Amazon tue « 1984 » de Georges Orwell…!


1984Encore mieux que la loi Hadopi de l’ex « Commissaire aux Archives » Christine Albanel interdisant l’accès à Internet aux contrevenants… Amazon, de façon totalement arbitraire, vient de tuer deux livres électroniques chez les possesseurs de son eBook Kindle, suscitant une montagne de réactions allant de l’indignation à la colère. Mais le hasard a voulu que les deux livres tués soient deux grands succès de la littérature anti-totalitaire, « 1984 » et « La Ferme des Animaux » de Georges Orwell…Voila une ironie du sort lourde de symboles. Le New York Times rapporte en effet dans son édition du week end que les responsables d’Amazon se sont rendu compte que deux versions de ces  livres mis en ligne et téléchargables électroniquement sur le site de Amazon, étaient des éditions non reconnues par les ayants droits de Georges Orwell.

Amazon joue les big brother…

Amazon, sans même prévenir les possesseurs de Kindle qui avaient acheté et téléchargé légalement ces deux livres, a décidé de les effacer directement des appareils, exactement de la même manière que les « trous de mémoires » de 1984 faisaient disparaitre tout document jugé inutile ou inconvenant. Big Brother n’aurait pas fait mieux… « Lorsqu’un document devait être détruit, ou qu’on apercevait le moindre bout de papier qui traînait, on soulevait le clapet du plus proche trou de mémoire, l’action était automatique, et on laissait tomber le papier, lequel était rapidement emporté par un courant d’air chaud jusqu’aux énormes fournaises cachées quelque part dans les profondeurs de l’édifice…….L’Histoire tout entière était un palimpseste gratté et réécrit aussi souvent que c’était nécessaire. Le changement effectué, il n’aurait été possible en aucun cas de prouver qu’il y avait eu falsification. La plus grande section du Commissariat aux Archives, bien plus grande que celle où travaillait Winston, était simplement composée de gens dont la tâche était de rechercher et rassembler toutes les copies de livres, de journaux et autres documents qui avaient été remplacées et qui devaient être détruites. Un numéro du Times pouvait avoir été réécrit une douzaine de fois, soit par suite de changement dans la ligne politique, soit par suite d’erreurs dans les prophéties de Big Brother. Mais il se trouvait encore dans la collection avec sa date primitive. Aucun autre exemplaire n’existait qui pût le contredire. Les livres aussi étaient retirés de la circulation et plusieurs fois réécrits. On les rééditait ensuite sans aucune mention de modification.” Amazon indiquait avoir remboursé les possesseurs des livres effacés…

Des centaines de protestations

L’affaire met en lumière quelques caractéristiques peu connues de l’eBook puisque des centaines de personnes, possesseurs d’un Kindle, qui avaient téléchargé et acheté l’un des livres en question se sont rendues compte qu’elles ne possédaient pas ce livre, qu’une fois lu ils ne pouvaient pas le prêter à un ami, ou encore le revendre et plus encore, que l’on pouvait, de façon totalement arbitraire, leur retirer ce livre à n’importe quel moment sans qu’ils puissent s’y opposer.  Parmi les nombreuses protestations postées sur le site du NYTimes, un étudiant possesseur du Kindle précise qu’il avait téléchargé « 1984 » pour préparer un travail sur ce livre. En effaçant le livre, Amazon a effacé toutes les notes et annotations qu’il avait faites et mises en marge du livre. Amazon a donc détruit son travail.  Beaucoup de remarques notent que cette action illustre bien le revers de la médaille de l’économie numérique. « Nous ne possédons réellement plus rien, écrit ce lecteur effrayé, parce que la technologie existe pour le faire disparaitre. En théorie, Apple pourrait probablement ‘de-auteuriser’  mes copies de iTunes , chaque musique chaque film, chaque émission de TV que j’ai acheté et les rendre instantanément inaccessibles… »

Quelle confiance avoir dans le Cloud ?

Il semble que ce ne soit pas la première fois qu’Amazon « reprenne » à distance des livres qu’il a vendu sur son eBook. Des lecteurs mentionnent des versions de Harry Potter disparues subitement.  Drew Herdener, porte parole de Amazon, reconnait que cette opération n’a pas été une bonne idée et indique que la société envisage de changer son système « de façon à ne plus pouvoir dans le futur, être en mesure de supprimer le livre d’un lecteur, dans ces circonstances.» Cette déclaration d’intention reste cependant très vague et n’incite guère à avoir désormais confiance dans une société qui a montré qu’elle n’en était guère digne. N’oublions pas qu’une autre activité d’Amazon est d’héberger dans le « Cloud » des données et des applications que lui ont confiées des milliers d’entreprises…Que se cache-t-il donc dans ce nuage… ?

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