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e-Learning 2.0…? Quelle voie entre l’artisanat et l’industrie ?

21 novembre 2010

La conférence e-Learning, organisée par Infopromotions, s’est tenue pendant 2 jours à Paris la semaine dernière. Très ciblée, intense par la qualité des intervenants et des participants et enrichissante par l’étendue des thèmes abordés, elle réunissait une centaine de personnes, tous professionnels de la formation et pour bon nombre d’entre eux pionniers du e-Learning.

Souvent confondu avec la formation à distance, auquel bien sûr il participe, le e-Learning est un secteur qui regorge d’opportunités, même si aujourd’hui il représente un volume d’affaire relativement modeste en France. Le e-Learning est beaucoup plus développé dans les pays anglo-saxons. En Angleterre par exemple, le chiffre d’affaire du e-Learning est déjà 3 fois supérieur à celui de la France…. Ne parlons pas des Etats Unis qui pourtant ne bénéficient pas d’un système règlementaire aussi incitatif qu’en France. En effet, le 1% patronal est estimé en France représenter plus de 8 milliards d’Euros par an et lors d’un article précédent, Michel Diaz, l’animateur de la conférence, nous indiquait que le e-Learning, avec moins de 150 millions d’Euros de Chiffre d’affaire en 2010 ne représente qu’un peu moins de 2% de ce montant…

Directeur associé de Féfaur, une société d’analyse et de conseil dédiée au e-Learning, Michel Diaz est un pionnier de l’utilisation de l’ordinateur dans la formation professionnelle. Il nous explique les grandes tendances du marché et met en évidence quelques  grands éléments de la dynamique de son évolution.

Un marché émergent adressé par une offre plutôt artisanale

L’analyse réalisée par Féfaur montre que le marché Français du e-Learning est encore petit, assez peu structuré et présente les caractéristiques d’un marché émergeant dans la mesure où une assez forte demande se fait sentir et que l’offre est assez récente puisque seulement 37% des sociétés qui opèrent sur ce marché ont été crées avant 1999. « Le marché attire beaucoup de nouveaux acteurs, d’où une situation parfois compliquée pour les acteurs historiques » indique Michel Diaz. La Cegos qui était invitée à parler dans la conférence aux côtés de son client la RATP était gentiment malmenée par l’un des participants comme un dinosaure du présentiel.

La grande majorité des sociétés présentes sur ce marché du e-Learning sont des petites sociétés non côtées de moins de 50 personnes, plutôt familiales, dirigées par leur principal actionnaire, dont le chiffre d’affaire moyen est de 3 à 4 millions d’euros environ. Elles agissent principalement sur le marché des grandes entreprises et souvent localement alors que la plus forte demande, spécialement en e-Learning, émane des PME. Elles sont centrées principalement en l’Ile de France, quelques unes en Rhône Alpes et en Bretagne.

Des ambitions mais peu d’investisseurs…

Les investisseurs ne s’intéressent guère à ce secteur encore très artisanal, essentiellement Franco-Français dont le principal rayon d’action reste la francophonie proche. Deux grands groupes, la Cegos et Demos essaient tant bien que mal de capter la croissance de la demande (+ 30 à 40% par an dans les prochaines années), mais comme la grande majorité des acteurs, se concentrent sur le secteur des grandes entreprises, le marché traditionnel, et restent assez mal armés pour adresser la demande des PME (inférieur à 5000 salariés) « qui tire véritablement le marché» explique Michel Diaz.

« Le rêve des entreprises de e-Learning est d’adresser le marché de l’entreprise et les millions d’utilisateurs individuels. Mais les Français ne sont pas encore habitués à investir dans leur formation. C’est un marché en France qui est soutenu par les entreprises. » Nous reviendrons sur le rôle du 1% patronal et sur le semi échec du DIF, assez peu utilisé. Le fait que la R&D dans les entreprises de e-Learning reste assez faible renforce le caractère artisanal de l’offre, d’autant que très souvent, la R&D est faite par les clients du e-Learning qui développent une grande partie des contenus originaux eux-mêmes, comme le soulignaient Victor N’Guyen de Novartis et son collègue Jean-Pierre Praud de Sanofi Aventis au cours de leurs présentations.

Une segmentation très large

Pour Michel Diaz et pour les participants de cette conférence, le e-Learning regroupe 6 grandes activités : Les contenus sur mesure occupent 44% de l’activité des sociétés du secteur ; les contenus sur étagère pour 26% ; les plate-formes LMS (learning management systems) et les services associés pour 21% ; les outils auteurs et services associés pour 4% ; les classes virtuelles pour 2% et les serious games pour 3%. Les serious games ont connu une forte activité médiatiques au cours des derniers mois, mais Michel Diaz n’y voit guère de débouché, compte tenu du petit nombre de sociétés sur ce segment et les prix assez élevés qu’elles pratiquent.  Il note que la part des contenus sur mesure baisse rapidement, perdant 10% en quelques années, au profit des contenus sur étagères qui intéressent plus particulièrement les PME, ce phénomène étant accentué par la crise qui pousse les entreprises à gérer leurs coûts de façon plus serrée.

Enfin, il  note que les sociétés qui opèrent sur le e-Learning sont assez peu spécialisées avec près de 80% d’entre elles couvrant au moins 2 activités ou plus. « Certains opérateurs ont choisi d’être à la fois fournisseurs de contenus et de technologies… précise Michel Diaz. D’autres pensent qu’un split devrait intervenir dans les prochaines années, chacun se spécialisant dans son cœur de métier… » . A noter que France Télécom,  l’opérateur historique examine ce secteur avec intérêt.

Des LMS usines a gaz…

Les présentations qui ont eu lieu au cours de ces 2 journées ont mis en évidence quelques points significatifs du fonctionnement du marché en France. Victor N’Guyen de Novartis a présenté une remarquable mise en œuvre de e-Learning dans la filiale Française pour la formation à distance et à la demande de quelques 800 visiteurs médicaux, dans l’univers très règlementé des formations médicales.  Il constatait pourtant un manque d’intérêt des autres directions et la faible implication de son service informatique qui voit arriver d’un mauvais oeil de nouvelles perturbations possibles sur ses serveurs. Il a mis en œuvre une plateforme LMS qui répond assez bien à ses besoins, mais est différente de celle choisie par le groupe au niveau mondial, qui fonctionne comme un super CMS (Content Management System) mais répond très pauvrement aux besoins de suivis et de statistiques. Ce sujet du choix de la plateforme de management du e-learning semble crucial et sera évoqué tout au long des deux jours.

Le e-learning rencontre des obstacles au sein même des entreprises

Chez Sanofi Aventis, Jean Pierre Praud pratique le e-Learning depuis près de 10 ans. Il  a mis en place une grille détaillée de réalisation de contenus et a défini les grandes fonctions nécessaires d’une « bonne » plateforme LMS. « La problématique du choix d’une plateforme est complexe, dit-il, et on tombe facilement sur des usines à gaz qui sont aussi peu faciles à mettre en œuvre que les ERP dans une entreprises…» Ca devient un projet informatique à part entière, avec toutes ses dérives possibles, souvent au détriment des objectifs fixés.

A la RATP, Nathalie Le-Jeune expliquait ainsi très clairement les contraintes de la mise en œuvre du e-Learning dans cette institution de 50000 salariés.  Portée par une très petite équipe avec très peu de moyens, elle a du lutter contre différentes forces internes habituées au présentiel faisant obstacle au e-Learning. « Le rôle du e-Learning dit elle, est encore considéré comme du folklore et n’est pas relayé par les managers de proximités qui ne le promeuvent pas. » Partie sur une plate-forme LMS Open Source par manque de moyen, elle constate des lacunes mais réussit à mettre 4 modules de e-Learning en exploitation dont les évaluations à l’usage sont positives. La RATP met  alors en place un projet de mise en place d’une plateforme LMS au niveau de l’entreprise, mais ce projet global échappe un peu au service formation qui n’a pas les compétences techniques pour effectuer les choix informatiques qui risquent de devenir prédominants dans une choix intégré de ce type.

e-Learning sur le point de vente

La mise en œuvre du e-Learning chez Truffaut, dans ses 55 centres de jardinerie intégrée met en évidence le problème du terminal servant à la formation pour les 2600 salariés répartis sur toute la France. Truffaut forme de nombreux travailleurs à plein temps mais son activité fortement saisonnière le conduit à former aussi des saisonniers durant leur activité de vente. Les salariés n’ont pas de poste de travail attitré. Christelle Demay responsable formation et Matthias Rapp, chef de projet formation à la DSI de Truffaut ont travaillé en étroite collaboration sur le projet. Après une première tentative non aboutie en 2002 dans le cadre du déploiement du logiciel ERP de SAP dans la société, le point critique montre que la disponibilité des PC est le facteur le plus important pour l’utilisation du e-Learning.

La DSI et le service formation décident donc de créer des postes de travail dédiés et fermés appelés Formabox,  dont 2 sont mises à disposition par centre. L’opération est un succès avec plus de 700 connexions anonymes en 3 mois sur 35 modules de formation dont 11 ont été crées à l’extérieur. Le journal de l’entreprise est aussi diffusé à côté d’informations diverses aux salariés qui mixent e-Learning le présentiel. Le coût prohibitif des Formabox ( €1000 pièce pour un simple PC fermé) laisse penser que des solution beaucoup moins chères devraient être trouvées avec une approche plus industrielle et l’hébergement interne de la plateforme LMS.

Des modèles de facturation archaïques

Jean Pierre Praud rappelait aussi le manque d’intégrateurs spécialisés dans le secteur de la formation, capable de mettre en place des plateformes LMS, soit à partir d’un logiciel unique ou encore par assemblage de modules et composants développés au sein de l’entreprise ou à l’extérieur. D’autre part, les modèles de facturation de ces plateformes LMS restent archaïque même s’ils se qualifient de SaaS, (software as a service) terme à la mode aujourd’hui.En effet, la plupart des LMS sont facturés à la licence au nombre de « sièges » (à l’utilisateur) avec une facture supplémentaire d’hébergement.  La tentation est aussi forte pour ces LMS de devenir fournisseurs de contenus de formation qui sont vendus à des tarifs souvent assez élevés.

La culture du Web semble s’être arrêtée aux portes du e-Learning. En effet, peu de ces systèmes LMS sont accessibles par un simple browser. Ils demandent en général de télécharger un logiciel dont l’utilisation rebute plus d’un. Y aura-t-il un e-learning 2.0 pour booster ce secteur?  A noter que Fefaur a réalisé une étude détaillée des LMS disponibles sur le marché aujourd’hui.

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Rapide émergence du e-Learning en France

12 novembre 2010

Michel Diaz, Directeur de Fefaur

Cette semaine, Infopromotions, organisateur de manifestations professionnelles dans les hautes technologies, organise les 7ème rencontres du e-Learning à Paris. Mise en œuvre sur un rythme semestriel, cette manifestation a pour objectif de faire le point sur l’évolution du e-Learning dans les entreprises et les administrations. Michel Diaz, l’un des pionniers de l’utilisation des TIC dans la formation professionnelle, aujourd’hui Directeur de Fefaur,  a mis en place le programme de ces 2 jours qu’il animera. Il a recueilli un certain nombre de cas pratiques de mise en œuvre de procédures de e-Learning dans des entreprises et des administrations. Ces cas seront présentés par leurs responsables.

Il fera aussi le point sur les évolutions du marché du e-Learning qui ne représente aujourd’hui que 1% du marché global de la formation professionnelle en France mais connait une assez forte progression depuis l’année dernière. Selon une étude réalisée par Fefaur dont les détails seront diffusés lors de la conférence, le marché du e-Learning représentait €115 millions en 2009 et devrait atteindre €144 millions en 2010, soit une croissance de 25%. La croissance s’accélère sachant que de 2008 à 2009, elle n’avait été que de 15%.

Quelle grille de lecture pour comprendre le e-learning ?

« Le e-learning est aujourd’hui un mot valise qui recouvre des notions et des pratiques très diverses, plus ou moins anciennes, explique Michel Diaz. Ce terme, né dans les années 2000, regroupe des activités de formation qui à la base utilisent des outils techniques comme l’ordinateur, des logiciels et internet. Elles permettent de combiner des situations de formation en mode asynchrone ou Distanciel (seul devant son ordinateur connecté ou pas) à côté de situations en mode Présentiel (mode face à face ou en groupe en ayant cependant recours à des technologies informatiques).  Je préfère utiliser le terme de Blended Learning qui combine les deux modes. »

Pour lui, le e-Learning existe depuis un certain nombre d’années, mais il était trop centré sur l’utilisation de l’ordinateur  en mode Distanciel et  n’a pas connu l’essor qu’on en attendait. Les formations ne prenaient pas bien parti de l’outil informatique et  les formés étaient laissés trop souvent seuls pour organiser et gérer leur progression.

Nouvelles évolution pour le e-Learning

La crise économique depuis 2 ans a provoqué une contraction et une consolidation sur le marché assez traditionnel de la formation, mais aussi une évolution dans les comportements de formation. Parallèlement, les entreprises ont entrepris d’utiliser leurs fonds de formation d’une façon plus efficace, avec des outils qui permettent de former un plus grand nombre des salariés en optimisant les coûts.

Pour Michel Diaz, ceci a conduit le e-Learning à se re-développer à travers le Blend Learning mais aussi en touchant plus directement les petites et moyennes entreprises à travers de nouvelles offres et une meilleure adaptation à leurs processus de formation. Il n’hésite pas à parler d’une nouvelle étape « d’industrialisation du e-Learning » dans la production des supports, dans leur assemblage et dans leur diffusion pour des parcours de formation moins stéréotypés, à travers les plate-formes LMS (Learning Management System).

Un processus plus structuré, mieux industrialisé…

« Il se développe maintenant une approche mixte du e-Learning poursuit Michel Diaz. Elle utilise le Présentiel et le Distanciel avec une répartition des rôles plus claire de chaque élément ou sous-élément. Le Présentiel est utilisé dans les formations qui s’adressent à des publics plus homogènes alors que le Distanciel permet plus facilement des mises à niveaux de publics différents grâce à des petits modules spécifiques, quitte ensuite à avoir recours au Présentiel.

L’organisation des formation est alors une combinaison des deux modèles , une véritable intégration de modules adaptés et flexibles en fonction des parcours différents que l’entreprise souhaite créer. Elle peut alors créer des classes virtuelles, avoir recours à un vaste ensemble de moyens de diffusion du contenu (Wiki, videocast, podcast, etc..) à la demande ou pas, et peut s’appuyer sur les outils collaboratifs pour les évaluations, les mises en pratique, etc… »

Une opportunité pour les PME

Si les grandes entreprises et certaines administrations  se sont ouvertes assez tôt au e-Learning, les PME voient une nouvelle opportunité dans ses nouvelles évolutions et y viennent maintenant en plus grand nombre. « Tel qu’il émerge aujourd’hui, ajoute Michel Diaz, il permet des formations  plus efficaces et plus rapides. Les formations correspondent à une logique de meilleure utilisation des moyens, et permettent de former les gens plus vite et de façon mieux adaptée à leur situation personnelle et leurs contraintes professionnelles. Le Blended Learning facilite une remise à plat les parcours de formation et une plus grande homogénéité des formations. En revanche, avec l’utilisation des outils informatiques, de création et de gestion des contenus et le recourt presque systématique à Internet, il nécessite de plus grands efforts de conception et d’ingénierie, efforts qui sont beaucoup plus dilués lorsqu’on fait appel aux formations de type Présentiel. »

Cet effort est aussi justifié par les soucis de réduire les pertes de temps et les coûts de déplacements pour les formations Présentielles.  Une grande partie du e-Learning prend donc ses racines dans l’utilisation des nouvelles technologies mais trouve maintenant sa raison d’être dans une plus grande efficacité des formations dans les entreprises.  Il est entré de plain-pied la palette des nouveaux usages de l’Internet.

Formation à la fibre… fibre de la formation : une visite à l’AFPA

9 novembre 2010

L’AFPA est une vieille dame, on la croise sans la voir. Elle est là près de chez nous, on y est habitué, mais en fait on ne la connait pas bien… Son vrai nom est Association pour la Formation Professionnelle des Adultes… Crée juste avant la deuxième guerre mondiale, c’est une association loi 1901 dont la véritable naissance en 1946 sous le nom d’Association Nationale Interprofessionnelle pour la Formation Rationnelle de la main d’Œuvre (ANIFRMO), montre clairement l’état d’esprit des gouvernants Français de l’après guerre sur la démocratisation à venir de la formation professionnelle. Destinée à former les ouvriers et techniciens qui reconstruiront la France, elle est gérée de façon tripartite à savoir: syndicats salariés, syndicats patronaux et gouvernement.

Former des adultes à de nouvelles techniques

Elle devient l’AFPA en 1964, dans les prémisses de la formation professionnelle obligatoire pour tous les salariés. Aujourd’hui, après 60 ans de fonctionnement, elle représente 186 campus de formation sur toute la France, 700 formations accessibles dans plus de 300 métiers différents, près de 6000 salariés dont la moitié de formateurs professionnels spécialisés… Elle forme entre 150 et 200000 personnes par an, demandeurs d’emplois ou salariés dans les entreprises, au cours de stages de tous niveaux qui peuvent durer d’une journée à un an.  Sa vocation en a fait un témoin direct des évolutions économiques et technologique du pays. Depuis 2006, l’AFPA a entamé une profonde mutation en s’adaptant plus étroitement aux conditions économiques et en travaillant plus directement avec les régions. Elle a aussi vu son activité d’orientation professionnelle (près de 300000 personnes orientées par an) rejoindre le nouveau Pôle Emploi pour se centrer plus directement sur son rôle de formation continue et de reconversion professionnelle.

Du plombier au technicien fibre optique pour les réseaux télécoms…

Sur le campus de l’AFPA de Champs sur Marne, dans l’Est parisien, Patrick Townsend a été à l’initiative des cours de perfectionnement à la fibre, après avoir longtemps travaillé à la formation de techniciens et de techniciens supérieurs en réseaux informatiques et télécommunications: « Il y a déjà quelques années, explique-t-il, en regardant le marché des réseaux, et en répondant à des demandes de formations émises par les opérateurs et installateurs pour leurs techniciens, je me suis rendu compte que la fibre était en train de devenir un secteur de débouché important pour des jeunes (ou les moins jeunes) qui cherchent un emploi. J’ai suivi sur place des chantiers d’installation de fibre avec France Télécom, côtoyé beaucoup d’opérateurs, d’équipementiers et  d’installateurs, posé plein de questions sur les nouveaux métiers, sur les technologies en place et les évolutions dans un futur proche et j’ai commencé à réfléchir pour mettre en place des cours de perfectionnement en fibre optique  en Ile de France. »

25 millions de foyers français à fibrer

Compte tenu de la vocation de l’AFPA, cette formation devait s’adresser à un public aussi large que possible, employés dans une entreprise ou demandeurs d’emploi. Elle est donc ouverte sans condition de diplôme ni de situation et s’adresse aux gens qui n’ont à priori aucune connaissance de la fibre. Patrick Townsend est parti de la constatation que le plan fibre en France allait conduire à une demande très forte de personnels qualifiés pour poser les réseaux de fibre dans les immeubles et les appartements. Un rapide calcul montre qu’il y a environ 25 millions de foyers à fibrer en France dans les 10 ou 15 prochaines années et qu’il existe  très peu aujourd’hui de formation à l’installation de ces réseaux. Les opportunités sont donc importantes en termes d’emploi à l’heure ou les opérateurs ont commencé à déployer le FTTH.

De nombreuses opportunités d’emploi

« La qualification d’installateur de fibre relève des métiers du bâtiment (le BTP) et non du secteur tertiaire à laquelle nous sommes rattachés » note Claire Sobesky une formatrice qui travaille dans l’équipe de formation réseaux et télécoms, il convient donc de se  tourner vers ce secteur car ce sont eux  qui recruteront ces techniciens dont l’objectif est de mettre en place ce qu’on appelle « la colonne montante » ou encore « le vertical » dans le jargon des opérateurs, avec vocation d’installer la partie du réseau allant du point de mutualisation au pied de l’immeuble, jusqu’à la prise chez l’abonné.  A noter que chaque opérateur utilise des termes différents pour indiquer la même chose, ce qui ne facilite pas la compréhension… La mise en place de formation de ce type a aussi tendance à les aider à utiliser un vocabulaire commun.

Former les techniciens fibres pour le FTTH

Les formations mises en place depuis 3 ans à l’AFPA de Champs sur Marne permettent d’accueillir une centaine de stagiaires par an. L’investissement est important puisqu’il a fallu demander leurs spécifications à tous les fournisseurs de fibre et aux équipementiers fournissant les 4 opérateurs télécom français (SFR, Free, Bouygues et France Télécom). Chaque opérateur a donc défini son approche en termes de réseau d’accès en fonction des technologies de fibre adoptées (GPon ou P2P). Il en résulte que chaque opérateur défini sa chaine de liaison entre le NRO (nœud de raccordement optique) les nœuds de flexibilité (ou encore SRO, sous répartiteur optique), le point de mutualisation au pied de l’immeuble et la prise chez l’abonné sachant que la partie du réseau entre le point de mutualisation et l’abonné est unique et accessible par tous les opérateurs ou fournisseurs de services. Chaque équipementier a aussi indiqué les équipements qu’il propose en fonction de chaque approche opérateur. Le nombre de possibilités est donc assez large et chaque stagiaire doit connaitre les différentes solutions.

9 jours de l’épissure à la colonne montante: un emploi au bout

  • La première formation mise en place s’appelle « Raccordement et mesures ». Elle consiste à apprendre les différents éléments d’une chaine de liaison fibre optique et à apprendre à en raccorder les différents éléments qui fonctionnent selon un cahier des charges. Le stagiaire, en 5 jours intensifs de formation, acquerra le bagage essentiel sur la fibre et ses principes de transmission et aura appris à réaliser le raccordement par fusion et le raccordement par épissures mécaniques. Il aura appris à contrôler les liaisons optiques qu’il réalise et aura abordé les éléments de base de manipulation des équipements de photométrie et de réflectométrie. Une plate-forme spécialement aménagée pour cette formation met à disposition des stagiaires un abondant matériel comportant 8 baies optiques associées à 8 postes de travail, des boitiers de raccordement et des instruments de mesure.
  • La deuxième formation d’une durée de 3 jours s’appelle « Colonne montante FTTH ». Elle permet à une personne connaissant les techniques de raccordement de fibre optique d’être capable de mettre en place une colonne montante complète dans un immeuble, point de mutualisation, boitiers de raccordements sur le palier, coupleurs, câblage et prise chez l’abonné. Les équipements sur lesquels les stagiaires pratiques sont ceux qui sont mis en œuvre par 5 équipementiers (3M, Nexans, Tyco, Prysmian et ITCL) dans le cadre d’un câblage vertical réalisé selon les spécifications des 4 opérateurs de fibre. Ces colonnes montantes prennent en compte les 2 technologies GPON et P2P mises en œuvre en France.
  • La dernière formation « Mesures de liaisons FO » s’adresse à ceux qui connaissent déjà les principes de base d’une chaine optique et maitrisent les techniques de raccordement de fibre. Elle leur permettra en une journée d’approfondir la manipulation des instruments de mesure de photométrie et de réflectométrie en vue de la recette des réseaux de fibre optique et de la validation d’une chaine de liaison optique.

Il est à noter que ces cours de perfectionnement sont également dispensés sur l’ensemble du territoire français aux travers des campus de: Hazebrouck, Rennes, Epinal, Tours, Limoges, Périgueux et Montpellier. L’AFPA dispose aussi de formations diplômantes validées par la remise d’un Titre Professionnel du ministère du travail: IRCC Installateur de Réseaux Câblés de Communication et TRCC Technicien de Réseaux Câblés de Communication.

Le photovoltaïque et les batteries : l’état de l’art et les problèmes d’industrialisation dans une optique d’économie d’énergie

28 octobre 2010

L’ASPROM, Association pour la Promotion des Technologies Innovantes est un organisme qui organise des conférences de formation d’une journée ou deux sur les nouvelles technologies en cours de développement. L’Asprom fait appel aux meilleurs spécialistes des technologies étudiées. Les formations proposées abordent en profondeurs les développements technologiques, industriels, économiques et de marché et l’impact social des technologies innovantes.

Le 24 et 25 novembre prochain, Roland Dubois, Président de l’ASPROM accueillera pendant 2 jours un ensemble de spécialistes sur le thème « L’énergie solaire photovoltaïque et son stockage ». « Nous avons organisé ce programme intensif de deux jours en trois étapes bien distinctes pour couvrir l’ensemble de la problématique de la production de l’énergie solaire et de son stockage explique Roland Dubois. »

  • La première demi-journée sera consacrée aux technologies photovoltaïques. Qu’est ce que le photo-voltaïque, quel est l’état de l’art dans la fabrication des panneaux solaires, comment abaisser les couts de fabrication et comment réduire les dépenses d’énergie dans la fabrication des panneaux solaires à base de silicium. Quelle est l’équation coût-efficacité de l’industrialisation des panneaux solaires ? Ce thème sera couvert par des spécialistes du photovoltaïque : Daniel Lincot, Directeur de l’IRDEP, Sébastien Delbos de EDF-IRDEP, Emmanuelle Rouvière directeur du LCRE,  Simon Perraud du CEA et Stéphane Guillerez du CEA.
  • La deuxième demi-journée abordera les problèmes des batteries et du stockage de l’électricité. La technologie des batteries a fait de gros progrès en particulier poussées par les innovations dans l’automobile (on estime a 6 millions le nombre de véhicules en France équipés de cellules Li-ion en 2020). Comment construire des batteries capables de stocker plus d’énergie pour un encombrement moindre et une plus grande facilité de manipulation (micro-batteries). Cette demi-journée sera animée par Mathieu Morcrette Directeur du Laboratoire de Réactivité et Chimie des Solides d’Amiens, Florence Fusalba du CEA de Grenoble, Raphaël SALOT, Chef du Laboratoire des Composants pour le Micro Stockage de l’énergie au CEA. Elle se terminera par une présentation de Thomas Sennelier de OSEO qui présentera l’action de l’Agence pour soutenir  les entreprises innovantes dans le photovoltaïque.
  • La deuxième journée de formation sera entièrement consacrée à la présentation d’applications industrielles et de produits innovants développées et mises en oeuvre par des sociétés. Seront examinés et présentés le projet MPO Energy PV20 soutenu par Oseo, Anne Labouret  parlera des developpement de la société Solems, puis Jacques Duval de Legrand, Julien Werly du CRT CRESITT, Ambroise SCHELLMANNS du Laboratoire de Micro électronique de Puissance (LMP) à Tours et Jean-Noël de CHARENTENAY, Dg de EXOSUN présenteront les offres innovantes mises sur le marché par leurs organisations. La journée se terminera sur les conclusions de Jean-Claude BAL de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la Maitrise de l’Energie).

Les 2 jours se dérouleront à Paris au 56 avenue de Wagram, dans les locaux de l’UIMM

Pour s’inscrire http://www.asprom.com/index.php?page=agenda