Un rapport "très universitaire" sur l’egalité des territoires…

Publié 24 février 2013 par Alain Baritault
Catégories : Territoire

Photo Arnaud Bouissou/Metl

Je viens de télécharger l’énorme rapport de 534 pages demandé par Cécile Duflot pour lui permettre de mettre en place une nouvelle vision devant conduire à "une politique plus juste, rassembleuse, efficace, garante de la cohésion nationale"… basée sur "cette belle idée de l’égalité des territoires".

Ce rapport a demandé a 37 experts de "faire un état des savoirs et de réfléchir à toutes les implications de l’égalité des territoires, en intégrant la transition écologique et énergétique…"

Ma première démarche, avant même de me lancer dans la lecture de ce volumineux rapport plein de photos, de tableaux, de formules, de dessins et de conclusions, a été de rechercher quels experts avaient été sollicités pour un tel bilan.

Voila effectivement un rapport comme il n’y en a pas eu depuis longtemps…

"En mêlant approche universitaire et regards d’élus, ce qui est déjà en soi, une approche innovante, il a fait vivre la pluralité des regards, lamultiplicité des points de vue." nous précise la Ministre.  A y regarder de plus prêt, on peut se poser quelques questions sur l’aspect innovant et sur la multiplicité des points de vue…annoncés. On remarquera qu’aucun chef d’entreprise, aucun commerçant, aucun artisant, aucun représentant d’entités économiques nationales ou locales n’apparait parmi les experts mandatés pour ce rapport. Peut-etre n’ont-ils pas les compétences nécessaires pour apparaitre dans un tel rapport qui prend ainsi de fait une tournure définitivement  universitaire et technocratique. En effet, la plupart des élus mentionnés sont, soit des élus professionnels, soit des enseignants. Mais où donc s’exprime la réalité économique?

Il faut donc sérieusement  se poser la question des racines économiques de ce rapport, quand on sait que l’aménagement du territoire, depuis que la France existe, s’est appuyé sur l’économique, comme nous l’avons appris à l’école et ensuite à l’université… Depuis des siècles,on remarque, et le on constate tous les jours, que les infrastructures (fleuves, chemins, routes, trains, avions, telecommunications, écoles) et les flux économiques dont elles facilitent le développement au niveau local, sont à la base du développement territorial… On constate aussi que les gouvernements successifs, s’appuyant sur une technostructure réductrice et centralisatrice, éludent ou détournent systématiquement les problèmes posés par les infrastructures, quand ils devraient avant tout y consacrer leurs efforts de façon quasi exclusive. La demarche adoptée dans ce nouveau rapport semble ne pas échapper à cette habitude.

"Qu’on comprenne bien que ce n’est pas au marché de dessiner l’avenir des territoires et les formes de solidarité qui permettent à une nation de demeurer une et indivisible."  nous affirme la Ministre…Mettre en place une nouvelle vision du développement des territoire en France en faisant l’impasse sur les réalités économiques et la dynamique économique des infrastructures est effectivement très innovant, mais c’est quelque part réducteur et assez utopique.

Ne pas confondre égalité et égalitarisme
"Parce ce que c’est du combat pour l’égalité que naît la démocratie" poursuit-elle lors de la présentation du rapport… La première impression qui ressort donc de l’organisation de ce rapport est que l’on confond egalité et égalitarisme.Cecile Duflot mentionne à ce propos  le rabot et la toise, deux outils qui sont plus souvent utilisés pour lisser, tailler, réduire et encadrer la diversité que pour créer et susciter de la valeur. La lecture détaillée des nombreuses conclusions de ce rapport pourra-t-elle changer cette impression?

http://www.verslegalite.territoires.gouv.fr/sites/default/files/rapport_EL_001-534webB.pdf

L’internet des objets arrive, vous n’avez encore rien vu…

Publié 12 novembre 2012 par Alain Baritault
Catégories : energie, fibre, Internet des objets, Sans Fil, Sante, Services localisés, smart grid

"L’internet des objets est pour demain…"  Encore une phrase pour journaliste en mal de sensationnel. Pourtant, la conférence organisée par l’ASPROM sur le thème de l’Internet des objet n’était pas vraiment destinée au grand public.  La salle était peuplée surtout de responsables d’entreprises, de chercheurs, d’universitaires et d’investisseurs venus chercher une vision construite, argumentée et détaillée de ce que la communication des objets peut apporter à la vie quotidienne, à l’industrie, à la vie de tous les jours.

La première intervention de la journée, faite par Xavier Dalloz qui represente le CES (Consumer Elecgtronic  Show) en France avait donc pour objectif de tracer un tableau large, mais précis et incisif des grandes evolutions à venir.

Le premier point à retenir est que les technologies sont là, elles existent et permettent d’ores et déjà le développement de l’Internet des objets. Seulement, les infrastructures ne sont pas encore complètement mises en place pour permettre de bénéficier  et d’accéder à l’intelligence mise dans les objets. En effet, plus de 50 milliards d’objets connectés d’ici 2020 vont fortement solliciter les réseaux dont la bande passante aujourd’hui est déjà insuffisante pour écouler le trafic actuel.

Quels enjeux autour des objets communicants et le futur de l’Internet? Une conférence ASPROM sur L’internet des Objets

Publié 15 octobre 2012 par Alain Baritault
Catégories : energie, Entreprise, Internet des objets, Territoire, Usages et services

Tags: ,

Les 24 et 25 Octobre prochain, Roland Dubois, président de l’ASPROM, organise une nouvelle conférence où seront examinés les enjeux et les mécanismes de l’évolution d’un ensemble de technologies, de produits, services et usages regroupés sous le terme d’objets communicants ou encore Internet des Objets. La vision de l’Internet des objets n’est pas nouvelle. En effet, depuis plus de 15 ans, dès qu’Internet a été considéré comme un phénomène irréversible, l’idée de rendre les objets communicants trottait dans beaucoup d’esprits inventifs. On se souviendra du Frigidaire connecté à Internet, réalisé en 1999, capable d’alerter la ménagère lorsqu’il n’y a plus de lait, de beurre ou que des produits sont périmés.  Seulement, les technologies de communications sans fil étaient encore insuffisantes, les puces radio trop encombrantes, trop chères ou trop gourmandes en consommation électrique, les infrastructures étaient insuffisantes, les prétendus standards d’interopérabilité n’étaient pas des standards et les usages rentables étaient encore à imaginer.

Besoin d’une nouvelle loi de Moore autour des infrastructures?

Pourtant, progressivement, avec l’arrivée du WiFi, de la téléphonie cellulaire, des technologies de télécommunications sans fil à basse consommation, avec la miniaturisation, l’intégration plus poussée et la montée en puissance des processeurs et le développement d’un grand nombre de nouvelles technologies, la mise en œuvre de projets autour des objets communicants aux ambitions bien définies, précises et économiquement viable devient plus acceptable. La généralisation, la montée en puissance et la baisse des coûts des télécommunications fixes et mobiles qui s’opèrent grâce à la fibre et les technologies sans fil de nouvelle génération semblent opérer comme une nouvelle loi de Moore dont les effets seraient aussi larges et profonds sur  l’Internet des Objets que les effets qu’elle a eus sur l’industrie du PC.

Les standards et les usages sont clés

ASPROM se propose donc d’examiner en profondeur les enjeux que posent ces nouvelles évolutions technologiques et d’examiner la manière dont les usages vont évoluer et les grandes directions vers lesquelles ils se dirigent. L’un des aspects les plus importants dans cette évolution sera la manière dont les standards vont se développer autour de quelques technologies clé, de façon à permettre de larges déploiements, dans les entreprises et au delà des frontières territoriales. Les différents aspects technologiques et économiques du M2M seront ainsi traités par une quinzaine de spécialistes, de chercheurs et de responsables en entreprises opérant dans ce domaine. Plusieurs secteurs, dont celui de la santé, de l’habitat et de la ville, de l’énergie et de l’environnement seront abordés et examinés de façon plus précise.

La conférence se déroulera à la FIEEC, 17 rue Hamelin, 75016 Paris les 24 et 25 octobre

Programme  et inscription ici :  http://www.asprom.com/seminaire/internet-futur.pdf

Avicca : une lecture industrielle du plan fibre

Publié 23 mars 2012 par Alain Baritault
Catégories : fibre, financement, Industrie

Tags: , ,

Régis Paumier est Délégué Général du Sycabel, le Syndicat Professionnal des Fabricants de fils, cables éléctriques et de communication. Il expose un point de vue intéressant, trop peu souvent exprimé, sur l’impact industriel du plan fibre en France. L’ensemble des adhérents du Sycabel représentent environ 3 milliards d’Euros de chiffre d’affaire. Son intervention lors du colloque de l’Avicca présentait la vision de l’ensemble de la profession qu’il représente.

Pour lui en effet, le seul enjeu à la demande exponentielle de débit est la fibre, même si d’autres voies peuvent exister. Que l’on parle de haut débit fixe ou mobile, la fibre est incontournable, c’est un passage obligé. Il examine ensuite les différentes manières dont cette constatation se traduit sur le plan industriel dans la mesure où les objectifs sont maintenant connus : Il faudra raccorder 30 millions de foyers à la fibre dans les 15 années à venir.

Il expose ainsi un ensemble de défis à relever dans la course qui s’est engagée, défis qui sont assez rarement pris en compte, sachant que l’objectif des 30 millions de foyers cablés a des implications qui vont bien au-delà de la simple pose de millions de kilomàtres de fibre optique dans le sous sol Français. Il faut en effet prendre en compte la manière dont tout cela va se mettre en place et fonctionner.

Il identifie 4 grands défis qu’il examine les uns après les autres

Le défi de la production

Le défi de l’innovation

Le défi de la formation

Le défi de la réalisation

Il s’appuie sur quelques chiffres pour prendre conscience de l’effort de production que le plan nécessite, à partir d’extrapolations tirées des différents plans d’aménagements réalisés par les collectivités territoriales en France. Il faudra poser 3 millions de km de câble à fibre, c’est-à-dire installer environ 100 millions de km de câble optique, aussi bien dans le sous sol, en aérien que dans les immeubles. Il faudra aussi produit 5 millions de boitiers de raccordement et mettre en place entre 7000 et 10000 NRO (Nœuds de raccordements optiques) équivalents optiques des NRA pour le cuivre.

La conclusion qu’il tire de sa présentation est qu’il sera difficile, voir impossible de combler le gap entre la situation actuelle et les objectifs qui ont été fixés. Il ne voit pas très bien comment résoudre le problème pour l’instant, dans les conditions actuelles à moins de multiplier des aujourd’hui par 5 le rythme de déploiement actuel. Visiblement, on n’en prend pas le chemin.

Il préconise cependant la nomination d’un pilote pour ce plan, mais l’état est il une bonne solution quand on connait les travers de la bureaucratie dans notre pays? Il préconise aussi la mise en œuvre d’un véritable plan de financement de ces investissement, mais les caisses sont vides…. Il indique enfin que la mise en œuvre par zone, en commençant bien sûr par les zones denses a probablement été une erreur, mais il est difficile de forcer les opérateurs à se porter en premier lieu sur les zones non rentables…même si les zones rurales ont plus que tous besoin du haut débit pour tenter de se revitaliser.

Voir la présentation du Sycabel au colloque Avicca du 19 mars

France Télécom et Manche Numérique : Accord historique ou simple geste symbolique?

Publié 21 mars 2012 par Alain Baritault
Catégories : applications municipales, fibre, France Télécom Orange

Tags: , , , ,

Dans les salons de l’Assemblée ce matin s’est tenue plutôt discrètement une réunion à laquelle participaient un certain nombre d’acteurs clés de la France Numérique en marche. Etaient réunis les responsables de France Télécom en la personne de Bruno Janet, conseiller spécial du CEO de France Télécom, SFR avec Cyril Luneau PDG de SFR collectivités, l’ARCEP venue en grand renfort avec Jérôme Coutant Membre du Collège et Philippe Dister son directeur, Benoit Loutrelle représentant du Commissaire aux Investissements d’Avenir et l’équipe de Manche Numérique au grand complet, Jean François Le Grand Président du Conseil Général de la Manche, Gilles Quinquenel, Président de Manche Numérique et Roland Courteille Directeur de Manche Numérique.

« C’est un accord historique que nous venons signer ici annonçait Gilles Quinquenelle. C’est une grande première pour ce premier jour de printemps… » ajoutait-il non sans humour. Il était repris et approuvé par les responsables des 2 opérateurs, même si Bruno Janet tentait de minimiser un peu l’affaire en affirmant que France Télécom était déjà délégataires de 2 RIP (réseaux d’initiative publique), Laval et Palaiseau…

Jean François Le Grand, repris par Jerome Coutant affirmaient : « La manche a toujours été à la pointe en matière d’infrastructure numérique. Il y a presque 10 ans, elle a été un membre clé et décisif de la démarche qui a conduit à la législation sur le 1425, point de départ du dégroupage. Ce premier accord signé entre France Télécom et un RIP (Manche Numérique) est aussi important pour la mise en œuvre du FTTH en France que l’a été le 1425 pour le dégroupage. »  Bruno Loutrel du Commissariat aux investissements d’avenir précisait : «  Nous sommes heureux d’investir dans un département comme la Manche car nous savons que cet investissement sera bien utilisé et qu’il servira de modèle. »

Premier accord entre France Télécom et un RIP

Voila en effet près de 5 ans que France Télécom regardait les RIP (réseaux d’initiative publique) comme des concurrents, et ne ratait pas une initiative pour les torpiller, les assécher de leur substance en ne se portant pas client de ces infrastructures payées en grande partie par les contribuables. Pire, il allait même jusqu’à construire des réseaux en doublon pour être certain de posséder « son » infrastructure. Cette situation fut amèrement rappelée et mentionnée par diverses collectivités locales lors de la journée de l’Avicca, en début de semaine. Certes me faisait remarquer une membre de l’ARCEP à côté de moi, le cadre règlementaire n’était pas tout à fait stable pendant les premières années. Il l’est cependant depuis bientôt 2 ans maintenant, et Bruno Janet le reconnaissait comme un élément important du  pas en avant franchi aujourd’hui.

Co-investir dans la boucle locale fibre

L’accord passé avec Manche Numérique, dont le délégataire est Manche Télécom filiale de SFR, comporte et défini en effet les conditions financières et techniques (encore aujourd’hui imprécises puisque l’accord n’est que préliminaire) dans laquelle le délégataire et France Télécom collaboreront pour mettre en œuvre les réseaux FTTH sur le territoire de la Manche et proposer une offre commerciale aux foyers raccordables.

Plus spécifiquement, il donne l’espoir à Manche Numérique que la fibre qu’il a installée pour desservir les 26000 foyers de St Lô et de Cherbourg raccordable directement à la fibre d’ici la fin 2012 pourront effectivement disposer d’une offre commerciale réelle, chose qui reste encore en suspend dans beaucoup de RIP. Si les RIP se sont développés avec un certain succès pour la collecte, en général pour le dégroupage des NRA de France Télécom, la difficulté est apparue lorsque que les RIP ont commencé à s’occuper de la desserte pour le FTTH, c’est-à-dire de la réalisation de la partie entre le NRO (Nœud de Raccordement Optique) ou encore le point de mutualisation et l’abonné, en d’autres termes la boucle locale fibre, une sorte d’araignée de mer longtemps insaisissable et indéfinissable, selon la taille, la portée (en nombre d’abonnés) et la place des NRO, des sous NRO et/ou des points de mutualisation (pour garder un langage à peu près compréhensible par les gens normaux).

France Télécom, qui ne diffuse toujours que très parcimonieusement la localisation de ses fourreaux semblait jusqu’à aujourd’hui s’être positionné pour faire cavalier seul et développer des réseaux de desserte en concurrence avec les RIP, en utilisant son avantage sur les fourreaux et laissant les RIP développer du génie civil fort couteux. L’enjeu est cependant de taille entre les opérateurs puisque cette "boucle locale fibre" est un élément qui doit etre mutualisé pour permettre à l’abonné d’avoir accès à une offre concurrentielle, mais elle doit aussi être co-financée par les opérateurs qui font une offre commerciale… Et c’est là que le bât blesse, les opérateurs n’arrivant pas à s’entendre, l’opérateur historique par dessus le marché faussant le jeu par le poids qu’il occupe sur le marché.

Un premier test réalisé sur 1000 foyers

Cet accord prévoit donc que France Télécom co-investira avec le délégataire pour réaliser la distance à parcourir entre l’abonné (la prise) et le premier point de mutualisation accessible. Ce co-investissement consistera à réaliser la liaison entre les 2, c’est-à-dire en quelque sorte à construire une véritable boucle locale fibre mutualisée, en utilisant divers moyens dont les fourreaux de France Télécom déjà existants, la pose de fibre en aérien, ou du génie civil là où rien d’autre n’est possible.

A ce titre, une expérimentation a déjà été réalisée dans une zone très peu dense de la Manche entre France Télécom, Manche Numérique, SFR et Manche Télécom pour équiper 1000 foyers dans une zone très peu dense. Cette expérimentation a fait l’objet d’un co-financement public privé avec des fonds du grand emprunt…

Un succès pour Manche Numérique

Le département de la Manche se veut aujourd’hui un territoire pilote pour le déploiement du FTTH dans un département rural. « Les objectifs indique Gilles Quinquenelle sont de permettre d’ici 2017 à 120000 foyers du département de se raccorder à la fibre en plus des 27000 réalisés à la fin de l’année ». Pour cela, l’Etat, par le biais du grand emprunt accordera un financement de €18.47 millions pour y contribuer. Cependant précisent Jean François Le Grand et Gilles Quinquenelle, l’objectif sur le département est de développer les usages et d’innover sur l’utilisation de ces infrastructures par les habitants et les entreprises, son rôle de creuset des usages innovants en milieu rural reste donc entier.

Quel avenir pour les RIP?

Sur la base de ce premier accord, s’il vient à se généraliser, on peut envisager d’un nouvel œil le déploiement du FTTH dans les zones dites « non AMII », c’est-à-dire les zones qui n’entrent pas dans le périmètre de l’Appel à Manifestation d’Intention d’Investissements sur lesquelles les opérateurs se sont déclarés et pour qui les RIP sont principalement mis en œuvre. Bruno Janet, questionné sur la mise en œuvre de tels accords avec les autres RIP restait plutôt évasif : « Aujourd’hui, c’est honneur à la Manche et ça ne serait pas élégant vis-à-vis de la Manche de dire quel sera le suivant. Cela correspond à notre démarche de complémentarité que nous avons mise en œuvre depuis 5 ou 6 ans maintenant…. Quant aux conditions de cet accord, il ya des conditions techniques, des conditions économiques, de timing et de budget qui doivent être respectées."

"La porte est ouverte pour d’autres RIP, mais nous regardons les réseaux qui répondent aux caractéristiques techniques définies par l’ARCEP. Certains réseaux publics n’y sont pas vraiment conformes. Est-ce que cet accord peut constituer un cadre pour de futurs accords avec la centaine de RIP qui ont été développés en France? Arrêtez de changer les cadres » ajoutait il… En d’autres termes, chaque accord se fera au coup à coup… On est encore loin de l’effet du 1425 qui a permis le dégroupage sur le territoire national…Les questions posées hier à l’Avicca semblent donc toujours d’actualité.

AVICCA: Le très haut débit est-il en panne?

Publié 20 mars 2012 par Alain Baritault
Catégories : applications municipales, fibre, France Télécom Orange, Régulation, Trés haut débit

Tags: , , ,

Le colloque bi-annuel de l’AVICCA qui s’est déroulé hier posait la question de la mise en œuvre du plan très haut débit en France et très clairement, son Président Yves Rome sonnait le signal d’alarme, une fois de plus. Cependant pratiquement au même moment à Bruxelles, Stéphane Richard, PDG de France Télécom et Neelie Kroes, Vice-Présidente de la Commission Européenne pour l’Agenda Numérique se congratulaient, le premier fier de ses 10 nouveaux engagements et la seconde sur son action pour une économie numérique européenne compétitive et durable.

Pas de 2 médiatique ?  Deux des 10 engagements de Stéphane Richard portent en effet sur le haut débit : le premier sur le déploiement du réseau 4G/LTE dans toutes les filiales européennes d’Orange d’ici 2015 et l’autre, vieux serpent de mer en France, est le déploiement du FTTH pour 15 millions de foyer et 80% de la population Française d’ici 2020…

 Les objectifs 2020 ne seront pas atteints

Très clairement, selon Yves Rome, on sait dès aujourd’hui qu’à la vitesse où le déploiement se réalise en France aujourd’hui, on sera loin d’atteindre le second objectif à l’échéance indiquée… Comme d’habitude, les opérateurs ne tiennent pas leurs promesses, où ils expriment leurs promesses de façon tellement peu mesurable qu’ils auront de toute façon raison à la fin… Il faut reconnaitre cependant que ce comportement n’est pas une prérogative uniquement spécifique à France Télécom, mais celui-ci est beaucoup plus visible du fait qu’il est l’opérateur historique en position dominante… France Télécom est ainsi considérée dans le milieu des collectivités locales comme étant celui qui a fortement ralenti, voire empêché, le développement rapide de la fibre en France. Le colloque de l’Avicca a été l’occasion pour de nombreuses collectivités de l’exprimer en expliquant leur action pour la mise en place de réseaux de fibre à destination des abonnés, réseaux de fibres qu’on appelle RIP (réseaux d’initiative publique), un sigle qui pourrait aujourd’hui être considéré comme une certaine forme d’humour noir.

La France numérique, 17ème en Europe, prend du retard dans le FTTH

Yves Rome, dans l’introduction qu’il faisait de cette journée, pose très clairement le problème des opérateurs qui font de grandes et jolies promesses et qui ne les tiennent pas, pour des raisons toutes aussi valables les unes que les autres, tant qu’il n’y a pas de sanction. Aujourd’hui, les opérateurs ont cessé de s’intéresser au FTTH fixe, au profit du mobile. Il ne manque pas de mentionner que la France, dans le concert  Européen des nations fibrées, est aujourd’hui classée en 17ème position pour le taux de pénétration de la fibre à l’abonné, entre la Turquie et la république Tchèque… !

Volonté et transparence sont en berne chez les opérateurs privés pour ce qui concerne le FTTH et leur sincérité est fortement mise en cause dans la mesure où ils refusent la mesure des objectifs et la sanction de ceux qui ne sont pas atteints. Se jouant des différents mécanismes incitatifs qui ont été mis en place, au niveau réglementaire et financier, les opérateurs, dans leur comportement, nient presque complètement les réseaux d’initiative publique et entrent même en concurrence avec eux, en cassant les prix ou en construisant leur propre réseau en doublon, là où l’argent public des contribuables a déjà été sollicité, ou encore en s’abstenant de s’impliquer, là où il serait souhaitable et pourtant rentable pour eux. Cette situation doit-elle changer ? Peut-elle changer ? Mais comment ?

Yves Rome, introduction du colloque de l’Avicca du 19 mars 2012

Innovation disruptive dans la formation aux outils bureautiques : Vodeclic

Publié 14 mars 2012 par Alain Baritault
Catégories : Cloud Computing, Formation, France Télécom Orange, Usages et services

Tags: , ,

En marge du salon e-Learning cette semaine, la société start’up Vodeclic, spécialisée dans la formation aux outils bureautiques, annonçait une troisième année bénéficiaire avec un chiffre d’affaire double de celui de l’année précédente approchant les 600 K euros. Depuis plus de 2 ans en effet, la société crée par Xavier Sillon en 2007, offre des formations bureautiques en mode SaaS, entièremnt sur Internet,  au grand public, à un coût unique de €9.90 par mois, permettant d’accéder de façon illimité tant que dure l’abonnement, à un catalogue de près de 7000 formations accessibles sur le Web, formant sur près de 350 logiciels largement utilisés dans les entreprises. Aujourd’hui, Vodeclic annonçait aussi un partenariat avec « Orange Cloud Pro », un portail d’accès à un bouquet d’applications TPE crée par France Télécom depuis le début de l’année.

Formation à l’abonnement mensuel

« Notre offre à €9.90 par mois pour toute personne désirant se former aux outils bureautique est disruptive à plusieurs points de vue explique Xavier Sillon, le CEO de Vodeclic. D’abord le prix, comparé aux formations présentielles traditionnelles, met ces formations accessibles à un très grand nombre de gens, plus particulièrement ceux qui travaillent dans les PME dont l’accès à la formation reste problématique. Nos prix sont 10 fois moins cher que ce qu’on trouve dans les catalogues de formations offerts par des sociétés traditionnelles.» En effet, selon une étude du Credoc, 47% des Français s’estiment incompétents face aux usages informatiques. Pour les plus jeunes, la génération dite Y, le niveau d’incompétence semble identique, « même si ils sont capable d’utiliser leur smartphone les mains dans le dos ajoute Xavier Sillon, ils ne savent pas utiliser un tableur ou même faire une présentation sous PowerPoint ou mettre en page un texte sous Word. »

Alors que 20% des salariés du secteur privés accèdent à la formation professionnelle, près de 90% des emplois en Europe manquent de compétences en Informatique «  de tous les jours », compétence dont le besoin est rarement pris en compte dans les plans de formation. Dans les PME, la fonction de responsable de formation n’existe pas et il est très rare qu’existe un DSI. La formation en informatique est en général laissée de côté, à chacun d’acquérir les compétences nécessaires pour manipuler les outils bureautiques, ou bien elle est effectuée par la société de service qui fournit uniquement la formation aux outils de gestion qu’elle fournit à la PME, ce qui en général ne couvre pas les outils bureautiques.

Répondre à une problématique de peine et non de contenu…

« C’est aussi là que notre offre est disruptive » poursuit Xavier Sillon. « En effet, notre offre pédagogique provient de l’intégration d’un ensemble de services proposés à l’apprenant qui lui permettent d’entrer dans la formation à partir de la résolution d’un ou plusieurs problèmes particuliers, ou bien d’entrer dans une formation et d’établir son parcours à partir d’une évaluation personnelle à un instant donné et d’objectifs personnels fixés. » La plateforme dispose d’un moteur de recherche assez sophistiqué qui permet à l’utilisateur de trouver la ou les séquences de formation qui répondent à son ou ses problèmes et de choisir celle, ou la séquence, qui lui conviendra le mieux. Les formations sont réalisées sous forme de vidéos qui durent 4 à 5 minutes et sont indexées pour permettre une recherche multicritère.  Pour un abonné, l’accès se fait 24h x7 sur Internet à l’aide d’un navigateur du marché, ou bien sur iPad ou les autres tablettes du marché compatibles HTML5. L’accès est accompagné d’une période d’essai gratuite de 30 jours. « Nos formation précise Xavier Sillon, sont extrêmement pratiques et visent à aider les apprenants à maitriser des fonctionnalités d’un logiciel bureautique dont ils ont réellement besoin, plutôt que d’essayer de leur faire suivre un cursus qui les oblige à apprendre des choses dont ils ne se serviront jamais et seront oubliées tout de suite… Nous répondons à une problématique de peine et non de contenu… »

Quelle approche en entreprise

Vodeclic s’adresse aussi aux entreprises et aux organisations qui recherchent des solutions flexibles et économiques de formation de leurs salariés aux outils bureautiques. Un ensemble d’outils statistiques est alors proposé au responsable de cette formation qui permet de suivre et de valider ces formations au sein d’un plan de formation. Xavier Sillon cite à titre d’exemple le cas d’une entreprise de 200 salariés qui souhaite former chaque salarié à Microsoft Office 2010 pourra pour €39.60 par mois former chaque salarié pendant une période de 4 mois, au lieu de €400 par jours en présentiel. Ainsi, Vodeclic a assuré la formation de 2000 assistantes-secrétaires à Office 2007 à l’EDF ou de 1600 personnels administratifs au Centre Hospitalier de Montauban. Il développe aussi un programme appelé Vodeclic Business Partners qui permet à des revendeurs ajoutée d’intégrer l’offre Vodeclic dans leurs propositions de services aux entreprises.

Un accord avec « Orange Cloud Pro » le DSI à la demande

France Télécom annonçait aussi un accord de partenariat avec Vodeclic qui devient partenaire de Orange Cloud Pro, un service mis en œuvre depuis le début de l’année.  Luc Bretones, directeur du domaine Pro et PME chez Orange Business Services précise que Cloud Pro est une alternative professionnelle aux places de marché qui prolifèrent, mais ne permettent pas aux utilisateurs de connaitre la valeur et la qualité des applications qu’ils utilisent et sont obligés de régler chaque problème éventuel avec chaque fournisseur d’application. « L’adhésion à Club Pro est libre et gratuite ajoute Luc Bretonnes, il fonctionne comme un portail qui donne accès à une douzaine de partenaires avec qui nous avons passé des accords exclusif, chaque partenaire couvre un secteur particulier de l’entreprise comme la facturation, le stockage etc… C’est une sorte de DSI à la demande… Les utilisateurs qui accèdent à Cloud Pro peuvent choisir et utiliser les applications qu’ils souhaitent en mode SaaS, y accéder avec un seul et même mot de passe et Orange leur enverra une seule facture. Cloud Pro offre un support unique capable de résoudre tous les problèmes rencontrés par les applications utilisés. »

France Télécom, support de distribution

Pour Vodeclic, l’accord est important dans la mesure où France Télécom dispose d’une énorme base de clientèle, et propose cette offre de services informatiques unifiée et soigneusement sélectionnée à la demande à des petites entreprises qui n’ont pas de responsable informatique. Orange Club Pro, qui dispose déjà de 6000 utilisateurs, continue son développement et devrait annoncer de nouveaux partenaires, plus particulièrement dans des secteurs verticaux comme la santé, les commerçants, les professions de l’hotelerie et de la restauration, le BTP, etc. Luc Bretones précise que Cloud Pro cherche à passer des partenariats avec des petites entreprises Françaises innovantes pour enrichir et élargir son offre de service. Plusieurs nouveaux partenariats du type de celui passé avec Vodeclic devraient être annoncés dans les mois qui viennent.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 250 followers