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1 voyageur sur 2 veut du WIFI gratuit

11 septembre 2011

Si vous voyagez fréquemment en Angleterre, une étude réalisé par BDRC Continental, une société Anglaise d’études et de recherches marketing ne peut pas vous laisser indifférent(es). En effet, cette étude porte sur l’importance de l’accès au WiFi gratuit sur le comportement et les choix des utilisateurs qui voyagent régulièrement pour leurs activités professionnelles. Elle met en effet en évidence que 49% des voyageurs sont prêt à lâcher leur hôtel ou leur chaine d’hôtel préférée pour un hôtel qui leur offrira un accès Wifi gratuit. Ceci montre que l’accès internet gratuit compte énormément lorsqu’on est en voyage d’affaire, et certainement encore plus lorsqu’on est en voyage privé.

L’APH (Airport Parking & Hotels) est une société Anglaise qui depuis 30 ans fournit aux voyageurs Anglais des parking proches d’une dizaine d’aéroports sur l’ensemble du royaume et d’un certain nombre d’hôtels, accompagnés de services leur facilitant leur départ, leur arrivée et leur séjour sur place. Très concernée par la satisfaction de ses clients, l’APH a réalisé une enquête très précise et bien documentée sur les accès WiFi dans 93 hôtels situés à moins de 15 minutes d’un aéroport Anglais. Y figurent aussi les lieux publics dans les aéroports qui offrent des accès WiFi, ainsi que les coûts et conditions d’accès à ces hots spots. On trouve encore des prix exorbitants, 4 £ pour une demi-heure (dans l’Aéroport de Gatwick par exemple) ou encore 30£ pour 24 h (les Sofitel ou Novotel du Groupe Accor ne sont pas en reste), mais beaucoup d’hôtels offrent l’accès gratuitement. (Une £ivre coûte environ 1.2 €uros)

Quelqu’un pourrait-il faire une étude de ce genre sur les hôtels et aéroports français ?

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Le WiFi plus facile pour soulager les réseaux cellulaires engorgés

23 mars 2011

Les opérateurs mobiles, la WiFi Alliance et les constructeurs de materiels WiFi ont travaillé ensemble pour mettre en place un nouveau programme standard de certification pour le WiFi qui permette un meilleur accès des téléphones portables aux réseaux WiFi des opérateurs et aux réseaux WiFi publics.

Appelé “Wi-Fi CERTIFIED hotspot program” ce programme sera actif dès la première moitié de 2012. “S’assurer que les utilisateurs puissant facilement accéder aux hotspots de différents fournisseurs est positif aussi bien pour les utilisateurs que les FAI et les fabricants d’appareils » explique Kelly Davis-Felner, directeur marketing de la WiFi Alliance. « Nous prévoyons une expérience identique à celle du téléphone cellulaire, automatique partout dans le monde dans les hotspots sécurisés des opérateurs de services » ajoutait-il. Rida Zouaoui, Directeur de la standardisation des réseaux d’accès chez France Télécom mentionnait l’active participation de l’opérateur Français à ce nouveau programme. « En développant une certification approuvée par les opérateurs, indique-t-il, cette nouvelle génération de hotspots permettra à Orange de fournir des services Wifi qui soient fiables et faciles d’utilisation. De plus, l’authentification basée sur la carte SIM améliorera la sécurité et l’accessibilité aux hotspots Orange, plus particulièrement en situation de roaming.. »

Authentification automatique par la carte SIM

L’apport de ce nouveau programme est d’offrir une méthode standard qui facilite l’authentification des portables par le biais de leur carte SIM, permettant à l’utilisateur de « roamer » (passer d’un hotspot à l’autre) sans être déconnecté ni avoir à entrer de nouveau ses codes d’identification et de compte, pourvu que les 2 hotspots soient gérés par le même opérateur.  Cette procédure de sécurisation appelée WPA2 apporte donc une fonctionnalité standard nouvelle au WiFi permettant aux opérateurs de plus avoir à développer leur propre système de sécurité (propriétaire) pour utiliser la carte SIM des combinés dans leur procédure de sécurisation des hotspots.

WPA2 est une version spécifique du mode de contrôle d’accès au 802.1X qui permet de demander une identification adéquate afin d’utiliser un hotspot. Dans la version développée par la WiFi Alliance, l’encryption AES-CCMP est utilisée et WPA2 est utilisé conjointement avec EAP-SIM qui est la procédure de communication utilisée par le protocole 802.1X pour envoyer et recevoir des messages de la carte SIM. Cette procédure est couramment utilisée dans les téléphones GSM pour l’authentification d’accès au réseau. Comme la procédure de communication n’était jusque là pas sécurisée, les opérateurs développaient à leur manière leur propre système de sécurisation, le rendant incompatible avec les autres, ce qui obligeait l’utilisateur à enregistrer ses identifiants chaque fois qu’il changeait de hotspot. L’utilisation WPA2 résout donc le problème de l’interopérabilité des procédures de sécurisation de EAP-SIM. L’utilisateur n’aura donc plus à  être impliqué dans la procédure de login au Wifi en entrant ses codes à chaque fois. Il sera identifié une fois pour toute grâce à sa carte SIM.

Quand les prix du WiFi seront-ils abordables ?

L’utilisation du WiFi avec un telephone cellulaire pour accéder à Internet sera donc largement facilitée et l’utilisateur pourra passer d’un hotspot à l’autre sans être déconnecté. Est-ce que cela va faire baisser le prix des accès WiFi? Rien n’est moins sûr.  Hier encore, Roxanne Varza de Tech Crunch France notait que les accès WiFi en France sont outrageusement trop élevés, proche du racket, à travers l’exemple du Westin Hotel de la Place Vendome, dont le tarif est de 12 € de l’heure… Cette situation se répète dans la plupart des chaines d’Hôtels Françaises qui ont passé des accords avec l’un ou l’autre des opérateurs français.

Chez Accor par exemple qui a passé un partenariat avec France Télécom en 1998, il est impossible de trouver une grille de tarification du Wifi dans ses hôtels (Novotel, Mercure et Ibis en France, Motel 6 aux Etats Unis, etc…) et généralement, la mauvaise surprise arrive avec la facture de la nuit d’hôtel. D’autre part, du fait de cet accord, les utilisateurs de mobiles d’autres opérateurs sont défavorisés et ne peuvent pas bénéficier des conditions proposées par l’opérateur dans ce réseau. Les hôteliers n’ont pas encore vraiment compris l’importance de l’accès WiFi dans leurs établissements.

Migration des réseaux (FTTH et LTE) et fracture numérique en France

22 octobre 2010

En marge de la manifestation TRIP de l’Avicca qui s’est tenu la semaine dernière à Paris, j’ai interrogé deux des principaux opérateurs alternatifs en France dont l’offre s’oriente vers le grand public. Ce sont des start’up innovantes qui survivent,  coincées entre les gros opérateurs et une régulation qui ne favorise pas les petites sociétés, en adressant un marché croissant en France, celui des zones blanches ou encore de la fracture numérique.

Un accroissement inéluctable de la fracture numérique

Philippe Le Grand est vice président de Nomotech, start’up crée en Normandie il y a 7 ans et Romain Bucelle est  co-fondateur et Directeur de l’ Innovationd’Als@tis , une start’up crée il y a 6 ans à Toulouse. Tous deux pensent que dans les conditions actuelles de la migration des réseaux en France vers des réseaux à très haut débit (FTTH et LTE), les zones blanches vont se maintenir, mais aussi devenir plus importantes jusqu’à atteindre 15 à 20% de la population Française. Effets liés à la manière dont sont réalisés les investissements et effets mécaniques liés à l’augmentation des débits que vont apporter ces nouveaux réseaux qui se déploieront en priorité dans les zones densément peuplées.

Philippe Le Grand, Vice Président de Nomotech

Romain Bucelle, Co-Fondateur et Directeur de l’Innovation d’Als@tis

Le retour du WiFi

Pour eux, le WiFi et les technologies sans fil d’accès à Internet sont une solution simple, peu chère et facile à mettre en oeuvre pour résoudre les problèmes de fracture numérique dans les zones plus faiblement peuplées. Littéralement boycoté par les opérateurs qui ne peuvent pas « verrouiller leurs abonnés », la technologie WiFi est aujourd’hui mature et continue d’évoluer en puissance. Elle est  installée dans les zones blanches pour résoudre des problèmes que ne veulent pas adresser les opérateurs. Ceux-ci ne vont pas dans les zones blanches pour des raisons de rentabilité, d’industrialisation et de repliement sur leurs propres réseaux qu’ils rechignent à partager et qui deviennent une arme de bataille pour empêcher la concurrence.

Concurrence par les réseaux vs concurrence par les services

L’Europe et le régulateur Français l’ARCEP, ont institué la concurrence par les infrastructures, c’est-à-dire que chaque opérateur s’appuie sur son réseau propre pour conquérir des clients. Cette norme provoque donc un surinvestissement dans les zones denses (et profitables) ou chaque opérateur veut avoir son réseau en propre, et elle provoque un non investissement dans les zones dite « non rentables » que les opérateurs délaissent parce qu’ils n’y voient pas de rentabilité rapide en fonction des investissements à réaliser.

D’un point de vue des services, la situation est pire puisque les opérateurs nationaux créent une palette de services qui est disponible uniquement sur leur réseau (accessible par le biais de la box qui permet l’accès chez le particulier). Ces services sont en fait une succession d’offres qui permet à l’opérateur d’augmenter son ARPU (le revenu moyen par utilisateur) mais ne cherche pas réellement à résoudre les vrais besoins des utilisateurs. Il en résulte que l’innovation est dans le communiqué de presse, mais pas souvent sur le terrain…

Mutualisation et réseaux d’initiative publique

Pour tenter de résoudre les problèmes de la concurrence par les infrastructures, posés surtout par Orange France Télécom qui sous ses précédents PDG (Didier Lombard et Thierry Breton) a cherché à reconstituer le monopole qu’elle avait perdu, justement en s’appuyant sur son énorme réseau en place et en le développant discrètement, l’ARCEP a mis en place une régulation obligeant  Orange France Télécom à ouvrir ses réseaux  et de les louer à ses concurrents à des prix raisonnables, pour y faire passer des services.

Mais tout le débat sur la neutralité des réseaux est là… Est-ce qu’un opérateur peut contrôler le type de service qui vient sur son réseau, parce qu’il veut favoriser ses propres services. Est ce que par exemple, les sociétés propriétaires des autoroutes peuvent devenir constructeurs de voitures ou de camion et décider d’empêcher la circulation aux voitures chinoises… ou aux voitures allemandes… ou aux voitures vertes qui ne sont pas achetées chez elles, sur leurs voies, ou leur faire payer un péage plus cher que les autres? Les réseaux de communication sont ils des réseaux d’utilité publique ou bien les communications peuvent-elles être gérées par des sociétés indépendantes qui possèdent des infrastructures qu’elles utilisent comme bon leur semble?

Fibre et montée en débit

Aujourd’hui, les réseaux d’initiative publics, mis en œuvre par des collectivités sont des réseaux publics, c’est-à-dire neutres et ouverts à tous les opérateurs qui veulent les utiliser, chacun y accédant selon une grille tarifaire identique. Mais le législateur empêche les collectivités de devenir directement opérateur, c’est-à-dire de mettre en œuvre un réseau directement capable d’offrir des services (ils ne peuvent constuire que de la fibre noire). Il en résulte que les opérateurs, qui ne veulent pas voir des réseaux collectifs les concurrencer, se font prier pour venir « l’allumer », c’est-à-dire offrir des services sur ces réseaux d’initiative publique, quitte a construire leur propre réseau en parallèle ou laisser mourir les DSP qui ne leur plait pas. Les petits opérateurs alternatifs n’ont en général pas les moyens « d’allumer »  ces réseaux (un investissement lourd)  et doivent se contenter de louer de la bande passante. Tous le problème réside donc dans le catalogue d’offre proposé par les délégataires de réseaux publics…  D’autre part la montée en débit qui consiste à dégrouper les sous-répartiteurs d’Orange France Télécom, se fait en grande partie aux frais des collectivités qui disposent ainsi d’une solution coûteuse, limitée, qui les empêchera de passer à la fibre pour très longtemps et qui permet en grande partie à France Télécom de moderniser son réseau à moindre coût. Mais elle résout un problème immédiat, fortement ressenti par les élus locaux. Orange France Télécom  acquiert ainsi un poids supplémentaire à bon marché dans le jeu de la concurrence par les infrastructures.

Quel rôle pour l’ARCEP ?

Tout ceci pose aussi la question du rôle de l’ARCEP alors que des nouveaux marchés se créent (FTTH et LTE). L’ARCEP est-il un régulateur qui résout les problèmes de concurrence et les disfonctionnement du marché ou bien est-il un organisme qui façonne un nouveau marché en cours de création en imposant la volonté de l’Etat Français fortement jacobin et de l’Europe qui veut crée un marché européen capable de concurrencer le marché américain?  Il en résulte que le marché devient le pré carré de 4 opérateurs qui hurlent déjà qu’il y a trop d’acteurs et veulent intégrer verticalement leurs activités, de l’infrastructure aux contenus et aux services et qui établissent leurs jardins protégés appuyés sur leurs propres réseaux, fermés hermétiquement grâce à la concurrence par les infrastructures. Il en résulte que les services offerts aux utilisateurs sont pauvres et que les taux d’abonnement au FTTH sont très faibles.

La migration vers les NGN, c’est-à-dire la création d’une boucle locale fibre, et l’arrivée du LTE sont encore plus importants que la création du réseau ferré en France au début du siècle ou de l’électrification de la France. Mais les expériences du passé n’ont pas été prises en compte dans cette mutation fondamentale de notre économie…

Très haut débit sans fil pour tous, le « SuperWifi » annoncé aux Etats Unis..

28 septembre 2010

La FCC américaine vient de libérer un ensemble de fréquences hertziennes inutilisées dans les interstices des chaines de télévision analogiques afin de les ouvrir à une utilisation sans licence préalable par des « terminaux mobiles » capables de télécharger des informations à très haut débit (80 Mbps et plus). Immédiatement appelé SuperWiFi parce que ces fréquences basses peuvent transporter des données à très haute vitesse sur des grandes distances (plusieurs kilomètres) à partir d’émetteurs de faible puissance, ce réseau couterait beaucoup moins cher à installer que les réseaux cellulaires 3G ou LTE, ne parlons pas des réseaux de fibre qui se cantonnent dans les zones denses aujourd’hui. Il serait plus puissant, capable de mieux pénétrer dans les bâtiments et serait ouvert à tous : particuliers, municipalités, communautés diverses, opérateurs… sans nécessité de posséder ou d’acheter une licence d’exploitation.

Inspiré du mode de fonctionnement du WiFi (qui rappelons le fut interdit à ses début pendant quelques temps en France), il serait basé sur des technologies nouvelles plus performantes, plus efficaces et moins chères dont les développements semblent déjà avancés aux Etats Unis… Le Chairman de la FCC, Julius Genachowski indiquait « Cette décision ouvre une nouvelle ère pour l’innovation technologique américaine. Nous savons d’expérience que ce spectre non licencié peut susciter des innovations énormément utiles. Par exemple, il y a des années, personne n’imaginait la manière d’utiliser du spectre de basse qualité inutilisé qualifié de « bande pourrie » lorsque la FCC a décidé de le libérer sans licence.  Le résultat fut une vague de technologies nouvelles… le Wifi qui est aujourd’hui une industrie de plusieurs milliards de dollars et une partie essentielle de l’écosystème de la mobilité ». Cette nouvelle approche permettrait de réaliser le très haut débit pour tous sans la fibre.

Un mouvement entamé il y a dejà 3 ans

Mais chaque fois que de nouvelles fréquences hertziennes sont libérées et destinées à être proposées au public pour créer de nouvelles infrastructures qui ne tombent pas à priori dans l’escarcelle des opérateurs en place, les boucliers se lèvent, surtout aux Etats Unis ou les lobbies des opérateurs sont extrêmement puissants et efficaces pour protéger leurs monopôles. Le WiFi en son temps a pris tout le monde par surprise et les opérateurs ont eu beaucoup de mal à le museler. Aujourd’hui, ils ne veulent pas se laisser prendre de nouveau avec ce super Wifi. Chacun sait en effet que ces monopoles historiques s’appuient sur les infrastructures pour verrouiller les consommateurs « ad vitam » chez le même opérateur, jusqu’à ce qu’une nouvelle technologie arrive, qu’ils refusent dans un premier temps et essaient de récupérer et de contrôler, ou même de tuer dans un deuxième temps (cf le WiMax).

Ce mouvement se fait sous le regard plus ou moins bienveillant des régulateurs (FCC, ARCEP, Ofcom, ORECE,  etc…) dont le rôle est de faciliter le développement des infrastructures et des usages sur des marchés réputés ouverts. C’est une des raisons pour lesquelles les opérateurs sont particulièrement averses à toute innovation technologique… (sauf au niveau du discours)… et c’est aussi la raison pourquoi ils voient d’un très mauvais œil l’annonce de ce « superWiFi » que tout le monde découvre aujourd’hui mais qui se prépare aux Etats Unis depuis déjà plusieurs années sous le terme de « White Spaces » ou encore « Fréquences Blanches ». Il est donc tout naturel que la FCC, dirigée de façon intelligente, s’oriente vers une mise à disposition non licenciée de ces fréquences, étant quasiment certaine que l’innovation viendra avec.

Que sont ces « bandes blanches » ?

A la fin de 2006 et au début 2007, plusieurs ingénieurs de sociétés de la Silicon Valley comme Google et autres grands de l’informatique ou d’internet se réunissaient pour discuter de ces fameuses fréquences blanches et finalement créent une alliance appelée « White Space Coalition » regroupant plusieurs poids lourds comme Dell, HP, Microsoft, Google, Intel, Philips, Earthlink et Samsung. L’objectif clairement affiché est de développer une technologie sans fil qui utilise des petites portions de bandes de fréquences de la Télévision Analogique dans les zones 54 – 698 MHz, pour transporter des données sans fil à très haut débit (80 mbps et au dessus). Les bandes de fréquences visées sont appelées « bandes blanches » ou « fréquences blanches » parce que ce sont des bandes inutilisées qui ont été mises en place pour éviter les interférences entre les canaux de télévision analogique (aujourd’hui en cours de disparition).

L’un des principaux problèmes de l’utilisation de ces fréquences blanches est posé par les interférences qui peuvent se produire avec les canaux de télévision existants. En octobre 2008, Google tenait une conférence sur ce thème dans ses locaux à Mountain View montrant l’intérêt de nouvelles technologies comme les radios cognitives qui permettent une gestion dynamique et flexible à basse puissance des fréquences vacantes.

L’une des difficultés de l’utilisation de ces fréquences blanche est qu’elles forment un véritable « gruyère » parce que ce sont des petites bandes de fréquence qui se trouvent entre des canaux de TV affectés à des endroits différents selon les régions. La technologie doit donc déterminer avec précision les canaux pré-existants et éviter les interférences locales. Le 5 novembre suivant, la FCC approuvait à l’unanimité l’idée de l’utilisation non licenciée des fréquences blanches, accompagnée d’un ensemble de recommandations sur la manière dont les appareils (TV Band Devices) doivent fonctionner pour éviter les interférences locales.

L’argument des interférences…

A peine la décision de la FCC était-elle prise en novembre 2008 que la NAB (National Association of Broadcasters) réagissait associée à l’Association for Maximum Service Télévision (MSTV) demandant à la FCC de revenir sur sa décision. Plainte était déposé devant la court d’Appel du District de Columbia mentionnant que l’utilisation des Fréquences Blanches conduirait à dégrader les services de Télévision. D’autres arguments étaient cités concernant les interférences possibles avec les fréquences audio utilisées par les micros dans les systèmes de sonorisation publique. La chanteuse américaine Dolly Parton, réquisitionnée par la NAB pour se faire l’avocat de la protection des fréquences blanches, perdait la bataille.

Microsoft, impliqué depuis le début dans ces bandes blanches, a mis en œuvre un prototype de réseau « superWifi » sur son vaste campus de Redmond et a testé les interférences possibles avec les dispositifs radio en place. Les ingénieurs de Microsoft ont développé des outils permettant d’identifier la présence de canaux audio utilisés au fur et à mesure que le terminal se déplace et d’éviter les interférences. L’installation mise en place avec seulement 2 stations a permis de couvrir la totalité du campus de Microsoft qui fait 250 hectares pour près de 200 bâtiments. Pour l’instant ce réseau est un prototype de laboratoire et Microsoft n’a pas indiqué son intention d’en faire un produit.

Les fréquences, un bien public…

Les fréquences hertziennes sont à la base des infrastructures de communication sans fil qui se développent depuis une bonne quinzaine d’années, qui sont aujourd’hui utilisées quotidiennement par des milliards d’utilisateurs pour téléphoner ou pour accéder à Internet sans fil, surtout depuis que les smartphones et les tablettes numériques se sont développés.

Historiquement, l’affectation des fréquences les plus attractives (dites en or) s’est faite au profit des technologies existantes à l’époque qui sont aujourd’hui quelque peu obsolètes et plutôt inefficaces en termes d’utilisation du spectre. Ces technologies, la télévision, la radio et la téléphonie cellulaire sont mises en oeuvre par des sociétés historiques qui détiennent des monopoles (de fait ou constitués) sur lesquelles elles sont assises confortablement grâce à la possession de ces fréquences. On a bien vu les difficultés qu’a soulevées l’attribution de la 4ème fréquence de téléphonie sans fil en France.

Que va faire l’ARCEP ?

La libération de nouvelles fréquences suscite toujours des ambitions chez des nouveaux entrants potentiels et des craintes des sociétés en place qui voient leur « legacy » devenir un véritable boulet s’ils n’investissent pas rapidement dans ces nouvelles technologies et ne répondent pas proprement aux nouveaux besoins qu’elles satisfont.  Ils cherchent donc à contrôler étroitement les affectations de nouvelles fréquences et l’innovation technologique. C’est probablement ce qui va se passer avec ce nouveau SuperWiFi.

C’est justement dans cette mesure que ce nouveau superWiFi est particulièrement intéressant parce qu’il élargira de façon importante la portée et la puissance du WiFi et ne sera pas, à priori, la propriété exclusive des opérateurs en place. Alors que les réseaux LTE représentent un investissement important pour les opérateurs, mais ne couvriront pas suffisamment de territoire avant une bonne quinzaine d’année à cause du lancinant problème des zones moins denses ou rurales dans lesquelles ils ne veulent pas investir, alors que les réseaux 3G sont surchargés et menacent de crouler sous la demande au fur et à mesure que les smartphones et les tablettes arrivent en masse sur le marché, le superWifi semble une opportunité incontournable.

L’ARCEP connait parfaitement ces bandes de « fréquences blanches ». L’Europe aussi, mais rien ne bouge encore de ce côté-là. Resteront-elles frileusement sur des positions prises? Par exemple en matière de WiMax,  interdire le roaming sous prétexte de prétendues interférences (et éviter une levée de bouclier de la part des opérateurs).  Ou bien prendront-elles rapidement des positions innovantes qui lèveront interdits et incertitudes sur ce superWiFi et permettrons à des développeurs et des industriels Français de se lancer dans cette nouvelle aventure… ?

Les téléphones Android dépassent l’iPhone

15 août 2010


Selon une récente analyse du Gartner Group, au cours du trimestre dernier (T2 2010), c’est-à-dire avant que l’iPhone 4 ne soit réellement mis sur le marché, le nombre de téléphones Android vendus dans le monde a dépassé le nombre d’iPhone vendus par Apple. Aux Etats Unis, Android a même dépassé le nombre de Blackberry vendus.

Alors qu’il y a un an à l’issue du trimestre équivalent (T2 2009) les téléphones Android n’occupaient que 1,7% du marché des ventes de smartphones, ils comptent aujourd’hui pour 17,2% du marché mondiale des smartphones, ce qui représente une remontée très significative. Esme Vos, Rédactrice en chef du site américain Muniwireless.com qui observe de près au services sans fil fait remarquer que l’iPhone 4 n’intervient pratiquement pas dans le décompte dans la mesure ou il a réellement commencé à se vendre au début du 3ème trimestre 2010. «  J’attends avec impatience les données du 3ème et du 4ème trimestre dit-elle, qui comprendront les ventes de l’iPhone 4 ».

Le marché mondial des smartphones (61 millions d’appareils vendus en T2 2010) représente cependant à peine 20% du marché mondial des téléphones, tous appareils et modèles confondus (325 millions d’appareils vendus en T2 2010). Mais cette part des smartphones à tendance à rapidement augmenter puisqu’il y a un an au même deuxième trimestre, il s’était vendu 41 millions de smartphones pour un marché total de 286 millions d’appareils, soit 14% environ. Les ventes de smartphones ont ainsi augmenté de plus de 50% d’une année sur l’autre.

A noter que Nokia qui est toujours le principal fabriquant de téléphone dans le monde, n’a toujours pas de smartphone capable de rivaliser sérieusement avec l’iPhone, l’Android ou même le Blackberry. Nokia vend actuellement des téléphones plus ou moins sophistiqués sous l’OS Symbian qui entrent dans la catégorie des smartphones, mais ses parts de marché semblent s’éroder, plus rapidement encore de celle du Blackberry de RIM qui lui aussi perd du terrain sous la pression conjuguée de l’iPhone et des téléphones Android. Nokia, lors du Mobile World Congress de Barcelone signait un accord avec Intel pour le développement conjoint d’un système d’exploitation à base de Linux appelé Meego qui servira de base à une série de smartphones, mais il ne verront pas le jours avant la fin de l’année. Symbian reste encore le système le plus utilisé mais il perd rapidement pied.  Microsoft est celui qui proportionnellement a la plus perdu dans cette émergence des smartphone, à cause du succès très limité de Windows Mobile 6.5 et de l’arrivée tardive de Windows Mobile 7, annoncée à Barcelone en février dernier, dont on attend toujours la mise sur le marché. Bada, la plateforme annoncée par Samsung semble avoir du mal à décoller au point que le fabricant coréen a décidé de vendre des téléphones sous Android avec un certain succès.

Un nouveau regain d’intérêt pour le WiFi

Toujours autour des téléphones Android, l’activité de ce début d’année semble avoir porté ses fruits puisque l’OS développé par Google a été adopté par Motorola (qui joue sa survie dans la téléphonie avec cet OS) par Ericsson et par HTC. Plusieurs opérateurs, dont Verizon aux Etats Unis, on aussi décider d’adopter ce système d’exploitation pour certains des téléphones vendu sous leur marque. L’opérateur américain répondait ainsi à Apple qui s’appuie sur un contrat exclusif avec AT&T pour son iPhone aux Etats Unis et dans certains autres pays. La notion d’exclusivité chez les opérateurs revendeur de l’iPhone n’est pas autorisée en Europe. L’exclusivité mise en place par Apple lui permet de réaliser des marges nettement supérieures à celle de ces concurrents. Cette constatation met en lumière la percée faite par Android ches les fabriquants de téléphones cellulaires et l’intérêt que lui ont manifesté les opérateurs.

Esme Vos met en évidence le rôle du WiFi chez les opérateurs et les utilisateurs de smartphones. En effet, alors qu’il était principalement utilisé par les possesseurs d’un ordinateur portable au cours de leurs déplacements, le WiFi est désormais fortement utilisé par les possesseurs de smartphones, et les opérateurs doivent en tenir compte. Cependant, elle précise que les opérateurs de WiFi dans les villes, les trains et un grand nombre de places publiques ne facilitent pas l’accès au WiFi par les utilisateurs de smartphones. « Vous attendez le train ou le métro, dit-elle, (à San Francisco doit-on préciser, car il n’y a pas de WiFi dans le métro parisien, ni les trains… merci la SNCF et la RATP) et le temps de remplir tous les éléments pour vous connecter au réseau WiFi avec votre smartphone, le train est déjà là… » Les opérateurs restent toujours retranchés dans leurs vieilles habitudes où le client doit se plier aux contraintes de l’opérateur. Pour les utilisateurs de smartphones qui utilisent fréquemment le WiFi, elle mentionne Devicescape qui facilite les connections WiFi à partir de n’importe quel appareil. Aux Etats Unis, encore plus qu’en France, les réseaux 3G sont de qualité médiocre et très irrégulière lorsqu’il s’agit de transfert de données sans fil.

Le WiFi devient un service gratuit aux US…

19 juin 2010

Aux Etats-Unis, la chaine de cafés Starbucks vient de décider de rendre gratuit l’accès WiFi dans ses  11000 cafés sur le territoire américain. Ainsi les utilisateurs d’ordinateurs ou de smartphones pourront disposer d’un accès Internet gratuit dans tous ses établissements.  Cette initiative intervient peu de temps après que McDonald, la chaine Américaine  de fast food  ait décidé, en décembre dernier , de rendre l’accès WiFi gratuit dans quelques 11000 de ses restaurants sur la totalité des Etats-Unis  rejoignant ainsi les chaines de librairies Barnes & Nobles et Borders (Waldenbooks) qui proposent déjà à leurs client un accés WiFi gratuit dans environ 2000 « bookstores » répartis dans tout le pays.

Tous ces établissements s’ajoutent à une longue liste des points WiFi gratuit dans des cafés et hôtels aux Etats-Unis.  Jusqu’à présent, outre les possesseurs d’une carte Starbucks, les abonnés au DSL d’AT&T  aux Etats-Unis disposaient d’un accès gratuit et illimité au WiFi dans tous les Starbucks Américains. La procédure d’accès était assez compliquée dans la mesure où il fallait que l’utilisateur se souvienne de ses codes d’accés DSL et les enregistre au moment de la connexion. Starbucks  vient aussi de passer un accord avec Yahoo pour donner accès aux utilisateur qui se connectent chez lui un acces gratuit à des contenus comme Le New York Times, USA Today, etc…Chez McDonald qui fut un précurseur des accès WiFi gratuit dans ses établissements, devenus payants ces 5 dernières années, le coût était de 2.95 dollars pour deux heures.

Le mouvement de mise à disposition gratuite des  accés WiFi aux Etats-Unis s’amplifie. Il est donc possible désormais de voyager aux Etats-Unis et d’être en mesure d’avoir un acces WiFi gratuit dans n’importe quelle ville de taille raisonnable, être capable de se connecter,  d’accéder à Internet, de lire ses mails, de chercher une information  et d’appeler en voix sur IP gratuitement à l’autre bout du monde… A noter que le réseaux des WiFi Starbucks est opéré par AT&T. L’opérateur historique américain voit là un moyen de décharger son réseau cellulaire 3G, sous une charge croissante des accès internet via les smartphone ou via les e-Books.

La France reste toujours à la traine en matière de WiFi accessible au public. Les accès WiFi chez McDo et Starbucks  en France sont toujours payant (quand ils existent), le moindre accès WiFi dans les grandes chaines d’hôtel  est facturé au bas mot  10 euros la journée(même si on l’utilise 10 minutes..), quelques hôtels en France pratiquent l’accès gratuit mais un grand nombre d’entre eux (particulièrement les grandes chaines hotelières)  sont sous la coupe de France Télécom. L’opérateur historique se targue  en effet de disposer du plus grand réseau WiFi de France, mais il est facturé entre 17 et 30 centimes la minutes aux clients Orange France Télécom, soit outrancièrement cher  ou encore à travers des offres soigneusement tordues où le client se fait littéralement avoir parce qu’il n’a pas repéré une condition particulière sur le temps d’utilisation ou la quantité d’information  téléchargée.

Free et SFR  ont mis en place des  systèmes qui permettent aux abonnés  d’un DSL Free  (ou SFR) avec le Wifi de venir se connecter gratuitement à tous les  Hot Spots WiFi Free (ou SFR) en France, via un canal spécifique séparé dans chaque point d’accès DSL. Ces système ne fonctionnent pas très bien et on ne sait pas où trouver les points d’acces, sauf par hasard…. L’accès WiFi devient une commodité dans les lieux publics du monde entier, sauf en France. Immaginons que le consommateur arrivant dans un hôtel ou un restaurant ne puisse pas avoir un verre d’eau et doive payer pour se laver les mains ou pour utiliser les toilettes. Les Etrangers trouveront là un argument supplémentaire pour ne pas prolonger leurs vacances en France

Comment Free-Iliad va changer la téléphonie mobile en France

21 décembre 2009

Le 4ème opérateur mobile est arrivé, l’ARCEP l’a annoncé la semaine dernière. Bien sûr, les trois opérateurs en place ne sont pas très contents de voir arriver un quatrième larron, un indépendant comme on dit,  sur un beau gâteau qu’ils vont devoir partager. Ils utilisent tous les moyens à leur disposition pour  essayer de faire en sorte que la part du gâteau de Free soit la plus petite possible. Free-Iliad a finalement obtenu la possibilité de devenir un opérateur à part entière, disposant de son propre réseau terrestre (pour le haut débit et le très haut débit) et de son réseau mobile. Il lui aura fallu près de 5 ans pour obtenir cette licence mobile qu’il entend utiliser pour agiter un peu le marché où les principaux acteurs dormaient tranquillement sur leurs rentes de situation.

Ne nous trompons pas, Free est un opérateur et non pas un philanthrope. Notre but est de comprendre, à travers les différents éléments dont nous disposons, ce que Free va changer sur le marché de la téléphonie mobile en France et comment. On sait qu’il a quelques antécédents dans le haut débit fixe puisqu’il a été le premier à proposer un forfait triple play en France, ce que beaucoup d’étrangers nous envient.  Certes, tout n’a pas été rose du premier coup, mais le résultat est plutôt positif. Il l’a été aussi pour le bas du bilan de Free.

Le Challenge : une  rupture sur le marché mobile Français

Nous ne nous arrêterons pas sur la profitabilité du marché de la mobilité en France. Elle est connue et reconnue. Ainsi un analyste de la Société Générale précisait récemment que si la facture moyenne par abonné est de €37 euros en France, stable depuis des années, elle est de €25 dans les autres pays d’Europe et de €13 en Angleterre. Lisons donc de plus près le long document de l’ARCEP (PDF de 71 pages) qui accompagnait la décision d’approbation, vendredi dernier.

Le régulateur détaille très précisément ses critères de décision et la notation qu’il a attribuée à la proposition de Free Mobile, sur 9 points. Bien sûr, tous les éléments du business plan de Free Mobile ne sont pas rendus publics et aucun chiffre n’est cité de façon à ne pas donner trop d’armes à la concurrence qui, bien entendu, va essayer de glisser des peaux de bananes sur sa route. Mais on apprend déjà pas mal de choses au delà de la simple orientation donnée par Xavier Niel depuis le début : « couper la facture annuelle de téléphone mobile en deux… » ou « encore diminuer de 1000 euros pas an la facture de téléphone mobile d’un foyer ».  Cherchons à découvrir plus concrètement ce qui va se passer, car contrairement à ce que laissent penser les analystes, il n’y aura certainement pas de guerre des prix en France.

Il y aura probablement un ajustement des prix, hautement souhaitable,  comme ce qui s’est passé sur le DSL. On verra surtout une revitalisation du marché grâce à une nouvelle approche plus créative et mieux adaptée aux besoins du consommateur.  Free indique dans son plan être en mesure d’atteindre 8 millions d’abonnés mobiles d’ici 2020. On mesure l’ampleur du challenge pour Free lorsqu’on sait que Orange France-Télécom indiquait ce mois-ci avoir passé les 25 millions d’abonnés mobiles en France.

Des contraintes techniques

Techniquement, Free Mobile devra respecter un certains nombre de contraintes imposés par l’ARCEP. Ces contraintes se sont appliquées aux autres opérateurs mobiles lorsqu’ils ont obtenu leurs licences. Free Mobile devra couvrir 25% de la population grâce à ses propres stations de bases, dans les 2 ans après la décision d’attribution, c’est-à-dire avant le début 2012. Pour cela, il indique qu’il va construire un certain nombre (non précisé) de stations de bases de façon à couvrir 17 grandes zones urbaines en priorité. Avantage par rapport à ses concurrents, toutes ses stations de base utiliseront la technologie IP (Internet Protocole) en natif, à la norme UMTS W-CDMA 3GPP de la famille IMT 2000 sur les bandes de fréquence 2,1 GHz. Son réseau est donc déjà  quasiment prêt pour le LTE.

Dans les 18 prochains mois, Free Mobile récupérera aussi des portions du spectre dans les fréquences 900 MHz qui lui seront rétrocédées par les 3 autres opérateurs. Cette mesure d’égalité est imposée par l’ARCEP qui a donné le droit aux autres opérateurs de réutiliser leurs fréquences 900 MHZ, de meilleure capacité de couverture, pour leur réseau UMTS. Free utilisera ces fréquences plus particulièrement dans les zones rurales et participera donc activement à la lutte contre la fracture numérique.  Free indique que tout son réseau installé utilisera le logiciel HSPA qui permet le transport des données à 28 mégabits par seconde (en descente). Une fois les 25% de la population couverts, Free aura le droit de signer un accord de roaming avec un operateur 2G existant qui lui permettra de couvrir tout le territoire Français.

Une nouvelle approche du consommateur

Free compte bouleverser le marché du Mobile avec des prix bas et les données mobiles, en général illimitées, à 28 mbps, pour tous ses abonnements (ou presque) y compris les prépayés. A cela  s’ajouteront  un certain nombre de caractéristiques qui vont changer la donne du point de vue des utilisateurs. En effet, Free indique vouloir proposer une offre inférieure à 20 euros par mois pour trois heures d’appel vocal  et les données illimitées. Free Mobile explique que selon une enquête réalisée par un organisme indépendant, environ 4 millions de personnes de plus de 15 ans en France  n’ont pas accès à un téléphone cellulaire, souvent pour des questions de prix ou d’inaccessibilité. Ce sont principalement les gens à faible revenu,  les jeunes, et les personnes âgées. Le taux de pénétration en France est pourtant près de 91%…

C’est pour cette raison que l’offre de Free Mobile sera plus simple à comprendre et à gérer pour le consommateur que les offres actuelles des opérateurs. En effet, celles-ci comportent toutes des exceptions, des adjonctions, de nombreux cas et mécanismes particuliers, la plupart du temps mentionnés en codicille dans les contrats, que le consommateur ne comprend pas, n’y fait plus attention, et se retrouve avec des factures qui explosent. Free précise qu’il mettra en place des d’outils simples permettant à l’utilisateur de comprendre sa facture et de mieux connaitre et contrôler sa consommation.

Le terminal sera payé à part, l’utilisateur garde le contrôle

L’une des innovations importante  de Free Mobile porte sur le terminal. En effet, celui-ci ne sera pas sponsorisé par Free, mais vendu à son prix coûtant et financé séparément.  En effet, lorsqu’un opérateur sponsorise un terminal (comme c’est le cas le plus souvent aujourd’hui), la différence entre le vrai coût du terminal et le prix promotionnel proposé à l’utilisateur est en réalité payée dans la facture d’accès au service grâce à un contrat de 2 ans. Au bout de 2 ans, lorsque le consommateur a remboursé la somme avancée par l’opérateur, celui-ci ne baisse pas pour autant sa facture mensuelle… Il en résulte que l’abonné offre un surprofit à l’opérateur au-delà des 2 ans du contrat. Free Mobile précise donc que le prix de ses abonnements mobiles sera plus faible puisqu’ils ne comprendront pas le remboursement de la partie du terminal sponsorisée par l’opérateur.

Pour Free Mobile, le terminal sera payé séparément par l’utilisateur, à son choix en une fois ou sur un plan mensuel adapté qui apparaitra séparément sur sa facture mensuelle. Lorsque le terminal sera payé par l’utilisateur, sa facture mensuelle sera donc uniquement celle de l’accès. Cette disposition aura probablement des conséquences importantes. D’une part le coût de l’accès mobile sera diminué et l’utilisateur connaitra le vrai coût de son terminal, ainsi que ses échéances de paiement. La concurrence entre les fabricants de terminaux ne s’effectuera plus par le biais des opérateurs et on risque de voir le coût des terminaux baisser, alors que leurs cycles d’innovation apparaitront plus clairement.

Le marché des terminaux connaitra certainement une nouvelle jeunesse avec de nouveaux entrants comme Apple et probablement Google, dans la mesure ou le consommateur pourra exprimer plus directement ses choix.  Il est fort probable que les téléphones débloqués deviennent la norme au moins en Europe. En effet, l’une des premières directives de la Communauté Européenne mises en place dans le nouveau Paquet Télécom est de faire en sorte qu’un utilisateur puisse changer d’opérateur mobile en une journée.

La convergence est l’innovation

La pratique du forfait tout compris est donc un atout que Free Mobile utilisera et il précise que les forfaits mobile permettront de télécharger librement  vidéos, photos, musique et d’accéder à du vidéo streaming et que la voix sur IP (Skype ou autre) pourra être pratiquée librement.  Plusieurs offres prépayées avantageuses seront aussi proposées avec données mobiles pour ceux qui veulent accéder Internet occasionnellement.

Toujours sur  le plan des données mobiles, Free Mobile offrira un plan très compétitif autour des clés 3G USB qui permettent d’accéder au réseau 3G à partir d’un ordinateur et proposera aussi une clé 3G USB en prépayé. Free Mobile  précise qu’il  jouera au mieux les synergies que lui permet la convergence fixe-mobile.  Il indique ainsi que les abonnés Free Mobile bénéficieront de tous les services multimédia dont bénéficient les abonnées DSL FreeBox. Aucun détail supplémentaire n’est fourni, mais on peut supposer qu’il  proposera un vrai plan quadruple play très attractif… Une interface spéciale permettant d’adapter aux mobiles les services triple play de l’offre Free fixe sera mise en place.

Utilisation du FreeWiFi

Une autre manière d’utiliser la convergence fixe-mobile pour Free Mobile sera l’utilisation du réseau FreeWifi mis en place au sein de la communauté des abonnés DSL de Free, environ 3 millions de personnes en France. Tous les abonnés de Free Mobile auront en effet accès au réseau FreeWifi, que Free rend accessible à ses abonnés DSL utilisant la FreeBox V5. Mis en place cette année, ce réseau permet d’ouvrir un canal WiFi séparé dans chaque Free Box, canal accessible gratuitement aux autres abonnés Free en situation de mobilité.

Non seulement cette possibilité élargi le rayon d’action des utilisateurs de smartphone chez Free Mobile, mais elle permettra aussi de soulager en partie le réseau 3G naissant de Free Mobile. On sait l’impact que l’iPhone par exemple a pu avoir sur les réseaux mobiles des opérateurs. Aux Etats-Unis, AT&T en est à demander aux utilisateurs d’iPhone « d’être raisonnable » dans leur usage du réseau 3G pour les données mobiles…  Free indique aussi qu’il développera des hot spots WiFi accessibles à ses abonnés dans un grand nombre de lieux publics, aéroports, restaurants, gares, hôtels et qu’il passera des accords de roaming avec des opérateurs de réseaux WiFi  en France.

Enfin Free Mobile a indiqué son intention de susciter 4 opérateurs MVNO grâce à un partenariat plus permissif et plus réalistes que les partenariats de MVNO  proposés par les autres opérateurs. Ils pourront bénéficier de meilleurs conditions et d’une plus grande latitude pour développer leurs activités en France.