heure de l’ouverture », comportant un ensemble de réflexions de membres d’une dizaine de grandes entreprises opérant dans ce secteur (Sopra, Orange Services, Bearing Point, British Telecom, Bull, Ineum, Oracle, Microsoft, Nextira One et Santeos). Sous-titré « Des SIH (Systèmes d’Information Hospitaliers) vers un système d’information et de communication de Santé » Ce livre blanc, arrive alors que progressivement arrivent les textes officiels de promulgation de la loi Hôpital Patient Santé Territoires (HPST) votée en juillet 2009, dont la mission est de réorganiser complètement  le système de santé en France en modernisant les établissements de santé. Très clairement, le Syntec cherche à apporter sa contribution à la modernisation de l’hôpital grâce aux 1000 entreprises du secteur TIC que regroupe ce syndicat, qui représente environ 85% des 40 milliards de  chiffre d’affaire que réalise ce secteur en France, assurant un emploi à plus de 360000 personnes.

Dès les premières pages du livre blanc, le bilan montre l’ampleur de la tâche. Un diagnostic sans complaisance débute par le constat d’un système d’information et de communication Santé  plutôt « fiévreux » et « faible » où l’hôpital se trouve au centre de pratiques et d’enjeux et multiples souvent contradictoires. On peut lire « L’hôpital est ainsi devenu l’un des rares marchés à ne pas tirer profit des avancées des technologies de l’information et de la communication. On peut cependant noter que la mise en place de l’ASIP Santé et de l’ANAP contribue à donner une meilleure visibilité sur la politique publique en matière de systèmes d’information et de communication. »  Les rapports et les enquêtes de toutes origines se sont succédés depuis presque 10 ans pour entériner ce  constat.

On ne parle pas de technologie pour déclencher le dialogue.

L’hôpital se trouve dans une situation identique à celle des entreprises il y a 20 ans lorsque la micro informatique les a obligé à faire évoluer leurs systèmes informatiques centralisés et monolithiques vers des systèmes plus déconcentrés, en réseau. Et  ces derniers  amorcent aujourd’hui une nouvelle évolution de fond avec l’arrivée dans l’entreprise du Web 2.0 et du Cloud, c’est-à-dire l’ouverture vers le multimédia, les standards ouverts, les réseaux sociaux (le consommateur, client et partenaire, au sens large)  et l’externalisation des traitements informatiques. On remarquera que ce sont des aspects que le livre blanc n’aborde pas vraiment (parce que trop techniques) alors qu’ils sont considérés comme les dernières tendances et parmi les enjeux clés de l’évolution des systèmes d’information dans les entreprises.

Patrice Sabran, Vice président de Orange Business Services  qui a participé à ce livre blanc insistait sur un point important à sa vue ; « nous ne parlerons pas technologie ni technique, dit-il, parce qu’il est plus important que l’hôpital travaille sur un diagnostic de son organisation informatique et télécom avec en perspective l’enjeu des transformations à venir dans l’année à venir. L’autre objectif de ce livre blanc est de permettre l’établissement d’un dialogue constructif entre les exécutifs des hôpitaux et leurs DSI… (si ceux-ci  existent)… ». Très clairement, l’amélioration de la circulation et du traitement de l’information dans le monde médical a encore de beaux jours devant elle.

Mais aujourd’hui, le recours à la notion traditionnelle de système d’information parait plutôt mal adapté et caduque  pour adresser un réel problème de gouvernance associée à  la complexité de la gestion des flux d’information de l’hôpital  au sein d’un territoire, dans un environnement réglementaire encore en cours de finalisation…

L’image classique du Système d’Information est elle  adaptée ?

Mais l’image classique des systèmes d’information semble aller à l’encontre de cette ouverture vers le dialogue. En effet, sorte de mouton à  5 pattes qui répond au besoin typiquement Français de créer des schémas directeurs technocratiques qui ne sont jamais adoptés, l’image du SI, a posteriori devenu SIH (Système d’Information Hospitalier) ne semble pas le bon moyen, ou du moins la bonne approche pour faire tomber les barrières entre des mondes qui justement se retranchent et veulent se protéger derrière leurs métiers, leurs compétences, leurs techniques.

Compte tenu de l’environnement complexe dans lequel se trouve l’hôpital, avec notamment la mise en place du DMP et de l’identifiant unique, encore considérés comme des cicatrices qui ne demande qu’à se rouvrir,  faire appel à la notion de SI semble quelque peu prématurée alors que la plupart des hôpitaux n’ont aucune notion de ce que cela signifie. Les recommandations de la loi sont de considérer « le patient dans une chaine de soins », mais on oublie aussi un peu rapidement que celui-ci devient un prescripteur actif dans la chaine. En effet, la génération des baby boomers, familiarisée avec l’utilisation du PC, va arriver à l’hôpital avec des exigences bien précises en termes de convergence? Ne parlons pas de la génération Y. Beaucoup de patients arriveront avec  leur PC et demanderont un accès haut débit pour lire leurs mails, regarder la TV sur Internet, consulter leur DMP, se divertir ou même travailler de leur lit et communiquer en vidéo-conférence avec leurs proches ou leurs collègues sur Skype.  Ce qui semblait une prérogative de « patient privilégié » dans l’hôpital d’hier est en train de devenir une exigence de tous, y compris des plus agés.

L’hôpital est un lieu de vie, un peu particulier certes, mais les patients veulent y retrouver  autant que possible leurs activités quotidiennes et leur environnement social. Les technologies numériques leur en donne la possibilité tous les jours, il n’y a donc aucune raison qu’ils ne puissent y accéder à l’hôpital.

Informer et susciter les développements en expliquant ses

Préparé par des professionnels de l’informatique, pour qui le marché de la santé en pleine évolution  représente des perspectives importantes, ce rapport n’explique pas les enjeux de son secteur plus particulièrement sur la manière dont la profession approche le rapport entre  les infrastructures et les services, qui sont au cœur de la problématique des entreprises et des collectivités à l’heure actuelle.

En effet, comment les professionnels de la santé qui se sentent menacés par une administration fortement technocratique vont-ils percevoir un discours qui laisse au techniciens le soins de prendre en charge ce problème critique ? La notion de système intégré de bout en bout alors qu’on parle d’interopérabilité, de standards, de systèmes ouverts et de réduction des coûts ne demande-t-elle pas quelques explications supplémentaires ?

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One Comment sur “Syntec presente un livre blanc pour l’Hopital Numérique”

  1. Jérémy Says:

    Bonjour,

    Je me permets de vous contacter car nous venons de lancer un débat qui pourrait sûrement vous intéresser, et je vous convie donc à y prendre part afin d’exprimer votre point de vue et faire progresser le débat :

    Le dossier médical de santé est privé. C’est le patient qui en a le contrôle, gère la visibilité des données et la liste des praticiens autorisés à y accéder. En cas d’urgence, le Samu aura toutefois la possibilité de le consulter grâce à une clé spéciale. Depuis son lancement, le DMP a toutefois rencontré de vives oppositions. Certains s’inquiètent du fichage massif des données de santé. Et si ces informations parvenaient à l’employeur? Et si assurances et mutuelles y avaient accès?

    Faut-il numériser ses données médicales ? (http://www.newsring.fr/societe/950-faut-il-numeriser-ses-donnees-medicales)

    Pour participer, il suffit de se connecter sur le site (à l’aide de Facebook, Google+ ou LinkedIn) et de cliquer sur “contribuer au débat”. Nous pouvons également vous créer un compte indépendant des réseaux sociaux si vous le souhaitez. Attention le compte est nominatif, et donc

    Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me recontacter.

    Bien à vous,


    Jérémy
    Community Manager Stagiaire à Newsring.fr

    Facebook : Newsring.fr
    Twitter : @Newsring_fr


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