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Un Français dans la « voix », David Gurlé DG de Skype

12 juin 2011
David Gurle, General Manager and Vice Presiden...

David Gurle, General Manager and Vice President Skype Enterprise

DBF est une association de Français dans la Silicon Valley crée en 1994 dont j’ai le privilège d’être le co-fondateur. Elle permet aux Français de la Silicon Valley de se rencontrer et de networker. Tous les premiers lundis de chaque mois, elle réunis donc une cinquantaine de français vivant sur place ou de passage et reçoit un hôte, un français qui est interviewe sur son itinéraire, sa vie, ses réflexions.

La semaine dernière, DBF recevait David Gurlé, aujourd’hui Vice Président & General Manager de l’Enterprise Division de Skype. J’avais eu l’occasion de rencontrer David Gurlé à plusieurs occasions aux Etats Unis  lors de conférences sur la voix sur IP alors qu’il était chez Microsoft,  sa vision de l’évolution de la voix sur IP m’avait déjà marqué. Il revient aujourd’hui chez Microsoft qui vient de racheter Skype. Au cours de cette longue vidéo de 1h15, il raconte son itinéraire.

Les 11 premières minutes de la vidéo sont consacrées à sa jeunesse et la conversation donne une bonne impression de ce que peut être la jeunesse d’un futur ingénieur Français qui passe une grande partie de son temps à l’étranger mais qui vient faire ses études en France.

David Gurlé débute sa carrière chez Digital Equipment (DEC) en France, un constructeurs de mini-ordinateurs qui n’a pas compris l’arrivée des PC et a fini par se faire racheter par Compaq, lui même racheté par HP qui était un des concurrents de DEC à l’époque, mais beaucoup plus petit que lui. Digital Equipment avait à cette époque installé à Sofia Antipolis son seul groupe de développement logiciel à l’extérieur des Etats Unis dont l’objectif était de travailler sur les mini-ordinateurs dans les télécommunications. Il a commencé à travailler sur SS7, un ensemble de protocoles définis par l’ITU qui permet la mise en œuvre des commutateurs téléphoniques, des SMS et d’autres services de télécommunication.

Après quelques temps, il entre eu CNET, alors laboratoire de recherche de France Télécom à Sofia Antipolis. Cette région était à l’époque un haut lieu de la R&D en télécommunications puisque IBM, Texas Instrument et beaucoup d’autres grands constructeurs y avaient leurs laboratoires de recherche… Il nous donne une petite vision de la vie dans les Labs de Franbce Télécom à l’époque… ! C’était il y a longtemps.

Ensuite, il entre à l’ETSI, organisme Européen de normalisation dans le secteur des télécommunications et il travaille sur la phase 2 des normes du GSM. Il spécifie les interfaces d’interconnexion des réseaux SMS, découvre aussi la voix sur IP en 1995 sur les réseaux RNIS.. (à 128 Kb par seconde maximum), et travaille sur la normalisation du Broadband voix sur IP sur ATM. Mais  ATM allait au mur, bien que fortement poussé par France Télécom. Il contribue à l’ETSI à l’arrêt des travaux sur la normalisation d’ATM. La voix sur IP est en pleine naissance mais beaucoup de gens à ce moment là pensent que ca ne marchera jamais. Il écrit cependant certaines spécifications de normalisation de la voix sur IP… et finalement il écrit un livre sur l’IP Téléphonie qui devient un best seller dans le milieu des télécommunications.

Il passe ensuit chez Vocaltech et s’installe en Israel pendant 2 ans où il s’occupe des alliances de la compagnie et développe des compétences non technologiques.  Il devient aussi  très connu dans le monde de la voix sur IP grace à ses travaux sur la normalisation.

Alors qu’il s’apprête à faire la Wharton Business School aux Etats Unis en 1999, il est chassé par Microsoft et après une semaine d’interview à Redmond, passés avec succès, il reçoit plusieurs offre parmi lesquelles il ne sait pas choisir. On lui propose alors de s’installe à Redmond pour « faire ce qu’il veut ». Il devient donc Programm Manager chez Microsoft et on lui propose de prendre un produit de télécommunication que Microsoft voulait vendre aux équipementiers.  Mais après une rapide évaluation de ce produit, il le juge dépassé et demande à ce que le produit, dévelopé par une équipe de 35 personnes, soit basculé vers la téléphonie sur Internet. Il se retrouve face à Bill Gates qui lui donne le produit à refaire, avec toute l’équipe de développement….Il reste pendant 5 ans chez Microsoft où il est le Monsieur communication. Il participe au développement de  Netmeeting, Tapi, Windows Live Messenger, Exchange IM, Office communication server etc…

En 2003, au court d’un golf, alors que tout allait bien pour lui chez Microsoft, il est approché par un ami qui lui propose de partir chez Reuters avec une proposition financièrement très intéressante alors que les stocks options de Microsoft stagnaient depuis longtemps en dessous de leur prix d’émission et que les salaires, relativement bas, n’avaient pas été réévalués depuis longtemps. Il part donc sur la côte Est s’installer chez Reuters qui était au plus bas, avec une proposition de développer les communications en temps réel sur les marchés financiers. Après New York, il s’installe à Singapour où il supervise l’ensemble des développements de télécommunication de la société. Il fait une jolie culbute financière lorsque Reuters est racheté par Thompson.

A Singapour, il est approché par Silverlake,  les investisseurs de Skype qui ont racheté Skype à eBay. En 2010, il s’installe donc à Londres et crée l’Enterprise Business Unit de Skype, c’est-à-dire le secteur communication d’entreprise de skype qu’il dirige encore et dont le chiffre d’affaire croit très rapidement. Son rôle est de développer la pénétration de Skype dans les entreprises et de le monétiser. Il met en place une nouvelle stratégie qui déplace toute l’équipe de développement à Palo Alto (ils étaient répartis en Suède et en Europe de l’Est) et il crée Skype Connect qui permet de connecter Skype à des PBX d’entreprise…et bien d’autres choses. Pour plus d’informations sur la stratégie et les évolutions prévues de Skype , voir le prospectus S1 auprès de la SEC.

Microsoft vient de racheter skype pour 8 milliards de dollars, mais le deal n’est pas encore confirmé et il faut attendre que la CEE l’approuve. Chez Skype, c’est donc « business as usual ». Ce que Microsoft veut faire avec l’équipe n’a pas encore été véritablement discuté, il est donc trop tôt pour avoir une idée plus précise. Microsoft a vraiment voulu acheter Skype, ça ne s’est pas fait par hasard ou pour d’autres raisons. Microsoft a compris qu’il était important d’investir sur la communication en temps réel come étant le système nerveux de communication de toute sa plateforme. Ca n’est pas seulement une acquisition de surface, mais un changement complet de paradigme sur les communications en temps réel dans le « future computing ».  Un jour Oracle devra faire ça. Tous ceux qui sont dans l’applicatif n’auront pas le choix.

David Gurlé caresse aussi l’idée de monter une entreprise. Ses reflexions sont orientées sur le rôle des managers dans l’entreprise et les outils dont ils pourraient s’adjoindre pour travailler mieux et être de meilleurs managers. Un MBA ne donne pas les moyens de développer les qualités managériales des gens, on leur apprend a faire des tableurs, à aligner des chiffres, à réfléchir à des stratégies,  mais il pense qu’il y a des opportunités pour que chaque manager ait accès à des  ressources auxquelles seuls les élites (les top managers) ont accès.. Comment trouver et s’adjoindre ces outils de l’excellence… ? Il n’y a en effet pas de contrôle de qualité des manager et ils n’ont pas vraiment les moyens de s’améliorer.

David Gurlé répond enfin à plusieurs questions de l’audience. Skype va mettre en place un système de vidéo conférence de type Webex grâce à un deal avec Citrix (Go to Meeting) pour développer un OEM qui sera intégré dans skype. Skype sera-t-il SIP? Skype est déjà compatible avec SIP par l’intermédiaire de Skype Connect mais le protocole de Skype ne sera pas converti en natif SIP. Il restera propriétaire, mais ouvert. Le Web Conferencing était la principale caractéristique manquante, c’est ce qui est en cours de préparation.

La sécurité sur skype ?  Skype n’est pas un service de télécom au sens classique tu terme et gardera cette position pour le moment. Le protocole de Skype n’est pas décryptable…il ne l’a pas été jusqu’à présent. On ne police pas skype, il y a une politique de liberté d’utilisation et elle continuera.

Les évolutions de Skype ? Lorsqu’on consomme de la communication, on se met dans un certain contexte qui s’établi en fonction des données consommées et échangées. Mais aujourd’hui, l’outil ne fait rien pour connaitre ce contexte qui a une importance capitale sur l’information que les utilisateurs veulent faire passer.  Ce contexte donne plus de valeur à la communication réalisée entre deux ou plusieurs individus. Les évolutions de Skype vont  vers l’intégration du contexte au points d’entrée des données parce que l’échange d’information sera plus riche. On intégrera les outils de communication dans les outils auteurs (authoring tools).  Il s’agit en quelques sortes de mettre en place de la « rich comunication ». Le contexte peut aussi être  dynamique, et les ordinateurs disposent des éléments qui permettent de savoir comment ce contexte évolue. Un ordinateur peut travailler en background et améliorer sa connaissance de l’évolution du contexte pour faire du  matching et rechercher des informations  pertinentes liées à  la communication entre 2 ou plusieurs personnes. Il est donc possible d’enrichir le contexte. Ca sera la prochaine révolution.

La valorisation de skype lors de l’acquisition par Microsoft dénote les revenus potentiels qui n’ont pas encore été réalisés. La pub sur Skype est arrivée seulement cette année au mois de mars… Skype est dans le club très fermé des 100..100.. 100 du Web. L’ADN de GE est son management c’est ce qui en fait la valeur. Ebay n’a pas su trouver son ADN lui permettant d’utiliser Skype. Enfin, l’ouverture de Skype a été un sujet de négociation intense au cours du rachat par Microsoft. Steve Ballmer ne devrait pas casser l’aspect ouvert de Skype, il l’a dit. Les raisons qui l’empêchent de changer est que le monde des communications est hybride, il n’y a pas de système unique… c’est pas possible.

Merci à Aline Dinoia pour la vidéo.

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ERIC BENHAMOU, UN ENTREPRENEUR FRANCAIS EN SILICON VALLEY

9 mai 2011
This is my own image.

La Silicon Valley

DBF est une assciation de Français dans la Silicon Valley dont j’ai participé à la création en 1994. L’objectif de cette association est de permettre aux français expatriés ou de passage dans la Silicon Valley de se rencontrer devant un verre et un buffet et d’échanger, de mieux se connaitre et de s’aider.

Depuis 1994, nous avons reçu une personnalité parlant Français tous les premiers jeudi de chaque mois. Cette personnalité, chef d’entreprise, professeur, homme politique, sportif, artiste ou autre personne de premier plan est interviewée durant une quarantaine de minutes sur son experience.

Ce mois-ci il s’agit d’Eric Benhamou, un Français dont le parcours est éloquent:

merci à Aline Dinoia pour la video

Quand la Silicon Valley sort de la crise, l’Europe traine encore la patte

19 avril 2011

A Paris depuis quelques mois, je garde un œil sur la Silicon Valley, dans la presse locale et à travers des discussions régulières avec des « amis locaux » et des partenaires. « Comment va la Silicon Valley ? » est une question que l’on me pose assez souvent… avec une lueur d’espoir sachant que quand la Silicon Valley va… la technologie va… !  Difficile cependant de répondre avec précision…

Pourtant certains indices d’un redémarrage semblent apparaitre depuis le printemps, mais rien ne vaut une visite sur place… Il me faudra attendre encore un peu pour constater de visu. Je suis donc allé dans la presse locale, le Merc et quelques autres, pour m’imbiber de l’état d’esprit du moment.

Le capital risque ne sera plus ce qu’il était

Adeo Ressi, CEO du Founder Institute www.founderinstitute.com et créateur du site The Funded.com est catégorique, «  le capital risque, disons plutôt l’investissement dans les sociétés de technologie,  sortira complètement transfiguré de la crise ». En effet, beaucoup de fonds existants avant la crise n’ont pas pu lever de nouveaux fonds et l’ensemble de la profession a été littéralement écrémée. En 2008, Sequoia Capital sortait une présentation fameuse appelée « RIP Good Times », « Les belles années sont mortes » préfigurant le Tsunami qui allait s’abattre sur la profession et  les start’up.

Selon la National Venture Capital Association, le nombre de VC est passé de 1000 en 2007 à 400 à la fin 2010.  Non seulement, le ralentissement économique a freiné, voir arrêté un grand nombre de start’up, mais les sorties de sociétés financées par des VC se sont faites très rares sur un marché boursier dépressif, 18 sociétés en 2 ans contre presque 200 au début des années 2000.

Des nouveaux chemins pour investir dans les start’up.

En 2010, le nombre d’IPO a commencé à grimper mais reste encore faible à moins de 50 par an. Avec les probables entrée en bourse de Linked’in, Twitter etc…, et le marché secondaire permettant à Facebook ou à Zinga de lever de l’argent sans entrer en bourse, le marché de l’investissement semble conduire les start’up dans de nouvelles directions. Est-aussi apparue une nouvelle catégorie d’investisseurs appelés « super angels », des entrepreneurs comme Peter Thiel de Pay Pal, Dave McClure, Jeff Clavier,  Ron Conway , Mike Maples qui investissent eux-mêmes leur argent pour des montants assez bas dans des start’up qu’ils suivent activement et qui revendent leurs parts sur le marché secondaire à des fonds établis ou des VC lorsque la société décolle, en attendant une éventuelle entrée en bourse. La Silicon Valley bruisse déjà, semble-t-il, de ces nouvelles start’up qui vont une nouvelle fois révolutionner Internet. Les investisseurs, même si ce ne sont plus tout à fait les mêmes, sont là.

Plus long à réagir en Europe

Et l’Europe là dedans.. ? Une récente interview dans Business Insider de Jean David Chamborédon, responsable du fonds Français ISAI mis en place par Pierre Kosciusko Morizet donne le ton. « Comme je l’ai dit, je pense que les perspectives sur le long terme sont bonnes, mais elles sont mauvaises sur le court terme. Les investissements des VC en 2010 ont été élevés, mais la raison est que beaucoup d’entre eux ont levé des fonds en 2006-2007 et ne sont plus à même d’investir en 2010-2011, et parce qu’ils n’ont pas investi en 2009 à cause de la récession, ils ont tiré leurs dernières cartouches en 2010… Mais déjà 2011 s’annonce mal au premier trimestre et 2012 va être brutal » Donc, les start’up Européennes qui commencent à décoller mais ont encore besoin d’investissements pour aller plus loin ont du souci à se faire. Pas très bon pour la reprise…

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La Silicon Valley et les « Clean Tech »…L’action d’un Français chez PG&E

15 décembre 2009

Université de Stanford

François-Xavier Rongère est un de ces nombreux Français expatriés, envoyé en Silicon Valley il y a quelques années par une grande société Française EDF, pour y mettre en place EaseEnergy, un système permettant des transferts (disons plutôt des échanges) de technologies entre des sociétés américaines et EDF. Après quelques années passées à rechercher des start’ups américaines dans lesquelles EDF a pu investir,  s’est posée la question du retour… Il a préférer rester de l’autre côté de la barrière et se faire embaucher  par l’équivalent californien de EDF, à savoir PG&E, ce qui veut dire Pacific Gas and Electric, qui couvre un pays grand comme la France du point de vue économique. Il y est responsable des économies d’énergie… tout un programme.

DBF est une association de Français dans la Silicon Valley que j’ai eu le privilège de porter sur les fonds baptismaux il y a une quinzaine d’année avec quelques amis locaux dont Jean Louis Gassée. Nous nous retrouvons tous les premiers  lundi de chaque mois et recevons un « invité du mois » qui nous parle de son expérience personnelle. Là, pas de marketing et pas de promotion outrancière, il est passé gentiment « à la moulinette » par Jean Louis Gassée, pas toujours très politiquement correct du point de vue de nos amis américains mais toujours avec beaucoup d’humour et d’intelligence.

L’entretien avec François Xavier Rongère a été passionnant, mais il a duré plus d’une heure. Je l’ai intégralement filmé et pour le rendre plus facile à écouter, je l’ai découpé en quatre séquences. Cela vous permettra d’y revenir en plusieurs fois comme on revient souvent sur un livre pour le savourer.  Pour en faire un résumé, j’ai repris le petit bulletin de Jean Louis Gassée (l’intervieweur),ancien Président d’Apple Corp et fondateur de Be Inc, aujourd’hui devenu Capital Risqueur chez Ares Venture, qui publie toutes les semaines ses réflexions sur l’état d’esprit, la santé et les humeurs de la Valley.  Cette semaine, après cet entretien, il réfléchi sur le thème des « clean tech » sous un angle inhabituel, avec une perspicacité et une agilité toute personnelles. Son point de vue est celui d’un investisseur.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Voici ce qu’écrit Jean Louis Gassée :

CleanTech économiquement correct

L’arrêt est sans appel : risque politique excessif.
Le juge est un de mes confrères, excellent investisseur, très conservateur et néanmoins ami, même s’il me brocarde, disant que je suis un dangereux socialiste regrettablement laissé en liberté dans la Vallée.
L’objet de son verdict : le CleanTech. Il soutient que les investissements dans les applications des technologies ‘’propres’’ ou ‘’vertes’’ sont trop vulnérables aux virages politiques à Washington, ou à Sacramento. Ni Obama ni Schwartzenegger ne sont éternels, espère-t-il. Plus précisément, il montre du doigt les modèles économiques, les pompes à chaleur financière qui puisent dans les poches du contribuable. Pour lui, les subventions à l’entreprise politiquement correcte, ou à ses clients bien-consommant disparaîtront après les élections de novembre 2010, parlementaires, ou 2012, présidentielles.

Mon ami n’a pas complètement tort.
Les Prius qui
m’ont appris une conduite plus économique, ont bénéficié d’avantages financiers. Bonus de $2000, et autres, accès privilégié en solitaire aux files d’autoroutes réservées au covoiturage. Tout cela alors que les véhicules diésel européens, encore mal compris ici (après avoir été longtemps boycotté), font aussi bien ou mieux que la Prius frâce à des moteurs autour desquels l’innovation ne s’est pas arrêtée en Europe. Les Etats Unis en matière de moteurs diesel ont accumulé du retard. Ces subventions ont expiré. Ou encore, une décision politique impose aux producteurs/transporteurs d’électricité d’acheter la production des particuliers à des conditions ‘’exemplaires’’, c’est-à-dire sans justification économique présente ou prévisible. La part de ces productions emblématiques est moins d’un cent-millième de la production totale. Le contribuable/consommateur finira par faire la différence entre sentiments louables et kleptocratie douce.


Heureusement, pour nos affaires dans le CleanTech, un compatriote nous remet dans le droit chemin, celui d’applications à la fois ambitieuses et réalisables, éprouvées même. Nous sommes à la réunion mensuelle de DBF, une des associations de Français de la Vallée. François-Xavier Rongère, notre invité, est ingénieur hydraulicien, Grenoble, ancien de l’EDF devenu cadre de PG&E (Pacific Gas & Electric), le fournisseur d’énergie local. Pour ce qui est des applications ‘’exemplaires’’, il observe une courtoise obligation de réserve et préfère emmener le dialogue vers ce que, grâce à lui, j’appellerai les applications économiquement correctes. C’est-à-dire naturelles, durables.

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On le sait, la Californie est devenu le 4ème producteur mondial de vin, production qui, je l’ignorais, consomme beaucoup d’eau et d’énergie. Grâce à une technologie française développée pour une autre application très énergivore, la déshydratation de la luzerne, les économies dans le traitement des moûts de raisin atteignent 80 à 90%.

Moins prestigieux, mais toujours important, le même procédé de déshydratation (cycles de compression) physique plutôt que thermique permet des économies similaires pour un produit très californien, la tomate et ses jus et concentrés. À force de voir le monde au travers de nos lunettes high-tech, nous pourrions oublier que la Californie est un colossal producteur agricole, le premier des États-Unis, 13% de la production nationale (en dollars) avec 4% des fermes.

Plus près, sinon de nos estomacs, du moins de nos cerveaux, 553.000 dossiers, applications à PG&E, gérés par notre invité. Vous construisez un immeuble de bureaux, un centre commercial, un hôtel. Vous pouvez vous borner au ‘’service minimum’’, au strict respect des règlements en matière d’isolation thermique. Ou bien vous dépensez plus pour rendre l’immeuble plus efficace, cela peut aller du vitrage à l’éclairage ou à la circulation d’air froid depuis le bas des pièces, au lieu du plafond.

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Dans ce cas, un contrat avec PG&E produit un rabais tarifaire en échange de votre investissement. Mais, direz-vous, c’est une subvention soumise aux aléas politiques. En fait, non. En quelques années, ces contrats ont produit une centrale électrique ‘’en creux’’. Ces contrats, ces économies sont très profitables pour PG&E puisqu’ils ont permis d’éviter la construction d’une centrale de 900 MW.

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Les applications CleanTech économiquement correctes abondent : les réfrigérateurs sont passés de 1,2Kwh en 1970 à 400Wh maintenant, c’est déjà le passé ; le plan est de réduire la consommation des téléviseurs dans des proportions similaires et de s’attaquer à l’éclairage qui, dans les maisons individuelles, représente souvent 50% de la consommation électrique. Nous n’oublierons pas non plus les centres informatiques, les datacenters qui, autrefois très gourmands, commencent à réduire leur appétit. Pensons à Google et ses deux millions de servers : 30 watts/heure économisés par serveur, 60MWh, représenteraient, soulignons le conditionnel, l’hypothèse, une bonne portion de la centrale ‘’en creux’’ ci-dessus. Dans les centres informatiques les plus récents, au lieu d’introduire de l’air froid à 12ºC, une meilleure circulation intérieure permet d’utiliser de l’air ambiant à 22ºC, réalisant une économie d’énergie de 75% sur le poste refroidissement.

Arrêtons là. Le secteur économiquement correct du CleanTech est un terrain fertile pour nos jeunes pousses qui peuvent développer matériels, logiciels, services à l’abri des modes, des mouvements de balancier politiques. Appuyés sur des facteurs durables comme le coût négatif de l’infrastructure évitée, sans reposer sur un putatif accès de vertu du consommateur (ou du législateur), les modèles économiques de ces investissements évitent le risque politique qui répugne à mon très prudent collègue.

Google et Apple conduiront-ils la Navigation vers des Latitudes inconnues?

3 décembre 2009

Au cours de ces dernières semaines, Google a jeté plusieurs pavés dans la marre déjà bien occupée de la géo-localisation, de la navigation et des systèmes d’information sur le trafic routier en créant un nouveau service gratuit appelé Google Maps Navigation pour son téléphone Android rapidement suivi de Google Latitude. De son côté, Apple, dont l’iPhone s’appuyait fortement sur Google Maps, a acquit en juillet dernier une société de cartographie numérique appelée PlaceBase et récemment publiait une petite annonce d’emploi pour un ingénieur où il était mentionné… « Nous voulons mener  les Cartes vers une nouvelle étape, repenser la manière dont les gens utilisent les Cartes et changer la manière dont les gens trouvent ce qu’ils cherchent. Nous voulons faire ça « sans couture » et d’une façon agréable et hautement interactive. On vient juste de commencer…” Les ambitions de l’un et de l’autre ont jeté le trouble dans un secteur assez prospère mais en constant renouvellement et à la recherche de lui-même. En effet, la navigation a commencé il y a une bonne dizaine d’année, résidente sur des appareils dédiés, dans les véhicules, ensuite connectés au téléphone puis relayés par le téléphone qui s’est équipé de puce GPS. La connectivité permet une navigation mise à jour en temps réel et la recherche de points d’intérêt.  La donne a donc été sensiblement modifiée lorsque les opérateurs téléphoniques sont entrés dans le jeu. Le secteur de la navigation et de la géo localisation deviendra-t-il l’arrière cours de l’affrontement de Google et Apple pour la conquête du terminal mobile ?

Conférence LBS (Location Based Systems) à San José en Silicon Valley

Cette semaine à San Jose au cœur de la Silicon Valley en Californie, une conférence organisée par www.TheWherebusiness.com réunissait quelques uns des grands acteurs du secteur de la navigation et de la géo-localisation, pour faire le point sur l’état du secteur et les grandes tendances de l’évolution compte tenu de ces nouveaux entrants, qui non contents de bousculer tout le monde avec des business modèles qui décoiffent, se préparent à s’affronter sur le terrain de la mobilité. On a l’impression d’assister à une sorte de revanche de la Silicon Valley qui s’était fait ravir le PC par Microsoft il y a 25 ans. On peut en effet raisonnablement comparer l’impact des smartphones aujourd’hui à ce que fut l’impact des PC dans le monde industriel et dans la société dans les années 80. Même si les conditions et les modalités sont différentes, les enjeux qu’ils soulèvent sont du même ordre, dans le hardware, dans le software auxquels il faut ajouter les services et les contenus qui n’existaient pas à l’époque sous les formes qu’on connait. Les sommes en jeu sont aussi beaucoup plus importantes, ce qui peut laisser rêveur quand  on sait que Bill Gates fait partie des  plus riches du monde…

Les Français bien représentés

Les organisateurs de la conférence avaient bien fait les choses en alternant analyses des grandes tendances du secteur et de la demande avec des discussions très animées sur les évolutions en cours. Première remarque, les Français étaient assez bien représentés puisque j’en ai compté une dizaine parmi la petite centaine de participants à la conférence. J’ai eu l’occasion de longuement discuter avec plusieurs d’entre eux dont Jacques Garcin,  Directeur Télématique et Automobile à la « Direction Marketing Mobiles de l’Anticipation et de la Convergence » chez Orange… tout un programme dont il parle avec beaucoup de pragmatisme. J’ai aussi rencontré Jean Cherbonnier CEO de Navx qui m’a montré sa nouvelle application Snapigo, à venir  bientôt sur l’App Store d’Apple pour l’iPhone.  Snapigo vous permet de retrouver facilement les restaurants ou les cafés que vous avez aimez. Simple, efficace, il fallait y penser. A venir aussi sur d’autres terminaux.

Un état des lieux

Egil Juliussen, Principal Analyste chez iSuppli, appuyé sur des chiffres et des estimations, présentait les différents aspects du secteur et analysait les grandes tendances des évolutions en cours.  Il faut considérer les évolutions de deux manière de traiter la navigation.  D’une part elle est réalisée  « in board », sur des appareils dédiés spécifiquement à la navigation GPS appelés PND (Personal Navigation Devices) qui contiennent une carte complète qu’il faut éventuellement mettre à jour de temps en temps, mais ils ne sont pas connectés. Il existe aussi des systèmes intégrés et vendus avec  le véhicule appelés ADAS (Advanced Driver Assistance System), qui réalisent une navigation « on board » mais qui aussi pratiquent une navigation « off board » apportant diverses aides supplémentaires au conducteur. Le système On Star de Général Motors aux Etats Unis est un ADAS. D’autre part La navigation « off board » suppose une connexion  qui permet d’apporter des informations en temps réel (cartes, points d’intérêt, services divers) à une navigation partiellement réalisée « on board ».

Navigation « on board » ou « off board »

Les téléphone cellulaires et les smartphones sont les principaux supports de navigation « off board ». La connectivité permet d’ajouter des éléments de cartes ou des points d’intérêt en temps réelsedlon l’endroit ou d’affiner la navigation en réalisant un positionnement à partir d’une triangularisation sur les cellules téléphoniques ou encore d’éffectuer une recherche sur Internet via le réseau cellulaire. Le secteur des services de navigation s’organise maintenant autour du critère de connexion, qui peut fonctionner dans les deux puisque l’appareil peut renvoyer des informations qui seront utilisées par les systèmes d’information sur le trafic.  Le tableau -1- ci-dessous montre la part croissante et majoritaire prise par les appareils connectés dans les 5 ans à venir. Le tableau -2- suivant confirme que les ventes de smartphones ayant une capacité de navigation par GPS vont augmenter considérablement. Mais rien ne précise cependant le taux d’utilisation de ces GPS, sachant que beaucoup de téléphones cellulaires disposent d’un GPS mais que beaucoup de gens n’utilisent pas cette fonction parce qu’elle est trop compliquée ou que l’écran est trop petit.

Tableau 1 - Les plateformes de navigation

Tableau 2 - Ventes de Smartphone avec GPS

La navigation « in vehicule »

Pour Egil Juliussen, la principale évolution dans le segment  « In-Vehicule » est l’arrivé cette année de PND à bas prix (en dessous de 100 dollars) dans la mesure où ces systèmes sont compris et utilisés par un plus grand nombre de gens. Les constructeurs de PND comme Garmin et Tom Tom  ont aussi commencé à intégrer leurs appareils à bas prix en « première monte » dans les véhicules de moyenne gamme, contribuant au maintient de la croissance globale de ce marché. En terme de pourcentage de voitures équipées d’un système de navigation, Il continue de croitre aux Etats-Unis au Japon et en Chine mais il plafonne et montre même une légère tendance à la baisse en Europe. (Voir le tableau -3- ci-dessous).

Tableau 3 - Pourcentage des vehicules équipés

Beaucoup d’améliorations sont encore nécessaires pour faciliter la navigation « in vehicule » à partir des systèmes PND ou intégrés. Il cite la reconnaissance de la parole pour les instructions données à l’appareil, la mise à jour des cartes, des points d’intérêt, la recherche des points d’intérêt et la recherche des adresses et des noms de rue, le positionnement des lignes de circulation dans certains cas, des sorties d’autoroutes ou de voies express, etc…  Il précise que la reconnaissance des instructions vocales données à l’appareil par le conducteur est un segment qui devrait croitre aux Etats-Unis et en Europe dans les années à venir. La société Nuance présentait à l’occasion une étude liée à l’impact de la reconnaissance vocale sur  l’amélioration de l’attention du conducteur et de la sécurité.  Il montre, dans le tableau -4- (ci-dessous) comment la « carte routière » a évolué et est devenue la colonne vertébrale numérique des différents systèmes de navigation disponibles permettant d’améliorer la sécurité, de repérer certains points d’intérêt, de connaitre le temps estimé d’arrivé (ETA), de connaitre l’état du trafic etc…

Tableau 4 - Evolution de la carte routière numérique

Les PND face aux smartphones, l’impact du Tbt

La deuxième partie de l’intervention de Egil Juliussen portait sur la fotte compétition qui se déroule aujourd’hui entre les PND et les smartphones pour prendre la part croissante du marché des appareils mobiles de navigation. L’iPhone, qui utilisait Google Map,  a ouvert la voie en offrant, dans sa première version, un système de navigation gratuit, assez simpliste dans un premier temps puisqu’il ne possédait pas de capacités Tbt (Turn By Turn avec synthèse vocale). Pour la nouvelle version 3.0 du système d’exploitation de l’iPhone 3GS, Tom Tom (qui a racheté la société de cartes TéléAtlas)  a crée une application Tbt pour iPhone qui se vend une centaine de dollars selon le pays, sur l’App Store.  Il était ensuite suivi par Sygic, Navigon, Magellan et d’autres fournisseurs de systèmes PND dont les prix varient de 40 à 100 dollars. Plusieurs système de navigation « off board »  permettent de naviguer avec un téléphone moyennant un abonnement jusqu’à 10 dollars par mois. Ils sont mis en œuvre par les opérateurs  comme AT&T Navigator (pour 10 dollars par mois), Orange Map en France (pour 7 euros par mois), qui, à Paris permet de tout savoir sur les Velibs, etc…  Nokia (qui possède la société de cartes Navteq) a développé sa propre carte téléchargeable sur OVI. Elle peut être utilisée gratuitement avec les téléphones équipés d’une puce GPS, ou en Tbt à la demande pour €2 la journée ou au mois pour €7 ou €60 par an. (Les prix de Nokia sont moins cher de 15 à 20% aux Etats-Unis)… !

Google Maps Navigation

Google, en lançant Google Maps Navigation, un vrai système Tbt gratuit pour les téléphones Android 2.0, est venu couper l’herbe sous le pied de tout le monde. Toute la profession est donc prise en porte à faux  par  Google. Il donne gratuitement tous les services proposés par ailleurs souvent fort cher aux utilisateurs parce que son business modèle est la publicité liée au nombre de ses utilisateurs. Google expliquait dans la réunion qu’il envisage de porter son système sur tous les téléphones… sans autre précision… ! Il bouscule aussi les systèmes de suivi du trafic parce qu’il offre gratuitement ce services sur Google Maps, à partir des données recueillies automatiquement auprès les utilisateurs de Google Maps et il continue d’améliorer ses cartes, en ouvrant ses API pour développer des cartes de points d’intérêt afin dedévelopper la publicité locale. Les tableaux -5- et -6- présentés ci-dessous montrent que les usages et le marché sont tirés par les smartphones qui disposent d’un système de navigation Tbt (Turn by turn) gratuit, absorbant progressivement les PND à bas prix et le Tbt payant proposés par les opérateurs ou les vendeurs de PND. Le marché des systèmes de navigation gratuits va donc progressivement s’élargir et seuls les services spécifiques à forte valeur ajoutée pourront subsister. Jacques Garcin de Orange reconnaissait que les opérateurs et beaucoup de constructeurs de PND allaient devoir réviser leurs business modèles dans les mois qui viennent, chercher à développer de nouveaux services à plus forte valeur ajoutée et trouver de nouveaux bouquets de services.

Tableau 5- PDN vs Smartphone en 2009

Tableau 6- PDN vs smarphones en 2012

Tableau 6- PND vs smartphones en 2012