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Intel met la fibre dans la maison pour interconnecter tous les appareils

5 avril 2010

Lors de son keynote du CES 2010 à Las Vegas, Paul Otellini, CEO de Intel, mentionnait rapidement une nouvelle technologie d’interconnexion entre tous les appareils électroniques grand public (ordinateurs, smartphones, périphériques) appelée Light Peak, développée dans les laboratoires d’Intel depuis 2007, dont les premières démonstrations ont été faites publiquement lors de l’Intel Developers Forum fin septembre 2009 à San Francisco. Aujourd’hui Intel entre donc sur le marché des AOC (Active Optical Cables) , c’est-à-dire les câbles d’interconnexion en fibre optique active pour les appareils électroniques, qui à terme sont amenés à remplacer les câbles d’interconnexion basés sur du cuivre. Cette technologie devrait être disponible dans les mois qui viennent sur les prochains PC et serait déjà adoptée par plusieurs constructeurs d’appareil électroniques grand public dont Sony et probablement Apple.

Développée à la demande d’Apple

Lors de ses premières présentations en septembre dernier, la petite histoire véhiculée par la presse américaine laissait entendre que c’est à la demande expresse d’Apple à la recherche d’une connectique unique, plus efficace et de plus petite taille pour ses appareils, qu’Intel aurait décidé de développer cette nouvelle technologie basée sur la fibre. On peut cependant rappeler qu’Intel a été un élément moteur dans le développement de l’USB au milieu des années 90 et qu’il travaille depuis des années sur les technologies de fibre optique.  Le Français Jean Marc Verdiell qui fut directeur de la stratégie optique d’Intel jusqu’en 2006  reste le seul Français à ce jour à avoir été promu Intel Fellow. Il a recemment déposé un brevet sur les interconnexions par fibre optique entre certains composants d’un ordinateur.

Pourtant, alors que le nouvel iPad d’Apple arrive sur le marché,  tout le monde déplore l’absence d’un connecteur USB sur l’appareil. On peut raisonnablement se poser la question de savoir si Apple n’attend pas la mise sur le marché de ces connecteurs Light Peak pour en équiper ce nouveau terminal complètement orienté Internet et Multimédia… Voir ci-dessous le document qui a circulé à l’automne dernier sur la manière dont Apple envisage l’utilisation de cette nouvelle connectique.  (J’ai rajouté l’iPad qui ne figurait pas sur le document original, mais qui s’y insère parfaitement bien à postériori…)

Ecoutons la présentation (en Anglais) de Paul Otellini sur la nécessité de développer une telle connectique capable de transporter des données sous des protocoles multiples et capables d’interconnecter directement les appareils de la maison entre eux et aux câbles optiques qui arriveront bientôt dans les appartements pour apporter l’Internet à très haut débit (FTTH). Il y a fort à penser que cette technologie bouleverse quelques notions dans ce qu’on appelle généralement « la maison connectée »…

Les câbles électriques actuels à base de cuivre, communément utilisés pour toute la connectique du PC, atteignent aujourd’hui leurs limites en terme de vitesse de transmission et de longueur, à cause des interférences électro-magnétiques et d’autres effets physiques.  Ainsi, les spécifications d’un câble de cuivre capable de transmettre des données à la vitesse de 5 Giga bit par seconde imposent un diamètre de 6 à 8 mm et une longueur maximum de 3 mètres, soit une taille réduite de 2 mètres par rapport à la longueur maximum des câbles USB 2.0 existants. De plus, des câbles de cette taille demandent aussi des connecteurs plus larges qui ne s’intègrent pas facilement dans des appareils qui deviennent de plus en plus petit (les smartphones notamment).

Un concurrent de USB 3.0

La technologie Light Peak vient aujourd’hui en concurrence directe avec USB 3.0 qui offre théoriquement une capacité de transfert de 600 Megabits par seconde, (200 à 300 Mbps en réalité) sur du cable de cuivre mais qui, bien que capable d’offrir des vitesses jusqu’à 25 Giga bits par seconde, n’a pas précisé sa stratégie sur la fibre. Light Peak offrirait d’entrée une capacité d’échange de 10 Giga bits par seconde, pouvant aller rapidement jusqu’à 100 gigabits par seconde, avec  des câbles d’un diamètre de 2 à 3 mm, des connecteurs de bien plus petite taille capable de se loger facilement dans un smartphone, sans pour autant que la longueur de câble soit limité. On peut ainsi envisager de remplacer des câbles Ethernet d’accès à Internet par  des câbles Light Peak, qui pourront, selon Intel, assurer le transport des données à très grande vitesse sous différents protocoles.

Ecoutons la présentation (en anglais) de Light Peak faite par le responsable du laboratoire optique de Intel au moment du CES 2010.

Enfin, selon la société d’études IGI (Information Gatekeepers Inc), le marché de l’AOC dispose aujourd’hui d’une véritable opportunité de développement.  Mais sa croissance s’est surtout appuyée jusqu’à maintenant sur une technologie appelée InfiniBand (IB), principalement employée dans les entreprises pour les solutions de HPC (High Performance Computing), alors que les connectiques basées sur le cuivre comme HDMI, USB ou Display Port (DP) voyaient leurs performances augmenter au détriment de la longueur et de la minceur des câbles et de la réduction de la taille des connecteurs.

L’opportunité que présente Light Peak semble donc très large sur tout le marché de l’électronique grand public compte tenu de la convergence fixe et mobile qui se développe et de l’arrivée du très haut débit dans les foyers grâce au FTTH. Le USB-IF (Implementers Forum) qui a pour mission de developper et de faire adopter USB précisait de façon laconique que USB 3.0 existe et fonctionne déjà alors que Light Peak est encore sous forme de spécifications et de prototype. A noter aussi que le Président de l’USB-IF est un employé d’Intel…

L’iPad, pavé dans la mare des éditeurs…ou bouée de sauvetage ?

2 février 2010

Les éditeurs de livres  vont-ils se tirer une balle dans le pied comme l’ont déjà fait les éditeurs de musique il y a quelques années en essayant de renforcer les mesures de contrôle de vente de la musique en ligne afin de garder leur monopole de la distribution et augmenter leurs marges ?  En effet, suite à un différent qui existait depuis un certain temps entre Amazon et quelques éditeurs de livres dont Macmillan, la boutique en ligne a décidé de retirer de son catalogue tous les ebooks de cet éditeurs. N’oublions pas que Amazon vend aussi 15% des livres papiers vendus aux Etats-Unis.

Les éditeurs ont parfaitement utilisé la situation de concurrence crée par Apple

Après pas mal de réactions dans la presse et un week end de réflexion, Amazon a décidé de se plier à la volonté des éditeurs et a remis en vente les livres de Macmillan, au prix que ce dernier souhaitait, avec un nouveau contrat.  Les éditeurs ont ainsi parfaitement utilisé la situation de concurrence crée par Apple avec son iPad.

En effet, alors que Amazon proposait un contrat 50/50 aux éditeurs pour assurer la distribution des ebooks via son Kindle, Apple a négocié un accord à 30/70, 30 pour Apple et 70 pour les éditeurs.  On remarquera que ça n’est pas suite à un savant calcul économique sur le prix des livres que Amazon a décidé de remonter les tarifs des e-books et de changer ses contrats avec les éditeurs, mais c’est pour continuer de vendre des lecteurs Kindle, face à l’iPad qui arrive. Les mécanismes du marché de la distribution des livres sont donc en train d’échapper aux éditeurs, même s’ils ont pu imposer leur loi, pour le moment.

Amazon vendait les e-books à des tarifs qui ne convenaient pas aux Editeurs, soit à peu près 9 dollars, alors que Apple, en fin stratège, a accepté un prix de 12 à 15 dollars, c’est-à-dire supérieur au prix d’un livre papier au format poche vendu de façon traditionnelle par les réseaux de distribution, et à peine moins cher qu’un livre broché à couverture cartonnée, considérée comme la vache à lait des éditeurs. Aujourd’hui donc, les éditeurs semblent avoir réussi à imposer à Apple et à Amazon des conditions identiques, c’est-à-dire un contrat 30/50 et des prix de livres autour de 15 dollars. Le marché du marché du ebook est donc à priori sous contrôle… Grande victoire ? Ou victoire à la Pyrrhus ?

Le papier, c’est la culture… !?

Bon nombres de questions, et leurs réponses, se trouvent dans le modèle de l’édition et la distribution des livres et des magazines papier…et dans la manière dont fonctionne le marché.  Ne connaissant pas le secteur de l’édition de livre sur le bout des doigts, je m’arrêterai à celui de la presse, que je connais un peu mieux. Je crois savoir que les mécanismes économiques de base sont sensiblement les mêmes, quelques caractéristiques spécifiques  apparaissant à travers divers mécanismes de fonctionnement du marché.

Commençons par une anecdote personnelle. Lorsque je suis devenu journaliste dans le premier groupe de presse informatique Français de l’époque, il y a quelques temps déjà, le micro-ordinateur était encore considéré comme un outil qui ne servait à rien, juste bon à amuser les geeks…

Le rédacteur en chef de l’époque, brillant ingénieur, fin homme de plume et doté d’un humour assez caustique,  voyait tous les jeunes embauchés (à l’époque, la presse embauchait ferme…). Il nous expliquait : « la principale activité du journaliste est de remplir des pages », ce qui nous remplissait de fierté, mais nous déchantions rapidement lorsqu’il nous demandait ce qui à notre avis intéressait le lecteur.

Beaucoup de mes collègues répondaient avec juste raison qu’il s’intéressait à la qualité de nos articles, des scoops, des enquêtes, du style, etc, etc… Il répliquait, non sans sourire : « En fait, ils sont intéressés par les petites annonces d’emploi et par la bande dessiné, vos articles viennent après. »  La bande dessinée était célèbre et a fait rigoler des générations d’informaticiens. Il ajoutait que Le journal vivait et faisait vivre quasiment l’ensemble du groupe grâce aux petites annonces d’emploi qui occupaient, à la période du Sicob, la moitié d’un journal atteignant les 100 pages. Donc plus il y avait de pages de petites annonces, plus on avait le droit de remplir des pages « de rédaction » parce que le chiffre d’affaire avait été très "gras".

Il terminait : « Le modèle du journal, c’est de vendre du papier, c’est le papier qui rapporte. » Vendre du  papier, et accessoirement de l’information, était à la base du modèle de ce journal comme beaucoup d’autres. Inutile de vous dire l’impact d’internet sur le modèle économique et rédactionel du journal qui a du remplacer les petites annonces (envolées sur Internet que les nouveaux propriétaires du groupe avaient sous-estimé pour ne pas investir) par la publicité, déjà fortement attirée par la TV et qui plus tard est partie chez Google… !

Voila une des raisons de l’agonie de la presse depuis une quinzaine d’années. « Mais c’est bien sûr,  c’est Internet le grand satan qui tue les journaux, qui tue les livres, qui tue la musique, qui tue la télévision, qui tue le cinéma… et allons y…  qui tue l’information et la culture.. »  Beaucoup des détracteurs d’Internet, sans le dire, laissent insidieusement  penser que le papier est à la base de la culture et que si le papier disparait (et avec lui le modèle de l’édition et de la distribution qui l’accompagne), la culture disparait aussi!

Internet, les grands et les petits… une bataille de monopoles

Aujourd’hui, tout le monde râle après Google, en position de monopole sur le marché de la publicité qui jusqu’à présent régentait le papier et la télévision. Mais Google est face à d’autres monopoles de la culture qui ne disent pas leur nom. Et tous ces monopoles, plutôt que de développer la culture ouverte, de la prendre dans le grand public, de développer une information indépendante, se sont développés sur le dos du grand public en se concentrant, en contrôlant les réseaux de distribution de la culture, en promouvant une culture de masse imposée par le haut, chère, canalisée et bien organisée pour le maintient en place de ce statu quo basé sur un vieux modèle élitiste qui aujourd’hui s’effrite inexorablement.

Les monpôles du papier s’agitent

Au Etats-Unis, on parle des 6 gros éditeurs de livre (dont Macmillan), qui contrôlent le marché. L’essentiel du chiffre d’affaire Français de l’édition est réalisé par moins de 10 éditeurs (Hachette, Editis, France Loisir, Atlas, Gallimard, La Martinière-Le Seuil, Média Participations, Albin Michel, Lefebvre Sarrut) qui font plus des ¾ du chiffre d’affaire de l’édition en France. Ils ont construit leur monopole (leur oligopole) sur le papier et contrôlent la distribution.  Ce marché semble ne pas avoir vraiment subit les effets de la crise puisqu’il continue de croître, selon les analystes.

La réalité du conflit qui agitait le petit monde de l’édition depuis un moment portait sur le prix de vente de $9,99 imposé par Amazon et contesté par les éditeurs américains et Français, unis une fois n’est pas coutume,  dans un même combat. Arnaud Noury, le PDG de Hachette le confirme dans une interview accordée à Challenges : « L’éditeur peut aussi garder le fichier numérique et permettre le téléchargement à chaque transaction. C’est ce que nous faisons avec la Fnac par exemple: le client en ligne est redirigé vers notre plateforme quand il achète un ouvrage. De cette façon, nous conservons le contrôle des œuvres. Aux Etats-Unis, nous assistons à une guerre des prix qui dévalorise le livre. Certains bradent des nouveautés au format numérique à 9,99 dollars! Wall Mart a réagi en proposant à son tour des livres au format papier à 8,99 dollars. Ce n’est pas tenable. »

Le numérique doit-il être moins cher ?

Quant à Virginie Clayssens, qui travaille sur les modèles du livre numérique pour Editis, elle précise : « Le numérique doit-il être moins cher ? Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’entrepôts et de camion, qu’il ne faille pas stocker, acheminer. Ce n’est pas le même prix, bien sûr, mais s’il y a un grand nombre de ventes. La perception de l’utilisateur est de dire que ça ne peut pas être aussi cher. La perception de l’éditeur est de voir le risque que demain on ne puisse plus rémunérer les auteurs, voir ne plus faire de livres…» Elle oublie de mentionner qu’il n’y a plus de papier non plus, ni d’imprimerie et pratiquement plus de marketing. Je voudrais bien savoir ce qu’en pensent les auteurs qui voient leurs livres publiés à quelques milliers d’exemplaires puis disparaitre à tout jamais dans les « Editions épuisées ».

Noury conclue : « C’est tout l’écosystème du livre qui serait bouleversé et les auteurs seront les premiers à souffrir. Il faut restaurer un partenariat entre les éditeurs et les libraires. » Virginie Clayssens, dans son blogue précise que la loi Lang protège les prix du livre alors que le prix des livres est libre aux Etats-Unis. C’est donc pour cette raison que les prix des livres sont plus élevés en France qu’aux Etats-Unis.  La loi, elle protège qui… au fait ?

Un oligopole de l’édition est aussi aisé pour les gouvernements démocratiques d’exercer un contrôle discret, mais très efficace sur ce qui est mis sur le marché, au nom de l’ordre public ou d’autres raisons particulières… Avec le numérique, Internet et les lecteurs de ebook,  l’édition et la distribution d’un livre est à la porté d’un individu muni d’un ordinateur de  500 euros. Il  peut écrire un livre, un roman, un pamphlet,  le mettre en page et mettre son œuvre dans une librairie numérique en ligne (celle d’Amazon, la iBookStore d’Apple ou pourquoi pas chez Google…). Le rôle des éditeurs est donc sérieusement remis en question. Enfin il ne faut pas oublier que Apple est surtout occupé par Amazon, Google  et quelques autres pour s’imposer sur un marché de terminaux que certains ont déjà estimé fort juteux. Il n’est pas prêt à se battre pour le livre et les éditeurs. Il vient de montrer qu’il savait les utiliser.

L’iPad d’Apple… Un PC du troisième type ?… ou un Ipod Touch sous stéroïdes ?

27 janvier 2010

Steve Jobs présentant l'iPad à San Francisco

Steve Jobs vient de lancer son très attendu iPad, dont il affirme être une nouvelle catégorie de produit à l’intersection de la technologie et de l’art libéral… ? «un appareil magique et révolutionnaire » à un prix de 499 dollars qui semble défier les lois de l’économie…  Effet marketing réussi pour un appareil qui ne sera pas disponible avant au moins 2 mois aux Etats-Unis, peut-être plus tard ailleurs. L’iPad dont les premiers détails techniques ont été dévoilés semble en effet bien alléchant. Il apparait en effet offrir une réponse claire, simple et facile à toutes les difficultés d’utilisation, les incohérences et les tracasseries auxquelles le PC sous Windows  et les bons vieux téléphones mobiles classiques nous ont soumis depuis des années… des décennies. La mobilité numérique intégrale est elle devenue possible grâce à l’iPad… Un appareil magique… ? Une troisième voie ? Un peu tôt pour le dire aujourd’hui.

Un appareil complet pour les données mobiles

L’une des vraies nouveautés intéressante de cette annonce appartient à AT&T.  Merci à Apple d’avoir gentiment mais fermement conseillé à l’opérateur d’innover un peu (la menace Verizon peut-être…). En effet, AT&T annonce des accès à la demande, sans contrat, aux données mobiles 3G. Jusqu’à présent aux Etats-Unis et dans bien d’autres pays, l’accès aux données mobiles par une clé USB est proposé pour une soixantaine de dollars par mois, la quantité de données téléchargeable est plafonné (1 Giga octets en général) et il faut un contrat de 1an ou 2 ans.

Depuis un certain temps, les utilisateurs occasionnels réclamaient pour les données 3G, la mise en place d’une offre prépayée comme cela existe pour la voix, permettant de payer à la consommation, sans abonnement contractuel. Apple et AT&T proposent donc pour l’iPad un accès (avec une micro SIM Card) aux données 3G pour 14,95 dollars par mois, sans contrat, avec un plafond de 250 Mo de données téléchargées par mois, ou de 29,99 dollars par mois sans plafonnement.  D’autres part, cet « abonnement » au mois le mois donne gratuitement accès aux hot spots Wifi de l’opérateur (sans préciser lesquels)… Steve Jobs indiquait être en train de négocier de tels contrats à l’étranger… L’impact en France sera certainement significatif compte tenu de la compétition qui existe entre les opérateurs. Free a déjà indiqué qu’il offrirait des abonnements à bas prix pour les données 3G en prépayé, sans contrat. Il donne aussi un accès gratuit aux hotspot WiFi de tous les utilisateurs d’une FreeBox dégroupée en France, soit un peu plus de 2 millions de hotspots.

Lacunes et imprécisions ?

Contrairement à l’iPhone, l’iPad ne sera pas bloqué, verrouillé à  un opérateur, ce qui laisse penser qu’il ne sera pas sponsorisé. Il est clair que la pratique des opérateurs de sponsoriser une partie de l’appareil doit s’arrêter. Elle leur permet d’accumuler des bénéfices supplémentaires sans contrepartie de service pour les utilisateurs. Free en France devrait montrer une façon dont cela peut se faire en proposant des plans de financement différents à l’utilisateur.

Mais faudra-t-il tout de même acheter un iPhone ou un smartphone si l’on veut un téléphone mobile ?  En effet aucune fonction de téléphonie autre que par Internet ne semble apparaitre sur l’iPad… Pas possible d’appeler ou d’être appélé par le réseau 3G.  Seule la voix sur IP semble possible pour l’instant.  Rien n’a été précisé pour l’instant  sur une éventuelle combinaison entre l’abonnement de l’iPhone et l’abonnement de l’iPad. Faut-il les 2, ou bien l’abonnement de l’un pourra-t-il fonctionner sur l’autre ?

Quelques autres pièces manquantes

Demi–téléphone, Ordinateur (iWork est un concurrent de MS Office), Web book, Tablette à dessiner, lecteur de livres électroniques, lecteur de vidéo et d’audio sont apparemment  réunis unis dans l’iPad par une interface homogène, riche et extensible grâce à de nouvelles applications (sous certaines conditions bien sûr) à laquelle, Steve Jobs l’affirme, 75 millions de gens sont déjà familiers.  Steve Jobs précise aussi que toutes les applications de l’iPhone pourront fonctionner sur iPad, ce qui va probablement renforcer  l’engouement des développeurs d’applications dans le monde Apple. Toutes les applications seront disponibles sur AppStore et pas de nouvelle interface à apprendre. En revanche, tout comme l’iPhone, iPad n’est pas multitâche. Un handicap face à Android qu’il faudra combler très vite.

Il lui manque cependant quelques pièces importantes comme une vidéo caméra, alors que la pratique de la vidéo-conférence commence à atteindre le grand public. Il n’a pas non plus de capacité de stockage externe sur mémoire flash, ce qui limite sa capacité de stockage de musique, livres, magazines ou vidéo à emporter avec soi sur une ile déserte. Il ne peut pas lire Adobe Flash ce qui limite l’expérience sur le Web dans la mesure où beaucoup de sites sont écrits en Flash. De même, la batterie n’est pas remplaçable, ce qui en limite considérablement l’autonomie et la souplesse d’utilisation en situation de mobilité.  La batterie n’a qu’une durée de vie de 10 heures, alors que beaucoup des eBook readers présentés aux CES offrent une autonomie de lecture d’une semaine.

Un clavier Dock station pour l'iPad

Un e-book reader et ++

Tout le monde à CES attendait les lecteurs de eBooks, mais les lecteurs de eBook attendaient Apple….  Avec l’iPad, Steve Jobs annonçait iBooks, une application gratuite pour l’iPad disponible uniquement aux Etats-Unis, qui installée sur l’iPad, permet d’acheter et de lire les livres qui sont présentés dans l’iBookstore, une nouvelle librairie en ligne équivalent de l’AppStore pour les applications et de iTune pour les contenus vidéo et musicaux.  Donc, pas de technologie e-Ink sous jacente ce qui explique la relative faible autonomie de l’iPad. Mais d’ores et déjà, Apple confirme une tendance sensible au CES laissant supposer que les utilisateurs préfèrent un appareil multifonctions plutôt qu’un appareil entièrement dédié à la lecture. Et il propose en plus la couleur qui ne sera pas disponible avant au moins 8 à 9 mois sur les lecteurs de eBooks classiques…

Peu d’éléments  sont aujourd’hui connus sur la nature et le style de cette librairie en ligne qui vient marcher directement sur les plates bandes de Amazon et de Barnes & Nobles, fournisseurs du Kindle et du Nook. On sait déjà que le format de lecture est conforme au format ouvert ePub, alors que le format de Amazon est propriétaire. Mais rien n’est encore précisé sur le format PDF. Rien non plus n’est clair  sur l’interopérabilité qui permettrait au propriétaire d’un iPad de lire du PDF téléchargé sur le Web ou des livres et documents au format ePub achetés dans une autre librairie en ligne (Amazon par exemple…).  Enfin Apple utilise-t-il un DRM, et si oui lequel? Les prix des livres dans iBookstore  semblent identiques, voire un peu plus chers que ceux d’Amazon et de Barnes et Nobles contre qui certains éditeurs s’étaient élevés parce qu’ils pratiquaient des prix trop bas.

Cinq éditeurs sont déjà associés à l’iBookstore d’Apple :  Penguin, Harper Collins, Simon & Schuster, MacMillan et Hachette. Question presse, il semble que le New York Times, appelé sur scène lors de la présentation de Steve Jobs, soit un partenaire à des conditions et à des tarifs pour l’utilisateur qui ne sont pas encore divulgués. Les détails des partenariats passés avec les éditeurs de journaux et magazines sont attendus avec impatience. Il faut donc s’attendre à quelques surprises du coté de l’iBookstore.

700 grammes, un écran 9,7 pouces, un clavier séparé

700 grammes, un écran 9,7 pouces

Prix aux Etats-Unis et ce qu’ils pourraient être en Europe…

prix en dollars 16 Gig Octets 32 Giga Octets 64 Giga Octets
iPad Wifi 499 dollars 599 dollars 699 dollars
iPad WiFi + 3G 629 dollars 729 dollars 829 dollars

Prix équivalents HT en Euros au cours d’aujourd’hui à 1,40 dollars pour 1 euros. Il y a hélas fort à parier que Apple ne pratiquera pas ce taux de change…

prix calculés en € 16 Gig Octets 32 Giga Octets 64 Giga Octets
iPad Wifi 355 €uros 427 €uros 498 €uros
iPad WiFi + 3G 448 €uros 520 €uros 591 €uros

Une tablette Apple pour révolutionner le livre

11 décembre 2009

La rumeur ne cesse de circuler et semble se confirmer de jours en jours. Apple devrait sortir une tablette qui ressemble à quelque chose entre un iPhone, un iPod, un Netbook et un eBook dans les semaines à venir. En effet, je me trouvais la semaine dernière à Palo Alto, dans le restaurant favori de Jean Louis Gassée, ancien Président d’Apple, fondateur de Be Inc et Venture Capitaliste lorsque celui-ci rencontre Walter Mossberg, columniste du Wall Street Journal, venu lui aussi prendre son petit déjeuner.  Ils se sont salués et ont échangé quelques mots, mais comme Walt Mossberg à tendance à parler fort, c’est assez commun dans ce genre de restaurant où les gens sont aussi là pour se montrer, j’ai pu (comme un bon nombre de gens autour de moi) entendre ce qu’il disait à Jean Louis.

Il affirmait, non pas avoir vu la tablette, mais  avoir rencontré Steve  Jobs qui lui a confirmé l’existence de l’appareil, qu’il n’était bien sur pas en mesure de lui montrer. Il lui aurait précisé que le projet était très avancé et « very exciting » et qu’il lui monterait, sous embargo bien évidemment, dès que ça serait possible lorsque les premiers prototypes seront stabilisés.

Un grand iPod Touch

Quelques jours après, Yair Reiner, un analyste de la firme Oppenheimer  & Co dans une note destinée à ses clients  précisait que la tablette pourrait être annoncée dès le mois de février prochain et mise sur le marché quelques semaines plus tard en mars ou avril. Au fur et à mesure que les rumeurs se précisent, il semble que l’appareil soit en fait un grand iPod Touch, concurrent du e-book Kindle d’Amazon et des Netbooks PC que l’on connait. Mais son prix sera probablement plus élevé, autour de $1000. L’appareil serait donc équipé d’un écran de 10 pouces environ  utilisant la même technologie d’écran multi touche poly-silicium que l’iPhone. Il serait fabriqué par Wintek Corp qui fabrique déjà l’écran de l’iPhone.

Mais à l’inverse de l’iPhone ou de l’iPod, il aura un OS qui permet de faire fonctionner plusieurs applications simultanément. Pour une des premières fois chez Apple depuis longtemps, le processeur serait fait par Apple, issu de P.A Semi, la société de chip acheté l’année dernière. On peut aussi s’attendre à un appareil avec un niveau substantiel de mémoire flash (64 Go), fonctionnant  en couleur bien sur (ce que le Kindle ne fait pas), doté d’une puce téléphone HSPA  (adapté aux réseaux 3GSM seulement pour l’instant) et d’une interface qui rendre l’appareil très attractif pour toutes sortes d’activités.

Un paradigme d’utilisation toujours inaccessible

On peut s’attendre à des capacités graphique et sonores de haut niveau et une interface qui en fasse l’outil indispensable au quotidien. Il permettrait, chose encore inaccessible aujourd’hui à un individu normal  qui n’aura pas à à passer des heures entières d’apprentissages rapidement oubliées, de lire son journal le matin, d’écouter les nouvelles à la radio,  de vérifier ses mails sur Internet et d’y répondre en prenant son café en écoutant sa musique préférée achetée sur iTunes, de passer un coup de fil au bureau pour dire qu’il sera en retard, d’utiliser cet appareil comme GPS intelligent pour lui permettre de ne pas arriver trop en retard, de regarder les news à la TV sur Internet et d’écrire son premier mémo de la journée pour la réunion qui va commencer.

Le soir il pourra regarder les news à la TV, browser sur Internet les nouvelles de la journée qui l’intéressent ou le concernent  grâce à un système d’agrégation facile à utiliser et finalement s’endormir en lisant le dernier polar numérisé,  regarder un film téléchargé sur Internet ou  jouer à un jeu vidéo en ligne. Destiné à être utilisé le plus souvent outdoor, il disposerait de batteries de longue durée qui seront fournies dans un premier temps par Dyna Pack International Technology Corp, une société Taïwanaise qui aurait gagné un contrat de 300000 modules longue durée à fournir.  Un magazine Taiwannais donne une liste assez longue de sociétés travaillant pour Apple ayant reçu des nouveaux contrats.

Yair Rainer indique que Apple a prévu de vendre entre 1 et 1,5 millions de ces appareils pour le premier trimestre du lancement, basé sur des informations recueillies auprès de Foxconn, l’un des partenaires de fabrication d’Apple en Chine.  Il élabore ensuite sur les marges et le chiffre d’affaire supplémentaires réalisés par Apple grâce à cet appareil pour arriver à un profit par action augmenté de 30% environ en une année. Il n’élabore pas sur les services induits par cet appareil.

Les éditeurs de livres retardent leurs éditions électroniques

Depuis quelques semaines, plusieurs éditeurs de livres américains ont indiqué leur intention de retarder la publication en eBook de certains de leur livres papier. Brian Murray, le CEO de Harpers Collins précisait que chaque mois, il retarderait de 4 semaines à 6 mois la publication de 5 à 10 livres papiers, prévue en format eBook. Il ajoutait que le prix des eBooks à $9,99 était insuffisant sachant qu’ils représentaient un « lourd investissement marketing pour l’éditeur… ! » Il expliquait son intérêt de voir les eBooks mis en vente sur les réseaux sociaux et des boutiques en ligne comme l’App Store d’Apple, espérant trouver là une possiblité de vendre plus cher, alors que Amazon propose déjà des eBook à des prix aussi bas que $6 ou $7.

Ensuite, Simon & Schuster, une filiale de CBS retardait la sortie de 35 livres papiers en eBook de plusieurs semaines pour prendre position contre le prix « bradé » de $9,99 dollars des best sellers papier en eBook. L’industrie du livre semble donc partie sur la même pente qui a conduit l’industrie de la musique où elle est en est aujourd’hui. Ainsi Lagardere SCA du groupe Hachette a indiqué vouloir retarder la publication en eBook de plusieurs livres Américains de 3 ou 4 mois.

L’industrie du livre réagit mal à la numérisation

Donc, plusieurs éditeurs commencent à se rendre compte que leur industrie est  au pied du mur et adoptent des attitudes de replis et de défense en utilisant des pratiques de vente désuètes plutôt que de chercher des solutions innovantes qui leur permettraient d’évoluer. Cité par le Wall Street Journal, James McQuivery un analyste de Forrester précise : « de temps en temps, un secteur des média qui se dit comprendre les réalités numériques change de position sous la pression exercé par le dit numérique sur son business séculaire…  Si vous donnez du contenu numérique aux gens, ils en consommeront encore plus. Mais si vous leur retirez, vous les motivez à acheter le livre de quelqu’un d’autres ou même à envisager le piratage, ce qui n’a pas encore touché l’industrie du livre. Mais il pourrait bien arriver l’année prochaine… ».

Il semble évident que certains éditeurs de livres, dont beaucoup ont compris l’intérêt du Kindle malgré les erreurs commises par Amazon, se rendent compte que profiter de la numérisation pour vendre des livres à prix cassés (par rapport au prix papier qui impose un lourd et cher processus de fabrication, de stockage, de manutention et de distribution) peut leur permettre de capter des parts de marché et de bénéficier ensuite d’une place très profitable. « Le marché du livre papier est  en jeu" dit un agent littéraire New Yorkais  dans une lettre d’alerte qu’il a envoyé à une quinzaine d’éditeurs, "vous n’avez pas beaucoup de temps pour le sauver… » La route d’Apple est ainsi toute tracée.  Il a déjà l’expérience de iTunes avec l’iPod, de l’App Store avec la simplicité de l’iPhone… et Amazon a ouvert la voie pour le livre. Il y a quelques jours le Président Français Nicolas Sarkozy s’en prenait indirectement à une société amie américaine à qui il reproche de scanner le patrimoine culturelle Français. Voici donc une deuxième société amie américaine à considérer…


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