Archive for the ‘Entreprise’ category

Quels enjeux autour des objets communicants et le futur de l’Internet? Une conférence ASPROM sur L’internet des Objets

15 octobre 2012

Les 24 et 25 Octobre prochain, Roland Dubois, président de l’ASPROM, organise une nouvelle conférence où seront examinés les enjeux et les mécanismes de l’évolution d’un ensemble de technologies, de produits, services et usages regroupés sous le terme d’objets communicants ou encore Internet des Objets. La vision de l’Internet des objets n’est pas nouvelle. En effet, depuis plus de 15 ans, dès qu’Internet a été considéré comme un phénomène irréversible, l’idée de rendre les objets communicants trottait dans beaucoup d’esprits inventifs. On se souviendra du Frigidaire connecté à Internet, réalisé en 1999, capable d’alerter la ménagère lorsqu’il n’y a plus de lait, de beurre ou que des produits sont périmés.  Seulement, les technologies de communications sans fil étaient encore insuffisantes, les puces radio trop encombrantes, trop chères ou trop gourmandes en consommation électrique, les infrastructures étaient insuffisantes, les prétendus standards d’interopérabilité n’étaient pas des standards et les usages rentables étaient encore à imaginer.

Besoin d’une nouvelle loi de Moore autour des infrastructures?

Pourtant, progressivement, avec l’arrivée du WiFi, de la téléphonie cellulaire, des technologies de télécommunications sans fil à basse consommation, avec la miniaturisation, l’intégration plus poussée et la montée en puissance des processeurs et le développement d’un grand nombre de nouvelles technologies, la mise en œuvre de projets autour des objets communicants aux ambitions bien définies, précises et économiquement viable devient plus acceptable. La généralisation, la montée en puissance et la baisse des coûts des télécommunications fixes et mobiles qui s’opèrent grâce à la fibre et les technologies sans fil de nouvelle génération semblent opérer comme une nouvelle loi de Moore dont les effets seraient aussi larges et profonds sur  l’Internet des Objets que les effets qu’elle a eus sur l’industrie du PC.

Les standards et les usages sont clés

ASPROM se propose donc d’examiner en profondeur les enjeux que posent ces nouvelles évolutions technologiques et d’examiner la manière dont les usages vont évoluer et les grandes directions vers lesquelles ils se dirigent. L’un des aspects les plus importants dans cette évolution sera la manière dont les standards vont se développer autour de quelques technologies clé, de façon à permettre de larges déploiements, dans les entreprises et au delà des frontières territoriales. Les différents aspects technologiques et économiques du M2M seront ainsi traités par une quinzaine de spécialistes, de chercheurs et de responsables en entreprises opérant dans ce domaine. Plusieurs secteurs, dont celui de la santé, de l’habitat et de la ville, de l’énergie et de l’environnement seront abordés et examinés de façon plus précise.

La conférence se déroulera à la FIEEC, 17 rue Hamelin, 75016 Paris les 24 et 25 octobre

Programme  et inscription ici :  http://www.asprom.com/seminaire/internet-futur.pdf

PROJETS INNOVANTS AUX BELL LABS D’ALCATEL-LUCENT

15 mai 2011

Les Bell Labs sont les laboratoires de R&D de Alcatel Lucent. Comme le CNET de France Télécom ou les laboratoires de NTT au Japon, les Bell Labs ont été, jusqu’à la fin des années 90, un haut lieu de la recherche et développement en matière de télécommunication dans le monde. Leurs recherches ont principalement permis d’inventer la téléphonie et de développer les réseaux et l’usage du téléphone dans le monde. Ils ont entre autres à leur actif l’invention du transistor, du système d’exploitation Unix et du langage C. Depuis l’ouverture des télécommunications, l’arrivée d’Internet et la convergence des réseaux vers le tout IP, ces Labs ont du s’ouvrir et sont entrés en concurrence avec les laboratoires de recherche des entreprises du monde entier qui développant des technologies ouvertes pour Internet. Acquits par Alcatel lors de la fusion avec Lucent, les Bell Labs ont maintenant une assise Française que les responsables cherchent à enrichir et à développer.

Cinq grands thèmes pour des projets et une réflexion menée chez Orange Labs

Alcatel-Lucent, une fois par an ouvre son site de Villarceaux aux visiteurs pour dévoiler un certain nombre de projets innovants développés par ses ingénieurs, en relation directe avec les besoins immédiats de la compagnie ou plus éloignée. Cette fois-ci, une quarantaine de projets assez techniques étaient regroupés autour de 5 thèmes majeurs : « changer le monde » « réseaux de haute capacité » « plus de virtualisation et de connectivité sur les réseaux » « quoi après Twitter et Facebook ? » « jouer avec les Bell Labs ».  En parallèle, quelques speakers étaient invités a présenter leurs vues sur l’innovation et la technologie. Valerie Peugeot, directrice du laboratoire de sciences humaines chez Orange Labs, faisait une présentation incitant à la réflexion sur les rapports entre les hommes et la technologie, et notamment sur le basculement provoqué par la généralisation des réseaux de communication ouverts et par l’intrusion profonde de la technologie dans toutes les activités humaines. J’ai enregistré cette présentation d’une demi-heure que je compte mettre sur ce blog très vite.

Une première mondiale, 200Gb/s sur 2400 km de fibre

C’est dans une pièce parcourue de réseaux de fibre jaune, d’appareils de mesure, de racks  et de baie optiques qu’une petite équipe d’ingénieurs cherche à améliorer les capacités de transport des fibres optiques. Oriol Bartran Pardo, jeune ingénieur membre de cette équipe m’explique que les réseaux de fibre optique dans le monde sont de 2 types, les réseaux sous marin et les réseaux terrestres. Là où le transport des données sur les réseaux terrestres peut être réactivé par des relais, les réseaux sous marins doivent assurer le transport sans réactivation sur de très longues distances. On transmet les données sur la fibre en utilisant « une longueur d’onde » qui aujourd’hui peut facilement délivrer 100 Gigabits par seconde sur plusieurs milliers de kilomètres sans rafraichissement. Une fibre de bonne qualité peut recevoir jusqu’à 80 longueurs d’onde qui chacune transmettent des données de façon indépendante.

Vers les 400 Gigabits par seconde, soit 32 terabits/s pour une seule fibre

Cela signifie que chez l’utilisateur, l’installation d’une seule fibre optique lui donne techniquement la possibilité de recevoir jusqu’à 8 terabits de données par seconde…c’est à dire l’équivalent de 200 milliards de films à la seconde… (à condition que les opérateurs s’équipent de routeurs et de relais capables de supporter ce trafic et qu’un terminal soit capable de les stocker)  Oriol Bertran-Pardo indique que son équipe a trouvé le moyen de faire passer jusqu’à 200 gigabits par seconde sur une longueur d’onde et a vérifié que les données pouvaient être récupérées sans pertes irrémédiables jusqu’à 2400 km de distance, sans rafraichissement. « C’est une première mondiale, me dit-il, et on ne l’a pas encore publiée »… On peut donc maintenant passer 16 terabits de données par seconde sur un seul brin de fibre sous marine, sur une longueur de 2400 km d’un seul tenant, sans répeteur…  Il m’indiquait que les recherches du laboratoire permettaient d’envisager de passer  400 Gibagits par seconde sur une longueur d’onde, soit 32 terabits par seconde sur une seule fibre…

Traduction automatique en temps réel sur la ligne

Wetalk est un projet de recherche sur lequel Tony Guez travaille depuis plusieurs mois. L’objectif est de permettre une traduction automatique et en temps réel d’une conversation téléphonique de façon à ce que deux personnes qui ne parlent pas la même langue puisse se parler par téléphone, comme si chacun parlait la langue de l’autre. L’application qui fonctionne sur un serveur et nécessite une application client fonctionne avec des terminaux du commerce et le réseau téléphonique normal. Inutile d’avoir un micro haute fidélité et il pourrait fonctionner sur Skype par exemple. L’application fonctionne dans deux sens, elle réalise une traduction instantanée de la conversation de l’appelant et l’écrit en texte (speech to text) sur l’écran du terminal de chacun des interlocuteurs. Parallèlement, une traduction en synthèse vocale de ce que dit l’appelant est réalisée et transmise dans la langue de l’appelé qui peut donc écouter ce que lui dit son correspondant et en même le lire sur l’écran, dans sa langue.  Le retour s’effectue selon le même processus de la langue de l’appelé vers la langue de l’appelant… Le système, encore en développement, nécessite un rapide apprentissage du système lui permettant de s’adapter à l’élocution de l’appelant et de l’appelé. Il fonctionne avec des phrases courtes et demandes certaines précautions lorsque l’un ou l’autre des interlocuteurs parle… Il y a parfois quelques ratés (l’effet demo…!) mais ça marche plutôt bien…  Karine Calvet, Vice Président des ventes France chez Alcatel-Lucent précise que les téléphones Androids sont particulièrement bien adaptés à ce système, mais que d’une façon générale, tous les smartphones, les tablettes et les PC pourront l’utiliser à terme.

Les smartphones encore plus smart

Dimitre Davidov Kostadinov, ingénieur aux Bell Labs, a développé l’application AppsLikeU pour les smartphones qui permet à l’utilisateur d’accéder facilement aux applications dont il a besoins, en fonction de l’endroit où il se trouve ou d’une situation particulière. L’utilisateur peut ainsi organiser et préparer son smartphone en fonction de sa journée, en sélectionnant les applications dont il aura besoin. Par exemple, il doit aller à Bruxelles ou à Berlin le lendemain, il va donc définir sur son smartphone une zone géolocalisée à Bruxelles et à Berlin et pré-sélectionner les applications dont il aura besoin pour chercher un hôtel, voyager par le métro, chercher un taxi, trouver un restaurant dans une certaine zone de la ville, une boutique, une ressource, etc… Une fois à Bruxelles, ou à Berlin, il pourra accéder simplement  aux applications associées à cette zone  sans avoir à les rechercher dans une bibliothèque de milliers d’applications. Il aura donc très facilement accès à la bonne application, au bon moment, correspondant à la zone où il se trouve. Etant Géolocalisée, le système pourra aussi lui pousser certaines applications liées au contexte dans lequel il se trouve. Cette possibilité peut être contrôlée entièrement pas l’utilisateur qui peut l’arrêter. L’équipe a travaillé avec des designers pour dessiner des interfaces très simple et spontanées d’utilisation. Cette application permet ainsi à l’utilisateur de distinguer les applications qu’il utilise quotidiennement, quelque soit l’endroit où il se trouve, des applications qu’il utilisera occasionellement en fonction de ses déplacements ou d’évènements spécifiques particuliers.

Partagez les vidéos dans l’entreprise

Tivizio est une infrastructure de réseau social d’entreprise qui permet de poster et de partager des vidéos au sein de l’entreprise, pour un groupe défini de personne. Conçue par 2 ingénieurs des Bell Labs, Fabrice Poussière et Erwan Baynaud, cette application est hébergée dans le cloud sur des serveurs Amazon. Elle permet de créer un réseau social à l’intérieur de l’entreprise pour poster des  échanger des vidéo et les échanger au sein d’un groupe particulier plus ou moins étendu. Chaque employé peut donc partager avec les gens qu’il souhaite dans l’entreprise les vidéos qu’il a posté. On peut ainsi envisager que des techniciens de maintenance sur le terrain postent des vidéo d’appareils ou de systèmes à maintenir qui puissent être partagées en temps réel avec les services techniques de l’entreprise. Un vendeur peut mettre sur ce réseau des vidéos spécifiques qu’il souhaite partager avec ses prospects. Il est aussi possible aux personnels de l’entreprise de créer et partager des vidéos qui pourront être utilisées dans la formation de partenaires ou de clients. Le service de communication peut mettre toutes les vidéos accessibles et utilisables par la presse. Les usages sont nombreux et quasiment illimités mais restent entièrement adaptés aux besoins et aux exigences de l’entreprise. Il est aussi possible de développer des outils autour de cette application aussi bien pour éditer les vidéos que pour offrir d’autres outils de collaboration et de communication. Tivizio fonctionne déjà en beta test sur 2 sites pilotes.

Fini le roaming qui tue    

Yann Mac Garry était entouré ce matin d’un petit groupe de responsables informatiques dont l’un mentionnait s’être fait sérieusement houspillé par ses services financiers à cause d’une note de roaming assez astronomique de son smartphone lors d’un récent voyage chez un fournisseur au Sénégal… Ingénieur aux Bell Labs à Lanion, un fief de France Télécom, Yann Mac Garry a développé une application appelée Always Home qui comme son nom l’indique, permet à un utilisateur d’aller à l’étranger mais permettant à son téléphone de rester virtuellement en France, sans avoir à repasser par l’opérateur qui héberge le MVNO. Le roaming résulte pour les opérateurs en place à doubler, tripler ou plus même, le coût des communications en dehors du territoire d’origine de l’utilisateur. « Voila qui ne fera pas trop plaisir à France Télécom dit l’un d’entre eux… » « Cette solution s’adresse essentiellement aux MVNO répond-il, car elle leur permet de créer des solutions de roaming économiques et concurrentielles. » Composée d’une carte SIM spécifique et d’une application qui reste sur le HLR (base de données des abonnés du réseau) du MVNO Always Home permet à ce dernier de créer son propre système de roaming et de passer ses propres accords spécifiques avec des opérateurs de pays étrangers puis de proposer aux utilisateurs un roaming vers ce pays à des prix plus intéressants que les tarifs des opérateurs en place. L’utilisateur n’a pas besoin de changer de carte SIM et il aura une facture prévisible lors de ces déplacements à l’étranger.

Jonathan Benassaya, "l’internaute est devenu un A.D.D"

14 avril 2011

Le co-fondateur de Deezer faisait hier une présentation lors d’une rencontre organisée par l’Association France Amérique Jeunes. Connaissant Jonathan puisqu’il intervient comme Mentor dans le Founder Institute www.founderinstitute.com dont je dirige les destinées à Paris, j’ai fait le déplacement vers le superbe Hôtel Le Marois qui héberge l’association France Amérique rue Franklin Roosevelt à Paris. Une soixantaine de personnes étaient là, essentiellement des jeunes, bien que quelques « ancêtres » dont je fais partie  avaient abandonnés leur feuilleton du mercredi soir à la Télé pour se rafraichir un peu les idées.

Jonathan y a parlé essentiellement de la création d’entreprise, de son expérience de créateur, et il fait une analyse de l’évolution d’internet tout à fait pertinente et judicieuse,  qu’un bon nombre de chefs d’entreprises et plus particulièrement des responsables internet dans les grandes entreprises pourront utiliser avec beaucoup d’intérêt…
"En 1995, Internet était l’internet des pages, l’internet des annuaires…. il est ensuite devenu l’Internet des moteurs de recherche, où l’on a mis de l’intelligence… de 2000 à 2005, il est devenu l’internet social où les gens peuvent interagir entre eux… Aujourd’hui, Internet entre dans une nouvelle ère parce qu’il est devenu mon Internet, c’est Internet qui s’adapte à moi, c’est mon Internet…     Le web est devenu une porteuse…."

"L’internaut est aujourd’hui atteind de A.D.D, ce qui signifie en anglais "attention deficit disorder…", il a du mal à faire  une seule tâche à la fois….  c’est donc tout un programme qui n’échappera pas à ceux qui réfléchissent sur l’avenir d’internet…

J’ai enregistré la présentation de Jonathan et plutôt que d’en faire un transcript long et fastidieux à lire, je le mets tel quel, sans coupure, sur cette page pour l’écouter.

Elle dure plus d’une heure avec les questions réponses…

Ecouter le podcast (après quelques secondes de téléchargement)

Le Cloud, comment tenter de s’y retrouver

7 mars 2011

Visualization of the various routes through a ...

Complexite du Cloud

Nouveau mot à la mode pour les responsables informatiques (des entreprises ou du secteur public) les constructeurs, les opérateurs et les éditeurs de logiciels, le Cloud est une nouvelle version de la quête qui provoque l’adaptation de l’informatique au service des entreprises, ceci depuis que l’informatique existe.  Donc pour beaucoup, rien de nouveau sous le soleil, le Cloud est un nouvel habillage marketing crée par les constructeurs pour susciter et justifier les renouvellements permanents de matériel et la migration vers de nouvelles applications dans les entreprises et les administrations dont les besoins ne cessent d’évoluer. Donc, pas de révolution à priori, malgré les communiqués tonitruants. Reste à savoir ce que recouvre le Cloud, que signifie-t-il en termes de changement dans les entreprises et vers quoi cette nouvelle phase de la migration nous conduit-elle.

Un peu d’histoire, l’informatique a la demande

La société d’analyse Markess International étudie le phénomène du Cloud depuis 3 ans au moins, depuis que ce terme est apparu dans les discours et que l’offre des constructeurs s’est sensiblement modifiée pour le mentionner. Dès 2000, les prémisses du Cloud apparaissaient avec la notion d’ASP, elle-même née de l’utilisation d’Internet dans les entreprises et de la standardisation des API de haut niveau (REST). Elle permet l’accès par plusieurs utilisateurs à des applications en ligne sur un browser Internet. A noter que l’ancêtre de l’ASP est le vieux « service bureau ». Avec la généralisation d’Internet à haut débit,  le mode ASP a été remplacé et largement diversifié par le SaaS ou « Software as a Service », instituant la notion de logiciel à la demande dont on parlait déjà depuis plusieurs années.

Un modèle très riche en modes opératoires

Ce modèle est très riche en modes opératoires pour les éditeurs de logiciels qui ne manquent pas d’imagination et de créativité pour raffiner et diversifier leurs business modèles. C’est en 2006, sous l’impulsion d’Amazon avec son service AWS (Amazon Web Service) que le Cloud tel qu’on l’entend aujourd’hui est apparu aux yeux de tous. Amazon y a introduit la notion d’infrastructure et de plateforme qui sont présentées, accédées, gérées et facturées de façon spécifique. Puis très rapidement, les opérateurs de télécommunications ont vu sans ce nouveau mode de gestion des ressources informatiques les avantages dont ils pouvaient tirer dans la mesure où il est basé sur les réseaux de communications Internet à haute vitesse et à haute capacité, réseaux qu’ils possèdent. Ils en ont été l’un des plus forts vecteurs de développement.

Le Cloud encore peu utilisé en Infrastructure

Markess International s’est intéressé à l’ensemble du Cloud et non pas simplement à la partie la plus connue qu’est le SaaS, c’est-à-dire les applications à la demande. Emmanuelle Olivié-Paul, Directrice associée de Markess, présentait une étude plus particulièrement orientée sur les aspects infrastructure du Cloud, réalisée en janvier et février 2011 auprès de 150 décideurs Français dont 110 affirment pratiquer le Cloud à un niveau ou un autre. Cette étude, réalisé avec l’aide de 6 sponsors (IBM, Microsoft, NTT communications, NTT Europe, Intel et Ecritel) s’est aussi appuyé sur l’interview de 75 responsables du secteur de l’offre de Cloud.

Pour définir le Cloud, elle utilise la définition la plus courante, publiée par le NIST (National Institute of Standards and Technologies). « Le Cloud est l’accès via le réseau et à la demande à des ressources informatiques (Serveur, stockage, sauvegarde, réseau, poste de travail) dénommées IaaS (Infrastructure as a Service), à des environnements de développement (bases de données, moteurs applicatifs, accès, identité, sécurité et processus collaboratifs) appelés PaaS (Platform as a Service) et/ou à des applications (CRM, ERP, Compta, appli métiers, collaboratif bureautique, RH, etc) appelés SaaS (Software as a Service). » Ceci ne préjuge pas des modes de commercialisation des applications SaaS en mode single ou multi-tenant. .

Le SaaS mène la dance du Cloud

En 2011, si 31% des organisations Françaises (publiques et privées) ont recours au SaaS, seulement 5% utilisent le mode IaaS et à peine 2% s’appuyent sur un PaaS. La pénétration du SaaS est maintenant confirmée dans les grandes entreprises. Il s’est aussi bien implanté dans les PME de moins de 50 employés. L’utilisation du IaaS semble plus importante dans les entreprises de moins de 10000 salariés, plus particulièrement celles qui ne disposent pas de ressources informatiques importantes. A noter que les entreprises du secteur des télécommunications ont été fortement promoteurs de l’usage en interne du IaaS, pour devenir une partie de leur offre aux entreprises. A noter que la réalisation d’investissements informatique dans la plupart des entreprises est maintenant le déclic pour entamer une réflexion sur le Cloud et une démarche de type IaaS ou Saas.

Le Cloud Infrastructure reste essentiellement privé.

Parmi les responsables interrogés, les 2/3 indiquent avoir recours au cloud privé pour les infrastructures (Iaas), en interne à l’organisation ou mutualisé avec d’autres entités de l’organisation, ou encore en privé mais entièrement hébergé chez un opérateur et exclusivement dédié aux usages de l’entreprise. Les opérateurs de télécommunications, qui ont pris conscience de l’intérêt économique du Cloud, multiplient donc les offres et mixent les modes d’utilisation entre public et privé. Ce sont principalement les plus petites organisations qui, pour 36% des interrogés, contribuent au développement des Clouds publics, c’est-à-dire sur des infrastructures qui sont partagées avec d’autres sociétés. Le développement des usages hybrides est supporté par 26% des décideurs interrogés.

Un manque cruel d’expérience

Comme tout ce qu’offrent les opérateurs, la grande caractéristique de leurs offres de Cloud infrastructure est le manque de transparence dont se plaignent plus fréquemment les décideurs. Aucune normalisation des offres, la nécessité de rédiger des contrats complexes pour assurer les qualités de service, la bande passante, les sécurités et backup, la confidentialité des données, la restauration, garantir la localisation des données, les temps de réponse à des montées en charge, etc… poussent les directions informatiques à faire enter leurs services juridiques ou les services d’achat dans la négociation d’une offre Cloud. Les périmètres sont encore très flous et pour y répondre, les offreurs répondent par des offres de type solution et des facturations qui ouvrent la porte à tous les excès. « On a vu certaines offres de Cloud à un constructeur automobile proposer une facturation au nombre de voitures vendues précisait Emmanuelle Olivié-Paul. »

Besoin d’audit préalable pour définir les frontières

Il apparait que le partage d’expérience entre les entreprises qui font appel au Cloud est le besoin le plus critique chez les décideurs, surtout pour les infrastructures (IaaS et PaaS), alors que le SaaS continue d’entrer dans la culture des responsables informatique. Parfois, la frontière est floue entre le SaaS et le PaaS, notamment au niveau des outils collaboratifs (type sharepoint, Lotus ou Exchange) et la forte modularisation des différentes briques du Cloud en infrastructure nécessitent que les périmètres soient plus clairement définis. La frontière entre PaaS et Iaas est encore plus floue.

En effet, les offres varient énormément d’un constructeur à l’autre et le décideur en entreprise a beaucoup de mal à les comparer, car chacun utilise son propre vocabulaire pour désigner des choses qui varient d’un constructeur à l’autre, ce qui accroit encore la complexité de recourir à une démarche de Cloud Infrastructure. L’offre varie aussi très vite, rendant encore plus difficile de choix des décideurs qui ont peur de perdre le contrôle de leurs coûts. Il leur est en effet très difficile de faire un calcul de coût prévisionnel précis compte tenu du nombre de paramètres intervenant dans la facturation à la demande.

Une facturation mal adaptée aux soucis de gestion des entreprises

Si les grands éditeurs de logiciels ont maintenant une offre Cloud de services (y compris Oracle et SAP), le jeu se complique dans la mesure où les offreurs de Cloud infrastructure (les opérateurs) se mettent aussi à offrir du SaaS selon des modalités diverses, grâce à des accords avec des éditeurs de logiciels. « Ils sont en général en compétition avec les intégrateurs, à la seule différence qu’ils possèdent le réseau précise Emmanuelle Olivié-Paul. Les approches sont alors loin d’être normalisées en termes de tarifs ».

Alors que l’offre de facturation de Amazon a suscité de nombreuses remarques sur son absence de clarté et de prédictabilité, Microsoft mentionnant deux cas clients, indiquait avoir standardisé son offre Azure autour de plusieurs critères : la configuration de la machine et sa puissance processeur et mémoire, le giga octet stocke par mois (15 centimes), la quantité d’octets transférés sur le réseau (quelque en soit la direction), le type de configuration de Azure choisie, etc… ». Le Cloud pose donc de vrais problèmes de facturation et des métriques qui s’accommodent mal des soucis de gestion, de contrôle et de budgétisation des entreprises. Celles-ci semblent devoir payer très cher, une recherche d’agilité qu’elles ne sont pas sure d’obtenir à terme. Le retour sur investissement est difficile à définir et encore plus difficile à argumenter pour un DSI parce qu’encore très mal connu, chaque offre ayant son propre mode de calcul de ROI.

Une forte croissance prévue, malgré le flou

Malgré les freins et le flou ressentis par les décideurs, le marché du Cloud reste en forte croissance. « Pour l’ensemble des évolutions du marché des logiciels & services de Cloud computing, si on exclu les dépenses de hardware et de réseau au sens des opérateurs, la croissance prévue du SaaS, PaaS et IaaS regroupés serait de 20% par an jusqu’en 2013 en France, et de 22% par an en Europe, indique Emmanuelle Olivié-Paul. En Europe, ce marché représentait une valeur de 13.8 milliards d’Euros en 2011 et de 2.3 milliards d’Euros en France. »

http://www.markess.fr/demandedocument.php?refdoc=774

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Completel entre dans le cloud et fait le point sur ses ambitions

2 mars 2011

Le Cloud mérite bien son nom. Il provoque en effet de nouveaux modes de communication aussi légers que ce qu’il signifie. L’entrée dans le Cloud est une nouvelle manière pour les entreprises de donner un petit verni marketing au goût du jour à des activités qui fondamentalement ne changent pas beaucoup et restent généralement floues dans une opacité savamment cultivée, comme il est de mise dans le monde des télécoms. C’est donc un moyen facile de dire qu’on innove sans le faire vraiment. Nous verrons que ceci a une certaine importance chez Completel.

C’est Eric Denoyer, nouveau PDG du groupe Numéricable qui présentait les résultats de Completel. Depuis 2004 Numéricable est détenu par Ypso dirigée par Patrick Drahi que l’on dit être le John Malone Français (moins médiatique cependant). Yspo est une holding financée par Altice, opérateur Luxembourgeois où Patrick Drahi est actionnaire, le fond Anglais Cinven et le fond Américain Carlyle. Completel racheté par Ypso à la fin 2007 pour une valeur d’environ 700 millions d’Euros, est restée depuis comme une entitée séparée. « Celle-ci n’a pas les mêmes activités que Numéricable, car Completel est dédié aux activités BtoB » précise Eric Denoyer, entendez : en direction des entreprises et des collectivités locales, le secteur public représentant 30 à 40% du Chiffre d’affaire de Completel.

Des frontières assez floues entre Completel et Numéricable

Pourtant, dans la réalité, les frontières entre les 2 entreprises semblent très floues, les uns et les autres partageant les infrastructures et les services. Il est en effet impossible de connaitre l’étendue du réseau de fibre de Completel (encore moins sa localisation) et comment il se différencie ou complémente celui de Numéricable. A noter qu’Eric Denoyer est en même temps PDG de Numéricable, de Completel et de Sequalum (la DSP 92). L’une des difficultés de la mise en place de la DSP 92 fut en effet certaines insinuations de la part d’élus de l’opposition dans le département affirmant que Numéricable profitait des subsides de l’Etat pour mettre à jour et étendre son réseau de fibre sur le département. D’aucuns voient dans ce mode de gestion une volonté des investisseurs de Numéricable de se garder la possibilité de revendre par appartements, le moment venu, lorsque la reprise sera effective. C’est aussi ce qui peut expliquer que pour la première fois, Completel communique de façon séparée de Numéricable.

Forte croissance des activités B to B

L’essentiel de la communication de Thierry Podolak, le DG de Completel était orientée vers l’entrée de la compagnie dans cette nouvelle activité appelée le Cloud, alors que l’activité BtoB a été fortement croissante au cours de 2010. « L’activité BtoB (c’est-à-dire Completel) représente 1/3 du CA de Numéricable, c’est-à-dire 465 millions d’Euros après consolidation du chiffre d’affaire de Altitude Telecom, rachetée à la fin de l’année dernière. La croissance est de 22% depuis 2002 et les prévisions sont d’atteindre 500 millions d’Euros en 2011, à périmètre égal. « Notre modèle de développement est de déployer un réseau de fibre optique capillaire en France » indiquait Eric Denoyer en introduction, mais les détails s’arrêtaient là… Pas de chiffres de prévision d’investissement ou de stratégie de déploiement… « Nous sommes dans 65 villes en France » ajoutait Thierry Podolak… !

Des rachats de sociétés depuis 2 ans

L’essentiel de la présentation a été d’expliquer le renforcement des activités de Completel, initialement opérateur de fibre, dans les services grâce à l’acquisition en 2009 de B3G, société spécialisée dans l’IP Centrex (externalisation de la voix sur IP pour les entreprises) puis de Altitude Telecom en 2010 pour ses activités d’IP VPN (réseaux privés virtuels sur IP) et d’hébergement de données. Thierry Podolak présentait la vision de Completel dans le monde des données en entreprises appuyée sur cette nouvelle approche « Cloud ». « Nous permettons aux entreprises d’innover en utilisant Internet et les réseaux sociaux dans les entreprises, de dynamiser les échanges et le partage d’information, de s’organiser autour de l’informatique pour une plus grande efficacité de leurs métiers, de s’adapter aux environnement externes en toute sécurité et enfin de maitriser leurs budget » expliquait-il.

Datacenters et réseaux haut débit

Au centre de tout ça, la mise en œuvre d’un « cœur de réseau » (dont on ne connait pas l’étendue ni la portée) à 100 Gigabits par seconde et le déploiement progressif de DataCenters dont les 3 premiers sont installés à Lyon, Aubervilliers et à Val de Reuil en Normandie. Ces DataCenters seront la base de l’offre de services Cloud de Completel qui doit propulser la compagnie en compétition directe avec France Télécom et SFR. « Nous disposons du réseau et des services ajoutait Eric Denoyer, nous ne sommes pas un intégrateur et nous offrons une offre provenant de chez nous de bout en bout. » Le DataCenter d’Aubervilliers sera donc agrandi de 700 m² pour être équipé pour recevoir 250 baies supplémentaires.

Centré sur un marché rentable et moins concurrentiel.

A l’heure où le pays a du mal à s’engager dans une politique de fibre optique pour tous, Completel renforce sa position sur le créneau des entreprises, dont les évolutions sont plutôt moins rapides et les besoins moins innovants que dans le secteur des usages privés et des données mobiles qui dirigent la croissance exponentielle du trafic des données sur les réseaux. La mise en place d’une offre maison intégrée : réseau + services permet donc à l’opérateur d’améliorer sa rentabilité grâce à des prix « entreprises » sensiblement plus élevés que les prix grand public, accompagnés de services de sécurité et de maintenance rentables, au prix d’investissements relativement modestes comparés aux investissements supportés par les opérateurs classiques puisqu’il ne s’aventure pas dans les zones rurales ni dans la mobilité. Il se centre donc sur un marché moins concurrentiel que celui des télécommunications grand public où n’agissent pas encore directement les opérateurs dit « over the top ».


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