Archive for the ‘Internet des objets’ category

L’internet des objets arrive, vous n’avez encore rien vu…

12 novembre 2012

"L’internet des objets est pour demain…"  Encore une phrase pour journaliste en mal de sensationnel. Pourtant, la conférence organisée par l’ASPROM sur le thème de l’Internet des objet n’était pas vraiment destinée au grand public.  La salle était peuplée surtout de responsables d’entreprises, de chercheurs, d’universitaires et d’investisseurs venus chercher une vision construite, argumentée et détaillée de ce que la communication des objets peut apporter à la vie quotidienne, à l’industrie, à la vie de tous les jours.

La première intervention de la journée, faite par Xavier Dalloz qui represente le CES (Consumer Elecgtronic  Show) en France avait donc pour objectif de tracer un tableau large, mais précis et incisif des grandes evolutions à venir.

Le premier point à retenir est que les technologies sont là, elles existent et permettent d’ores et déjà le développement de l’Internet des objets. Seulement, les infrastructures ne sont pas encore complètement mises en place pour permettre de bénéficier  et d’accéder à l’intelligence mise dans les objets. En effet, plus de 50 milliards d’objets connectés d’ici 2020 vont fortement solliciter les réseaux dont la bande passante aujourd’hui est déjà insuffisante pour écouler le trafic actuel.

Quels enjeux autour des objets communicants et le futur de l’Internet? Une conférence ASPROM sur L’internet des Objets

15 octobre 2012

Les 24 et 25 Octobre prochain, Roland Dubois, président de l’ASPROM, organise une nouvelle conférence où seront examinés les enjeux et les mécanismes de l’évolution d’un ensemble de technologies, de produits, services et usages regroupés sous le terme d’objets communicants ou encore Internet des Objets. La vision de l’Internet des objets n’est pas nouvelle. En effet, depuis plus de 15 ans, dès qu’Internet a été considéré comme un phénomène irréversible, l’idée de rendre les objets communicants trottait dans beaucoup d’esprits inventifs. On se souviendra du Frigidaire connecté à Internet, réalisé en 1999, capable d’alerter la ménagère lorsqu’il n’y a plus de lait, de beurre ou que des produits sont périmés.  Seulement, les technologies de communications sans fil étaient encore insuffisantes, les puces radio trop encombrantes, trop chères ou trop gourmandes en consommation électrique, les infrastructures étaient insuffisantes, les prétendus standards d’interopérabilité n’étaient pas des standards et les usages rentables étaient encore à imaginer.

Besoin d’une nouvelle loi de Moore autour des infrastructures?

Pourtant, progressivement, avec l’arrivée du WiFi, de la téléphonie cellulaire, des technologies de télécommunications sans fil à basse consommation, avec la miniaturisation, l’intégration plus poussée et la montée en puissance des processeurs et le développement d’un grand nombre de nouvelles technologies, la mise en œuvre de projets autour des objets communicants aux ambitions bien définies, précises et économiquement viable devient plus acceptable. La généralisation, la montée en puissance et la baisse des coûts des télécommunications fixes et mobiles qui s’opèrent grâce à la fibre et les technologies sans fil de nouvelle génération semblent opérer comme une nouvelle loi de Moore dont les effets seraient aussi larges et profonds sur  l’Internet des Objets que les effets qu’elle a eus sur l’industrie du PC.

Les standards et les usages sont clés

ASPROM se propose donc d’examiner en profondeur les enjeux que posent ces nouvelles évolutions technologiques et d’examiner la manière dont les usages vont évoluer et les grandes directions vers lesquelles ils se dirigent. L’un des aspects les plus importants dans cette évolution sera la manière dont les standards vont se développer autour de quelques technologies clé, de façon à permettre de larges déploiements, dans les entreprises et au delà des frontières territoriales. Les différents aspects technologiques et économiques du M2M seront ainsi traités par une quinzaine de spécialistes, de chercheurs et de responsables en entreprises opérant dans ce domaine. Plusieurs secteurs, dont celui de la santé, de l’habitat et de la ville, de l’énergie et de l’environnement seront abordés et examinés de façon plus précise.

La conférence se déroulera à la FIEEC, 17 rue Hamelin, 75016 Paris les 24 et 25 octobre

Programme  et inscription ici :  http://www.asprom.com/seminaire/internet-futur.pdf

LE BATIMENT INTELLIGENT AU COIN DE LA RUE… NOUVELLES PROBLEMATIQUES

6 mars 2012

En moins d’une décennie, Internet et la téléphonie mobile ont profondément et radicalement modifié la vie des gens alors que les impacts du téléphone, de l’électricité ou du moteur à explosion se sont échelonnés sur ¼, ½ voir presque 1 siècle. C’est en créant de nouveaux usages que ces technologies ont suscité la création de nouvelles infrastructures qui elles même entrainent de nouveaux usages… Les télécommunications, liées aux enjeux énergétiques, commencent maintenant à impacter l’habitat avec l’arrivée des bâtiments intelligents.

C’est pourquoi, dans le contexte de cette problématique émergeante, que Roland Dubois, président d’ASPROM, organise deux jours de séminaire/formation sur le thème de l’habitat intelligent les 20 et 21 mars 2012 à Paris.

Le cercle vertueux infrastructure-usages

Le tout numérique continue sa progression dans la vie quotidienne de chacun. La connectivité partout, tout le temps et pour chacun est déjà intégrée dans les mœurs des plus jeunes et chaque jour voit naitre de nouveaux usages. Le processus de diffusion de ces nouveaux usages dans les différentes couches de la population entrainent les opérateurs, les constructeurs, les fournisseurs de services, les municipalités, les gouvernements… à développer les infrastructures de télécommunications qui permettent de répondre à cette demande, toujours croissante. Les réseaux de fibre optique, on le voit depuis 4 ou 5 ans maintenant, sont devenus une affaire nationale, une obligation incontournable, un élément de la compétitivité économique d’un pays parce qu’aujourd’hui, il est courant et normal de regarder des photos, des films, des vidéos, la TV et d’échanger des contenus multimédia sur Internet.

Des milliers de services développés sur Internet sont rapidement devenus indispensables pour la population et les entreprises. De même, l’amélioration et l’extension des réseaux de téléphonie cellulaire à Internet sont devenues un enjeu pour chaque pays, parce que les services qu’ils offrent deviennent immédiatement incontournables. Il est maintenant presque impensable pour un individu normal de ne pas disposer d’un ordinateur, d’une connexion internet et d’un smartphone, tout comme il est impensable pour un pays de ne pas se préoccuper de ses infrastructures de télécommunications fixes et mobiles.

L’émergence de la problématique énergétique autour du bâtiment

La problématique énergétique donne une nouvelle dimension à la prolifération des télécommunications et des services numériques dans notre vie quotidienne. En effet le contrôle des dépenses d’énergie ou la production locale d’énergie, sont devenu une responsabilité individuelle et collective et elles passent immanquablement par Internet et les telecom, à la maison, dans les entreprise ou dans les villes. Le bâtiment, pris dans son ensemble, est le secteur qui effectue plus de 40% des dépenses d’énergies en France.

D’énormes pertes d’énergie ont lieu tous les jours dans des bâtiments parce que personne ne sait avec précision ce qui est consommé, par quoi ou qui,  et pourquoi ? Ainsi, la réduction de moitié de la consommation du pays (un objectif fixé par les politiques lors du Grenelle de l’environnement) ne pourra pas se faire en ignorant les énormes pertes d’énergies dans les bâtiments, usines et immeubles qui couvrent le territoire. D’autre part, la tâche est collective, c’est-à-dire qu’elle implique les pouvoir publics, les entreprises et les individus eux-mêmes. Il est donc indispensable, et aujourd’hui possible grâce à la convergence d’Internet et des télécommunications fixes et mobiles, de rendre les bâtiments intelligents, c’est-à-dire contrôlable et maîtrisables du point de vue de leur consommation énergétique. Le bâtiment devient intelligent à partir du moment où sa consommation énergétique est mesurée et contrôlée grâce a des dispositifs de monitoring (capteur, systèmes d’analyses, contrôle des appareils électriques etc…).  Mais quelles en sont les conditions, les étapes, les coûts, le enjeux ?

Un séminaire sur l’habitat intelligent réalisé par ASPROM

Au sommaire du séminaire le mardi 20 mars, Jean Robert Millet, (responsable de la division Energie au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) examinera les enjeux et les défis posés par le grenelle de l’environnement à l’objectif 2020 dans la mesure où les bâtiments neufs devront être à « énergie positive ». Le changement est radical puisque non seulement les bâtiments devront moins consommer, mais ils devront aussi contribuer à produire de l’énérgie. Commen les villes vont-elles intégrer cette problématique ?

Ensuite, François Pelegrin, Architecte DPLG élaborera sur les stratégies de ruptures possibles en matière de construction pour garantir les coûts, les délais et la fiabilité des nouveaux systèmes constructifs et obtenir des bâtiments véritablement performants.

Un exemple sera décrit par Sébastien Prévot, responsable du pôle R&D chez Cardonnel Ingelerie autour de l’impact de la RT2012 sur la conception des bâtiments tertiaires et la manière dont ils peuvent améliorer les conditions de travail et la productivité.

Régis Lecussan, directeur de Raycreatis montrera l’apport de valeur d’un logiciel communicant de collaboration entre l’architecte et le thermicien.

Arthur Vinson (Responsable Développement Systèmes Constructifs chez Lafarge) abordera la nouvelle règlementation thermique, ses enjeux et son impact sur les méthodes de travail lors de la conception des bâtiments. Il présentera des systèmes constructifs performants traditionnels et innovants.

Par Olivier Servant, Directeur des Marchés – Saint Gobain habitat France abordera les détails de l’optimisation de l’isolation (sols, murs, plafonds, ponts thermiques) en application de la RT2012 pour le neuf et l’anticipation des règles 2020. Il présentera la maison Saint Gobain Multi-confort en pointant sur les techniques utilisées qui permettent de construire des maisons de la génération 2020. Il abordera aussi les aspects de la rénovation des bâtiments existants.

Olivier Gaignon, délégué général de Ignes abordera la problématique de la « smart home » ou la domotique communicante au service des citoyens. Il traitera du logement résidentiel ou collectif et fera le point sur les outils la manière de les intégrer simplement pour se rapprocher des smart grids, ou smart cities…

Olivier Flechon, Chef du Laboratoire d’Energétique du Bâtiment, CEA INES (Institut National de l’Energie Solaire) présentera la plateforme Incas qui comporte 10 bancs de test pour l’intégration du photovoltaïque dans les bâtiments ou résidences.

En fin de journée, Hervé Mary, Directeur Général du LAN abordera le thème de  La maison numérique : nouveau foyer d’intelligence. Il examinera l’impact du développement des réseaux d’infrastructure numériques fixes et mobiles sur la maison et l’utilisation des appareils électriques et électroniques qui la peuplent.

Au sommaire du séminaire le mercredi 21 mars, Eric Nicolas, Délégué au Gimelec abordera le bâtiment Intelligent et ses technologies. Comment répondent elles aux impératifs de coût, de confort, de services, de sécurité et de flexibilité. Il déterminera le QI du bâtiment intelligent.

Patrick Heinrich, Directeur Total Building Solutions chez Siemens abordera la notion de GTB (gestion technique du bâtiment) et son impact sur l’efficacité énergétique du réseau.. La GTB fédère les différents métiers techniques du bâtiment et l’objectif est de passer d’une GTB de «contrôle/commande» à une hypervision globale de bâtiment, plus particulièrement avec l’arrivée des bâtiments à énergie positive.

Stéphanie RICHE, Chef du Laboratoire Systèmes de Capteurs Multimodaux au CEA-LETI apportera des éléments de réponse sur l’apport des TIC dans l’efficacité énergétique des bâtiments. Elle présentera une plateforme expérimentale baptisée@home pour prototyper /maqueter les réseaux de capteurs et actionneurs hétérogènes.

Axel Buendia, Gérant de SpirOps présentera les outils d’intelligence décisionnelle qui offre une assistance pour économiser l’énergie, améliorer le confort et renforcer la sécurité. D’un rôle d’assistant, ces outils deviennent  un vecteur actif de l’évolution des comportements énergétiques des citoyens.

Olivier Hersent, PDG d’Actility traitera de l’évolution vers IP des bus de terrain du bâtiment. La présentation évoquera les nouvelles contraintes d’ouverture des systèmes d’information du bâtiment, vers les locataires notamment. Il parlera aussi de l’évolution des standards récents comme ETSI M2M et 6LowPAN et de leur impact sur la prise en mais par les utilisateurs.

Yves Aiilerie, Business Development Manager chez Intel France et Renaud Deschamps, Directeur général de Lexmark France, président du SFIB (syndicat des industries des technologies

de l’information) parleront de l’impact des bâtiments à énergie positive sur les utilisateurs. Ils décriront le GIE « Enjeu Energie Positive » auquel participent leurs sociétés qui ont développé l’application POEM (Personal Office Energy Monitor), en fonction sur plusieurs sites pilotes.

Enfin pour clôturer les 2 jours, Eric L’Helguen, DG d’Embix (société commune Altsom-Bouygues) détaillera les solutions de mutualisation et d’optimisation mises en oeuvre au niveau de la « Smart City » et s’appuiera sur l’exemple pratique du premier réseau intelligent de quartier, Issy Grid

CES 2012 : 5 Français dans le grand zoo numérique – Withings

11 janvier 2012

Ca se confirme, le CES 2012 sera un grand cru. Pourtant, alors que la mobilité, la télévision et les objets internet sont au cœur de la problématique du CES 2012, c’est en France que l’innovation de rupture arrive avec l’annonce de Free Mobile dont les tarifs d’abonnements sont aujourd’hui sans concurrence et dont le prix du téléphone sera facturé séparément de l’abonnement aux services. Les terminaux vendus par Free seront donc désimlockés, c’est-à-dire qu’ils seront indépendants de l’opérateur qui offre le service et la carte SIM fonctionnera sur des appareils préalablement désimlockés.

Free ne deviendra pas un vendeur de téléphones mobiles

Cela signifie que Free ne va pas, comme ses confrères, se transformer en vendeur de terminaux de toutes sortes, mais conservera son métier de fournisseur de services numériques et de transporteurs de données fixes ou mobiles. Si tous les opérateurs se mettaient à déverrouiller leurs terminaux, on devrait voir arriver très rapidement une nouvelle vague d’innovation dans les smartphones suivie très probablement d’une baisse des prix générale des smartphones, grâce à une plus grande transparence.

Les Américains ne sont pour l’instant guère conscients du nouvel impact de cette offre, alors qu’AT&T vient, au grand soulagement de bon nombre d’observateurs, de se voir refuser l’autorisation d’absorber T-Mobile pour cause de tentative de destruction du peu de concurrence qui restait. T-Mobile pourrait-il à lui seul réagir comme Free aux Etats Unis et donner un bon coup de pied dans la fourmilière. Peu probable dans la mesure où sa maison mère, Deutsche Telekom, le très « opérateur historique » Allemand, qui cherche depuis longtemps à se débarrasser du bébé dont il ne sait que faire, ne veut pas entendre parler d’investissements supplémentaires. Free démontre pourtant en France qu’il ne s’agit pas obligatoirement de puissance d’investissement, mais plutôt d’une volonté et d’une approche différente qui font bouger les choses.

Withings, un français dans le healthcare mobile

Cedric Hutchings CEO de Withings

De retour au CES, je notais que la manifestation CES Unveiled, prise d’assaut par des centaines de journalistes venus du monde entier, a honoré 5 sociétés Françaises parmi la petite centaine de sociétés sélectionnées. Cedric Hutchings, CEO et cofondateur de Withings, son baigneur dans les bras, présentait son nouveau pèse bébé numérique, première mondiale pour ce qui est d’un pèse bébé connecté à Internet. Withings est une société crée à Paris en 2008, dont le premier produit était un pèse personne électronique connecté à Internet par WiFi. Grâce à une interface accessible à tous, il permet aussi à des tierces parties de développer des applications innovantes autour de cet objet connecté. « Nous ne sommes pas une start’up en train de développer des services de demain, explique Cedric Hutchings. Nous proposons un produit connecté, aussi facile à utiliser que son équivalent non électronique, mais qui offre beaucoup plus de possibilités parce que les données recueillies peuvent être automatiquement stockées sur un téléphone cellulaire ou un ordinateur, puis présentées et traitées comme le souhaite l’utilisateur. » C’est une réalisation concrète de ce qu’on appelle l’Internet des objets…

Une rapide internationalisation

La balance de Withings peut se connecter à Google Health ou Microsoft Health Vault, préfigurations américaines aujourd’hui très opérationnelles du Dossier Médical Personnalisé (DMP) qui n’arrive pas à voir le jour en France. Avec cette balance, puis un tensiomètre connecté à un téléphone cellulaire et un « smart baby monitor » véritable outils de vidéo surveillance de bébé 24×24 connecté à l’iPhone présentés tous les deux au CES 2011, Withings entrait avec succès sur les marchés Américains, Japonais et Chinois grâce son système de distribution sur Internet. A noter que le smart baby monitor dispose de technologies comme la vision nocturne et permet aussi de parler au bébé ou de lui diffuser de la musique à partir de son iPhone. Ce produit gagnait un Innovation Award au CES 2011.

Un Cloud « santé et bien être », ouvert et agnostique

Au CES 2012, Withings gagnait une nouvelle récompense pour son pèse bébé connecté et entrait dans le Cloud en annonçant une plateforme de stockage qui permet de stocker toutes les données de santé récupérées par ses appareils ou encore par d’autres appareils connectés comme Zeo Sleep Manager, une application qui contrôle le sommeil ou Runkeeper, une application de coaching en ligne d’exercices et d’entrainement sportif qui comporte 7 millions d’utilisateurs. Un utilisateur peut donc rapprocher ses données recueillies par le tensiomètre de Withings avec d’autres données recueillies par d’autres appareils ou applications.

L’intérêt de cette plateforme de Cloud est une interface ouverte qui permet aux utilisateurs d’ouvrir leurs données à des applications extérieures et même à d’autres appareils. Aujourd’hui, les accords passés par Withings permettent à près de 40 millions d’utilisateurs d’accéder à cette API. Cedric Hutchings indique son intention de développer de nouveaux appareils et de permettre aux utilisateurs de mieux appréhender en ligne tous les aspects de leur santé : « avec 4 appreils différents, nous avons acquis une bonne expérience et une bonne compréhension des données que les utilisateurs veulent obtenir en un même endroit. Nous avons ouvert cette plateforme en ligne de Santé et de Bien être totalement agnostique, parce que d’autres sociétés nous l’ont demandé pour leurs utilisateurs."

Smart Grid : le Projet Linky d’ERDF

24 avril 2011

Dernier volet de ce compte rendu de la conférence Asprom qui s’est tenue au début du mois d’avril, le Projet Linky est présenté ici par Jean-Marie BERNARD, directeur technique Linky chez ERDF. Il resitue le contexte juridique et réglementaire au niveau européen puis au niveau Français pour indiquer les grandes étapes de l’expérimentation/évaluation Linky en cours et les développements futurs. L’objectif est donc d’attendre 95% du parc équipé de Linky d’ici 2018.

Le régulateur a indiqué le cahier des charges fonctionnel du compteur Linky au cours de deux communications en 2007 après une concertation qui a été faite en 2007 Une deuxième concertation avec les acteurs a au lieu à la fin 2009. Les enjeux sont l’ouverture des marchés, la qualité des services, la performance du distributeur (réduire le nombre de déplacements qui s’élève à environ 7 millions pas ans). Il y aura donc une nouvelle infrastructure de communication pour gérer de nouvelles informations qui viennent des compteurs, etc…

Qu’est-ce qu’est Linky ?

C’est un compteur et un système. C’est en fait une extrapolation du compteur bleu électronique auquel on ajouté un moyen de communication basé sur du CPL, il dispose d’une horloge et comporte un logiciel évolué qui gère 2 grilles tarifaires : l’une pour la facturation de l’énergie et l’autre pour son transport et sa distribution. Il y a la possibilité de gérer de la pointe mobile et des courbes de charge. Enfin, il est doté d’un interrupteur qui vérifiera la puissance contractuelle. Les données entre le compteur et le reste du monde par la communication CPL sont chiffrées. L’architecture est à 3 niveaux, ce qui est important pour les problématiques de déploiement.

CPL versus radio

Le courant porteur en ligne (CPL) a été choisi en s’appuyant, entre autres, sur des expériences effectuées en Californie où il y a en moyenne 7 compteurs par transformateur. En France on est à 50 compteurs par concentrateur (poste de transformation) voir 75 ou 100. Le CPL est donc plus intéressant financièrement lorsqu’il y a une grande concentration. Mais il élude largement la question des avantages respectifs des technologies radio face à la technologie CPL, il semble que les aspects financiers aient été prédominants dans ce choix alors même que CPL est encore assez mal connu sur des courants de moyenne tension et sur des réseaux assez hétérogènes de qualité varié, ce qui est le cas du réseau d’ERDF.

Il précise donc que l’utilisation du CPL à haute dose sur des réseaux de distribution moyenne fréquence est loin d’être courant. Le choix fait a donc été de rester calé sur la topologie du réseau électrique et de ne pas construire un réseau parallèle, même si chaque compteur peut légalement recevoir un dispositif radio (pour le GPRS, le WiFi ou le Zigbee). La technologie CPL permet cependant de limiter les pertes dites « techniques » sur le réseau en optimisant l’équilibrage des phases.

35 millions de compteurs à déployer en 5 ans

Fonctionnant dans la pure lignée directe d’une démarche « top down » à la française, ERDF a néamoins imposé un certain niveau d’interopérabilité parmi les 3 constructeurs de compteurs et les constructeurs de concentrateurs retenus, « véritable innovation dans le domaine du comptage électrique »… précise Jean Marie Bernard… L’innovation vient donc des hautes sphères d’ingénieurs bureaucrates qui la modélisent avec délectation…  « Mais le vrai challenge restant est de déployer 35 millions de compteurs en 5 ans…et 500000 concentrateurs…. Tous étant équipés de capteurs et d’actionneurs qui permettent éventuellement d’agir automatiquement en cas de panne sur le réseau..  »  Le smart grid se développera donc à partir d’une mise à jour de l’infrastructure en place.

Retours d’expériences..  on reste sur sa faim

« On commence a avoir des retours d’expérience » précise Jean-Marie Bernard. « L’expérimentation a porté sur 300000 compteurs en grande partie pour tester les processus de déploiement et de pause, c’est une expérience sur les équilibres économiques plus que sur les détails techniques. On peut maitriser la technique avec le déploiement de quelques milliers de compteurs seulement »…. Le seul problème est qu’ERDF ne parle d’aucune des équations économiques en présence, ni les différents choix possibles qui s’offraient, ni de la manière dont ont été effectués les choix… !

Jean Marie Bernard se limite à partager quelques constatations ponctuelles :  « On a posé 100% des concentrateurs et 85% des compteurs sont posés poursuit-il (problématique des portes fermées). Ca se passe plutôt bien, les temps de pose que nous avions estimés sont respectés. L’expérimentation confirme donc les hypothèses de ce point de vue. Actuellement 150000 index sont remontés tous les jours, car on stresse le système, ce chiffre croit tous les jours.  9 compteurs sur 10 communiquent mais il y a encore des bugs. Ca se corrige progressivement. Dans le CPL, le signal émis n’est pas très fort, il faut répéter le signal (mais parfois il y a des blancs ou des lignes trop longues sans répéteur et ça coince…) 107000 compteurs sont aujourd’hui ouvert à la chaine complète pour l’automatisation, comprenant la  facturation.  Pour l’industrie, 50% du cout du projet est le coût de pose des compteurs.»

Des questions sur l’accès aux informations, par les particuliers et des tiers de service

Quelle est maintenant la suite, sachant que selon ERDF, l’expérimentation arrive à son terme. « L’elément suivant est la décision des pouvoirs publics sur les suites à donner explique Jean Marie Bernard. La phase suivante est donc d’atteindre 95% du parc déployé en 2018, conformément à la directive européenne. » Parmi les questions posées à l’issue de sa présentation, la principale est celle de l’accès à l’information… « Les informations issues du compteur appartiennent aux clients, indique Olivier Hersent en réponse à une question, et les fournisseurs, selon les règles du marché, doivent restituer d’une certaine manière l’information aux tièrces parties… » Beaucoup de discussions ont lieu sur ce sujet chaud qui devrait être définie par la CRE, car de la manière dont ERDF redonnera les informations qu’il a collectées dépendent un certains nombres de services innovant basés sur les données de consommation électrique.. L’arrivé d’Internet dans le monde de l’énérgie est une opportunité pour développer un nouveau secteur industriel, dont Olivier Hersent de Actility est un des premiers représentants en France.

Pour voir la présentation de jean Marie Bernard

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