Le Cloud, comment tenter de s’y retrouver


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Complexite du Cloud

Nouveau mot à la mode pour les responsables informatiques (des entreprises ou du secteur public) les constructeurs, les opérateurs et les éditeurs de logiciels, le Cloud est une nouvelle version de la quête qui provoque l’adaptation de l’informatique au service des entreprises, ceci depuis que l’informatique existe.  Donc pour beaucoup, rien de nouveau sous le soleil, le Cloud est un nouvel habillage marketing crée par les constructeurs pour susciter et justifier les renouvellements permanents de matériel et la migration vers de nouvelles applications dans les entreprises et les administrations dont les besoins ne cessent d’évoluer. Donc, pas de révolution à priori, malgré les communiqués tonitruants. Reste à savoir ce que recouvre le Cloud, que signifie-t-il en termes de changement dans les entreprises et vers quoi cette nouvelle phase de la migration nous conduit-elle.

Un peu d’histoire, l’informatique a la demande

La société d’analyse Markess International étudie le phénomène du Cloud depuis 3 ans au moins, depuis que ce terme est apparu dans les discours et que l’offre des constructeurs s’est sensiblement modifiée pour le mentionner. Dès 2000, les prémisses du Cloud apparaissaient avec la notion d’ASP, elle-même née de l’utilisation d’Internet dans les entreprises et de la standardisation des API de haut niveau (REST). Elle permet l’accès par plusieurs utilisateurs à des applications en ligne sur un browser Internet. A noter que l’ancêtre de l’ASP est le vieux « service bureau ». Avec la généralisation d’Internet à haut débit,  le mode ASP a été remplacé et largement diversifié par le SaaS ou « Software as a Service », instituant la notion de logiciel à la demande dont on parlait déjà depuis plusieurs années.

Un modèle très riche en modes opératoires

Ce modèle est très riche en modes opératoires pour les éditeurs de logiciels qui ne manquent pas d’imagination et de créativité pour raffiner et diversifier leurs business modèles. C’est en 2006, sous l’impulsion d’Amazon avec son service AWS (Amazon Web Service) que le Cloud tel qu’on l’entend aujourd’hui est apparu aux yeux de tous. Amazon y a introduit la notion d’infrastructure et de plateforme qui sont présentées, accédées, gérées et facturées de façon spécifique. Puis très rapidement, les opérateurs de télécommunications ont vu sans ce nouveau mode de gestion des ressources informatiques les avantages dont ils pouvaient tirer dans la mesure où il est basé sur les réseaux de communications Internet à haute vitesse et à haute capacité, réseaux qu’ils possèdent. Ils en ont été l’un des plus forts vecteurs de développement.

Le Cloud encore peu utilisé en Infrastructure

Markess International s’est intéressé à l’ensemble du Cloud et non pas simplement à la partie la plus connue qu’est le SaaS, c’est-à-dire les applications à la demande. Emmanuelle Olivié-Paul, Directrice associée de Markess, présentait une étude plus particulièrement orientée sur les aspects infrastructure du Cloud, réalisée en janvier et février 2011 auprès de 150 décideurs Français dont 110 affirment pratiquer le Cloud à un niveau ou un autre. Cette étude, réalisé avec l’aide de 6 sponsors (IBM, Microsoft, NTT communications, NTT Europe, Intel et Ecritel) s’est aussi appuyé sur l’interview de 75 responsables du secteur de l’offre de Cloud.

Pour définir le Cloud, elle utilise la définition la plus courante, publiée par le NIST (National Institute of Standards and Technologies). « Le Cloud est l’accès via le réseau et à la demande à des ressources informatiques (Serveur, stockage, sauvegarde, réseau, poste de travail) dénommées IaaS (Infrastructure as a Service), à des environnements de développement (bases de données, moteurs applicatifs, accès, identité, sécurité et processus collaboratifs) appelés PaaS (Platform as a Service) et/ou à des applications (CRM, ERP, Compta, appli métiers, collaboratif bureautique, RH, etc) appelés SaaS (Software as a Service). » Ceci ne préjuge pas des modes de commercialisation des applications SaaS en mode single ou multi-tenant. .

Le SaaS mène la dance du Cloud

En 2011, si 31% des organisations Françaises (publiques et privées) ont recours au SaaS, seulement 5% utilisent le mode IaaS et à peine 2% s’appuyent sur un PaaS. La pénétration du SaaS est maintenant confirmée dans les grandes entreprises. Il s’est aussi bien implanté dans les PME de moins de 50 employés. L’utilisation du IaaS semble plus importante dans les entreprises de moins de 10000 salariés, plus particulièrement celles qui ne disposent pas de ressources informatiques importantes. A noter que les entreprises du secteur des télécommunications ont été fortement promoteurs de l’usage en interne du IaaS, pour devenir une partie de leur offre aux entreprises. A noter que la réalisation d’investissements informatique dans la plupart des entreprises est maintenant le déclic pour entamer une réflexion sur le Cloud et une démarche de type IaaS ou Saas.

Le Cloud Infrastructure reste essentiellement privé.

Parmi les responsables interrogés, les 2/3 indiquent avoir recours au cloud privé pour les infrastructures (Iaas), en interne à l’organisation ou mutualisé avec d’autres entités de l’organisation, ou encore en privé mais entièrement hébergé chez un opérateur et exclusivement dédié aux usages de l’entreprise. Les opérateurs de télécommunications, qui ont pris conscience de l’intérêt économique du Cloud, multiplient donc les offres et mixent les modes d’utilisation entre public et privé. Ce sont principalement les plus petites organisations qui, pour 36% des interrogés, contribuent au développement des Clouds publics, c’est-à-dire sur des infrastructures qui sont partagées avec d’autres sociétés. Le développement des usages hybrides est supporté par 26% des décideurs interrogés.

Un manque cruel d’expérience

Comme tout ce qu’offrent les opérateurs, la grande caractéristique de leurs offres de Cloud infrastructure est le manque de transparence dont se plaignent plus fréquemment les décideurs. Aucune normalisation des offres, la nécessité de rédiger des contrats complexes pour assurer les qualités de service, la bande passante, les sécurités et backup, la confidentialité des données, la restauration, garantir la localisation des données, les temps de réponse à des montées en charge, etc… poussent les directions informatiques à faire enter leurs services juridiques ou les services d’achat dans la négociation d’une offre Cloud. Les périmètres sont encore très flous et pour y répondre, les offreurs répondent par des offres de type solution et des facturations qui ouvrent la porte à tous les excès. « On a vu certaines offres de Cloud à un constructeur automobile proposer une facturation au nombre de voitures vendues précisait Emmanuelle Olivié-Paul. »

Besoin d’audit préalable pour définir les frontières

Il apparait que le partage d’expérience entre les entreprises qui font appel au Cloud est le besoin le plus critique chez les décideurs, surtout pour les infrastructures (IaaS et PaaS), alors que le SaaS continue d’entrer dans la culture des responsables informatique. Parfois, la frontière est floue entre le SaaS et le PaaS, notamment au niveau des outils collaboratifs (type sharepoint, Lotus ou Exchange) et la forte modularisation des différentes briques du Cloud en infrastructure nécessitent que les périmètres soient plus clairement définis. La frontière entre PaaS et Iaas est encore plus floue.

En effet, les offres varient énormément d’un constructeur à l’autre et le décideur en entreprise a beaucoup de mal à les comparer, car chacun utilise son propre vocabulaire pour désigner des choses qui varient d’un constructeur à l’autre, ce qui accroit encore la complexité de recourir à une démarche de Cloud Infrastructure. L’offre varie aussi très vite, rendant encore plus difficile de choix des décideurs qui ont peur de perdre le contrôle de leurs coûts. Il leur est en effet très difficile de faire un calcul de coût prévisionnel précis compte tenu du nombre de paramètres intervenant dans la facturation à la demande.

Une facturation mal adaptée aux soucis de gestion des entreprises

Si les grands éditeurs de logiciels ont maintenant une offre Cloud de services (y compris Oracle et SAP), le jeu se complique dans la mesure où les offreurs de Cloud infrastructure (les opérateurs) se mettent aussi à offrir du SaaS selon des modalités diverses, grâce à des accords avec des éditeurs de logiciels. « Ils sont en général en compétition avec les intégrateurs, à la seule différence qu’ils possèdent le réseau précise Emmanuelle Olivié-Paul. Les approches sont alors loin d’être normalisées en termes de tarifs ».

Alors que l’offre de facturation de Amazon a suscité de nombreuses remarques sur son absence de clarté et de prédictabilité, Microsoft mentionnant deux cas clients, indiquait avoir standardisé son offre Azure autour de plusieurs critères : la configuration de la machine et sa puissance processeur et mémoire, le giga octet stocke par mois (15 centimes), la quantité d’octets transférés sur le réseau (quelque en soit la direction), le type de configuration de Azure choisie, etc… ». Le Cloud pose donc de vrais problèmes de facturation et des métriques qui s’accommodent mal des soucis de gestion, de contrôle et de budgétisation des entreprises. Celles-ci semblent devoir payer très cher, une recherche d’agilité qu’elles ne sont pas sure d’obtenir à terme. Le retour sur investissement est difficile à définir et encore plus difficile à argumenter pour un DSI parce qu’encore très mal connu, chaque offre ayant son propre mode de calcul de ROI.

Une forte croissance prévue, malgré le flou

Malgré les freins et le flou ressentis par les décideurs, le marché du Cloud reste en forte croissance. « Pour l’ensemble des évolutions du marché des logiciels & services de Cloud computing, si on exclu les dépenses de hardware et de réseau au sens des opérateurs, la croissance prévue du SaaS, PaaS et IaaS regroupés serait de 20% par an jusqu’en 2013 en France, et de 22% par an en Europe, indique Emmanuelle Olivié-Paul. En Europe, ce marché représentait une valeur de 13.8 milliards d’Euros en 2011 et de 2.3 milliards d’Euros en France. »

http://www.markess.fr/demandedocument.php?refdoc=774

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