Posted tagged ‘Free’

CES 2012 : 5 Français dans le grand zoo numérique – Withings

11 janvier 2012

Ca se confirme, le CES 2012 sera un grand cru. Pourtant, alors que la mobilité, la télévision et les objets internet sont au cœur de la problématique du CES 2012, c’est en France que l’innovation de rupture arrive avec l’annonce de Free Mobile dont les tarifs d’abonnements sont aujourd’hui sans concurrence et dont le prix du téléphone sera facturé séparément de l’abonnement aux services. Les terminaux vendus par Free seront donc désimlockés, c’est-à-dire qu’ils seront indépendants de l’opérateur qui offre le service et la carte SIM fonctionnera sur des appareils préalablement désimlockés.

Free ne deviendra pas un vendeur de téléphones mobiles

Cela signifie que Free ne va pas, comme ses confrères, se transformer en vendeur de terminaux de toutes sortes, mais conservera son métier de fournisseur de services numériques et de transporteurs de données fixes ou mobiles. Si tous les opérateurs se mettaient à déverrouiller leurs terminaux, on devrait voir arriver très rapidement une nouvelle vague d’innovation dans les smartphones suivie très probablement d’une baisse des prix générale des smartphones, grâce à une plus grande transparence.

Les Américains ne sont pour l’instant guère conscients du nouvel impact de cette offre, alors qu’AT&T vient, au grand soulagement de bon nombre d’observateurs, de se voir refuser l’autorisation d’absorber T-Mobile pour cause de tentative de destruction du peu de concurrence qui restait. T-Mobile pourrait-il à lui seul réagir comme Free aux Etats Unis et donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Peu probable dans la mesure où sa maison mère, Deutsche Telekom, le très « opérateur historique » Allemand, qui cherche depuis longtemps à se débarrasser du bébé dont il ne sait que faire, ne veut pas entendre parler d’investissements supplémentaires. Free démontre pourtant en France qu’il ne s’agit pas obligatoirement de puissance d’investissement, mais plutôt d’une volonté et d’une approche différente qui font bouger les choses.

Withings, un français dans le healthcare mobile

Cedric Hutchings CEO de Withings

De retour au CES, je notais que la manifestation CES Unveiled, prise d’assaut par des centaines de journalistes venus du monde entier, a honoré 5 sociétés Françaises parmi la petite centaine de sociétés sélectionnées. Cedric Hutchings, CEO et cofondateur de Withings, son baigneur dans les bras, présentait son nouveau pèse bébé numérique, première mondiale pour ce qui est d’un pèse bébé connecté à Internet. Withings est une société crée à Paris en 2008, dont le premier produit était un pèse personne électronique connecté à Internet par WiFi. Grâce à une interface accessible à tous, il permet aussi à des tierces parties de développer des applications innovantes autour de cet objet connecté. « Nous ne sommes pas une start’up en train de développer des services de demain, explique Cedric Hutchings. Nous proposons un produit connecté, aussi facile à utiliser que son équivalent non électronique, mais qui offre beaucoup plus de possibilités parce que les données recueillies peuvent être automatiquement stockées sur un téléphone cellulaire ou un ordinateur, puis présentées et traitées comme le souhaite l’utilisateur. » C’est une réalisation concrète de ce qu’on appelle l’Internet des objets…

Une rapide internationalisation

La balance de Withings peut se connecter à Google Health ou Microsoft Health Vault, préfigurations américaines aujourd’hui très opérationnelles du Dossier Médical Personnalisé (DMP) qui n’arrive pas à voir le jour en France. Avec cette balance, puis un tensiomètre connecté à un téléphone cellulaire et un « smart baby monitor » véritable outils de vidéo surveillance de bébé 24×24 connecté à l’iPhone présentés tous les deux au CES 2011, Withings entrait avec succès sur les marchés Américains, Japonais et Chinois grâce son système de distribution sur Internet. A noter que le smart baby monitor dispose de technologies comme la vision nocturne et permet aussi de parler au bébé ou de lui diffuser de la musique à partir de son iPhone. Ce produit gagnait un Innovation Award au CES 2011.

Un Cloud « santé et bien être », ouvert et agnostique

Au CES 2012, Withings gagnait une nouvelle récompense pour son pèse bébé connecté et entrait dans le Cloud en annonçant une plateforme de stockage qui permet de stocker toutes les données de santé récupérées par ses appareils ou encore par d’autres appareils connectés comme Zeo Sleep Manager, une application qui contrôle le sommeil ou Runkeeper, une application de coaching en ligne d’exercices et d’entrainement sportif qui comporte 7 millions d’utilisateurs. Un utilisateur peut donc rapprocher ses données recueillies par le tensiomètre de Withings avec d’autres données recueillies par d’autres appareils ou applications.

L’intérêt de cette plateforme de Cloud est une interface ouverte qui permet aux utilisateurs d’ouvrir leurs données à des applications extérieures et même à d’autres appareils. Aujourd’hui, les accords passés par Withings permettent à près de 40 millions d’utilisateurs d’accéder à cette API. Cedric Hutchings indique son intention de développer de nouveaux appareils et de permettre aux utilisateurs de mieux appréhender en ligne tous les aspects de leur santé : « avec 4 appreils différents, nous avons acquis une bonne expérience et une bonne compréhension des données que les utilisateurs veulent obtenir en un même endroit. Nous avons ouvert cette plateforme en ligne de Santé et de Bien être totalement agnostique, parce que d’autres sociétés nous l’ont demandé pour leurs utilisateurs. »

Quelle image de la fibre chez les opérateurs?

17 mars 2010

Par Marc Duchesne

Comme chacun sait, du moins dans les milieux autorisés, comme disait Coluche, l’ARCEP a récemment publié les offres de référence des opérateurs commerciaux pour le raccordement des abonnés à la fibre optique.

Un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, dit le vieux dicton. C’est pourquoi je me suis amusé à passer les offres de de référence de France Telecom, SFR, Free, et Numericable à la moulinette du Web 2 – grâce à Wordle, fantastique outil qui affiche sous forme graphique les occurrences des mots d’un texte.

Pour garantir la justesse du calcul par le moteur de Wordle, j’ai supprimé les bas de page pour conserver uniquement le nom de l’opérateur dans le corps du texte, j’ai remplacé « France Telecom » par « FranceTelecom » et « Free Infrastructure » par « FreeInfrastructure » pour être sûr que le comptage concerne le nom de l’opérateur (pour bien discriminer les mots éventuels « télécom » et « infrastructure »).

Voici les résultats, à regarder du point de vue de l’utilisateur – c’est à dire du ou des co/propriétaires de l’immeuble…

Offre de référence fibre de Orange-France Telecom:Wordle: FT2

Offre de référence fibre de SFR:
Wordle: SFR2

Offre de référence fibre de Numéricable:
Wordle: NC2

Offre de référence fibre de Free:
Wordle: Free

FTTH Council Europe à Lisbonne : La fibre attend toujours un plan européen

2 mars 2010

Hartwig Tauber, Directeur Général du FTTH Council Europe

Dans moins d’un mois, la FCC américaine dévoilera son plan haut débit.  Julius Genachowski, le chairman de la FCC américaine a entamé, depuis sa nomination au milieu de l’année dernière, un intense travail de consultation de l’industrie, des collectivités locales, des élus et des particuliers concernés par la mise en place d’infrastructures de nouvelle génération pour le haut débit aux Etats-Unis. Le Président et le Congrès Américain lui ont demandé de présenter, d’ici le milieu du mois de mars, un plan national pour le très haut débit.

Voici quelques jours, sur le blog de la FCC, il constatait qu’aujourd’hui  14 millions de foyers américains n’ont pas accès au haut débit (512 ko selon les normes de la FCC) et que 100 millions de foyers qui devraient et pourraient avoir le haut débit ne l’ont pas, dans ce pays qui a inventé l’Internet.  Il précisait  les grandes lignes de son plan qui sont d’apporter le 100 mbps à 100 Millions de foyers aux Etats-Unis, de créer des pilotes pour le très haut débit et de faire passer le taux d’adoption du haut débit de 65 à 90%. Aux dernières estimations, c’est près de 50 milliards de dollars que le gouvernement américain a attribué ou attribuera pour faciliter, d’une manière ou d’une autre, la mise en place et l’utilisation du très haut débit sur son territoire. Les Etats-Unis seront-ils en mesure de rattraper le retard qu’ils ont accumulé depuis 2002? C’est un enjeu clair de Barak Obama.

La Lithuanie, premier européen pour la fibre

Lors du FTTH Council Europe qui s’est déroulé à Lisbonne la semaine dernière, le paysage du haut débit sur le vieux continent semblait apparament plus brillant qu’aux Etats Unis, mais des questions immédiatement se posent si l’on parle de l’étape suivante du très haut débit et de la fibre à la maison. Il semble qu’appuyé sur une avance certaine dans l’adoption du haut débit, l’essentiel de l’industrie européenne des télécommunications ne voit pas un intérêt primordial d’investir lourdement dans la fibre à la maison et préfère rester assise sur des rentes de situation plutôt confortables.

Hartwig Tauber, Directeur Général du FTTH Council , s’appuyant sur des chiffres divulgués par l’iDate, notait que l’Europe pour ce qui est du nombre de foyers fibrés traine de façon préoccupante au troisième rang avec seulement 2.5 millions de foyers passés (3.5 millions avec la Russie) contre 7.6 millions aux Etats-Unis et 36 millions en Asie. Il notait que l’on pouvait considérer dès aujourd’hui le Japon comme un pays fibré. « L’Europe avance en ordre dispersé, dit-il, et les pays de l’Europe de l’Est et du Nord semblent les plus dynamiques. Ainsi la Lithuanie présente le taux de pénétration le plus élevé avec 18% des foyers abonnés à la fibre, devant la Suède, la Norvège, le Slovénie, l’Estonie, le Danemark, le Slovaquie et la Finlande. »

Le responsable du FTTH Council se félicitait que la France, le Portugal , la République Tchèque et la Bulgarie soient récemment entrées dans le tableau de classement dont la limite basse est de présenter un taux de pénétration de 1% au minimum…!! L’Allemagne et l’Angleterre n’y figurent toujours pas. “Il apparait que les opérateurs historiques des pays de l’Europe de l’Ouest restent très lents à déployer » ajoutait-il.

Le classement des pays Européen, taux de pénétration

Foyer passé, foyer connecté, FTTB, FTTH etc…

Si Hartwig Tauber présentait un paysage plutôt mitigé de la manière dont l’Europe avance vers la fibre, il indiquait aussi que les statistiques présentées par les organismes gouvernementaux, les régulateurs, les sociétés d’analyses et le FTTH Council pouvaient varier sachant que chacun n’utilise pas les mêmes définitions.  Les notions de « foyer passé » et de « foyer connecté » sont souvent utilisées indifféremment alors qu’elles se réfèrent à des choses différentes, la première étant considérée comme « ayant accès possible à la fibre » alors que la deuxième est « abonné à  un accès fibre ».

Souvent aussi, il est mentionné FTTH (fibre jusqu’à la maison), alors que la réalité est seulement du FTTB (fibre jusqu’au building). Il apparait que dans la deuxième situation, les foyers ont un accès « virtuel » à la fibre car il est nécessaire de réaliser le câblage vertical en fibre pour desservir tous les appartements d’un immeuble ? On ne sait pas en général à quelle distance du building s’arrête la fibre.  Certains comme Numéricable en France indiquent « avoir passé » plusieurs millions de foyers, mais il s’agit en fait de FTTB jusqu’à un concentrateur qui dessert un certain nombre d’immeubles en réutilisant ensuite le vieux câble coax qui va dans les appartements, et la bande passante est partagée entre tous les abonnés reliés à ce concentrateur. Il s’agit en fait en fait d’une sorte de v-DSL à la mode câblo. On ne peut pas vraiment parler de très haut débit.

Régulation européenne à venir sur les NGN

La régulation européenne ne s’est encore pas prononcé sur les  conditions de régulation de la mise en œuvre des réseaux NGN (Nouvelle Génération Networks) et Hartwig Tauber note que seulement quelques pays européens dont la France, la Hollande et le Portugal ont décidé de ne pas attendre et de créer leur propre cadre de régulation pour accélérer la mise en œuvre des réseaux fibrés.  Cette situation d’attende d’une régulation Européenne explique, en partie,  les très faible taux de pénétration de la fibre en Europe, malgré les investissements réalisés ou en cours.

En effet, dans beaucoup d’endroits,  les utilisateurs se rendent compte rapidement que même si la fibre est disponible près de chez eux, les conditions dans lequel leur est offert l’accès fibre ne leurs conviennent pas et ils préfèrent rester sur du bon vieux DSL dégroupé dont les tarifs sont compétitifs. Bien que connaissant les grandes lignes de la politique Européenne vis-à-vis des NGN (Neutralité, Mutualisation et Concurrence) les opérateurs de leur côté ne veulent pas  se lancer dans des directions dont ils prétendent qu’elles pourraient être remises en cause lorsque la Commission Européenne se sera prononcée, probablement d’ici le milieu de l’année 2010.

En France, une boucle locale fibre gratuite et ouverte

En France, comme le note Hartwig Tauber, il a fallu 3 ans de difficiles négociations sous l’égide de l’ARCEP pour arriver à faire sortir le très haut débit d’une impasse. L’enjeu était d’assurer le fibrage vertical des immeubles de façon à ce que la fibre installée verticalement soit neutre, partagée par tous les opérateurs, sans discrimination technique ou commerciale pour qu’un utilisateur puisse changer de fournisseur d’accès fibre comme il le souhaite.

L’ARCEP est allé en deça des recommandations actuelles de la Commission Européenne et a crée un précédent hautement regardé dans toute la communauté et dans le monde dans la mesure où il assure la mise en place d’une boucle locale fibre, gratuite et ouverte.   Les dispositions sont clairement expliquées dans le « guide de la fibre dans les immeubles » que tout propriétaire d’appartement se doit de lire. La situation à Paris jusqu’à une date récente est exactement celle du FTTB, dans la mesure où tous les opérateurs ont tiré de la fibre dans tous les égouts et arrivent pratiquement au pied de chaque immeuble parisien.

La décision de l’ARCEP semble avoir débloqué la situation puisque France Télécom a récemment indiqué vouloir investir 2 milliards de dollars dans la fibre dans les 5 ans à venir.  Il n’a aujourd’hui qu’une trentaine de milliers d’abonnés à la fibre, tous issus de pilotes réalisés pendant 3 ans. Paris pourrait être la capitale du monde la plus fibrée dans de très bref délais dans la mesure où les 4 opérateurs France Télécom, SFR, Free et Numéricâble ont récemment publiés leur offre de référence pour la fibre dans les immeubles. Nous y reviendrons.

A noter que le prix de l’abonnement fibre pour un particulier sera de €29.90 chez les 3 opérateurs alternatifs, l’opérateur historique qui bénéficie d’infrastructures payées par le contribuable (du temps ou il était opérateur unique) et en partie amorties étant 45% plus cher à €44.90.