« Google Energy »…. Une nouvelle « branche » pour Google


Alors que toute la presse se retrouvait à Las Vegas au CES pour découvrir le nouveau smartphone Android Nexus One de Google, ce dernier se frayait tranquillement un nouveau chemin dans le secteur de l’énergie en faisant une demande officielle auprès de la FERC (Federal Energy Regulation Commission, équivalent US de la CRE en France) pour obtenir l’autorisation d’acheter et de vendre de l’énergie en gros.  Une porte parole de Google précisait que cette demande avait juste pour objectif de permettre à Google de mieux gérer ses besoins internes en énergie et d’optimiser ses « tickets verts » dans son fonctionnement opérationnel…  A noter que de nombreuses entreprises aux Etats-Unis  (environ 1200) ont demandé et obtenu ce privilège.

Google au sommet de Stockohlm

Pourtant, quinze jours  auparavant au milieu du mois de décembre, pendant le sommet de Stockohlm (COP15), Google créait plutôt discrètement une nouvelle entité appelée Google Energy…  afin de mettre en oeuvre un certain nombre de principes indiqués dans un document appelé Efficient Computing.  Et le même jour, associé à quelques grandes organisations comme GE, Intel, Kleiner Perkins, Smart Grid Coalition, Whirlpool, etc… il participait à un appel aux gouvernements pour qu’ils mettent en place  des mesures permettant « aux citoyens d’avoir un meilleur accès aux informations qui leur permettent de mieux gérer leur énergie. »  Le document précise : « En donnant aux gens des informations en temps réel sur la consommation d’énergie de leur foyer, on peut contribuer de façon importante à la maîtrise des changements climatiques en économisant de l’argent et en créant de nouvelles industries  passionnantes… et des emplois… ».

Google impliqué dans les smart Grids

Une lecture attentive du site www.google.org présentant les activités de Google en matière de philanthropie montre que la gestion de l’énergie est une forte préoccupation  chez le N°1 des moteurs de recherche. On y retrouve les actions menées contre la déforestation, mais aussi une intéressante initiative de Google dans les Smart Grids qui consiste à offrir gratuitement aux foyers un logiciel (hébergé dans le Cloud, c’est-à-dire chez Google) qui leur permet de suivre de façon détaillée sur Internet  leur consommation électrique quotidienne dans la maison.  Mais que vient donc faire Google dans le secteur de l’énergie, pourquoi s’intéresse-t-il à ce nouveau marché alors qu’il vient de lancer une offensive très remarquée sur le marché de la téléphonie mobile ?  Justement, les deux sont parfaitement liés et Google travaille sur ce virage stratégique depuis quelques temps déjà.

Partons au CES 2010 avec une histoire de voiture électrique

Laissons de côté un moment  l’intense campagne de presse spontanée autour du téléphone Nexus One. Allons rendre visite à General Motors qui depuis plusieurs années a mis en place aux Etats-Unis un système de suivi et d’aide au conducteur de ses véhicules appelé OnStar. Ce système propriétaire, dont l’utilisation est payante ($20 par mois), apporte au conducteur d’une voiture de Général Motors (en priorité les voitures de haut de gamme des 8 marques du constructeur) différents services liés à la sécurité en route. Il est par exemple possible d’appuyer sur un bouton « urgence » en cas d’accident ou d’incident pour faire venir des secours, d’interroger un opérateur par téléphone pour obtenir un diagnostic automatique, à distance, de l’état mécanique de son véhicule, de communiquer directement avec un opérateur pour des questions diverses, de retrouver son véhicule volé, de déverrouiller ses portes à distance, et même, moyennant un prémium de $10 par mois, de bénéficier d’un service de navigation par GPS.

Une application SmartGrid mobile

A CES, OnStar annonçait un nouveau service lié à sa voiture électrique Chevy Volt, une voiture electrique qui devrait être mise en vente à la fin 2010. Cette voiture fonctionne uniquement sur batterie, mais la batterie qui offre environ 60 km d’autonomie peut être rechargée sur une prise 110-240 ou bien en route grâce à un système à essence dans la voiture même.  Le nouveau service de OnStar est en fait un logiciel pour smartphone (iPhone, Android, BlackBerry) qui permet au conducteur d’être connecté en permanence avec son véhicule électrique et d’en connaitre l’état de charge. Compte tenu de la réserve d’essence dans la voiture, il peut connaitre à tout instant le rayon d’action de son véhicule et décider de le charger immédiatement ou bien de partir en utilisant le chargement de la batterie par le système à essence ou enfin d’attendre une heure ou l’électricité est moins chère pour se connecter à une prise. Le service dispose des mêmes fonctionnalités que OnStar et le conducteur peut même, en hiver, démarrer le chauffage de son véhicule à distance pour arriver dans une voiture tiède. Cette application est vraiment innovante et représente probablement la première application SmartGrid Mobile indispensable à l’utilisation des voitures électriques. Mais elle sera payante et reste propriétaire, controlée par le constructeur automobile qui va chercher à rentabiliser ce nouveau service.

Retour à Google

Quel rapport avec Google me demanderez-vous ?  Souvenez-vous que Google est arrivé en force sur le marché de la navigation automobile où il est rapidement entré en concurrence avec les systèmes de navigation propriétaires installés ou portables, en s’appuyant sur GoogleMap et des applications pour les smartphones, dont celle pour l’iPhone à connu un grand succès. Aujourd’hui, Google possède déjà un grand nombre d’éléments qui poussent la navigation GPS à devenir un outil incontournable et pratiquement gratuit  pour un automobiliste.  Il dispose maintenant de la plateforme Android sur les téléphones cellulaires et peut offrir un certain nombre de services de navigation attractifs, gratuits, dont la gestion du trafic grâce à son système de collecte automatique des données à partir des utilisateurs.

Développer une application comme celle de OnStar pour la Chevy Volt autour des voitures électriques en général serait donc une bonne opportunité pour Google.  Il lui reste à passer des accords avec les équipementiers automobiles et les constructeurs de véhicules électriques et à trouver ou développer quelques standards (probablement déjà en cours) pour faciliter l’accès au cœur de la voiture électrique, afin de mieux gérer son utilisation. La démarche de Google est d’autant plus dérangeante qu’il ne cherche pas à vendre du service, du logiciel ou du matériel. Il est simplement intéressé par le support publicitaire et il dispose du Cloud…

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