Un téléphone Google pour 2010…qui utiliserait WiMax.


Les rumeurs dans la Silicon Vallée vont bon train sur les intentions de Google dans la téléphonie mobile et dans les réseaux, après le lancement plutôt réussi du téléphone Droid par Motorola et Verizon, qui fonctionne sur la base du système d’exploitation Android. Certes, les ventes n’ont pas atteint les records mis en place par l’iPhone et aujourd’hui, rien ne laisse penser que le Droid offre une approche qui révolutionnera le monde de la téléphonie mobile comme l’a fait l’iPhone.

Mais pour ceux qui sont assez âgés, souvenez-vous des débuts du Macintosh. Apple, avec un produit largement supérieur à DOS (sa souris face au prompt) a finalement réussi à se laisser supplanter par le PC de Bill Gates, non pas par supériorité technologique, mais par une meilleure mise en œuvre (‘execution’ disent les américains) d’une politique plus pragmatique et plus persuasive. J’avais écris en 1986 dans un magazine appelé « Décision Informatique » que Bill Gates voulait dominer le monde… Il l’a fait. Bernard Vergnes, le patron fondateur de Microsoft France m’avait gentiment mais fermement fait savoir que j’écrivais n’importe quoi. C’est peut-être pour cette raison que j’ai eu le privilège de passer ¾ d’heures en tête à tête avec Bill Gates lors de mon arrivée aux Etats-Unis alors que Microsoft entamait sa fulgurante ascension.

Android contre l’iPhone

Certes, l’histoire ne se répète pas, Google n’est pas Microsoft et l’impact de l’iPhone est beaucoup plus important que l’impact immédiat du Macintosh à l’époque ou seulement quelques millions de personnes (considérées comme de gentils farfelus ou des geeks) utilisaient un ordinateur.

Aujourd’hui, les utilisateurs d’un téléphone mobile sont plus de 2 milliards et l’iPhone est devenu le modèle, la référence du smartphone, c’est-à-dire le téléphone intelligent qui permet d’accéder à Internet, dans un monde de connectivité universelle. Google est le roi incontestable de la publicité sur Internet, ce qui représente une énorme somme de dollars, une puissance de feu fantastique. Mais le moteur de sa puissance ne semble pas fonctionner sur une mécanique aussi bien huilée et irrésistible que celle de Microsoft avec Windows. Peut-être sommes nous aussi à l’aube d’une puissance qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui…

Android et les petits gâteaux

Android est là pour durer. La prochaine version s’appellerait Flan, dans la ligne droite des noms de code précédents liés à la pâtisserie, dans l’ordre alphabétique. Les précédentes version d’Android  s’appelaient « Petit gâteau (Cupcake), Donut, Eclair. On trouve ici une stratégie de teasing qui maintient les affcionados et les développeurs d’application en halène, jusqu’à la sortie de la version finale, dont tout la rumeur pense qu’il s’appellera Google Phone. Et là revient la rumeur d’un smartphone évolué, une sorte d’hybride entre un Netbook et une tablette. Mais Apple nous a déjà habitué à ce genre de rumeur direz vous… !

Une autre rumeur est que Google mettrait directement ce téléphone dans la grande distribution, sans passer par les opérateurs. Encore un qui cherche à se passer de ces partenaires encombrants, qui ne comprennent rien au marché de l’internet et des services…L’approche de Google est plus conforme à sa vision de la neutralité du Net , tout comme l’approche d’Apple avec l’iPhone était conforme à l’approche élitiste de son patron, un succès jusque là.

Un téléphone WiMax

Une partie de la rumeur est que le Google Phone supporterait le WiMax… Voila qui semble intéressant alors que tout le monde pense et dit que le WiMax est moribond, mort, à mettre à la poubelle, etc… ce qui est loin d’être vrai. L’hypothèse est la suivante : En mettant son téléphone dans la grande distribution, Google risque de proposer un appareil plus cher que les appareils sponsorisés par les opérateurs, qui auront aussi plus de mal à conserver leurs abonnés qu’avec les habituels contrats de longue durée associés aux téléphones traditionnels, dont l’iPhone. D’un autre côté, cet appareil sera entièrement VoIP… ce qui ne plaira guère aux opérateurs mobiles, mais la FCC semble vouloir inciter les opérateurs à ouvrir leurs réseaux mobiles à la Voix sur IP dans la cadre de sa nouvelle vision de la neutralité.

Mais qui est l’opérateur WiMax aux Etats-Unis… ? Clearwire, une joint venture de Sprint, largement supporté et financée par Google, par Intel et d’autres géants du monde Internet comme l’opérateur de cable Comcast, concurrent direct de AT&T et Verizon dans la téléphonie et la télévision. WiMax dans certain milieu est en effet considéré comme le LTE avant le LTE.

Un support pour Google Voice

Enfin, Google est en train de mettre en place Google Voice, un système de numéro de téléphone unique, basé sur le protocole SIP, qui grâce à Internet joue le rôle de la standardiste et des anciens centraux dans les entreprises. Il sait où vous trouver, si vous êtes à votre bureau, en voyage, à la maison et il est capable de vous transmettre des messages écris ou vocaux, là où vous êtes, sur votre smartphone, sur votre ordinateur ou votre téléphone fixe. Est-ce là la killer application qui donnera l’avantage final au Google Phone ? Les opérateurs téléphoniques ne verront pas ceci d’un œil serein dans la mesure où bien sûr, l’objectif de Google n’est pas de vendre de la communication téléphonique, mais de vendre encore plus de publicité sur Internet.

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One Comment sur “Un téléphone Google pour 2010…qui utiliserait WiMax.”

  1. Michel LEBON Says:

    Alain,
    Au fil de la lecture de ce billet, j’ai successivement pensé à :
    – ma maxime lorsque je bossais pour un Opérateur WIFI ayant retenu le MESH en mode ad-hoc : notre réseau, c’est vous (les clients) : pas d’infra, la couverture se fait par le maillage …
    – et dans la foulée, à un WIMAX-Mesh … tu me suis ?!
    – quand à l’évocation de SIP, elle m’a fait penser à IPv6 son complément naturel et nécessaire (cf les specs initiales de l’UMTS et des ALL-IP networks … c’était vers 2001/2002)
    – un beau cocktail, non ?!
    – cela doit être bon, la Californie, de passer dans un LAB, d’y semer une ou deux idées, et d’y revenir 6 mois plus tard pour y tester un proto …
    @+ ami !


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