En demandant une enquête administrative, la FCC vient de confirmer son refus d’approuver le rachat de T-Mobile par AT&T pour 39 milliards de dollars, marquant ainsi un coup d’arrêt à la consolidation excessive parmi les opérateurs mobiles aux Etats Unis, dans la mesure où le consommateur américain n’en bénéficierait pas, au contraire.
Procès antitrust et enquête administrative
En mars 2011, AT&T, le deuxième opérateur mobile aux Etats Unis, annonçait sont intention de racheter T-Mobile, filiale américaine de Deutsche Telekom. Le nouvel ensemble crée constituerait le premier opérateur mobile américain avec 43% de part de marché en nombre d’abonnés. En Aout, après de nombreuses protestations de la part des organismes de consommateurs et de certains membres de l’industrie, le DOJ (Department of Justice) intentait un procès antitrust pour bloquer ce rapprochement sur la base d’un certain nombre d’arguments qui, toutes proportions gardées, attribuent à T-Mobile un rôle à peu près identique à celui que joue Free en France face à l’inertie de l’opérateur historique appuyé sur une position fortement dominante et un comportement très monopolistique.
T-Mobile, un peu comme Free en France…
Faire disparaitre T-Mobile aux US, c’est un peu comme si on tentait de faire disparaitre Free en France… !! Julius Genachowski, Chairman de la FCC, l’agence fédérale de régulation des télécommunications, équivalent de notre Arcep Française, avait déjà indiqué lors de l’action du DOJ « la concurrence est un composant essentiel de l’analyse légale de l’intérêt public de la FCC, et bien que le processus ne soit pas achevé, les éléments dont dispose l’agence lèvent de sérieux doutes sur l’impact de cette transaction sur la concurrence. » Aujourd’hui, très clairement, en accord sur le principe avec le DOJ, la FCC laisse entendre qu’elle n’est pas été en mesure d’approuver l’accord passé entre AT&T et Deutsche Telekom parce qu’il réduirait la concurrence de façon significative et conduirait à une réduction massive d’emplois….Un responsable de la FCC indiquait : « Les résultats de l’enquête montrent, et ceci pas en termes vagues, que ce rapprochement résulterait en une perte passive d’emplois aux Etats Unis et à une perte d’investissement… ».
Moins de 50% de chance d’aboutir
La coûteuse campagne de communication entamée par AT&T pour tenter de faire croire l’inverse fait donc long feu. Même si l’action anti-trust du DOJ n’abouti pas (le procès doit se dérouler en février prochain si AT&T décide de s’y opposer), la décision de la FCC d’envoyer AT&T dans une enquête administrative ajoute une nouvelle procédure qui renforce les doutes sur de rapprochement et diminue encore plus les chances d’une conclusion favorable pour AT&T dans les délais. En effet la procédure d’enquête administrative devant un juge demandée par la FCC s’appliquera après le procès Antitrust si AT&T le gagne, et les termes de l’accord entre AT&T et Deutsche Télékom indiquent que toutes les autorisations nécessaires doivent être obtenues avant la date du 20 septembre 2012, date qui peut bien sur être prorogée par les 2 parties.
Les analystes de l’agence de notation Moody indiquaient récemment qu’il y a maintenant moins de 50% de chance que l’accord soit finalement conclu. Les chances d’AT&T s’amenuisent au fur et à mesure où les opposants déclinent les multiples terrains d’attaque. En effet pour gagner le procès antitrust, le DOJ cherchera à démontrer que le rapprochement diminue significativement la concurrence sur le marché et l’enquête administrative de la FCC attaquera sur un autre plan en cherchant à démonter que le rapprochement va contre l’intérêt public, un argument plus facile à démontrer.
Des risques et des coûts importants
Pour les responsables d’AT&T qui ont déjà repoussé leurs objectifs de conclusion définitive du contrat en juin 2012, la démarche de la FCC est mal venue : « C’est encore un autre exemple que l’agence gouvernementale cherche à s’opposer à des milliards de nouveaux investissements et à la création ne nombreux nouveaux emplois, alors que l’économie américaine a désespérément besoin des deux » disait Larry Solomon, un VP de AT&T dans un communiqué. Mais AT&T ne peut pas entrer en opposition ouverte avec la FCC et les responsables d’AT&T semblent prêts à se séparer de plusieurs actifs importants qui pourraient calmer le régulateur et affaiblir les arguments du DOJ.
Cependant, l’impact d’un échec d’AT&T dans sa tentative risque de lui coûter très cher (coût qui sera probablement reporté en augmentation des tarifs chez AT&T..) sachant qu’il vient de provisionner 4 milliards de dollars pour couvrir les éventuelles compensations à payer à Deutsche Télécom en cas de non rachat. Celles-ci seraient estimées au total à près de 6 milliards de dollars…. Pour T-Mobile, qui aurait perdu 850000 clients en un an l’année dernière, les enjeux sont encore plus importants car sa survie pourrait être en jeu…
Sortir de l’impasse
Immédiatement après l’annonce de la démarche de la FCC, les responsables d’AT&T et de Deutsche Telekom ont utilisé une procédure juridique du règlement de la FCC qui leur permet de retirer leur demande de régularisation du rachat de T-Mobile par la FCC (aux conditions du contrat initial) et donc d’éviter que celle-ci ne mette en place son enquête administrative et ne puisse mettre en évidence certains aspects que les responsables d’AT&T ne souhaiteraient pas voir dévoilés au grand public… Leur objectif, selon plusieurs analystes, est d’essayer d’obtenir un accord à l’amiable avec le département de la justice (DOJ) et ensuite de revenir auprès de la FCC pour demander la validation d’un nouvel accord de rachat, sur des bases différentes. Plusieurs rumeurs laissent entendre que AT&T envisagerait de revendre une bonne partie des actifs de T-Mobile obtenus, jusqu’à 40%, ce qui constituerait un véritable démantèlement de la filiale de l’opérateur historique Allemand.
Prochaine audition le 30 novembre
De nouveaux éléments seront probablement dévoilés sur la stratégie adoptée par AT&T lors de la prochaine audition préparatoire du procès anti trust qui sera tenue le 30 novembre prochain par le juge Ellen Huvelle de la cours du District de Columbia (Washington DC).
Depuis l’annonce du rachat de T-Mobile par AT&T pour 39 milliards de dollars, l’opération n’a cessé de susciter des remarques, des remous, puis une opposition de plus en plus active de la part des consommateurs, d’une bonne partie de l’industrie et maintenant de l’administration et de l’agence de régulation américaine. En effet, reconnaissant ouvertement que ce rapprochement crée pas mal de problèmes, la FCC a décidé d’aborder ce dossier de façon plus large et de le traiter conjointement avec un autre dossier concernant AT&T, celui du rachat des fréquences 700 MHz que Qualcomm destinait à FLO TV, tentative avortée de créer un système de télévision mobile propriétaire.
Au début de ce mois d’Aout, au Cesar’s Palace à Las Vegas, se tenait la Back Hat Conférence, le plus grand rassemblement d’experts et de hackers sur le thème de la sécurité des réseaux, des systèmes et des données informatiques. Mike Alperovitch vice Président de McAfee, maintenant filiale de Intel, présentait un rapport de 15 pages indiquant que 72 organisations internationales, des gouvernements, des entreprises et même les Nations Unies et le Comite Olympique International ont depuis plus de 5 ans, subit des intrusions de leurs systèmes informatiques, audacieuses et parfaitement organisées, apparemment d’une même et unique origine, qui ont permis de détourner d’énormes masses de données dont on ne sait pas quelle utilisation en sera faite. Certaines attaques ont été très brèves, quelques semaines, d’autres ont duré plusieurs mois, voire plusieurs années. « Que vont devenir toutes ces données s’interroge le rapporteur. Si même une petite partie d’entre elle est utilisée pour élaborer des produits concurrents ou bien comme informations stratégiques dans des discussions importantes, elles représentent une énorme menace économique… » Si aucun nom n’a été officiellement cité jusque là, beaucoup d’indices portent les soupçons sur la Chine, pour qui ce genre de pratique d’intelligence économique semble aller de soi.
A Singapour, il est approché par Silverlake, les investisseurs de Skype qui ont racheté Skype à eBay. En 2010, il s’installe donc à Londres et crée l’Enterprise Business Unit de Skype, c’est-à-dire le secteur communication d’entreprise de skype qu’il dirige encore et dont le chiffre d’affaire croit très rapidement. Son rôle est de développer la pénétration de Skype dans les entreprises et de le monétiser. Il met en place une nouvelle stratégie qui déplace toute l’équipe de développement à Palo Alto (ils étaient répartis en Suède et en Europe de l’Est) et il crée Skype Connect qui permet de connecter Skype à des PBX d’entreprise…et bien d’autres choses. Pour plus d’informations sur la stratégie et les évolutions prévues de Skype , voir 
Le géant du Web confirme son intérêt et son implication dans les énergies renouvelables en investissant $55 millions dans un projet qui sera ensuite loué au constructeur Terra-Gen Power, maitre d’œuvre d’un vaste projet de ferme éolienne appelé Alta Wind Energy Center (AWEC) dans les pays indiens du Ken County, près du désert de Mojave en Californie du Sud.