Archive for the ‘Mobilité’ category

Nokia et Dolby se lancent dans la photo à MWC 2012

5 mars 2012

Lors de sa conférence de presse, Nokia a nettement monté la barre de plusieurs crans en matière de photo-téléphone en présentant son nouvel appareil 808 Pure View. Il s’agit en réalité d’un véritable appareil photo « point and shoot » capable de produire des photos de bonne qualité qui permet aussi de téléphoner et de surfer sur Internet. En effet, il apparait que la conception de cet appareil ait été faite autour des composants photos spécifiquement développés pour cet appareil (capteurs, lentilles, zoom, éléments de gestion des photos) auxquelles ont été ajoutées les caractéristiques classiques d’un smartphone. Une analyse faite sur papier, effectué par le site Test-Mobile  l’explique très clairement.

On regrettera simplement que cet appareil fonctionne sous Symbian, mais les responsables de Nokia ont indiqué qu’il allait rapidement le passer sous Windows Phone. L’effet obtenu est important pour Nokia qui recentre un peu l’attention autour de lui. L’innovation semble bien réelle et il est intéressant de suivre les évolutions de ce genre d’appareil. Est-ce que tous les fabricants de téléphone vont se lancer dans la course ? Comment va réagir Apple qui, on le verra plus loin, a déjà fortement amélioré les performances photographiques de l’iPhone ?

Dolby, du son à la photo HDR

Sur le stand de Dolby Labs à la MWC de Barcelone Nokia présentait sa gamme de terminaux Lumina qui tous utilisent le son amélioré Dolby. On pouvait aussi tranquillement examiner des détails du 808 Pure View, loin de la foule qui s’agglutinait sur le stand de Nokia. La nouveauté sur le stand Dolby n’était pas l’audio, mais l’image. En effet, Dolby Labs vient d’entamer un virage stratégique important puisqu’il se propose maintenant d’améliorer les photos prises par les smartphones grâce à la technologie HDR (High Dynamic Range) qu’il veut appliquer aux photos prises par les téléphones. Cette démarche cherche à répondre à un besoin croissant des utilisateurs de téléphones capables de prendre des photos d’obtenir des photos de meilleure qualité. La présence du Nokia 808 sur le stand le confirme. Dolby entre dans le sillage d’Apple qui avait déjà incorporé cette technologie dans IOS 4 il y a 2 ans et dans l’iPhone 4S plus récemment.

La technologie HDR existe depuis longtemps, mais l’approche adoptée par les ingénieurs de Dolby va au delà de ce que fait Apple dans la mesure où Dolby permet à l’utilisateur de choisir le degré d’exposition de sa photo grace à des techniques de conservation des informations recueillies lors du processus, alors qu’Apple offre une seule photo finale. Les responsables de Dolby qui présentaient cette technologie n’ont pas précisé leur stratégie, mais il y a fort à parier que plusieurs fabricants de téléphone vont se rapprocher de Dolby pour essayer d’implémenter cette technologie sur leurs appareils. Nokia est entré le premier dans la course lancée par Apple…

MWC 2012 à Barcelone : Smartphones et tablettes, chute des prix à l’horizon

5 mars 2012

Pourquoi beaucoup de mes amis ont-ils tendance à me considérer comme un vieux ringard parce que je n’ai pas mon smartphone (un iPhone pour beaucoup), connecté à Internet et que mon abonnement téléphonique est tout simplement une mobicarte, sans accès Internet, que je recharge tous les 6 mois ? … Je ne suis pas technophobe, ayant été l’un des plus fidèles supporters du Mac depuis que Steve Job lui-même nous l’avait présenté, en petit comité, en avant première au cours du mois d’octobre 1983, à l’occasion d’un voyage de presse à Cupertino. Mais un beau jour, j’en ai eu assez de me faire racketer par Apple et par les opérateurs téléphoniques… Je suis passé sur PC et j’ai pris une mobicarte, pas question d’acheter un iPhone ou un iPad, malgré les railleries…  On vit très bien sans tant qu’il y a du WiFi et ce dernier n’est pas près de disparaitre…

Comment vivre sans iPhone

Pourtant mon séjour au MWC 2012 à Barcelone la semaine dernière a changé un certain nombre de choses dans mes préférences… Non, non, je vous rassure,  je ne vais pas me précipiter sur le premier iPhone XYZ ou l’iPad 2.5  qui doivent sortir incessamment sous peu…

Tout d’abord, j’ai prix un abonnement €0 chez Free… J’ai en effet une Freebox depuis bientôt 10 ans…et je n’ai jamais eu de problème avec le « trublion » des opérateurs français… Allez donc voir en Silicon Valley et comparer avec un abonnement DSL chez AT&T dont le prix a pratiquement doublé en 5 ans et dont le « haut débit » reste à la vitesse de l’escargot… Donc j’ai pris cette offre Free Mobile à zéro € pour assurer le portage de mon N° de téléphone en me disant que c’était une première étape vers l’abonnement  mobile illimité (ou quasi) a €15 par mois. Annuellement cet abonnement représentera autant que ce que je payais en carte prépayée, mais j’aurai l’accès Internet illimité en plus.  Seul problème, auquel j’aurai du penser, il n’y a pas de roaming avec l’abonnement zéro €…  Je me suis donc retrouvé à Barcelone sans téléphone cellulaire… Je me suis un peu fait fiche de moi…

Une cacophonie de smartphones

Ensuite, ce que j’ai vu à Barcelone m’a fait réfléchir… Un flot de nouveaux smartphones, pas un fabriquant de téléphone n’était de reste. HTC, Samsung, Motorola, Panasonic, Toshiba, ZTE, Sony, Huawei, LG et toute une série de petits fabricants asiatiques qui présentent des appareils dont certains sont de très bonne qualité. Chacun y est allé de sa série de smartphones sous Android, tous plus perfectionnés et tous plus beaux les uns que les autres.  Mais ça commence à se gâter quand il s’agit de choisir le moteur de son smartphone : Snapdragon de Qualcomm, Atom de Intel (et oui, même Intel arrive dans les smartphones avec Orange, notre opérateur National… ), ARM, ou  IceCream Sandwitch, , Gingerbread, Android 4.0, Android 2.3.. Je vois bien Apple qui rigole en douce… !! et puis voici Nokia et Microsoft.

Et puis Nokia avec Microsoft

Dès le premier jour du MWC, Nokia a frappé fort pour montrer à tous qu’il entend bien rester dans la course avec son nouveau partenaire Microsoft. Deux challengers peuvent-ils faire un gagnant… ? Voici la question que tout le monde se pose…  Discours bilan sur l’année écoulée et annonce des nouveaux Asha 202-203 et 302,  renforcement des fonctionnalités de ces téléphones qui peuvent maintenant recevoir des mails (grâce à Microsoft Exchange), jouer et accéder à Internet.  Très clairement, cette gamme de téléphone issue de la série 40 cherche à atteindre les marchés de masse en leur offrant des services relookés et de nouvelles fonctionnalités plus professionnelles.  Ensuite, Nokia passe au marché Windows Phone avec le Lumia 610 et le Lumia 900. L’accueil de la gamme Lumia a été plutôt favorable jusqu’à présent… peu de bugs, des services variés, attractifs et professionnellement utiles, des appareils rapides et faciles d’utilisation…et des prix assez attractifs. Nokia et Microsoft ont très clairement l’intention de continuer développer une gamme de smartphones et de tablettes (ces dernières seront disponibles au 2ème trimestre) en direction des professionnels en s’appuyant sur une offre moins chère qu’Apple.

Des smartphones et des tablettes à moins de 200$

Dans l’avion du retour de Barcelone, je rencontre mon ami Frederic, ingénieur télécom de haut niveau, vivant aux Etats Unis depuis une bonne quinzaine d’années, ancien responsable du développement chez plusieurs opérateurs téléphoniques français et américains, expert en réseaux mobiles auprès de plusieurs pays du moyen Orient, d’Afrique, d’Asie et de Polynésie. Pendant la discussion, il sort un smartphone que je prends pour un Galaxy Notes de Samsumg. Même format, même caractéristiques externes. Il m’explique qu’il a une quinzaine de smartphones de ce type qu’il a acheté en Asie, chez des petits constructeurs, il les teste, les décortique, les évalue et leur ajoute des applications prises dans les appstores. Tous fonctionnent sous Android (les différentes versions)  et si certains sont franchement mauvais, d’autres, dont celui qu’il utilise aujourd’hui sont excellent et fonctionnent parfaitement dans tous les pays en offrant les mêmes fonctionnalités qu’un Galaxy Notes.

Mais le prix public de son appareil est inférieur a 200$, soit un peu moins de 150€… Il en est de même pour les tablettes Android de toutes tailles. Il n’a pas voulu me dévoiler les prix d’achat… !!  Mais il est clair que certains entrepreneurs vont saisir la balle au vol pour importer ces appareils en Europe et aux Etats Unis…Le marché des smartphones et des tablettes va-t-il donc enfin s’écarter des modèles « jardin protégés » mis en places par les opérateurs… Le consommateur doit rester vigilant, mais il y gagnera certainement une plus grande liberté de choix.

CES 2012 : 5 Français dans le grand zoo numérique – Withings

11 janvier 2012

Ca se confirme, le CES 2012 sera un grand cru. Pourtant, alors que la mobilité, la télévision et les objets internet sont au cœur de la problématique du CES 2012, c’est en France que l’innovation de rupture arrive avec l’annonce de Free Mobile dont les tarifs d’abonnements sont aujourd’hui sans concurrence et dont le prix du téléphone sera facturé séparément de l’abonnement aux services. Les terminaux vendus par Free seront donc désimlockés, c’est-à-dire qu’ils seront indépendants de l’opérateur qui offre le service et la carte SIM fonctionnera sur des appareils préalablement désimlockés.

Free ne deviendra pas un vendeur de téléphones mobiles

Cela signifie que Free ne va pas, comme ses confrères, se transformer en vendeur de terminaux de toutes sortes, mais conservera son métier de fournisseur de services numériques et de transporteurs de données fixes ou mobiles. Si tous les opérateurs se mettaient à déverrouiller leurs terminaux, on devrait voir arriver très rapidement une nouvelle vague d’innovation dans les smartphones suivie très probablement d’une baisse des prix générale des smartphones, grâce à une plus grande transparence.

Les Américains ne sont pour l’instant guère conscients du nouvel impact de cette offre, alors qu’AT&T vient, au grand soulagement de bon nombre d’observateurs, de se voir refuser l’autorisation d’absorber T-Mobile pour cause de tentative de destruction du peu de concurrence qui restait. T-Mobile pourrait-il à lui seul réagir comme Free aux Etats Unis et donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Peu probable dans la mesure où sa maison mère, Deutsche Telekom, le très « opérateur historique » Allemand, qui cherche depuis longtemps à se débarrasser du bébé dont il ne sait que faire, ne veut pas entendre parler d’investissements supplémentaires. Free démontre pourtant en France qu’il ne s’agit pas obligatoirement de puissance d’investissement, mais plutôt d’une volonté et d’une approche différente qui font bouger les choses.

Withings, un français dans le healthcare mobile

Cedric Hutchings CEO de Withings

De retour au CES, je notais que la manifestation CES Unveiled, prise d’assaut par des centaines de journalistes venus du monde entier, a honoré 5 sociétés Françaises parmi la petite centaine de sociétés sélectionnées. Cedric Hutchings, CEO et cofondateur de Withings, son baigneur dans les bras, présentait son nouveau pèse bébé numérique, première mondiale pour ce qui est d’un pèse bébé connecté à Internet. Withings est une société crée à Paris en 2008, dont le premier produit était un pèse personne électronique connecté à Internet par WiFi. Grâce à une interface accessible à tous, il permet aussi à des tierces parties de développer des applications innovantes autour de cet objet connecté. « Nous ne sommes pas une start’up en train de développer des services de demain, explique Cedric Hutchings. Nous proposons un produit connecté, aussi facile à utiliser que son équivalent non électronique, mais qui offre beaucoup plus de possibilités parce que les données recueillies peuvent être automatiquement stockées sur un téléphone cellulaire ou un ordinateur, puis présentées et traitées comme le souhaite l’utilisateur. » C’est une réalisation concrète de ce qu’on appelle l’Internet des objets…

Une rapide internationalisation

La balance de Withings peut se connecter à Google Health ou Microsoft Health Vault, préfigurations américaines aujourd’hui très opérationnelles du Dossier Médical Personnalisé (DMP) qui n’arrive pas à voir le jour en France. Avec cette balance, puis un tensiomètre connecté à un téléphone cellulaire et un « smart baby monitor » véritable outils de vidéo surveillance de bébé 24×24 connecté à l’iPhone présentés tous les deux au CES 2011, Withings entrait avec succès sur les marchés Américains, Japonais et Chinois grâce son système de distribution sur Internet. A noter que le smart baby monitor dispose de technologies comme la vision nocturne et permet aussi de parler au bébé ou de lui diffuser de la musique à partir de son iPhone. Ce produit gagnait un Innovation Award au CES 2011.

Un Cloud « santé et bien être », ouvert et agnostique

Au CES 2012, Withings gagnait une nouvelle récompense pour son pèse bébé connecté et entrait dans le Cloud en annonçant une plateforme de stockage qui permet de stocker toutes les données de santé récupérées par ses appareils ou encore par d’autres appareils connectés comme Zeo Sleep Manager, une application qui contrôle le sommeil ou Runkeeper, une application de coaching en ligne d’exercices et d’entrainement sportif qui comporte 7 millions d’utilisateurs. Un utilisateur peut donc rapprocher ses données recueillies par le tensiomètre de Withings avec d’autres données recueillies par d’autres appareils ou applications.

L’intérêt de cette plateforme de Cloud est une interface ouverte qui permet aux utilisateurs d’ouvrir leurs données à des applications extérieures et même à d’autres appareils. Aujourd’hui, les accords passés par Withings permettent à près de 40 millions d’utilisateurs d’accéder à cette API. Cedric Hutchings indique son intention de développer de nouveaux appareils et de permettre aux utilisateurs de mieux appréhender en ligne tous les aspects de leur santé : « avec 4 appreils différents, nous avons acquis une bonne expérience et une bonne compréhension des données que les utilisateurs veulent obtenir en un même endroit. Nous avons ouvert cette plateforme en ligne de Santé et de Bien être totalement agnostique, parce que d’autres sociétés nous l’ont demandé pour leurs utilisateurs."

Paris lance Autolib… Asprom

5 décembre 2011

Le Maire de Paris annonçait aujourd’hui la mise en service d’Autolib, le premier service municipal d’autopartage de voitures électriques à l’image du Velib.

Lors de la conférence Asprom qui s’est déroulée fin novembre, Patrick Le Coeur, ingenieur en Chef des services techniques de la ville de Paris était venu présenter en avant première ce que serait Autolib et expliquer les détails de cette infrastructure.

Voici la vidéo de sa présentation et des questions réponses. Nous y reviendrons.

Renault se penche sur son programme voiture électrique – Asprom

4 décembre 2011

Organisé par Roland Dubois, président de l’ASPROM, un nouveau cycle de conférence a eu lieu fin  novembre sur le thème de la voiture électrique. Véritable source d’information à usage des responsables et décideurs, cette conférence de 2 jours permet d’une part de s’informer sur des technologies complexes qui impactent ou impacteront notre vie de tous les jours à plus ou moins brève échéance, et d’échanger librement des points de vue avec des professionnels qui ne se cachent pas systématiquement derrière des discours établis.

Au cours de la conférence en effet sont analysés les liens étroits entre les choix politiques, économiques et sociaux et les choix technologies pour comprendre les vrais enjeux que recouvrent ce qu’on appelle généralement « l’innovation » et « le progrès ».

D’énormes investissements en infrastructure  

Au cours de la première journée essentiellement consacrée à la voiture électrique, aux batteries et aux infrastructures à mettre en place en France pour faciliter l’émergence de ce nouveau type de véhicule, une dizaine d’intervenants de haut niveau sont venus brosser un tableau plus précis de ce qu’est la réalité de la voiture électrique aujourd’hui, ce qu’elle sera (et ce qu’elle ne sera peut-être pas) dans les années qui viennent.

Ces interventions ont permis de mettre en évidence des choix politiques effectués en France de façon plus ou moins explicite, en fonction des contraintes liées aux technologies et à leur industrialisation sur une grande échelle, en fonction des exigences économiques et sociales qu’il semblait important de respecter (pour ceux qui ont fait ces choix) et en fonction de l’impact estimé sur les usages. On pouvait comprendre, grâce à plusieurs présentations, que les choix faits en France étaient sensiblement différents de ceux effectués chez certains de nos voisins européens, dont l’Allemagne et l’Italie.

Des choix basés sur l’idée que le consommateur va s’adapter

En premier lieu, le déploiement de la voiture électrique en France nécessitera d’énormes investissements en matière d’infrastructures publiques et privées, certainement aussi importants que ceux que l’on mentionne autour de la fibre optique pour le Très Haut Débit. De la manière dont ces investissements seront menés et exécutés, dépendront le succès ou l’échec des choix effectués.

Aux vues des premières options choisies et des contraintes techniques incontournables pour encore très longtemps, la voiture électrique imposera de nouvelles contraintes d’usage assez fortes qui modifieront complètement et profondément les modes d’utilisation de la voiture telle qu’on la connait aujourd’hui.

De profonds changements dans la manière d’utiliser son automobile

Les responsables gouvernementaux et industriels ont en effet effectué des choix sur la supposition que les conducteurs de ces nouveaux véhicules vont assez facilement adapter et modifier des comportements acquis pendant un siècle de véhicule à moteur à essence, au delà des incitations d’usages ou des incitations financières diverses dont les modalités peuvent aussi constituer un moyen de régulation fort (pendant au moins un temps).

On retrouve ici une fois encore la bonne vieille attitude française dite « de haut en bas »,  menée par des technocrates tout puissant qui semble posséder « la vérité », et dont les choix, effectués dans les hautes sphères techno-politiques éclairées, se préoccupent plus de grandes stratégies politico-économiques que des utilisateurs. En effet, le mode de rechargement des batteries des véhicules tout électrique et le rayon d’action des voitures tout électrique (100km maximum) imposeront au consommateur Français de nouvelles formes d’utilisations radicalement différentes…

Est-il disposé à s’y adapter… ? Personne ne s’en est aujourd’hui sérieusement préoccupé et nous verrons que les véhicules hybrides ou à piles à combustible (hydrogène) ont certainement un avenir dans la mesure où ils permettent de s’affranchir de certains contraintes du véhicule tout électrique en respectant des objectifs de baisse de la pollution et d’alternative aux energies fossiles.

Sortir de la succession d’échecs dans le véhicule électrique

Thierry Koskas, Directeur du programme Véhicule Electrique chez Renault est venu présenter et expliquer la philosophie de l’industriel en la matière sur la base des choix effectués, au niveau national et au niveau de la société. Il a rendu compte des premiers pas du constructeur dans ce secteur et des perspectives futures, avec 4 nouveaux modèles de voiture électrique dont le premier est déjà sortis et qui dont l’apparition va s’échelonner d’ici la fin 2012.

Ce sont la Kangoo ZE, véhicule utilitaire déjà disponible qui dispose d’une autonomie de 170 km maximum, la Fluence ZE à échange de batterie qui sera commercialisé avant la fin de l’année, le véhicule urbain Twizzy ZE à rayon d’action limité, en vente à partir de mars 2012 au prix d’un scooter,  et enfin la future Zoe ZE dont le prix ne devrait pas dépasser 20000 euros en septembre 2012, doté de certaines innovations récentes, avec une batterie amovible ou fixe (un journal a même indiqué que le prix serait inférieur à 15000€)

Une stratégie risquée

Après avoir remarqué que le véhicule électrique a été une succession d’échecs dont Renault espère monter qu’il est possible de sortir, il  rappelait quelques chiffres : « L’engagement global pour Renault et Nissan est de 4 milliards pour l’ensemble des développements des véhicules, y compris les batteries qui sont plus une compétence de Nissan. L’objectif chiffré est d’avoir vendu 1.5 millions de voitures électriques en cumul d’ici 2016 en France et on reste sur cette prévision que d’ici 2020, une voiture sur 10 vendues dans le monde pourrait être électrique. »

La stratégie de Renault ne fait pas l’unanimité, mais il constate que même Volkswagen qui contestait la stratégie de Renault il y a 2 ans est passé au véhicule électrique récemment. Il renforçait son propos en mentionnant sur l’appel d’offre de voiture électrique (des Kangoo) de la Poste récemment remporté par Renault.

Les 3 piliers de la stratégie véhicule électrique de Renault

Thierry Koskas précise les 3 piliers de la stratégie du constructeur.

- Un véhicule écologique, comparaison faite de bout en bout par rapport à un véhicule thermique

- Un véhicule économique à l’achat  et ensuite à l’usage compte tenu du prix du loyer des batteries et de l’électricité pour la recharge. Il précisait en réponse à une question : « La facture du Client qui fait qui fait environ 1000 km par mois sera autour de 100 € si l’on compte un loyer de la batterie de 75 à 80 € par mois et 15 à 20 euros d’électricité par mois pour la recharge. Si le conducteur fait moins de 3 km par jour, un véhicule électrique n’a aucun intérêt, en revanche au delà de 12 à 15000 km par an, il apparait alors un vrai intérêt économique sur le véhicule thermique.. » Il précisait aussi qu’il y aura besoin des aides d’incitations pendant au moins 5 ans pour atteindre des économies d’échelle.

-Le véhicule électrique n’est pas compatible avec la totalité des usages, mais seulement avec certains d’entre eux par exemple, la deuxième voiture ou la voiture urbaine.

Renault développera la fabrication de batteries, d’origine Nissan, dans son usine de Flins à partir de 2014.

L’infrastructure nécessaire : la recharge….

« Renault, explique Thierry Koksas, a pris une approche assez différente de certains autres constructeurs en France ». Il favorise la mise en place d’une « wall box », une prise dédiée chez l’usager (dans les immeubles ou les parkings)  qui permet de charger plus vite que sur une prise domestique (dont l’utilisation sera fortement régulée).

Dans la rue, grâce à un système propriétaire développé par Renault, différent de la technologie utilisée par les autres véhicules qui s’appuient sur une technologie japonaise, Renault veut donner la possibilité de faire de la recharge standard ou accélérée sur la même prise (n’importe quel type de charge entre 3 et 43 KW, en monophasé ou triphasé en courant alternatif alors que les recharges rapides se font en général sur du courant continu). « Aujourd’hui il y a un certain nombre de bornes en Europe. Il y en aura 15000 à fin 2011 et il y a déjà 10000 bornes inscrites dans le système Tom Tom, mais il faut trouver le moyen de donner plus largement et plus simplement les indications aux clients pour en développer l’usage. »

Renault compte fortement inciter ses clients à faire installer une wall box chez eux ( le Wall box de Renault offre 3KW alors qu’une prise domestique offrira seulement 2KW). « Cela fait partie de notre politique commerciale » ajoute-t-il. Le prix de la Wall Box devra rester bas (500€ plutôt que 800, installation comprise).

…….. et l’échange des batteries dans des stations

Renault  a aussi développé un programme d’échange des batteries (qui seront louées) en s’appuyant sur la société israélienne Betterplace ( déjà installée au Danemark et en Australie). BetterPlace a été crée sur  l’idée de « faire le plein » d’électricité en remplaçant la batterie, louée, grâce à un système automatique opérant dans des stations dédiées. « Ca fonctionne bien sur un territoire réduit… » explique Thierry Koskas.

Les stations d’échanges de batteries  dont le coût de mise en œuvre est d’environ 1 million d’Euros la station, permettent de changer une batterie «  en 3 minutes » tout en restant dans la voiture… Ces stations remplaceraient les stations d’essence que l’on connait, permettant aux utilisateurs d’un véhicule électrique d’accroître son rayon d’action en changeant ses batteries "déchargées" et récupérant des batteries « pleines »…

On imagine les coûts d’investissements pour faire circuler largement sur tout le territoire des véhicules électriques dont le rayon d’action est de 100 km… On verra (dans une intervention de Christophe Lefebvre du CEA-LITEN) que les ruptures technologiques qui amélioreront la puissance, la taille et la durée de charge des batteries ne sont raisonnablement pas attendues avant au moins 20 ou 30 ans…  L’autoroute du Sud ne connaitra plus les embouteillages aux péages les jours de grands départs en vacances, mais ils seront dans les stations de remplacement des batteries… qui devront être disposées au moins tous les 30 ou 40 km et de façon plus dense en ville… Le coût de remplacement de la batterie sera-t-il compris dans la location? La pari fait par Renault sur la voiture electrique est donc ambitieux…

Ci-dessous la video intégrale de la présentation de Thierry Koskas où il aborde aussi les aspects de sécurité et les avantages compétitifs de Renault grâce à son approche. La fin de la video est consacrée aux questions réponses.


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