Google annonce une place de marché pour les applications tièrces


Google vient de lancer une place de marché appelée « Google Apps Marketplace » qui réunit et héberge des applications tierces qui s’intègrent dans la logique et l’architecture des applications Google Apps.

L’administration américaine dans le Cloud

Google Apps est un ensemble d’applications de bureautiques, (mail, agenda, communication et travail collaboratif, tableur, traitement de texte, présentation, etc…) écrites par Google. Ces applications hébergées et contrôlées par Google, sont accessibles à travers un simple navigateur pour les individus, entreprises ou les organisations, au coût de €40 par utilisateur et par an pour toutes leurs activités quotidiennes.

Ainsi, depuis l’année dernière, Google a pratiquement évincé Microsoft Office et Novell Groupwise du système informatique de la ville de Los Angeles en Californie et remplacé une grande partie des applications bureautiques utilisés par les 30000 employés de la ville par Google Apps et Gmail. L’affaire a fait beaucoup de bruit l’année dernière et a déclenché une intense campagne de lobbying. Elle continue d’en faire aux Etats-Unis dans la mesure où Vivek Kundra, le CIO fédéral nommé l’année dernière par Barak Obama a fait adopter Google Apps par le District de Columbia lors de son précédent mandat. Depuis, Google Apps continue son chemin dans l’administration à travers une offre spécifique appelée GovCloud, basée sur un système d’encryption correspondant aux normes de sécurité de l’administration américaine.

Google renforce la pression sur Microsoft

Vic Gundatra, Vice Président Engineering de Google présentait « Google Apps Marketplace » lors d’un « Google Camp Fire One »… une-conversation-au-coin-du-feu- 3.0 où les aficionados de la compagnie se retrouvent et sur la toile et dans le nuage pour écouter la bonne parole. « Depuis l’annonce de Google Apps en février 2007, précisait-il, près de 2 millions de sociétés sont passés chez Google et plus de 25 millions de personnes utilisent quotidiennement Google Apps, pour tous types d’activités. Petites ou grandes entreprises gèrent désormais leurs activités dans le Cloud. »

Google entre donc aujourd’hui en compétition directe avec Salesforce.com qui fut le pionnier des applications sur le Cloud et il vient renforcer la pression qu’il exerçait déjà sur Microsoft qui continue tranquillement d’élaborer sa stratégie Cloud autour de Azure.

Un nuage collaboratif intégré autour de Google Apps

La place de marché « Google Apps Marketplace » est , selon Vic Gundatra, « une manière de trouver, de découvrir, et d’installer des applications profondément intégrées avec Google Apps, d’y accéder en une seule et fois grâce à une unique opération d’identification et de partager les données entre toutes ces applications sans se poser de problèmes de transcription des formats. Pour les développeurs, c’est une opportunité de construire des applications à leur convenance, sans passer obligatoirement par Apps Engine, de les intégrer dans un ensemble cohérent autour de Google Apps, et de les vendre à un grand nombre d’utilisateurs. »

Techniquement, les développeurs d’applications peuvent développer n’importe quel type d’application en utilisant les outils de développement proposés par Google ou bien en ayant recours à n’importe quel langage de leur choix. Ils devront ensuite s’assurer que leur application puisse communiquer avec les applications de Google Apps et partager les données sur le Cloud. Google offre cependant un système assez complexe, très peu documenté et mal expliqué pour l’utilisateur normal qui se verra partager des données personnelles sur le nuage selon des protocoles et des procédures encore très instables et plutôt floues, encore mal connues, mais complètement maitrisées par Google.

En effet, là ou les suites logicielles comme MSOffice verrouillaient l’utilisateur grâce à des formats propriétaires et des mécanismes d’échanges des données entre les diverses applications de la suite, Google propose maintenant le Cloud comme un environnement dit «ouvert», ou un petit noyau d’applications de base vient enrichir un nombre illimité d’applications tièrces (hébergées ou non par Google) selon un ensemble de procédures et de contraintes maitrisées et contrôlées par Google. C’est ce que les spécialistes appellent « une boite à sable ».

Ces applications gravitent maintenant autour d’un noyau collaboratif remplissant le même rôle obscure que les formats et mécanismes d’échanges de données des suites logicielles d’antan en imposant que les données restent dans le Cloud… où elles sont « en sécurité » !! « Ces applications dans le nuage apportent une expérience utilisateur simplifiée, améliorent l’efficacité des activités et réduisent les coûts d’administration… » affirme Google.

Une imbrication de possibilités sur le Cloud, pas toujours complètement connues et maitrisées par l’utilisateur

Les développeurs devront respecter un certain nombre de contraintes qui permettra à leur application de fonctionner avec des applications de Google Apps Market place à travers plusieurs points d’intégration (ou points de contacts). Chaque point d’intégration est décrit par un « manifeste XLM » c’est à dire un petit fichier contenant du code XML qui définit les fonctionnalités, les définitions de site, les fichiers de ressources, les fichiers de composant Web et des assemblages à effectuer pour permettre à l’application extérieure d’utiliser des éléments du système Google Apps.

Ainsi on peut faire apparaitre une application Google comme le chat ou Google Talk dans une application de gestion de paie du personnel ou dans l’application de gestion des approvisionnements d’une PME. David Glazer , chef développeur chez Google décrivait les points d’intégrations importants comme « Google Apps Control Panel » qui permet d’homogénéiser la manière dont les applications extérieures sont gérées et administrées par une même interface ou encore « Google Universal Navigation » qui propose un modèle unifié de navigation dans les applications.

Un point d’entrée obligatoire est le « Secure Data Access » représenté par Open ID SSO, qui gère la manière dont l’utilisateur accède à ses données, les partages avec d’autres applications et d’autres utilisateurs sur le cloud. « OpenID Single Sign-On » doit donc équiper toute application instalable sur « Google Apps Marketplace ». Il évite à l’utilisateur d’avoir à gérer des codes d’accès multiples et souvent différents pour accéder aux applications sur le Cloud. Le point d’intégration « OAuth » permet à l’utilisateur d’une application externe ou un administrateur d’accéder aux données du calendrier ou du carnet d’adresse sur Google Apps.

Une opportunité pour les développeurs d’applications

Pour les développeurs d’applications cette « Google Apps Marketplace » est une opportunité. Elle vient déjà avec une cinquantaine d’applications professionnelles ou personnelles développées par des sociétés extérieures comme Intuit, Tripit, Zoho etc… Elle offres des applications à la demande aussi diverses qu’une gestion et édition de paie pour les PME ou un organisateur de voyage. Les applications sont répertoriées par catégories. Un développeur qui veut mettre son application sur « Google Apps Marketplace » devra acquitter d’un droit d’entrée de 100 dollars et ensuite Google percevra 20% sur le produit de ses ventes aux utilisateurs. Les trois premiers mois de lancement de « Google Apps Marketplace » seront gratuits .

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