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France Télécom et l’Internet des objets vus du côté Smart Grid

19 avril 2011

La conférence ASPROM du début de mois d’avril à Paris permettait à un assez grand nombre d’acteurs de s’exprimer sur la Convergence Energie-Télécommunication. Après le point de vue de EdF et la vision de Olivier Hersent CEO de la start’up Actility, la présentation de France Télécom mérite qu’on s’y arrête, surtout après l’annonce d’accords (encore très flous pour le grand public) entre France Télécom et Deutsche Telekom sur le sujet du M2M, une autre dénomination de l’Internet des Objets. Le smart grid fait entièrement partie de l’Internet des Objets comme l’expliquait Olivier Hersent, et France Télécom ne peut pas ne pas être présent sur ce créneau des télécommunications dont le but est de rendre les objets intelligents et de les interconnecter sur Internet.

Un quart des abonnés en France sera des machines connectées d’ici 2015

Pour Hugues Severac, Directeur de la stratégie M2M chez France Télécom, le smart grid n’est pas  un marché où l’opérateur s’adresse à l’utilisateur final, mais à des opérateurs qui eux, s’adressent au client final. Il faut donc que l’opérateur télécom comprenne comment l’utilisateur final fonctionne, ce dont il a besoin et comment ceci est compatible avec le métier et le business modèle de France Télécom… « et comment France Télécom peut offrir une infrastructure qui réponde à ces besoins, dans la mesure ou un plus grand nombre de machines deviennent connectées. En 2015, un quart des abonnés seront des machines… dont les voitures électriques » C’est donc par le biais du Machine to Machine que France Télécom aborde le sujet du smart grid. Les réseaux intelligents vont apparaitre avec l’entrée en jeu de nouvelles sources d’énergie et surtout le véhicule électrique qui a lui seul consomme ce que consomme une maison. Tout ceci nécessitera un certain contrôle sur le réseau lui-même parce que localement, il faudra optimiser la consommation et il faudra interagir entre la production et les consommateurs.

France Télécom veut jouer un rôle important dans le smart grid

France Télécom se voit un rôle à jouer dans 3 activités de ce marché : l’automatisation du réseau de distribution (l’exploitant actuellement ne pilote pas son réseau, il ne sait pas avec précision ce qu’il s’y passe) ; le smart metering et la demand response (c’est-à-dire la capacité de mesurer la sonsommation instantanément et d’envoyer des ordres d’action chez les clients).  Reste le véhicule électrique qui semble être un secteur à part pour France Télécom puisque chaque véhicule disposera d’une puce radio qui le rend accessible par la voie hertzienne, téléphonie mobile ou WiFi. « Reste la partie IT précise Hugues Severac, c’est-à-dire l’ensemble du back office qui permet de gérer tout le système dans lequel France Télécom a une valeur ajoutée connue ».

Where is the money ?

Il poursuit : « McKinsey dit que pour les Etats Unis, sur 130 milliards d’économies possible en énergie, il y a 43 milliards qui viendront de l’optimisation du réseau de distribution (ndlr…mais le réseau de distribution américain est dans un piètre état), ensuite il faut éviter des surcapacités, et d’autres économies viendront de la diminution de la consommation…  Le smart metering parait jouer un rôle assez mineur…. On s’étonne de ne pas voir de travaux approfondis sur le smart metering. » Coté infrastructure, il précise que c’est le règne du CPL dans la plupart des pays européens, il y a le mobile ou les réseaux maillés à base de wifi et de zig bee. Il estime enfin la taille du marché à  13 millions de carte en Europe… !

Le bon vieux business modèle de France Télécom

Quel rôle France Télécom peut-il jouer dans le dispositif de smart grid ? Quel serait alors son business modèle… On se rend compte que France Télécom applique tout simplement le business modèle qu’il utilise dans les télécommunications pour l’appliquer  au smart grid… pas d’innovation, pas de créativité, réplication pure et simple d’un modèle obsolète vieux d’un siècle qui s’est mal adapté au numérique. Hugues Severac précise. « Pour la mise en place des infrastructures.. On pense qu’il faut une approche flexible qui sépare l’urbain du pré urbain et du rural.. » Ca devrait rappeler quelque chose du côté de la fracture numérique aux collectivités locales…  Il indique aussi qu’il faudrait séparer la couche réseau de la couche de service, « On veut des engagements sur les SLA, sur les les niveaux de services ». Pour lui, les problématiques importantes à aborder sont celle de  la sécurite, de l’hétérogénéité des réseaux, de l’authentification, de la bande passante et bien sur de minimisation des coûts. Il aborde la necessité d’avoir une vision sur la densité de population…pour le choix des réseaux et le choix des technologies, « c’est notre capacité à faire de l’ingénierie télécom.. On sait bien faire… ».

Développer des services sur l’infrastructure…

L’objectif de France Télécom est donc de s’appuyer sur son infrastructure pour faciliter le développement de services à valeur ajoutée. Mais France Télécom envisage donc bien s’octroyer la part du lion parmi les services les plus profitables et laisser les restes à quelques petites sociétés périphériques qui développeront des services et viendront utiliser l’infrastructure. L’une des questions que se pose France Télécom est de savoir s’il faut disposer de 2 réseaux, l’un qui distribue l’électricité et l’autre qui contrôle. « Construire des réseaux qui doivent durer 20 ans est un pari audacieux sur l’avenir, parce que dans les télécommunications, l’obsolescence s’applique au bout 18 mois à 2 ans… ! Internet était inconnu dans le monde il y a 15 ans. Voyez la manière dont l’iPhone a transformé la téléphonie… ajoute-t-il »  Mais ces nouveaux usages n’ont pas été le fait des opérateurs trop appliqués à faire de la rétention sur leurs réseaux…

Comment gérer le client ? Les sempiternelles box…

L’une des préoccupations de France Télécom est le client… à qui les producteurs l’éléctricité et les gestionnaires de réseaux électriques commencent à apporter une certaine importance. « Comment faire participer les clients dans la maison? demande Hugues Severac. » Il explique alors que le marché du Home Automation n’a pas encore démarré, bien qu’il soit médiatique depuis des décenies, parce que le marché n’existe pas. Il y aurait en réalité 4 marchés côte à côte, l’énergie dans la maison, la sécurité de la maison, la domotique et le contrôle de certains appareils et enfin la santé. Il explique que le comportement du consommateur a évolué d’un mode passif à un un mode actif et se dirige maintenant vers un mode participatif..

Le dernier point est celui des box qui contrôlent les appareils dans la maison, dont l’énergie.. « On verra sur le marché de la maison la mise en place d’une logique d’écosystème. Les opérateurs vont proposer une infrastructure basée sur du hardware permettant de contrôler les appareils et de se connecter aux systèmes d’information. Sur ces boites seront marketés un ensemble de services vendus directement ou par le biais des opérateurs. »  (Il reproduit ici le modèle telco actuel des accès internet.. mais où est donc l’innovation ?). France Télécom se retrouverait donc dans la même logique de transporteur de service et fournisseur de services qu’il pratique sur Internet actuellement.

Ecoutez la présentation de Hugues Severac

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Le développement du Smart Grid en France, une vue d’ensemble

13 avril 2011

Asprom organisait au début du mois d’avril une conférence pour faire le point sur le développement du Smart Grid en France.  Sous le titre « Convergence Energie-Télécom »,  les responsable de l’Asprom ont réunis des acteurs du monde des Télécoms et des acteurs du monde de l’Energie, deux univers peu habitués à se parler.

Lorsqu’on parle d’Energie en France, et même dans le monde, EdF est incontournable puisqu’elle possède à elle seule presque autant de centrales nucléaires que le nombre de centrales basées uniquement sur le territoire américain et leur niveau d’avancement technologique est bien plus élevé. Autant dire que la France, qui dispose d’une réserve d’énergie à des coûts de productions les plus bas joue un rôle important dans le monde de l’énergie et du développement durable .

C’est donc Olivier Jehl, Directeur de la division Internet et Téléservices chez EdF qui ouvrait la conférence en traçant un tableau d’ensemble du paysage Français et des opérations en cours.

Smart Grid, une approche à la Française

12 juillet 2010

Partie 2-  L’effacement pour réduire les consommations de pointe

En France, si la préoccupation d’un réseau électrique intelligent est dans les esprits des responsables du gouvernement et des grands acteurs de l’énergie depuis pas mal de temps, l’affaire soulève encore peu d’intérêt dans la presse et dans le grand public qui n’y comprennent pas grand choses et peinent à identifier les  enjeux économiques et sociétaux qui se cachent derrière, soigneusement cachés par un langage délibérément technique ou politique ou encore masqués par des dogmes qui cadrent les discours.  Les responsables d’EDF habitués à prendre des décisions en fonction des directives gouvernementales et malgré la pression de la privatisation en cours ne s’inquiètent guère d’établir rapidement une communication bilatérale avec les consommateurs, de leur expliquer soigneusement les vrais problèmes et de recueillir leurs avis dans le détail.

Internet… à petit dose

Internet n’a pas changé grand-chose et l’approche réseau d’EDF en ce qui concerne la communication qui reste  plutôt du type Web 0.5 (communication dans un seul sens, de haut en bas) plutôt que Web 2.0… (consommateurs pro-actifs). La démarche reste très proche de la démarche des grands projets du siècle dernier, menée pour et par des grands technocrates décideurs qui s’appuient sur une certaine vision du bien public. Celle-ci est élaborée en petit comité au sein des grands corps techniques de l’Etat pour qui la préservation des intérêts français passe par la mise en place de grands blocs à tendance monopolistiques sous l’influence directe ou indirecte de l’Etat.

Le nucléaire, poste sensible

L’information qu’ils diffusent est aussi très « travaillée ». Il est vrai que le poste « nucléaire » reste à très haute sensibilité dans la mesure où la France est le pays qui produit l’électricité la moins cher d’Europe, avec peu de contraintes de production. Le principal souci d’un opérateur d’électricité est d’ajuster sa production aux pointes de demande, à moindre coût financier et désormais à moindre coût écologique. Il n’en reste pas moins que le coefficient de disponibilité (le KD) qui mesure la facilité de mise en œuvre immédiate de la capacité de production française reste très bas (autour de 78%). Cet état semble être le résultat, selon quelques voix intérieures à la maison, du peu de maintenance des équipements avant la période d’entrée en bourse de la société ?

Où vont les profits du nucléaire?

Il ne faut pas perdre de vue qu’EDF est le plus gros producteur électrique au monde (Chine mise à part) avec plus de 80 centrales nucléaires alors qu’il y en a une petite centaine aux Etats-Unis, possédées par plusieurs  sociétés indépendantes. Grâce au nucléaire, le coût de production d’électricité est extrêmement bas et elle ne produit que très peu de CO2.

Le résultat n’est pourtant pas toujours forcément très favorable au consommateur en France puisque nos prix d’électricité ont augmenté 2 fois cette année, pour des raisons peu claires dans la mesure où le coût de production est le moins cher d’Europe… ? Investissements à venir ? Prix « d’équilibre » sur le marché ? Objectifs de baisse de consommation ? D’autre part, les acquisitions de EDF à l’étranger lui permettent de travailler avec ces marges encore plus importantes puisqu’il a ses coûts de productions très bas et vend l’électricité encore plus chère. Mais pourquoi les prix, fixés par le gouvernement sont-ils si élevés et où partent donc les profits…? Il est peu probable que cette question simple ne trouve réponse aussi simplement…

L’effacement pour réduire les problèmes de pointe de consommation

Au Grenelle de l’environnement, le gouvernement a fixé un objectif de réduction de 38% de la consommation des logements d’ici 2020 ce qui réduirait la consommation de 240 KWh/m² à 150 KWh/m². Pour y parvenir, entre en jeu la notion d’effacement. Pour comprendre ce que signifie l’effacement, il est recommandé de lire le rapport de deux députés, Serge Poignan et Bruno Sido, intitulé « Gestion de la pointe Electrique », publié en début d’année à la demande de Jean Louis Borloo pour préparer la nouvelle loi Nome (Nouvelle Organisation du Marché Electrique) en cours de discussion.

Le rapport, développé par le groupe de travail explique : « La pointe journalière se caractérise par une hausse importante de la consommation pendant quelques heures. La réponse à ce phénomène  nécessite de solliciter des moyens de pointe, qui peuvent démarrer  (ndlr: plus ou moins) rapidement. Dans une certaine mesure, ceci reste vrai même lorsque le niveau global de la consommation est faible. » Il existe aussi des pointes locales liées à la capacité du réseau et des pointes saisonnières, par exemple en hiver où une consommation de pointe peut s’échelonner sur plusieurs jours.

Généraliser les dispositifs d’effacement en France

Le rapport poursuit : « Pour renforcer la sécurité d’approvisionnement à moyen et long terme lors des pointes de consommation d’électricité, il est nécessaire de maîtriser la croissance de demande à la pointe selon trois axes: la maîtrise globale de la demande; la maîtrise des usages contribuant à la croissance de la pointe; le développement des effacements de consommation.»

L’une des recommandations du rapport est « Favoriser l’équipement de chauffages électriques et des climatiseurs neufs par des dispositifs permettant de les couper durant une durée pré-déterminée sur un signal émis par le gestionnaire du réseau de distribution (GRD). Rendre progressivement ces dispositifs obligatoires pour les chauffages et les climatiseurs neufs  de son chauffage électrique ». Plus loin on trouve : « le consommateur devra être informé de la coupure et avoir la possibilité de rétablir la consigne initiale.il pourrait être envisagé qu’en dehors des situations d’urgence, ce dispositif soit exploitable par  des fournisseurs ou des agrégateurs d’effacement. » Des incitations d’effacement par le tarif sont aussi proposées mais elles ne semblent pas pleinement efficaces aujourd’hui.

Le rapport mentionne différentes pratiques d’effacement, notament en Californie qui consite à augmenter la température de 1 à 3 °C des climatiseurs. L’effacement dans le secteur tertiare pourrait etre de 3 GW, dans le secteur résidentiel d’une dizaine de GW, dans le secteur industriel de même. Le rapport propose enfin de mettre en place une véritable activité de service de l’effacement,  c’est à dire des sociétés ou des agrégateurs qui proposeront aux distributeurs de mettre en place et de gérer différents mécanismes d’effacement chez les particuliers, le tertiaire ou dans l’industrie gace à la mise en place d’une tarification de la rémunération de l’effacement à travers de nouvelles grilles tarifaires.  Le rapport envisage même de mettre en place un standard de l’effacement…! Nous verrons prochainement comment les consommateurs réagissent à l’effacement.

Smart Grid Une approche à la Française

4 juillet 2010

Partie 1- IBM au coeur des réseaux électriques intelligents

« C’est une histoire qui ne fait que commencer, on est dans les premiers balbutiements et on ne sait pas encore dans le détail où ça va nous mener »  explique Martine Gouriet, Directrice Général de Edelia, filiale technologique de EDF composée de quelques dizaines de personnes. Ancienne de France Télécom ayant participé au développement de la télévision sur IP, elle se retrouve aujourd’hui dans cette start’up d’EDF pour développer des services et conduire des expérimentations autour des Smarts Grids, les réseaux électriques intelligents.

Nous sommes chez IBM, au centre de La Gaude, un ancien centre de recherche d’IBM sur les télécoms, ouvert dans l’arrière pays niçois au début des années 60.  Ce centre est aujourd’hui reconverti en centre de présentation des solutions métiers, attirant près de 100 groupes de visiteurs professionnels chaque mois pour leur faire découvrir les différentes facettes d’IBM comme intégrateur de solutions métiers. L’expérimentation réalisée en Bretagne par EDF avec Edelia s’appuyait sur un dispositif mis en place par IBM pour traiter et analyser les données recueillies.

Ilog, moteur pour les applications métiers de l’électricité et des télécommunications

A noter que Ilog, une ancienne start’up Française racheté par IBM il y a un peu plus d’un an est une pièce importante dans l’offre métier d’IBM. Depuis 1987, elle a développé et mis en oeuvre dans le monde entier un ensemble d’outils basés sur la notion (aujourd’hui oubliée tellement elle est omniprésente) d’intelligence artificielle. Un élément clé de la stratégie d’IBM est en effet la mise en forme et l’intégration au sein de plateformes et de « frameworks » de composants (ou briques) logiciels indifféremment standards, ouverts, spécifiques ou propriétaires, développés au sein d’IBM ou encore chez des partenaires tiers.

Progressivement, ces plateformes et frameworks, très bien adaptés à des « métiers » spécifiques, peuvent se trouver en position de s’imposer comme de véritables infrastructures sous jacentes incontournables. C’est probablement un élément de la démarche d’IBM dans le secteur des réseaux électriques, en  pleine mutation aujourd’hui. IBM a adopté une démarche identique pour la gestion des « métiers » des télécommunications autour de briques de basses articulées en plateformes flexibles, ouvertes, modulaires et adaptables.

Intégrer des ensembles standardisés et normés

Pascal Bécache, Directeur du secteur Utilities et Communications chez IBM France expliquait au cours d’une téléconférence : « Il est vrai qu’il y aura besoins de standardisation et de normalisation pour permettre d’échanger des données entre les compteurs, les appareils électriques, les postes de transformation, etc… Vous avez entendu récemment le Ministre Borlo dire que Linky connaissait des problèmes parce que sa standardisation n’était pas bien au point et que les fabricants de compteurs dont la culture est très propriétaires avaient tendance à la freiner. »

« Nous ne sommes pas intéressés à mettre en place des standards purement IBM… pas du tout. Nous sommes favorables a des standards d’interopérabilité le plus ouvert possibles pour une raison simple, c’est que les logiciels et les services que nous vendons doivent pouvoir embrasser le maximum de technologies. Le long de la chaine…il  y a beaucoup de technologies différentes et qui n’ont rien à voir avec nous, que nous devons intégrer. Nous pourrons les intégrer d’autant plus facilement qu’elles seront normées et standardisées. Nos briques de bases et nos consultants sont donc intéressés à être le plus ouvert possible. » C’est grâce à une forte normalisation et un haut niveau de standardisation qu’IBM pourra aider un maximum de projets à se développer plus rapidement et de façon sécurisée.

Une infrastructure informatique de gestion « métier» qui peut devenir incontournable

Cependant, à travers cette démarche ouverte et normalisée, IBM offre l’ensemble des éléments qui permettent au réseau électrique de devenir intelligent et de tirer partie de cette intelligence. Cette couche structurante peut devenir indispensable et essentielle une fois mise en place dès le moment où elle est adoptée par un grand nombre de distributeurs et d’utilisateurs sur le marché. « Nous restons modeste, répond Pascal Bécache, même si on en avait envie, IBM ne suffira pas a couvrir l’ensemble des besoins du nombre de pays et de sociétés qui vont s’équiper dans les 30 années qui viennent. » La démarche d’IBM pourrait ainsi s’inspirer de celle de Bill Gates qui à la fin du siècle dernier, a réussi à imposer le PC sous Windows comme une « infrastructure » incontournable pendant des années. Il n’est là plus question d’un système d’exploitation mais d’un système de gestion…

« Il y aura concurrence, ajoute-t-il, et émulation entre un nombre limité d’acteurs du marché parce que le système demande des technologies complexes et des investissements importants. Mais je ne vois pas du tout une hégémonie de tel ou tel acteur sur les infrastructures. »  A noter que IBM n’a pas été retenue pour le projet d’expérimentation autour des compteurs intelligents Linky mené par ERDF prévoyant d’équiper 300000 foyers à Tours et à Lyon. C’est un intégrateur Français, Atos, dirigé par un ancien PDG de France Télécom et ancien Ministre des Finances qui a « emporté » le projet de plateforme de récolte et d’analyse des données…

Différentes approches de régulation

La France, comme beaucoup de pays dans le monde, après être passé par un opérateur monopolistique, a décidé de créer un marché plus concurrentiel sous l’impulsion des directives de la Communauté Européenne. A l’inverse, les Etats-Unis, dont le marché était ouvert et concurrentiel, a décidé de mieux contrôler son marché. Il en résulte la mise en place d’une politique de régulation dans tous les pays, appuyée sur des approches assez différentes. En France, la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) est le régulateur qui à l’instar de l’ARCEP dans les télécoms contrôle les acteurs et le marché. Petite différence cependant…Là où l’ARCEP n’intervient ni dans les technologies ni dans les prix de détail et se contente de réguler les prix de gros, la CRE est beaucoup plus directive en matière de technologie puisqu’elle définie un grand nombre de normes techniques (souvent sous couvert de sécurité) et elle fixe les prix à la consommation…

Il semble donc que la concurrence ne soit pas gérée au même niveau ni de la même manière entre les 2 organismes et on peut déjà constater que si l’ARCEP dispose d’une certaine indépendance vis-à-vis du gouvernement, c’est beaucoup moins le cas avec la CRE.  Il est important de noter ces différences dans la mesure où les 2 secteurs, l’énergie et les télécoms entament leur convergence… et que les deux organismes dans leurs objectifs cherchent à préserver l’intérêt des consommateurs…(au moins dans le discours).

Nous y reviendrons car le jeu des acteurs existants pèse lourdement dans la balance et les difficultés de mise en place de la Loi Nome (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) montrent que le poids de l’opérateur historique reste  fondamental.