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LE BATIMENT INTELLIGENT AU COIN DE LA RUE… NOUVELLES PROBLEMATIQUES

6 mars 2012

En moins d’une décennie, Internet et la téléphonie mobile ont profondément et radicalement modifié la vie des gens alors que les impacts du téléphone, de l’électricité ou du moteur à explosion se sont échelonnés sur ¼, ½ voir presque 1 siècle. C’est en créant de nouveaux usages que ces technologies ont suscité la création de nouvelles infrastructures qui elles même entrainent de nouveaux usages… Les télécommunications, liées aux enjeux énergétiques, commencent maintenant à impacter l’habitat avec l’arrivée des bâtiments intelligents.

C’est pourquoi, dans le contexte de cette problématique émergeante, que Roland Dubois, président d’ASPROM, organise deux jours de séminaire/formation sur le thème de l’habitat intelligent les 20 et 21 mars 2012 à Paris.

Le cercle vertueux infrastructure-usages

Le tout numérique continue sa progression dans la vie quotidienne de chacun. La connectivité partout, tout le temps et pour chacun est déjà intégrée dans les mœurs des plus jeunes et chaque jour voit naitre de nouveaux usages. Le processus de diffusion de ces nouveaux usages dans les différentes couches de la population entrainent les opérateurs, les constructeurs, les fournisseurs de services, les municipalités, les gouvernements… à développer les infrastructures de télécommunications qui permettent de répondre à cette demande, toujours croissante. Les réseaux de fibre optique, on le voit depuis 4 ou 5 ans maintenant, sont devenus une affaire nationale, une obligation incontournable, un élément de la compétitivité économique d’un pays parce qu’aujourd’hui, il est courant et normal de regarder des photos, des films, des vidéos, la TV et d’échanger des contenus multimédia sur Internet.

Des milliers de services développés sur Internet sont rapidement devenus indispensables pour la population et les entreprises. De même, l’amélioration et l’extension des réseaux de téléphonie cellulaire à Internet sont devenues un enjeu pour chaque pays, parce que les services qu’ils offrent deviennent immédiatement incontournables. Il est maintenant presque impensable pour un individu normal de ne pas disposer d’un ordinateur, d’une connexion internet et d’un smartphone, tout comme il est impensable pour un pays de ne pas se préoccuper de ses infrastructures de télécommunications fixes et mobiles.

L’émergence de la problématique énergétique autour du bâtiment

La problématique énergétique donne une nouvelle dimension à la prolifération des télécommunications et des services numériques dans notre vie quotidienne. En effet le contrôle des dépenses d’énergie ou la production locale d’énergie, sont devenu une responsabilité individuelle et collective et elles passent immanquablement par Internet et les telecom, à la maison, dans les entreprise ou dans les villes. Le bâtiment, pris dans son ensemble, est le secteur qui effectue plus de 40% des dépenses d’énergies en France.

D’énormes pertes d’énergie ont lieu tous les jours dans des bâtiments parce que personne ne sait avec précision ce qui est consommé, par quoi ou qui,  et pourquoi ? Ainsi, la réduction de moitié de la consommation du pays (un objectif fixé par les politiques lors du Grenelle de l’environnement) ne pourra pas se faire en ignorant les énormes pertes d’énergies dans les bâtiments, usines et immeubles qui couvrent le territoire. D’autre part, la tâche est collective, c’est-à-dire qu’elle implique les pouvoir publics, les entreprises et les individus eux-mêmes. Il est donc indispensable, et aujourd’hui possible grâce à la convergence d’Internet et des télécommunications fixes et mobiles, de rendre les bâtiments intelligents, c’est-à-dire contrôlable et maîtrisables du point de vue de leur consommation énergétique. Le bâtiment devient intelligent à partir du moment où sa consommation énergétique est mesurée et contrôlée grâce a des dispositifs de monitoring (capteur, systèmes d’analyses, contrôle des appareils électriques etc…).  Mais quelles en sont les conditions, les étapes, les coûts, le enjeux ?

Un séminaire sur l’habitat intelligent réalisé par ASPROM

Au sommaire du séminaire le mardi 20 mars, Jean Robert Millet, (responsable de la division Energie au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) examinera les enjeux et les défis posés par le grenelle de l’environnement à l’objectif 2020 dans la mesure où les bâtiments neufs devront être à « énergie positive ». Le changement est radical puisque non seulement les bâtiments devront moins consommer, mais ils devront aussi contribuer à produire de l’énérgie. Commen les villes vont-elles intégrer cette problématique ?

Ensuite, François Pelegrin, Architecte DPLG élaborera sur les stratégies de ruptures possibles en matière de construction pour garantir les coûts, les délais et la fiabilité des nouveaux systèmes constructifs et obtenir des bâtiments véritablement performants.

Un exemple sera décrit par Sébastien Prévot, responsable du pôle R&D chez Cardonnel Ingelerie autour de l’impact de la RT2012 sur la conception des bâtiments tertiaires et la manière dont ils peuvent améliorer les conditions de travail et la productivité.

Régis Lecussan, directeur de Raycreatis montrera l’apport de valeur d’un logiciel communicant de collaboration entre l’architecte et le thermicien.

Arthur Vinson (Responsable Développement Systèmes Constructifs chez Lafarge) abordera la nouvelle règlementation thermique, ses enjeux et son impact sur les méthodes de travail lors de la conception des bâtiments. Il présentera des systèmes constructifs performants traditionnels et innovants.

Par Olivier Servant, Directeur des Marchés – Saint Gobain habitat France abordera les détails de l’optimisation de l’isolation (sols, murs, plafonds, ponts thermiques) en application de la RT2012 pour le neuf et l’anticipation des règles 2020. Il présentera la maison Saint Gobain Multi-confort en pointant sur les techniques utilisées qui permettent de construire des maisons de la génération 2020. Il abordera aussi les aspects de la rénovation des bâtiments existants.

Olivier Gaignon, délégué général de Ignes abordera la problématique de la « smart home » ou la domotique communicante au service des citoyens. Il traitera du logement résidentiel ou collectif et fera le point sur les outils la manière de les intégrer simplement pour se rapprocher des smart grids, ou smart cities…

Olivier Flechon, Chef du Laboratoire d’Energétique du Bâtiment, CEA INES (Institut National de l’Energie Solaire) présentera la plateforme Incas qui comporte 10 bancs de test pour l’intégration du photovoltaïque dans les bâtiments ou résidences.

En fin de journée, Hervé Mary, Directeur Général du LAN abordera le thème de  La maison numérique : nouveau foyer d’intelligence. Il examinera l’impact du développement des réseaux d’infrastructure numériques fixes et mobiles sur la maison et l’utilisation des appareils électriques et électroniques qui la peuplent.

Au sommaire du séminaire le mercredi 21 mars, Eric Nicolas, Délégué au Gimelec abordera le bâtiment Intelligent et ses technologies. Comment répondent elles aux impératifs de coût, de confort, de services, de sécurité et de flexibilité. Il déterminera le QI du bâtiment intelligent.

Patrick Heinrich, Directeur Total Building Solutions chez Siemens abordera la notion de GTB (gestion technique du bâtiment) et son impact sur l’efficacité énergétique du réseau.. La GTB fédère les différents métiers techniques du bâtiment et l’objectif est de passer d’une GTB de «contrôle/commande» à une hypervision globale de bâtiment, plus particulièrement avec l’arrivée des bâtiments à énergie positive.

Stéphanie RICHE, Chef du Laboratoire Systèmes de Capteurs Multimodaux au CEA-LETI apportera des éléments de réponse sur l’apport des TIC dans l’efficacité énergétique des bâtiments. Elle présentera une plateforme expérimentale baptisée@home pour prototyper /maqueter les réseaux de capteurs et actionneurs hétérogènes.

Axel Buendia, Gérant de SpirOps présentera les outils d’intelligence décisionnelle qui offre une assistance pour économiser l’énergie, améliorer le confort et renforcer la sécurité. D’un rôle d’assistant, ces outils deviennent  un vecteur actif de l’évolution des comportements énergétiques des citoyens.

Olivier Hersent, PDG d’Actility traitera de l’évolution vers IP des bus de terrain du bâtiment. La présentation évoquera les nouvelles contraintes d’ouverture des systèmes d’information du bâtiment, vers les locataires notamment. Il parlera aussi de l’évolution des standards récents comme ETSI M2M et 6LowPAN et de leur impact sur la prise en mais par les utilisateurs.

Yves Aiilerie, Business Development Manager chez Intel France et Renaud Deschamps, Directeur général de Lexmark France, président du SFIB (syndicat des industries des technologies

de l’information) parleront de l’impact des bâtiments à énergie positive sur les utilisateurs. Ils décriront le GIE « Enjeu Energie Positive » auquel participent leurs sociétés qui ont développé l’application POEM (Personal Office Energy Monitor), en fonction sur plusieurs sites pilotes.

Enfin pour clôturer les 2 jours, Eric L’Helguen, DG d’Embix (société commune Altsom-Bouygues) détaillera les solutions de mutualisation et d’optimisation mises en oeuvre au niveau de la « Smart City » et s’appuiera sur l’exemple pratique du premier réseau intelligent de quartier, Issy Grid

France Télécom et l’Internet des objets vus du côté Smart Grid

19 avril 2011

La conférence ASPROM du début de mois d’avril à Paris permettait à un assez grand nombre d’acteurs de s’exprimer sur la Convergence Energie-Télécommunication. Après le point de vue de EdF et la vision de Olivier Hersent CEO de la start’up Actility, la présentation de France Télécom mérite qu’on s’y arrête, surtout après l’annonce d’accords (encore très flous pour le grand public) entre France Télécom et Deutsche Telekom sur le sujet du M2M, une autre dénomination de l’Internet des Objets. Le smart grid fait entièrement partie de l’Internet des Objets comme l’expliquait Olivier Hersent, et France Télécom ne peut pas ne pas être présent sur ce créneau des télécommunications dont le but est de rendre les objets intelligents et de les interconnecter sur Internet.

Un quart des abonnés en France sera des machines connectées d’ici 2015

Pour Hugues Severac, Directeur de la stratégie M2M chez France Télécom, le smart grid n’est pas  un marché où l’opérateur s’adresse à l’utilisateur final, mais à des opérateurs qui eux, s’adressent au client final. Il faut donc que l’opérateur télécom comprenne comment l’utilisateur final fonctionne, ce dont il a besoin et comment ceci est compatible avec le métier et le business modèle de France Télécom… « et comment France Télécom peut offrir une infrastructure qui réponde à ces besoins, dans la mesure ou un plus grand nombre de machines deviennent connectées. En 2015, un quart des abonnés seront des machines… dont les voitures électriques » C’est donc par le biais du Machine to Machine que France Télécom aborde le sujet du smart grid. Les réseaux intelligents vont apparaitre avec l’entrée en jeu de nouvelles sources d’énergie et surtout le véhicule électrique qui a lui seul consomme ce que consomme une maison. Tout ceci nécessitera un certain contrôle sur le réseau lui-même parce que localement, il faudra optimiser la consommation et il faudra interagir entre la production et les consommateurs.

France Télécom veut jouer un rôle important dans le smart grid

France Télécom se voit un rôle à jouer dans 3 activités de ce marché : l’automatisation du réseau de distribution (l’exploitant actuellement ne pilote pas son réseau, il ne sait pas avec précision ce qu’il s’y passe) ; le smart metering et la demand response (c’est-à-dire la capacité de mesurer la sonsommation instantanément et d’envoyer des ordres d’action chez les clients).  Reste le véhicule électrique qui semble être un secteur à part pour France Télécom puisque chaque véhicule disposera d’une puce radio qui le rend accessible par la voie hertzienne, téléphonie mobile ou WiFi. « Reste la partie IT précise Hugues Severac, c’est-à-dire l’ensemble du back office qui permet de gérer tout le système dans lequel France Télécom a une valeur ajoutée connue ».

Where is the money ?

Il poursuit : « McKinsey dit que pour les Etats Unis, sur 130 milliards d’économies possible en énergie, il y a 43 milliards qui viendront de l’optimisation du réseau de distribution (ndlr…mais le réseau de distribution américain est dans un piètre état), ensuite il faut éviter des surcapacités, et d’autres économies viendront de la diminution de la consommation…  Le smart metering parait jouer un rôle assez mineur…. On s’étonne de ne pas voir de travaux approfondis sur le smart metering. » Coté infrastructure, il précise que c’est le règne du CPL dans la plupart des pays européens, il y a le mobile ou les réseaux maillés à base de wifi et de zig bee. Il estime enfin la taille du marché à  13 millions de carte en Europe… !

Le bon vieux business modèle de France Télécom

Quel rôle France Télécom peut-il jouer dans le dispositif de smart grid ? Quel serait alors son business modèle… On se rend compte que France Télécom applique tout simplement le business modèle qu’il utilise dans les télécommunications pour l’appliquer  au smart grid… pas d’innovation, pas de créativité, réplication pure et simple d’un modèle obsolète vieux d’un siècle qui s’est mal adapté au numérique. Hugues Severac précise. « Pour la mise en place des infrastructures.. On pense qu’il faut une approche flexible qui sépare l’urbain du pré urbain et du rural.. » Ca devrait rappeler quelque chose du côté de la fracture numérique aux collectivités locales…  Il indique aussi qu’il faudrait séparer la couche réseau de la couche de service, « On veut des engagements sur les SLA, sur les les niveaux de services ». Pour lui, les problématiques importantes à aborder sont celle de  la sécurite, de l’hétérogénéité des réseaux, de l’authentification, de la bande passante et bien sur de minimisation des coûts. Il aborde la necessité d’avoir une vision sur la densité de population…pour le choix des réseaux et le choix des technologies, « c’est notre capacité à faire de l’ingénierie télécom.. On sait bien faire… ».

Développer des services sur l’infrastructure…

L’objectif de France Télécom est donc de s’appuyer sur son infrastructure pour faciliter le développement de services à valeur ajoutée. Mais France Télécom envisage donc bien s’octroyer la part du lion parmi les services les plus profitables et laisser les restes à quelques petites sociétés périphériques qui développeront des services et viendront utiliser l’infrastructure. L’une des questions que se pose France Télécom est de savoir s’il faut disposer de 2 réseaux, l’un qui distribue l’électricité et l’autre qui contrôle. « Construire des réseaux qui doivent durer 20 ans est un pari audacieux sur l’avenir, parce que dans les télécommunications, l’obsolescence s’applique au bout 18 mois à 2 ans… ! Internet était inconnu dans le monde il y a 15 ans. Voyez la manière dont l’iPhone a transformé la téléphonie… ajoute-t-il »  Mais ces nouveaux usages n’ont pas été le fait des opérateurs trop appliqués à faire de la rétention sur leurs réseaux…

Comment gérer le client ? Les sempiternelles box…

L’une des préoccupations de France Télécom est le client… à qui les producteurs l’éléctricité et les gestionnaires de réseaux électriques commencent à apporter une certaine importance. « Comment faire participer les clients dans la maison? demande Hugues Severac. » Il explique alors que le marché du Home Automation n’a pas encore démarré, bien qu’il soit médiatique depuis des décenies, parce que le marché n’existe pas. Il y aurait en réalité 4 marchés côte à côte, l’énergie dans la maison, la sécurité de la maison, la domotique et le contrôle de certains appareils et enfin la santé. Il explique que le comportement du consommateur a évolué d’un mode passif à un un mode actif et se dirige maintenant vers un mode participatif..

Le dernier point est celui des box qui contrôlent les appareils dans la maison, dont l’énergie.. « On verra sur le marché de la maison la mise en place d’une logique d’écosystème. Les opérateurs vont proposer une infrastructure basée sur du hardware permettant de contrôler les appareils et de se connecter aux systèmes d’information. Sur ces boites seront marketés un ensemble de services vendus directement ou par le biais des opérateurs. »  (Il reproduit ici le modèle telco actuel des accès internet.. mais où est donc l’innovation ?). France Télécom se retrouverait donc dans la même logique de transporteur de service et fournisseur de services qu’il pratique sur Internet actuellement.

Ecoutez la présentation de Hugues Severac

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