Dernier volet de ce compte rendu de la conférence Asprom qui s’est tenue au début du mois d’avril, le Projet Linky est présenté ici par Jean-Marie BERNARD, directeur technique Linky chez ERDF. Il resitue le contexte juridique et réglementaire au niveau européen puis au niveau Français pour indiquer les grandes étapes de l’expérimentation/évaluation Linky en cours et les développements futurs. L’objectif est donc d’attendre 95% du parc équipé de Linky d’ici 2018.
Le régulateur a indiqué le cahier des charges fonctionnel du compteur Linky au cours de deux communications en 2007 après une concertation qui a été faite en 2007 Une deuxième concertation avec les acteurs a au lieu à la fin 2009. Les enjeux sont l’ouverture des marchés, la qualité des services, la performance du distributeur (réduire le nombre de déplacements qui s’élève à environ 7 millions pas ans). Il y aura donc une nouvelle infrastructure de communication pour gérer de nouvelles informations qui viennent des compteurs, etc…
Qu’est-ce qu’est Linky ?
C’est un compteur et un système. C’est en fait une extrapolation du compteur bleu électronique auquel on ajouté un moyen de communication basé sur du CPL, il dispose d’une horloge et comporte un logiciel évolué qui gère 2 grilles tarifaires : l’une pour la facturation de l’énergie et l’autre pour son transport et sa distribution. Il y a la possibilité de gérer de la pointe mobile et des courbes de charge. Enfin, il est doté d’un interrupteur qui vérifiera la puissance contractuelle. Les données entre le compteur et le reste du monde par la communication CPL sont chiffrées. L’architecture est à 3 niveaux, ce qui est important pour les problématiques de déploiement.
CPL versus radio
Le courant porteur en ligne (CPL) a été choisi en s’appuyant, entre autres, sur des expériences effectuées en Californie où il y a en moyenne 7 compteurs par transformateur. En France on est à 50 compteurs par concentrateur (poste de transformation) voir 75 ou 100. Le CPL est donc plus intéressant financièrement lorsqu’il y a une grande concentration. Mais il élude largement la question des avantages respectifs des technologies radio face à la technologie CPL, il semble que les aspects financiers aient été prédominants dans ce choix alors même que CPL est encore assez mal connu sur des courants de moyenne tension et sur des réseaux assez hétérogènes de qualité varié, ce qui est le cas du réseau d’ERDF.
Il précise donc que l’utilisation du CPL à haute dose sur des réseaux de distribution moyenne fréquence est loin d’être courant. Le choix fait a donc été de rester calé sur la topologie du réseau électrique et de ne pas construire un réseau parallèle, même si chaque compteur peut légalement recevoir un dispositif radio (pour le GPRS, le WiFi ou le Zigbee). La technologie CPL permet cependant de limiter les pertes dites « techniques » sur le réseau en optimisant l’équilibrage des phases.
35 millions de compteurs à déployer en 5 ans
Fonctionnant dans la pure lignée directe d’une démarche « top down » à la française, ERDF a néamoins imposé un certain niveau d’interopérabilité parmi les 3 constructeurs de compteurs et les constructeurs de concentrateurs retenus, « véritable innovation dans le domaine du comptage électrique »… précise Jean Marie Bernard… L’innovation vient donc des hautes sphères d’ingénieurs bureaucrates qui la modélisent avec délectation… « Mais le vrai challenge restant est de déployer 35 millions de compteurs en 5 ans…et 500000 concentrateurs…. Tous étant équipés de capteurs et d’actionneurs qui permettent éventuellement d’agir automatiquement en cas de panne sur le réseau.. » Le smart grid se développera donc à partir d’une mise à jour de l’infrastructure en place.
Retours d’expériences.. on reste sur sa faim
« On commence a avoir des retours d’expérience » précise Jean-Marie Bernard. « L’expérimentation a porté sur 300000 compteurs en grande partie pour tester les processus de déploiement et de pause, c’est une expérience sur les équilibres économiques plus que sur les détails techniques. On peut maitriser la technique avec le déploiement de quelques milliers de compteurs seulement »…. Le seul problème est qu’ERDF ne parle d’aucune des équations économiques en présence, ni les différents choix possibles qui s’offraient, ni de la manière dont ont été effectués les choix… !
Jean Marie Bernard se limite à partager quelques constatations ponctuelles : « On a posé 100% des concentrateurs et 85% des compteurs sont posés poursuit-il (problématique des portes fermées). Ca se passe plutôt bien, les temps de pose que nous avions estimés sont respectés. L’expérimentation confirme donc les hypothèses de ce point de vue. Actuellement 150000 index sont remontés tous les jours, car on stresse le système, ce chiffre croit tous les jours. 9 compteurs sur 10 communiquent mais il y a encore des bugs. Ca se corrige progressivement. Dans le CPL, le signal émis n’est pas très fort, il faut répéter le signal (mais parfois il y a des blancs ou des lignes trop longues sans répéteur et ça coince…) 107000 compteurs sont aujourd’hui ouvert à la chaine complète pour l’automatisation, comprenant la facturation. Pour l’industrie, 50% du cout du projet est le coût de pose des compteurs.»
Des questions sur l’accès aux informations, par les particuliers et des tiers de service
Quelle est maintenant la suite, sachant que selon ERDF, l’expérimentation arrive à son terme. « L’elément suivant est la décision des pouvoirs publics sur les suites à donner explique Jean Marie Bernard. La phase suivante est donc d’atteindre 95% du parc déployé en 2018, conformément à la directive européenne. » Parmi les questions posées à l’issue de sa présentation, la principale est celle de l’accès à l’information… « Les informations issues du compteur appartiennent aux clients, indique Olivier Hersent en réponse à une question, et les fournisseurs, selon les règles du marché, doivent restituer d’une certaine manière l’information aux tièrces parties… » Beaucoup de discussions ont lieu sur ce sujet chaud qui devrait être définie par la CRE, car de la manière dont ERDF redonnera les informations qu’il a collectées dépendent un certains nombres de services innovant basés sur les données de consommation électrique.. L’arrivé d’Internet dans le monde de l’énérgie est une opportunité pour développer un nouveau secteur industriel, dont Olivier Hersent de Actility est un des premiers représentants en France.
Pour voir la présentation de jean Marie Bernard
